L'ours polaire

L'ours polaire

Les musiques des amérindiens d'Amérique du Nord : à la conquête de musiques venues d'ailleurs

Chief Weelock's Indian Band

 

Introduction

S'imaginer que l'histoire des amérindiens des Etats Unis et du Canada s'achève avec les réserves et la fin de la conquête de l'ouest en 1890 est faux.

Depuis presque trois siècles, les nations amérindiennes étaient confrontés à des ennemis puissants bénéficiant d'une technologie supérieure, du nombre et de l'aide d'innombrables germes pathogènes.

Ces envahisseurs ne se contentèrent pas de dépouiller les habitants originels de l'Amérique du Nord de la majorité de leurs terres, de les dépeindre comme des sauvages cruels et avides de sang ou de les tourner en ridicule. Ils voulaient aussi les détruire. S'ils résistaient, on les détruisait systématiquement. S'ils se soumettaient, on s'attaquait à leur culture, considérée comme "inférieur".

A cette époque où l'on divisait l'humanité en quatre "races": la blanche (bien évidemment supérieure à toutes les autres, les anglo-saxons étant même les meilleurs représentants de l'humanité), la "jaune" (raffinés, traîtres et cruels), la "rouge" (qui ne manque pas de noblesse, mais se montre sauvages dans ses emportements) et les "noirs" (avec tous les défauts imaginables et les autres en sus).

Comme vous le voyez, la "race rouge" était placé avant les noirs. Aussi, les amérindiens, sans pour autant échapper au racisme ambiant (tout d'même!) étaient considérés par des philanthropes qu'ils pouvaient "s'élever" au niveau des blancs. Pour devenir leurs domestiques, bonnes, ouvriers et fermiers (faut pas exagérer tout de même!).

Les bonnes intentions de ces philanthropes ne doivent pas faire de doutes : ils étaient sincèrement persuadés qu'ils étaient véritablement "les amis des indiens" et que ce qu'ils faisaient était la meilleur chose pouvant leur arriver. Et que faisaient-ils? Ils détruisaient systématiquement les cultures indigènes, enlevaient les enfants à leurs familles pour les mettre dans des pensionnats situés le plus loin possible de celles-ci. Ils coupaient leurs cheveux, leur faisaient revêtir des uniformes, leur imposaient une discipline militaire (donc de fer et avec des châtiments corporels) et un régime alimentaire totalement insuffisant et inadéquat.

Leur but? "Tuer l'indien pour sauver l'homme".

Ils y parvinrent... presque... (voir Les Amérindiens des Etats Unis au 20ème siècle : de 1871 à 1924, ou de si longues tènèbres)

Et le tout est dans le presque... car si tout ne survécu pas, croire que tout a disparu est également faux! Cela a été démontré dans le premier volet de cet article consacrée aux musiques traditionnelles d'Amérique du Nord (voir Les musiques des amérindiens d'Amérique du Nord)

Mieux, les vaincus allaient s'emparer des instruments de musique des vainqueurs et les utiliser, souvent à leurs propres usages!

Toutefois, ils allaient longtemps rester dédaignés trop souvent par les maisons de disques. Celles spécialisées dans la musique ethnologique considéraient que les compositions faites avec des instruments non "indigènes" ne rentraient pas dans leur champ d'activité. Et à quelques exceptions près, celles du courant "mainstream" les dédaignaient en estimant que leur public ne serait pas intéressés par des musiques faites par des amérindiens et que la diffusion des disques ne seraient pas rentables.

Les radios les programmaient rarement. Parfois pour des motifs très clairs! Aussi tard que dans les années 1990 au Québec, face aux demandes d'auditeurs qui lui réclamaient la diffusion des chansons d'un duo amérindien "style country" répondra qu'elle ne diffusait pas de "musique de sauvages"!

Il ne restait donc plus pour la majorité de ces musiciens que le circuit des pow wows et des fêtes locales pour se faire entendre. Certains en vivaient très bien... mais devront parfois attendre plus de vingt ans pour avoir enfin le privilège de graver un cd!

Pendant longtemps, les musiciens avec une ascendance amérindienne feront profil bas en la cachant pour augmenter leurs chances de faire carrière.

Mais ces temps sont aujourd'hui en partie révolu. S'ils ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur, ce n'est plus un handicap que d'avoir du sang amérindien... Mais il y a plusieurs façons d'être amérindien tout comme il n'y a pas un "Monsieur Amérindien" type. Aussi, il y a pour les musiciens plusieurs façons d'assumer cette "indianité".

Certains la taise. Non pas qu'ils en ont honte, mais parce qu'ils considèrent cela comme un fait normal et ne jugent pas nécessaire de la brandir/

D'autres au contraire l'affichent clairement et en général militent pour les droits des minorités aux Etats Unis.

Tous luttent cependant contre tout ostracisme ou catalogage du style "l'indien assis au piano". Ils sont d'ascendance amérindienne, sont souvent en même temps des musiciens amérindiens qui jouent les musiques "traditionnelles", mais se revendiquent essentiellement comme des êtres humains du XXe siècle.

Quand j'ai commencé à écrire cet article, j'ignorai en grande partie où il allait me mener et comment j'allai le structurer. 

J'ai pris le parti de commencer par une brève partie historique pour présenter les prémices de cette adaptation des musiques européennes (et aussi afroaméricaines!), puis de présenter quelques groupes ou artistes pour chaque style musical de manière à ne pas faire un catalogue (qui ne pourrait pas être exhaustif!), mais de présenter des exemples et des pistes, tout en rendant un juste hommage à certains artistes d'exception.

 

 

Comment tout commença...

Violoniste et guitariste Iroquois vers 1880Sans doute non pas par une sanglante bataille... mais par une fête!

La progression vers l'ouest des colons européens était précédée par celle des trappeurs et des compagnies de fourrure. Des fêtes aux arrières pensées commerciales, comme les "Rendez vous" des Montagnes Rocheuses dans les années 1820-1830 assemblaient trappeurs, agents des compagnies de fourrure et amérindiens à la recherche de marchandises européennes (café, sucre, vêtements, alcool, armes, pièces de tissus, perles, etc...).

Ces fêtes étaient très animées, notamment par les violons ou les guitares des "blancs" (souvent métis en plus), donnant l'occasion d'une première rencontre entre les musiques amérindiennes et celles d'origine européenne. Bien évidemment, on s'échangeait les instruments et les savoirs faire s'échangeaient également.

Ainsi, dès le 19ème siècle, les Iroquois avaient adoptés la guitare et le violon

 

Quand furent créés vers 1879 les premières "Indian School" sur le modèle de Carlisle. Ces dernières, dont l'objet était "de tuer l'indien pour sauver l'homme" intégraient dans leur cursus l'apprentissage de la musique (celle des conquérants, évidemment) et toutes les écoles avaient leur orchestre copié sur ceux de l'armée américaine... comme le Carlisle Indian School ci-dessous.

Il faut noter ici que les élèves appréciaient généralement la pratique musicale tout comme celle du sport... car c'était les moments où ils pouvaient être le plus libre. Mais tous n'en devinrent pas pour autant des mélomanes accomplis!

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je signale qu'il n'est pas ici question de faire un inventaire exhaustif, mais de montrer pour chaque grande catégorie musicale plusieurs artistes ou groupe qui seront autant de pistes de recherches.

 

 

 

 

Le Classique

 

Le grand pionnier fut Dennison Wheelock (14 juin 1871 - 10 mars 1927). Né au sein de la " Oneida Nation of Wisconsin", Wheelock fut emmené enfant à la "Carlisle Indian Schoole" où il se découvrit une passion pour la musique devenant cornet solo et chef d'orchestre. Il conduira l'orchestre du "United States Marine Band". A partir de 1911, il deviendra un avocat et un activiste militant pour la défense des droits des amérindiens, allant plaider leur cause devant la Cour Suprême et la "United States Court of Claims" à plusieurs reprises.

Compositeur de la "Carlisle Indian School March", il interprétera en 1900 sa symphonie en trois parties, "Aboriginal suite" au Carnegie Hall de New York.

 

 

 

Tout à fait actuel est par contre Steven Alvarez. Né dans une famille de militaires  amérindiens aux origines multiples (Yaqui/Upper Tanana Athabascan et Mescalero Apache), en Alaska, Alvarez a fait le choix d'opter pour être membre des Mescaleros (Mescaleros).

De formation classique, il a intégré dans sa musique les influences des cultures qu'il a cotoyé durant son enfance et son adolescence : amérindiennes, hispanique, hawaïenne et japonaise. Il est diplômé en "Education musicale" (voix et percussion), en histoire et en philosophie.

Très éclectique dans ses activités, il est à la fois percussionniste, chanteur, comédien, producteur et enseignant. Musicien professionnel depuis ses 16 ans, il dirige souvent l'Anchorage Symphony Orchestra, l'Anchorage Opera et le Anchorage Concert Chorus. Il produit des artistes tels que Medecine Dream (dont il est l'un des membres), Pamyua et Joy Harjo. Il effectue fréquemment des tournées en Europe et en Amérique du Nord.

Il a aussi joué dans plusieurs comédies musicales et pièces de théâtre (interprétant notamment le rôle du Christ dans "Jesus Christ Superstar") et a été le directeur musical de "Hair"... et bien d'autres choses encore!

 

 

 

Timothy Archambault est membre de la  Kichesipirini Algonquin First Nation. Né dans le Connecticut (Etats Unis) en 1971, c'est un compositeur, un joueur de flûte... et un architecte.

Il commença à jouer de la flûte indienne en 1989 et se consacra à de longues et patientes recherches pour retrouver les premiers enregistrements de cet instrument fait au début du 20ème siècle et réunit des archives musicales provenant des enregistrements sur rouleaux de cire et des récits des anciens.

Mais il est aussi un musicien interprétant avec un instrument traditionnel amérindien des compositions de musique classique contemporaine. Il parvient à jouer de la musique contemporaine chromatique sur sa flûte, notamment la musique de David Yeagley, George Quincy et Raven Chacon (tous amérindiens). Il est considéré comme un maître dans son domaine. Unissant le passé au présent, il n'hésite pas à créer des compositions modernes en utilisant l'ancienne notation musicale  Anishinaabe avec le compositeur Navajo Raven Chacon.

Vivant à Pékin, il a dessiné des projets architecturaux pour différentes villes du sud est de l'Asie et a travaillé à Rotterdam, New York et Dallas

  

 

 

Appartenant à la catégorie des personnes aux origines et héritages culturels multiples, Louis W. Ballard ou Honganozhe (Stands with the Eagles/Debout avec les aigles) (1931-2007) était en effet né au sein de la communauté des  Quapaws en Oklahoma, mais avait des ascendances Cherokees, françaises et écossaises.

Il étudia la musique d'abord à l'Université d'Oklahoma, puis à l'Université de Tulsa avant de devenir l'élève de Darius Milhaud, Mario Castelnuovo-Tedesco et Félix Labunski... Il s'installa à Santa Fe (Nouveau Mexique) en 1962 et devint professeur de musique à l'Institute of American Indian Arts jusqu'en 1975.

Ce compositeur prolifique composa de nombreuses pièces pour orchestre, choeurs ou orchestre de chambre, la plupart inspirées par la musique amérindienne ou utilisant des textes en langues amérindiennes. Il compilera aussi pour l'enseignement plusieurs recueils de chants traditionnels.

 

 

 

Brent Michael Davis est né le 4 juin 1959 à Madison, dans le Wisconsin. Compositeur et joueur de flûte; il est membre de la  Stockbridge Mahican Nation (1). Il a composé entre autres pour le Kronos Quartet et le National Symphony Orchestra.

Il écrit aussi des musiques de films et a notamment composé une bande originale pour la version restaurée du "Dernier des Mohicans" (ce qui est assez ironique) datant de 1920. Et c'est aussi un enseignant...

(1) A ce sujet, signalons que les Mohicans de Fenimore Cooper n'ont jamais existé. Cooper a inventé le nom de ce peuple a partir de celui de deux peuples voisins, les Mahicans et les  Mohegans qui ont en commun d'avoir passé fort près de l'anéantissement... mais qui ont des descendants et des réserves dans le Wisconsin et le Connecticut. Bref, il n'y a jamais eu de dernier des Mohicans, puis qu'aucun d'entre eux n'est jamais né!

 

 

 

Le  Chickasaw Jerod "Impichchaachaaha" Tate est né en Oklahoma le 25 juillet 1968. Ce compositeur et pianiste classique a gagné un Emmy Award en 2011. Il est très demandé à travers les Etats Unis par les orchestres classiques pour lesquels il écrit des compositions inspirées par l'histoire et la culture amérindienne. Il est aussi le directeur attitré du "Chickasaw Chamber Music Festival" et enseigne l'art de la composition classique aux étuidiants amérindiens à Minneapolis.

 

 

 

Musiques électroniques et expérimentales

 

Raven Chacon est né en 1977 à Fort Defiance, au sein de la nation Navajo (Arizona). Il s'est fait connaître comme compositeur de musique de chambre, mais c'est aussi un soliste jouant des compositions expérimentales de "noise music". Il a composé et enregistré des morceaux aussi bien pour des formations de musique classique que des formations de musiques électroniques et s'est produit à travers le continent nord américain, l'Europe et la Nouvelle Zélande.

 

 

 

Dans le domaine des musiques électroniques, citons aussi Todd Tamanend Clark (1952-). Né à Greensboro (Pennsylvanie), il a un héritage partagé entre la nation  Seneca et celle des  Lenape.

Après avoir suivit des études universitaires en communication, il commença à enregistrer à partir de 1975 sous le pseudonyme de "The Stars", puis rejoignit un groupe de rock, "The Eyes" qui a comme particularité d'avoir sorti en 1977 un album (le seul et unique?) sous le pseudonyme des "New Gods". C'est ce que j'appelle avoir la passion de la discrétion! Sa musique était alors décrite comme un mélange entre le glam-rock, les expériences des années 1960 et une "proto new wave". Il avouait alors avoir été influencé par Jimi Hendrix et les Electric Prunes.

Clark, qui avait commencé à écrire et enregistrer ses propres compositions adopta à partir du début des années 1980 le rock expérimental et la musique électronique. Dans le même temps, il reviendra progressivement à son héritage amérindien. Il sortira en 1984 l'album "Into the vision" sur lequel participent des membres de Pere Ubu et des Dead Boys, ainsi que l'icône de la "Beat Generation" William S. Burroughs. Il était alors influencé par le courant "cyber-punk", l'univers des Comics et des écrivains de science-fiction comme Harlan Ellison.

Entre 1986 et 1999, il stoppera sa carrière pour se consacrer à sa famille, tout en continuant à composer et à jouer en public (à de rares occasions). 

Son retour est marqué en 2000 par l'album "Owls in obsidian", qui sera suivit par "Staff", "Mask", "Rattle" (2002) et "Monongahela river run" (2004), puis l'année suivante par la compilation "Nova Psychedelia".

 

 

 

 

Blues

Indigenous est un groupe de Blues-rock formé de membres de la nation Yankton qui grandirent dans le Dakota du Sud sur la  "Yankton Indian reservation". Il se compose de Mato Nanji au chant et à la guitare, Pte à la basse, de leur soeur Wanbdi à la batterie et au chant, leur cousin Horse tenant les percussions. Ils se déclarent très inspirés par les guitaristes Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et Carlos Santana. Ils ont partagé la scène de différents concerts et tournées avec B.B. King, Santana, Bonnie Raitt, Joan Baez, les Indigos Girls (etc...) et ont douze albums studio et live à leur actif.

 Leur père Greg Zephier était un activiste défendant les droits des amérindiens. Ce dernier était lui-même un musicien professionnel durant les années 1970. Il fit découvrir à ses enfants les disques de B. B. King, Buddy Guy et Freddie King et leur enseigna à jouer de divers instruments. Il fit même quelques tournées avec le groupe avant que ce dernier ne prenne son autonomie.

   

 

 

Gospel

 La "Klaudt Indian Family" est une rareté ; un groupe de gospel amérindien! Et sans doute le recordman sans conteste des tournées, concerts et événements similaires.

Le Révérend Reinold Klaudt était un rancher d'origine allemande qui tomba amoureux de Lilian White Corn Little Soldier, une Arikara qui avait la particularité plutôt amusante d'être à la fois la descendante d'un éclaireur Arikara qui servit sous les ordres de Custer à la Little Big Horn... et de Sitting Bull (Tatanka Yotanka), le leader de la résistance Lakota aux Blancs!

Avec leurs enfants, Vernon, Melvin, Raymond, Ken et Ramona, ils formèrent une chorale gospel qui se mit à parcourir les Etats Unis pour diffuser la parole divine durant 53 ans, de 1929 à 1982.

Leur longévité est due à une popularité fondée sur un habile usage des médias (notamment la télévision, dès ses débuts) ce qui leur permettra de créer un label sur lequel beaucoup de groupes et de chanteurs gospels feront leurs premiers pas. Ils ont aussi conduit de nombreuses actions philanthropiques dans les réserves des Etats Unis.

 

 

 

 World Music

 Formé en Alaska, le groupe Pamyua est formé de Yupiks de la région d'Anchorage. Leur musique est souvent qualifiée de "funk tribal". La plupart de leurs chansons sont des réinterprétations de chants traditionnels Yupik, Inuit et Groenlandais qu'ils combinent avec des sonorités d'autres cultures, notamment des îles du Pacifique. Il se compose des frères Blanchett, Stephen et Phillip, de Karina Moller et Ossie Kairaiuak.

 

 

 

Si les musiciens amérindiens "non-traditionnels" qui figurent sur cette page (et tous les autres!) devaient avoir une mère, ce serait certainement Buffy Sainte-Marie, chanteuse, auteure-compositrice, artiste visuelle, réalisatrice artistique, éducatrice, activiste amérindienne et pacifiste et occasionnellement actrice.

Rien ne destinait au départ cette  Cree des Plaines née sur la réserve Piapot dans l'Alberta à devenir une figure majeure de la musique folk américaine et l'une des militantes  les plus déterminées du pacifisme et de la cause amérindienne.

Née dans la misère, elle sera retirée très jeune à ses parents et adoptée par une famille du Massachusetts qui avait des liens de parenté avec ses parents naturels. 

Elle apprendra très jeune en autoditacte le piano et la guitare et composera dès avant son entrée à l'université certaines de ces chansons comme "Now that the buffalo's gone". Elle se montrera une élève brillantes obtenant ses diplômes en philosophie orientale et en hindi (elle composera plusieurs chansons dans cette langue.

Elle donnera ses premiers concerts en s'accompagnant seule à la guitare dans les réserves indiennes, les festivals folks, les salles de concerts et les cafés. A cette période, elle se liera d'amitié avec d'autres débutants : Leonard Cohen, Neil Young et Joni Mitchell.

Le bruit ne tardera pas à courir qu'elle était une auteure-compositrice de qualité et les gens se disputeront ses créations. Parmi ceux qui chanteront ses chansons et en feront souvent des hits citons Janis Joplin. L'une de ses plus célèbres chansons "Until it's time for you to go" sera reprise par Elvis Presley, Françoise Hardy, Barbra Streisand, Neil Diamond, Roberta Flack, Cher...

La vue sur un aéroport en 1964 de blessés américains en provenance du Viet Nam où se déroulait une guerre qui ne disait pas encore son nom lui inspirera la chanson pacifiste " Universal soldier"... qui deviendra un hit quand elle sera reprise quelques années plus tard par l'anglais Donovan!

Car Buffy Sainte Marie dérangeait, comme le prouvèrent les polémiques que créa en 1964 la chanson "Now that the buffalo's gone" pour ses attaques contre le gouvernement des Etats Unis. Bien loin de l'image d'une "Pocahontas à la guitare" que les médias tentaient de lui imposer, elle se révelait rebelle, pleine d'humour et intelligente.

Toutefois, cela finit par la lasser, et en 1975 elle accepta avec empressement de participer à l'émission enfantine "Sesame Street" sur une télévision canadienne anglophone et restera dans l'émission jusque 1981 pour y faire passer des messages de tolérance, de pacifisme... et apprendre aux enfants qu'il y avait encore des indiens. Elle se borna durant cette période a écrire de rares chansons pour des bandes originales de films.

En 1981, elle sera pionnière en commençant à écrire sa musique sur ordinateur et en utilisant ces derniers pour des créations artistiques, innovant de nouveau par cela. Elle écrira en 1982 pour le film "Officer and gentleman", en collaboration avec son mari Jack Nitzsche et l'artiste country Will Jennings, la chanson "Up where we belong" qui deviendra un énorme tube et sera repris par Joe Cocker.

Ce ne sera qu'en 1992 après un très long hiatus où elle a notamment enseigné la musique dans des écoles amérindiennes qu'elle sortira un nouvel album. Enregistré chez elle a Hawaii, il sera l'un des premiers à être "véhiculé" par internet à son producteur à Londres.

Croulant sous les honneurs, elle continue une carrière bien plus éclectique musicalement qu'on pourrait le croire, parraine et finance plusieurs actions d'envergure en faveur des enfants amérindiens des Etats Unis et de l'Unesco.

Bien plus qu'une "Pocahontas à la guitare", elle se définit elle-même comme une "indienne du 21ème siècle".

  

 

 

Née à New York en 1958, mais élevée sur la réserve Oneida de New York, Joanne Shenandoah est membre du Clan du Loup (dont sa mère faisait partie) de la nation  Oneida, membre de la Confédération Iroquoise est une chanteuse, une compositrice et une guitariste qui dans sa musique combine le style traditionnel de chansons des Iroquois avec des instruments contemporains.

 Sa discographie ne comprend pas moins de 16 albums et a été de nombreuses fois reçues des récompenses pour son travail. Shenandoah fait partie des artistes amérindiens ayant reçu le plus de récompenses, d'ailleurs. Elle a aussi souvent travaillé sur les disques d'autres artistes ou groupes. Son premier album est sorti en 1989

  

 

 

Walela est un trio formé par la chanteuse Rita Coolidge ( Cherokee) avec sa soeur Priscilla et la fille de cette dernière, Laura Satterfield, en 1997. Rita Coolidge est elle-même une chanteuse plutôt classée "Country" qui sort des albums depuis la fin des années 1960 et a travaillé à plusieurs reprises avec Kris Kristofferson et Willie Nelson. Walela a été pour Coolidge un moyen de défendre et de répandre les cultures amérindiennes dans le monde actuel. Ce concept n'a sorti que deux albums en 1997 et 2000.

 

 

  

Rap

 "Anybody Killa" ou "AK" est le pseudonyme de James Lowery, né à Detroit (Michigan) de parents d'ascendance  Lumbee qui lui enseignérent la culture Cherokee et Lumbee.

En 1995 (il avait 22 ans), il formera le groupe Krazy Klan tout en travaillant sur les chaînes de Chrisler. Après quelques années et deux albums qui ne recevront qu'une audience locale, il se lancera en solo sous le nom "Anybody Killa".

Depuis 2000, il a sorti 8 albums, participé à plusieurs compilations et un EP... et à considérablement élargi son audience!

  

 

 

Le  Cherokee Gary Paul Davis, qui utilise le pseudonyme "Litefoot" est un rappeur, un acteur (The indian in the cupboard) et le crèateur du label Red Vinyl Record (2005).

S'il n'a pas été le premier rappeur amérindien, il a été le premier à afficher ouvertement ses origines. Sa carrière discographique démarra en 1992 et se poursuit aujourd'hui, de même que sa carrière cinématographique et télévisuelle. Il aussi créé une station de radio  "Reach the Rez radio" et possède plusieurs lignes de vêtements. Il mène aussi de nombreuses actions de bienfaisance et de mécénat dans de nombreuses réserves.

 

 

 

Joseph Dale Marlin LaPlante est le fils de Lorna Heiber, qui fut présidente de la Nation Métis du Saskatchewan, et de Dale Gary La Plante, homme politique et membre de la nation  Cree des Plaines

Adoptant le nom de scène de Joey Stylez, c'est un chanteur auteur-compositeur de rap et de hip-hop, un activiste amérindien et un couturier.

C'est un drame qui lança sa carrière. Une nuit de 2004, l'un de ses oncles, Isho Hana, fut impliqué dans une affaire de drogue et assassiné à Saskatoon. Le lendemain, on lui demanda d'assurer la première partie de 50 Cents. Cinq ans plus tard, il sortit "Blackstar", son premier album. Depuis, trois autres ont suivi

 

 

Rock (et variantes!)

 C'est de Los Angeles que vient Aztlan Underground. Depuis 1989, il joue un "rapcore" (hybridation entre le rap et le punk hardcore. Cette formation utilise beaucoup dans ses compositions des instruments de musique amérindiens traditionnels (tambours, flûtes, crotales...). Souvent il y a des parties parlées et des éléments d'autres musiques qui viennent s'insérer dans leurs créations.

Leurs textes s'adressent à tous les peuples indigènes de la planète et à la Terre elle-même. Parti de l'underground, Aztlan Underground s'est constitué au fil des ans un public d'inconditionnels.

Le groupe se compose de Chenek "DJ Bean" (platines, samples et percussions), Yaotl (chant, percussions amérindiennes), Joe "Peps" (basse, crotales), Alonzo Beas (guitares et synthétiseurs), Caxo (batterie, percussions amérindiennes) et Bulldog (chant, flûte).

  

 

  

 

Blackfire est un trio Navajo (Diné) qui a comme particularité de faire voisiner les sons de la musique traditionnelle avec un punk-rock énergique. Il se compose des trois Benally : Klee (chant, guitares), Jeneda (basse, chant) et Clayton (percussion, chant). Les paroles de leurs chansons sont très engagées. Elles parlent d'écologie, des droits de l'homme, de la défense des droits des amérindiens et luttent contre les violences de toutes sortes, y compris domestiques.

 

Leur mère était une chanteuse folk et leur père un "Homme Saint" (2) qui leur fit découvrir leur culture traditionnelle.

 

Leur carrière a commencé en 1989 et se poursuit actuellement. Leur discographie compte deux EP, trois albums et un CD/DVD live.

 

Ils attireront l'attention de Joey Ramone qui sera choriste sur deux des chansons de leur album "Woodie Guthrie singles" et joueront aux côtés d'Ali Farka Touré et de Robert Plant sur un album-compilation "Festival in the desert", enregistré au Mali et compagnie de musiciens Touaregs.

(2) Les mots "chaman" (originaire de Sibérie) et "Medecine Man" sont inappropriés pour traduire ce qu'est un "Homme Saint". S'il peut effectivement être un guérisseur ou un meneur de cérémonie, il est surtout un homme qui bénéficie d'un lien particulier avec le "Monde des Esprits" et se trouve donc en position d'intermédiaire entre les Esprits et un demandeur. Il est aussi le dépositaire de la tradition orale de son peuple (histoire, mythologie, philosophie. Tatanka Yotanka (Sitting Bull) était l'un de ces "Hommes Saints". Par contre, si Geronimo avait des pouvoirs de guérisseurs, il n'était pas un "Homme Saint". De même pour conduire une cérémonie, s'il est nécessaire d'en connaître le déroulement et siginification (tout d'même!), il n'est pas nécessaire d'être "connecté à l'autre monde".

 

 

 

 

 

 

Dark Water Rising est un groupe de "indie rock.Blues" basé en Caroline  du Nord. Il se compose de Charly Lowry (Chant et rhythm guitar), Aaaron Locklear (Batterie, percussion), Corey Locklear (Guitare solo), Tony Murnahan (Basse et guitare) et Emily Musolino (Chant et guitare électrique), tous membres des nations  Lumbee (3) et  Coharie.  Ils font des tournées régulièrement en Caroline du Nord et à travers toute la côte est des Etats Unis.

(3) Les Lumbees sont le cas typique de ce que l'on appelle les tribus "post-coloniales. Ce terme désigne des nations indiennes qui se sont formés après l'arrivée des européens par agrégation de survivants d'autres peuples indiens décimés (cas des Lumbees) ou par séparation d'un autre groupe (cas des Séminoles qui se séparérent des Creeks vers 1750). Souvent ces peuples accueillirent en leur sein (cas des Lumbees) des noirs fuyant l'esclavage, voire même des blancs fuyant la loi ou des persécutions (Acadiens). 

 

 

 

Le "Red Earth Blues Band" s'est formé au milieu des années 1990 à Albuquerque. Très rapidement, il se créa une solide base de fans et tourna dans le sud-ouest des Etats Unis, jouant dans de nombreuses réserves et dans des festivals de musiques amérindiennes. En raison de la diversité des racines culturelles de ses membres (amérindiennes, chicanos, afro-américaines et européennes), ils ont mêlés leurs différents héritages culturelles  à des éléments de funk, de rock, de heavy metal, de ska, de musique latino et de jazz, pour créer leur propre son, le "Tribal stew".

Pour leur premier album en 1999, ils gagneront un Native American Music Award (ou NAMMY). Ils ont depuis souvent tournés à travers les Etats Unis, le nord du Mexique et l'Europe.

 

 

 

Red Thunder est un groupe rock formé en 1990 par l' Apache Jicarilla Robby Romero qui mélange les instruments de la musique traditionnelle amérindienne, ses mélodies et thèmes à des instruments contemporains dans un style qualifié parfois de "alter-native". Cette formation est l'une des plus importantes de la musique amérindienne contemporaine par l'importance de son audience.

Robby Romero est lui-même un personnage intéressant qui a été elevé tout à la fois dans le monde traditionnel de la réserve et à Hollywood. Son père travaillait en effet dans l'industrie du spectacle et sa mère était actrice, notamment dans plusieurs films d'Elvis Presley, que Robby rencontrera souvent. Il fera aussi souvent la rencontre de Dennis Hopper qui l'influencera profondément par rapport à sa créativité.

Le guitariste  Kiowa Jesse Ed Davis (qui travailla avec Taj Mahal et John Lennon, entre autres) et Johnny Rivers l'aideront dans ses premiers pas dans l'industrie musicale. En plus d'être auteur compositeur, il est aussi comédien et réalisateur de films documentaires.

 

 


 En 1969 allait se former à Coalinga (Californie) un groupe chicanos/amérindien qui allait ouvrir la voie à bien d'autres formations, musiciens et chanteurs : Redbone. Fondé par Pat et Lolly Vegas, bientôt rejoint par Tony Bellamy ( Yaqui) et Peter de Poe ( Cheyenne du Nord).

La musique de Redbone était du rock mixé avec des influences venant du rythm'n'blues, de la musique cajun, des traditions musicales amérindiennes et latinos.

Ils commenceront à percer dès 1970 avec la chanson "Maggie", suivit du hit "The witch queen of New Orleans" en 1971 et surtout de "Come and get your love" en 1974.

Le groupe parviendra même à une notoriété internationale en 1973 grâce à la chanson engagée "We were all wounded at Wounded Knee". Ecrite à la suite du siège de Wounded Knee la même année, elle sera interdite en raison de son contenu très critique envers la politique indienne du gouvernement fédéral sur plusieurs stations de radios et n'entrera pas dans les charts américaines... en revanche, elle fera un malheur en Europe!

En proie à de nombreux changements de personnels, minés par des dissensions internes, Redbone, qui n'avait pas en plus été en capacité de faire évoluer sa musique, se sépara en 1977. Reformé en 1997 en grande partie avec de nouveaux membres, il n'est pas parvenu à rallumer la flamme et tourne sur le circuit "nostalgie".

 

 

 

 

Imaginez cela : un groupe de rock amérindien pris sous contrat par la Motown! Cela s'est passé vers 1970.

Xit est né par la volonté de Tom Bee ( Navajo ) qui réunit autour de lui plusieurs autres musiciens navajos. Pris sous contrat par la Motown, ils enregistreront les albums "Plight of the redman" (1972), "Silent warrior" (1974), sans réussir à percer sur le courant "Mainstream", même si les critiques se montraient fort élogieux en les nommants "Beatles Indians" ou en comparant l'énergie de leurs prestations scéniques à celles des Rolling Stones!

Leurs compositions, écrites par Tom Bee, abordent des thèmes centrées sur l'histoire et la situation des Amérindiens dans les années 1970. Ainsi, leur premier disque était un concept album retraçant tous les changements qu'ont subi les sociétés amérindiennes depuis 1492.

Le groupe se séparera donc, mais Tom Bee continuera. Auteur-compositeur doué (il a écrit "(We 've got) Blue sky" qui sera chanté par les Jackson 5) et deviendra l'un des auteurs-compositeurs de la Motown, ainsi qu'un producteur discographique chez cette firme. Il écrira et produira notamment sur le dernier album Motown de Michael Jackson la chanson "Joyful Jukebox Music". En 1979, il produira avec Smokey Robinson le premier album solo de ce dernier, entre autres faits d'armes.

En 1989, il créera dans le garage de sa maison "SOAR" ou "Sound of America Records", premier label discographique créé par un amérindien avec comme but principal de favoriser la diffusion des disques d'artistes amérindiens ou alternatifs, avec l'appui de Robbie Robertson (ex-membre du Band, très fier de ses racines  Mohawk).

Couvert d'honneurs, Tom Bee s'est payé le luxe de reformer autour de lui un "nouveau XIT" et de remonter sur scène en 2002 et 2009.

  

 

 

Slam (ou assimilé)

 Poètesse, musicienne et écrivaine, la  Muskogee Creek Joy Harjo a joué un rôle très important dans ce que le critique Kenneth lincoln a nommé "la Renaissance Amérindienne de la fin du 20ème siècle".

Native de l'Oklahoma, Joy Harjo se fit d'abord connaître comme poètesse avant de jouer du saxophone dans un groupe, d'éditer des revues littéraires et d'écrire des scénarios et d'enseigner.

Elle a en tout sorti quatre albums, de nombreux recueils de poèsies et deux livres pour enfants.

 


 

 

On pourrait faire un film formidable avec la vie de John Trudell... plus une tragédie qu'une comédie... mais une très belle histoire...

Né à Omaha (Nebraska) en 1946 des oeuvres d'un père  Santee Dakota et d'une mère mexicaine, il recevra l'enseignement classique d'un américain moyen, mais sera aussi éduqué dans la culture traditionnelle des Santees.

A l'âge de 17 ans, il abandonnera ses études et entrera dans la Marine Américaine où il restera jusqu'en 1967 après avoir servi au Viet Nam. A son retour il étudiera pendant  deux ans au San Bernadino Valley College et décide de s'adonner alors à la lutte pour les droits des amérindiens et à l'activisme politique d'extrême-gauche.

En 1969, quand des militants amérindiens du "Red Power" occupent le pénitencier désaffecté d'Alcatraz, il devient leur porte parole devant les médias et sera l'animateur de "Radio Free Alcatraz" pendant deux ans.

Après cet épisode, il rallie l'American Indian Movement (AIM), qui rassemble la frange la plus radicale des activistes amérindiens. Il en sera le président national de 1973 à 1979.

Cette année là, Trudell dirigea l'occupation des bureaux des "Affaires Indiennes" à Washington.  Le 12 février 1979, on vint le prévenir que sa femme, ses trois enfants et sa belle-mère avaient trouvé la mort dans un incendie survenu dans leur maison située sur la réserve Shoshone de Duck Valley (Utah). L'enquête menée par le "Bureau des Affaires Indiennes" conclua à un accident. John Trudell a toujours pensé le contraire, car par une étrange coïncidence le feu se déclara le lendemain du jour où il avait brûlé en public un drapeau américain sur les marches du siège central du FBI pour protester contre la chasse que ce dernier faisait aux activistes Lakota après Wounded Knee.

Après ce drame, Trudell démissionna de la présidence de l'AIM et vécut une phase dépressive de plusieurs mois. Pour en sortir de et exprimer son chagrin, il commença alors à écrire des poèmes... des centaines de son propre aveu!

Or, John Trudell s'était déjà interessé au monde de la musique quand il rencontra le chanteur de folk et activiste Jackson Browne dans les années 1970. Sa rencontre avec le guitariste  Kiowa Jesse Ed Davis sera déterminante. Les deux hommes collaboreront pour mettre en musique les poèmes de Trudell en combinant pop, jazz et musiques traditionnelles amérindiennes. Le résultat, "AKA Graffiti Man" sera  mis sur des cassettes audios et diffusé par des circuits non commerciaux, notamment celui du Grateful Dead. Réenregistré en 1992 sur cd, ces enregistrements contribueront à faire connaître John Trudell le Poète.

La mort de Jesse Ed Davis en 1988 manquera de porter un coup mortel à la carrière discographique de Trudell, mais ce dernier surmontera cette nouvelle épreuve avec l'album "Johnny Damas and me" et créera ensuite le groupe "Bad Dog" qui l'accompagne sur ses dernières réalisations.

Trudell parle dans ses textes des oubliés ou des perdants du "Rêve Américain". Les Amérindiens, bien sûr, mais aussi tout les exclus du "système", sans aucune discrimination. Il n'a pas renoncé à son ancien activisme politique, mais l'exprime désormais par la poèsie et ses écrits.

Avec Willie Nelson, Trudell a fondé en 2012 le "Hempstead Project Earth" pour la légalisation de la culture du cannabis.

 

 L

 

 

Robbie Robertson est né en 1943. Sa mère était une  Mohawk de la réserve iroquoise des  Six Nations (Ontario). C'est là que le jeune Robbie rencontrera pour la première fois la musique, sa famille passant toute les vacances d'été sur la réserve.

En 1959, il entra comme guitariste chez les Hawks, le groupe accompagnant Ronnie Hawkins. Il commençait déjà à écrire et composer des chansons. Ronnie Hawkins en chantera plusieurs d'ailleurs.

Cinq ans plus tard, Robertson quittera les Hawks pour fonder "The Band" avec Levon Helm, Richard Manuel, Rick Danko et Garth Hudson.. Cette formation deviendra un groupe majeur du folk rock américain. Elle se sabordera en 1979 après un méga-concert en 1978 sur fond de querelles entre Robbie Robertson et le reste du groupe, essentiellement pour des questions de royalties. Les autres membres du groupes soupçonnaient Robertson de vouloir capter une partie de l'argent leur revenant avec la complicité de leur maison de disques.

Robbie Robertson deviendra alors producteur (notamment pour Neil Diamond), tâta un peu du metier d'acteur de cinéma et composa pour des bandes originales de films, notamment le "Raging Bull" de Martin Scorsese.

Il ne démarra sa carrière solo véritablement qu'en 1987 et à partir de 1994 se tournera de plus en plus vers ses racines amérindiennes, les affichant alors que précédemment il n'en faisait pas état.. Il a écrit et composé la musique de plusieurs documentaires consacrés aux amérindiens et à sorti cinq albums sous son nom.

 

 

 

Conclusion?

 Le lecteur ne doit pas perdre de vue qu'il ne s'agit pas ici (comme je l'ai déjà dit) d'un catalogue exhaustif des musiciens et chanteurs d'origines amérindiennes, mais simplement de pistes.qu'ils peuvent suivre pour découvrir d'autres artistes et groupes que ceux mentionnés ici.

Il découvrira chemin faisant, que de même que les cultures amérindiennes ont toujours été plurielles et diverses, il y a au 21ème siècle bien des façons de vivre ses racines culturelles amérindiennes.

Ce qui frappe par contre, c'est la vitalité de ces cultures qui ont réussi à survivre aux tentatives d'ethnocides dont elles ont longtemps été victime. Non seulement, elles ont trouvé un chemin pour survivre en évoluant pour ne pas disparaître, mais cet article en est une preuve, elles savent aujourd'hui comme jadis créer et s'approprier de nouveaux moyens d'expression. J'ai ici parlé de la musique, mais j'aurai pu aussi parler de la littérature, du cinéma, du dessin, de la sculpture, de la peinture... Bref de toutes les formes d'art!

Or, ce qui distingue une culture vivante d'une culture morte, c'est la capacité de celle-ci d'innover, d'accepter des apports extérieurs et des les intégrer à sa propre culture selon ses propres conventions.

Et ce qui se passe ici pour les amérindiens se passe aussi dans d'autres régions du globe où des populations longtemps considérées comme "primitives", "sauvages" s'approprient la musique occidentale et la plient à leurs propres codes, comme en Ethiopie, en Australie et d'autres régions du globe encore.

C'est sans doute pour cela que j'ai eu tant de mal à faire et à finir cet article... C'est parce que c'est une histoire qui est loin d'être close!!

 

 

Liens internet

Instrument de la musique amérindienne (wiki)

Musique amérindienne (wiki)

Native American Music (Wiki)

Site des Native American Music Awards (avec vidéos)

 

 



10/02/2015
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