L'ours polaire

L'ours polaire

L'histoire du western : 2 : des années 1960 à nos jours

6) Les années 1960 : Continuités et ruptures

A partir des années 1960 s'amorce un déclin du western : le nombre de films décroit sensiblement de même que celui des séries télévisées.
Pour certains, le genre entre alors en décadence. Il faut manipuler ce mot de "décadence" avec prudence. Son emploi implique en effet que l'on n'aurait plus su faire des westerns de qualité ou que celle-ci aurait décru. En fait, il faut plutôt parler de transformations dans la manière de faire des westerns et de concevoir le "Far West".

Durant les années 1960 viennent à maturité des idées et des concepts qui étaient en germe depuis la fin des années 1940 : on rejette le manichéisme et le simplisme des westerns classiques en dépeignant des situations et des personnages plus complexes et tourmentés. On jette aussi un regard différent sur les conflits qui opposèrent indiens et colons, et l'on met au jour les persécutions dont souffrirent les hispaniques, les noirs et même les "blancs" non anglo-saxons. On utilise aussi le cadre du western pour dénoncer par ce biais des tares de l'Amérique d'alors : guerre du Viet Nam, ségrégation raciale, exploitation des ouvriers, etc...
Le Code Hayes, devenu inopérant et objet de ridicule, est supprimé en 1966, ce qui là aussi correspond à l'évolution de la société environnante.

D'Europe, et plus particulièrement d'Italie, vient de plus un souffle nouveau : le western "spaghetti". Ce dernier, particulièrement avec Sergio Leone, apporte les cadrages serrés sur des personnages ou des objets, un nouvel usage de la musique dans les films pour souligner la progression dramatique de l'action.


7) Les années 1960, l'âge des transformations.

 

L'année 1962 et les années 1960 s'ouvrent avec la sortie de "Lonely are the brave" ( Seuls sont les indomptés) de David Miller.

L'action se déroule au début des années 1960 au Nouveau Mexique, John "Jack" Burns ( Kirk Douglas) arrive pour voir Jerri Bondi ( Gena Rowlands), l'épouse de son ami Paul ( Michael Kane), qui a été arrêté est mis en prison pour avoir aidé des immigrés clandestins mexicains à s'installer aux Etats Unis.. Homme vivant dans un passé révolu, Jack ne se déplace qu'à cheval et vit de petits boulots, incapable de s'adapter au monde moderne.

Jerri aspire à une vie tranquille et voudrait bien que son mari cesse d'être constamment en révolte contre la société comme Jack.

A la faveur d'une bagarre dans un bar, Jack provoque son arrestation pour se retrouver dans la même prison que Paul. Mais Paul n'aspire pas à l'évasion, préférant purger tranquillement sa peine pour vivre paisiblement avec Jerri et ses enfants.

Jack s'évade alors avec deux mexicains et par se réfugier seul dans les montagnes avec sa jument dans l'intention de rejoindre le Mexique. Mais le shérif Morey Johnson ( Walter Matthau) reçoit la mission de le poursuivre et de l'arrêter. Et il accomplira sa mission même s'il éprouve de la sympathie pour Jack derrière lequel se lance une meute de policiers aidés d'un hélicoptère.

De tous les films et personnages qu'il a interprété, "Jack Burns figure parmi les préférés de Kirk Douglas. Son fils, Michael, considère que son père y a trouvé son meilleur rôle. Spielberg voue quant à lui un culte à ce film.

Kirk Douglas a été impliqué dans le projet dès le début. C'est en lisant le roman "The brave cowboy" d' Edward Abbey que lui vint l'idée d'adapter ce récit en film. Il a acheta alors les droits d'adaptation cinématographique et demanda à son ami Dalton Trumbo d'écrire un scénario. Le résultat plût tant à Douglas qu'il n'en changea pas un mot! Par contre, il fut contraint de renoncer au titre "The last cowboy", un autre studio allant sortir un film sous ce titre (sans relation avec le roman d'Abbey) pour celui de "Lonely are the brave", proposé par Trumbo.

Une légende tenace assure que c'est Kirk Douglas qui a en fait tourné le film, David Miller n'ayant été qu'un prête-nom. En fait, la part de Douglas fut assez réduite, même s'il assure lui-même le contraire.

A noter enfin que c'est contre l'avis de Douglas que les studios qualifièrent ce film de Western. Pourtant, il appartient par sa thématique au style de "western" nommé "contemporain" dont nous avons déjà vu un exemple avec "Géant". Il peut être aussi qualifié, pour la même raison de "Western crépusculaire".



 

 

Mais un autre film exceptionnel sort cette année là : "The man who shot Liberty Valance" (" L’homme qui tua Liberty Valance") de John Ford. Dernier film tourné en commun par John Wayne et John Ford, il a tout d'un western classique et est d'ailleurs un classique.... Mais avec quelque chose de plus dans le scénario...

Le film débute en 1910 quand le Sénateur Ranson Stoddard (James Stewart) et sa femme Hallie ( Vera Miles) arrivent par le train à la petite ville de Shinbone pour assister aux funérailles de Tom Doniphon (John Wayne). Alors qu'ils se dirigent pour rendre hommage au défunt, un journaliste demande à Stoddard d'expliquer pourquoi un homme aussi important que lui vient assister aux funérailles d'un petit rancher dans une ville perdue de l'Ouest.

On revient alors 25 ans plus tôt, quand Stoddard, alors un jeune avocat idéaliste, arrive près de Shinbone à bord d'une diligence. Celle-ci est attaquée par des bandits conduits par Liberty Valance ( Lee Marvin). Quand celui-ci veut dérober à une veuve ses biens, il s'interpose, mais est roué de coups et laissé pour mort. C'est le rancher Doniphon qui le sauve et l'emmène en ville où le propriétaire du restaurant Peter Ericson ( John Qualen) et sa femme Nora ( Jeanette Nolan), aidés par leur serveuse Hallie, soignent ses blessures. Ils lui expliquent que Liberty Valance fait règner la terreur à Shinbone et que le marshal Link Appleyard ( Andy Devine) n'a ni le courage, ni l'habileté au pistolet indispensable pour triompher de Valance. Doniphon, qui est le fiancé attitré de Hallie, est le seul homme qui arrive à s'opposer à Valance. 

Stoddard décide alors d'ouvrir son cabinet d'avocat en ville, ce que tout le monde considère comme une folie. Doniphon lui explique que le seul langage que comprend Valance est la force et l'invite à partir ou à acheter une arme. Stoddard refuse l'une ou l'autre alternative, voulant imposer la loi par la justice, et non par la force. Puis il fonde une école pour enseigner la lecture et l'écriture aux gens illettrés de la ville, dont Hallie. Puis il accepte de devenir l'un des délégués qui doivent aller à la capitale soutenir l'accession du Territoire du Colorado au rang d'état. Or, de riches éleveurs s'opposent à celle-ci qui risquerait de limiter leur despotisme. Ils engagent Valance pour faire échouer la procédure en intimidant par la terreur les électeurs.

 Ce film montre qu'un cinéaste de la vieille école comme Ford n'est pas indifférent aux nouveaux courants qui se propagent alors. Nous avons en effet ici à un affrontement moins simplistes que le simple affrontement du bien contre le mal. Il s'agit d'un triangle opposant au mal incarné par Liberty Valance deux conceptions antagonistes du bien : celle primaire et "de la loi du Colt" de Doniphon et les conceptions légalistes de Stoddart. Le film montre l'effacement des justiciers à l'ancienne mode face à une justice codifiée.

Notons que durant le tournage, John Ford se montrera particulièrement infect, notamment envers John Wayne. Il reprochait aux studios de lui avoir imposé dans le rôle de Doniphan et lui fit chèrement payer. Il humiliera ausi James Stewart. Alors qu'il lui demandait son avis sur le costume que portait pour la scène finale l'acteur noir Woody Strode (qui incarnait le personnage de Pompey). Ignorant que Strode était un ami de Ford, James Stewart répondit sans penser à mal "qu'elle avait un côté " Oncle Remus". Ford tourna aussitôt en dérision Stewart devant tout le plateau de tournage en l'accusant implicitement de racisme. Confus et honteux, Stewart alla de son propre aveu se cacher dans un trou de souris. Quand il raconta plus tard sa mésaventure à John Wayne, ce dernier lui dit "Bienvenue au club" en riant.

 

 

 

La même année apparaît un réalisateur qui déclenchera bien des polémiques : Sam Peckinpah  qui sort le film "Ride in the high Country" ( Coups de feu dans la sierra).
Dans la Californie du début du 20ème siècle, l'ex-shérif Steve Judd ( Joel McRea), maintenant à la retraite, survit au jour le jour en exerçant de petits boulots. Toutefois, son passé de "law-man" et son ancienne réputation lui permet d'obtenir un poste de convoyeur d'or pour une banque locale. Il doit se rendre à une mine située au fin fond des montagnes pour y chercher 250000 dollars en poudre d'or et revenir à la banque.
Il propose à son vieil ami Gill Westrum ( Randolph Scott), qui est devenu saltimbanque de se joindre à lui. Ce dernier accepte si son jeune aide, Heck ( Ron Starr), vient avec lui. Westrum et Heck ont en tête de s'emparer de l'or, Westrum contenant les envies meurtrières de Heck en lui disant qu'il convaincra Judd de faire équipe avec eux. Ce dernier reste cependant inflexible.
Après une halte dans une ferme, la petite troupe s'augmente de la jeune Elsa ( Mariette Hartley) qui fuit la sévérité paternelle pour rejoindre son fiancée à la mine.
Tandis que Judd, Westrum et Heck prennent livraison de l'or, Elsa découvre avec horreur la brutalité et la vulgarité de son fiancée, Billy Hammond ( James Drury), qui veut la "partager" avec ses quatre frères. Elle est sauvée de justesse d'un viol collectif par l'arrivée de Judd et Heck.
Les trois hommes quittent alors la mine avec Elsa et seulement 20000 dollars de poudre d'or. Mais les frères Hammond sont décidés à se venger et se lancent sur leur piste..
Tourné en trois semaines environ, le film piétine allègrement les conventions du "Code Hayes" et montre les "héros de l'Ouest" en cavaliers vieillissants devenus des marginaux soumis à la tentation du vol et d'une richesse rapide, bafouant les strictes limites établies par ce dernier entre le bien et la mal.

Peckinpah sera aux prises avec les studios de la MGM. Il avait en effet l'habitude de ne filmer que le strict nécessaire, privant la production de rushes pouvant servir à compléter le montage. Le film fut d'ailleurs au prime abord comme impossible à monter! Fort heureusement, on trouva en Sol Siegel l'homme de la situation. Mais la guigne poursuivit Peckinpah! A la première projection, un ponte de la MGM s'endormit... Du coup, la firme perdit confiance dans le film et décida de le distribuer couplé avec un autre pour le rentabiliser au maximum. Ainsi, les spectateurs qui voulaient voir le film devaient en même temps se taper une comédie légère du style "Quatre hommes et un appartement"! Fort heureusement, les cinémas avertirent la MGM que les spectateurs venaient surtout pour le western de Peckinpah... aussi la firme revint sur sa décision.

Il faut dire que pour l'époque, le film avait en plus de quoi effaroucher les studios : allusion à une tentation d'inceste de la part du père d'Elsa, Joshua ( R. G. Armstrong), réalisme cru de la description du camp des chercheurs d'or, mariage parodique virant à l'orgie!

Ce film connaîtra un vif succès en Europe, notamment en Italie.... et cela n'est pas anodin!

 

 

 

On revient au western "contemporain" l'année suivante avec "Hud" (" Le plus sauvage d’entre tous'")de Martin Ritt

L'ambitieux et égoïste Hud Bannon ( Paul Newman) est le strict opposé de son père, le rancher Homer Bannon ( Melvyn Douglas). Ils vivent sur leur propriété en compagnie du jeune neveu de Hud, Lonnie ( Brandon deWilde) qui essaie de prendre  Hud comme modèle, Hud et Lonnie sont tous deux attirés par le charme de la gouvernante Alma ( Patricia Neal). Celle-ci n'est pas insensible à Hud, mais garde ses distances ayant par le passé été maltraitée par des hommes tel que lui.

Après la mort soudaine et inexplicable d'une vache sur le ranch, Homer envoie Lonnie chercher Hud en ville pour avoir son opinion sur le sujet. Il arrive juste à temps pour que Hud, qui courtise une femme mariée dans un bar, le mette en mauvaise situation avant qu'ils ne retournent à la propriété. En arrivant à la vache morte, Hud abat plusieurs vautours en dépit des protestations de son père. Homer décide de faire appel à vétérinaire, ce qui contrarie Hud qui suggère de vendre les animaux suspects à d'autres ranchers avant que la nouvelle du décès ne se répande, sans quoi les agents du gouvernement tueront tout le troupeau et ruineront tout leur travail. Il reproche à son père de n'avoir pas su voir que le bétail mexicain qu'ils ont acheté à bon marché était malade avant de l'acheter. Homer repousse l'idée de Hud et fait appel au vétérinaire qui décide aussitôt la mise en quarantaine du ranch et de son bétail en attendant le résultat de tests. Bien qu'il risque la ruine, Homer obtempère.

Une nuit, Hud entraîne Lonnie et s'enivre avec lui en ville. De retour au ranch, il lui parle de son frère Norman, dont il a accidentellement causé la mort, et de la froideur de son père à son égard. Quand ils entrent dans la maison, Homer accuse Hud d'avoir essayé de corrompre Lonnie. Hud accuse son père d'hypocrisie et de lui en vouloir pour la mort de Norman. Homer lui rétorque que Hud l'a toujours déçu, même avant l'accident. Furieux, Hud sort de la maison, laissant Homer et Lonnie face à face. Le jeune homme accuse le vieil homme d'être trop dur, ce à quoi celui-ci répond qu'il aura bien assez tôt à choisir entre le bien et le mal.

Les tensions sont à leur comble et une guerre familiale ne va pas tarder à éclater.

Western ou pas western? Nous ne sommes certes pas dans la belle époque du colt-roi, mais l'affrontement entre le père, tenant de valeurs traditionnels de solidarité et le cynisme affiché de Hud représente aussi d'un côté les valeurs "traditionnelles" de l'Ouest en opposition avec un monde moderne montré comme gangrené par l'individualisme et l'avidité.

Le film sera très bien accueilli, tant en Europe qu'aux Etats Unis. Il faudra à Patricia Neal l'Oscar de la meilleure actrice pour une prestation à l'écran de moins de 22 minutes! Jusqu'à ce jour, ce record n'a jamais été battu. Melvyn Douglas en obtiendra un second pour le meilleur second rôle, ce qui étonnera certains critiques qui trouvaient que sa prestation n'était guère différente de celles des films dans lesquels il avait auparavant joué. Mais un critique n'est-il pas bien souvent un artiste déçu? 


 



Mais c'est en 1964 qu'éclate une véritable bombe sous la forme du film "For a fistul of dollars" (" Pour une poignée de dollars") de Bob Robertson, alias Sergio Leone.

Tous les acteurs du film sont des italiens à l'exception de Clint Eastwood, et le film a été tourné près d'Almeria en Espagne. "Vous vous rendez compte! Un western ITALIEN! Ah! Ah! Ah! Seuls nous les Américains savons faire du western ou des films d'action! Ah! Ah! Ah! Tous des tapettes ces européens! Et qui a fait la musique? Ennio Morricone? Quel nom idiot! Ne fera jamais carrière avec un nom pareil! C'est du western spaghetti!".
Dans une ville sans nom dominée par deux familles qui se haïssent : les Baxter et les Rojos qui se livrent respectivement à la contrebande d'armes et d'alcool, arrive un jour un cavalier sans nom portant poncho et fumant cigarillo. Flairant la bonne affaire et la perspective de gagner beaucoup d'argent, il sert alternativement d'indicateur à chaque camp.
Cet homme cupide n'est cependant pas dénué de tout sentiment humain : il tient aussi le rôle ambigüe d'un sauveur messianique qui vient au secours du faible et de l'opprimé tout  en étant l'exécuteur des basses œuvres.
Ce film pose les bases de ce que l'on appelle "western spaghetti", un genre qui puise tant dans le western traditionnel que dans le cinéma européen et asiatique. Leone reconnaîtra pour ce dernier point l'influence du film "Yojimbo" (Le garde du corps) d'Akira Kurosawa (clip) sorti en 1961.

Pour la petite histoire, Clint Eastwood deviendra par hasard la vedette de ce film. En effet, Leone cherchait pour le rôle principal un acteur américain un tant soit peut connu. Henry Fonda refusa tout net. James Coburn demandait trop d'argent. Charles Bronson à la vue du script déclara que c'était "la pire histoire que j'ai jamais lu" et repoussa l'offre. L'acteur Richard Harrison refusa aussi le rôle, mais suggéra à Leone de s'adresser aux acteurs de la série "Rawhide". Leone proposa donc le rôle de "L'homme sans nom" à la star de la série Eric Fleming. Leone se heurta de nouveau à un refus,mais Fleming lui recommanda sa "co-star" Clint Eastwood.

Ce dernier, hésita un temps, mais la perspective d'un voyage gratuit en Italie et en Espagne balaya ses hésitations. Il alla tourner pendant huit semaines un film qui s'intitulait alors "The magnificent stranger", nom qui sera changé en cours du tournage en "For a fistful of dollars". Personne ne pensa à prévenir Eastwood du changement, et il ne l'apprit que des semaines après la sortie du film. 

Le tournage sera d'ailleurs parfois accès compliqué avec des techniciens et des acteurs s'exprimant en allemand, anglais, espagnol et italien. Eastwood ne parlait qu'anglais et Leone n'avait que des connaissances sommaires de cette langue....

Celui-ci fera un malheur en Europe.... mais devra attendre trois ans pour sortir aux Etats Unis, après le triomphe du "Bon, la brute et le truand". Un western italien.... Aucun bon américain n'irai le voir.... Ahahaha!

 

 

 

Un an plus tard, on retrouve le même mystérieux cavalier prêt à tout "Pour quelques dollars de plus", toujours de Sergio Leone

Deux chasseurs de primes, "Le manchot" ( Clint Eastwood) et "Le Colonel" ( Lee Van Cleef) chassent le même gibier : "L'indien" ( Gian Maria Volonte), un bandit cruel rendu fou par la drogue. Celui-ci s'est évadé de prison avec l'aide de sa bande. Avant de fuir, il tue son compagnon de cellule et le directeur de la prison, puis part abattre l'homme qui l'a livré après avoir assassiné sous ses yeux sa femme et son fils. Il projette d'attaquer la banque d'El Paso, la mieux gardée de l'Ouest. Son compagnon de cellule qu'il a abattu avant de s'évader lui a en effet dit avoir construit un meuble conçu pour abriter le véritable coffre de la banque, celui mis sous les yeux des gens n'étant qu'un simulacre.

Pendant ce temps, le "Manchot" et le "Colonel" se jaugent et décident finalement de coopérer pour mettre fin à la carrière de "L'indien" et de sa bande. Mortimer fait toutefois promettre au Manchot de lui laisser "L'indien".

"Le manchot" parvient à se faire admettre dans le gang de celui-ci en libérant de prison Sancho Perez (Panos Papadopulos), un ami de celui-ci. Le lendemain, "L'indien" attaque la banque d'El Paso tandis que le Manchot est chargé avec trois complices de faire diversion en attaquant une banque dans une localité voisine.

Ce film confirma le statut de vedette d'Eastwood, du moins en Europe, car là aussi le public américain devra attendre 1967 pour le découvrir!

Le rôle du "Colonel" fut d'abord proposé à Henry Fonda, qui déclina l'offre, puis à Bronson qui déclara n'être pas intéressé. Leone contacta ensuite Lee Marvin qui répondit par la négative car il avait déjà signé pour le film " Cat Ballou". Il offrit alors le rôle à Lee Van Cleef dont la carrière cinématographique se limitait jusque là à des rôles mineurs (il se rattrapait dans des séries TV, rassurez-vous!). Lee Van Cleef accepta en croyant qu'on allait lui demander de tourner que quelques scènes. Il fut stupéfait de découvrir qu'il était la co-vedette du film!

  

 




Cette même année 1965, Sam Peckinpah revient à l'affiche avec le film " Major Dundee".

Lors de la Guerre de Sécession, le Major Amos Dundee ( Charlton Heston) se retrouve à commander un camp de prisonniers dans le Nouveau-Mexique après avoir commis une erreur tactique lors de la bataille de Gettysburg. Quand une famille de colons et une colonne de cavalerie est exterminée par les hommes du chef Apache Sierra Charibba ( Michael Pate), Dundee saute sur l'occasion pour lever sa propre armée composée de soldats (blancs et noirs) de l'Union et de Confédérés conduit par son ancien ami et rival le Capitaine Tyreen ( Richard Harris), des scouts indiens et un groupe de mercenaires pour poursuivre Sierra Charriba au Mexique au mépris de tous les traités. Haïssant Dundee dont le vote a été déterminant dans la cour martiale qui l'avait chassé de l'armée pour avoir participé à un duel, Tyreen s'engage cependant à servir loyalement Dundee tant que Sierra Charriba et ses hommes n'aient pas été mis hors d'état de nuire.

Mais l'harmonie ne règne pas dans la troupe et les bagarres sont fréquentes, tandis que les Apaches ne sont pas avares d'embuscades. Si les hommes de Dundee parviennent à libérer plusieurs jeunes enfants capturés par les Apaches, ils perdent presque tous leurs vivres dans une attaque menée par Sierra Charriba, ce qui les contraint à attaquer un village mexicain où stationnent des soldats français venus au Mexique soutenir l'empereur Maximilien. Tandis que Dundee fait partager le peu de nourriture  razzié entre ses hommes et les villageois. C'est alors que la ravissante Teresa Santiago ( Senta Berger), veuve d'un docteur exécuté par les français pour son soutien aux rebelles de Benito Juarez augmente les tensions entre Tyreen et Dundee.

Mais tant les Apaches que les Français font désormais peser une menace sur les hommes de Dundee.

Le tournage du film sera en lui-même une aventure! Sam Peckinpah disparaîtra ainsi du tournage avec la vedette mexicaine du film pendant plusieurs jours, séduit sans doute par la douceur du vivre du pays! Le même Peckinpah se rendra tellement odieux à ses acteurs que Charlton Heston le chargera un jour sabre au clair! Quant aux relations entre Heston et Harris, elles seront tendues! Charlton Heston était en effet un homme d'une grande rigueur morale (quand Peckinpah lui proposera en manière d'apaisement de venir avec lui dans un bordel mexicain, il refusera catégoriquement). Il était toujours présent sur la plateau à l'heure dite et à la minute près et chronométrait le retard des autres acteurs avec sa montre. Hors, Harris, qui était alors un gros buveur, arrivait très régulièrement en retard. Excédé par les remarques incessantes d'Heston, il se vengera en disposant tout autour de la caravane de ce dernier toute une série de réveils réglés sur la même heure. Quand ils se mirent à retentir, Heston, furieux, sorti de sa caravane en trombe au grand plaisir d'Harris...

Mais revenons au film...

Si Peckinpah partage de nombreux thèmes avec son cinéaste préféré, à savoir John Ford (amitiés viriles, amour de la nature...), il s'en démarque par le fait qu'il reprend les schémas du western classique pour mieux les détruire. Il appartient en effet à la génération des années 1960 et "Major Dundee" est le premier western de la fin du western classique. Symboliquement, il s'ouvre sur un massacre et des maisons en flammes... grâce à la volonté des studios! Peckinpah avait en effet prévu d'ouvrir le film sur une fête d'Halloween se déroulant dans le ranch avant l'attaque des Apaches.
Dans l'esprit de Peckinpah, le film ne devait pas avoir de fin, Dundee devant s'enfoncer peu à peu dans la folie, tout comme le Capitaine Achab à la poursuite de la baleine blanche... Bien évidemment, l'idée ne plût pas aux producteurs qui le forcèrent à tourner une fin, bien que Charlton Heston ait appuyé Peckinpah. Ce dernier livra aux producteurs une version montée de quatre heures de son film. La moitié partit à la poubelle avant la sortie sur les écrans! Le film fut un échec commercial qui faillit couler définitivement la carrière de Peckinpah. Il possède pourtant des scènes qui sont parmi les plus belles qu'il ait tourné (le massacre du début, Dundee traversant une foule de prisonniers sudistes hostiles...).
Autre qualité du film, il montre une réalité historique : sans l'aide de scouts Apaches, les soldats ne voyaient bien souvent que des rochers et des cactus sans rencontrer un seul Apache "Hostile" ou non, lors d'interminables et épuisantes chevauchées...

 




L'idole de Peckinpah, John Ford, sort cette année là son dernier western "Cheyenne Autumn" (" Les Cheyennes"). Depuis toujours, Ford avait l'intention de rendre hommage à la résistance des indiens contre ceux qui voulaient les déposséder et les tuer. La sortie d'un livre écrit par Mari Sandoz sur l'exploit fantastique des Cheyennes du Nord qui fuirent en 1878 la réserve d' Oklahoma où ils mouraient de faim, de maladie et de désespoir pour rallier le Montana près de deux mille kilomètres plus au nord l'inspira.
Dans le scénario, les chefs Little Wolf ( Ricardo Montalban) et Dull Knife ( Gilbert Roland), las de voir mourir leur peuple, s'échappent avec trois cent des leurs et une institutrice pacifiste, Deborah Wright ( Carroll Baker), qui les suit volontairement. Ils veulent regagner le nord en évitant autant que possible tout combat.
Mais le gouvernement américain les considère comme "hostiles". Il envoie à leur trousse une colonne de cavalerie commandée par le Capitaine Thomas Archer ( Richard Widmark), qui éprouve tout à la fois de la sympathie pour les Cheyennes et de l'amour pour Deborah Wright. Face à une presse hostile, le Secrétaire de l'Intérieur Carl Schurz ( Edward G. Robinson) essaie d'éviter le conflit entre l'armée et les Cheyennes.
Ouvertement pro-indien, le film de Ford est cependant truffé d'erreur historiques et d'invraisemblances qui viennent le rendre ambigüe. Il faut en effet se souvenir que pour le très martial John Ford, toute critique de l'institution militaire américaine est impossible. Il est certes possible de s'en prendre à un membre de cette institution (le Capitaine Oskar Wessels/ Karl Malden), mais pas à l'institution elle-même, dignement représentée par Schurz et Archer...


Passons en revue les erreurs, invraisemblances et omissions du film :
1) La présence de Carroll Baker, qui garde d'ailleurs une tenue impeccable durant tout le film (les Cheyennes étaient-ils accompagnés d'un pressing et d'un coiffeur pour dames?)
2) Les Cheyennes du Nord s'étaient rendus en 1877 et avaient été envoyés en Oklahoma rejoindre leurs parents du Sud sous la condition de pouvoir revenir librement au Montana "si le séjour ne leur plaisait pas". Du moins, c'était ce qu'il avait compris des conditions de leur reddition. Or le Cheyenne est une langue complexe et bien des conflits naquirent d'erreurs de traduction ou de compréhension. En plus, parfois ces dernières étaient volontaires du côté blanc et il arrivait aux négociateurs amérindiens de signer des documents sans en connaître le contenu exact ou leur signification! Quand ils s'en rendaient compte, les amérindiens exigeaient la présence de personnes en qui ils avaient confiance pour s'assurer de ce qui était signé.
3) Bien loin d'aider les Cheyennes du Nord, le Secrétaire de l'Intérieur Schurz, de même que l'état major de l'armée américaine et son commandant le général Philip Sheridan, voulaient à toute force que les Cheyennes du Nord soient ramenés en Oklahoma. Ils craignaient en effet que leur exemple ne vienne miner le système des réserves et incite d'autres peuples à la révolte.
4) Même si Dull Knife et Little Wolf voulaient éviter tout conflit, ils ne le purent du fait de leurs poursuivants qui ne cessèrent de les attaquer. L'inévitable se produira dans le Kansas occidental : des petits groupes de Cheyennes conduisirent des raids contre les colons de cette région. Installés là depuis peu, ils n'avaient pas été prévenus de l'approche des Cheyennes et furent pris par surprise : tous les hommes en âge de porter les armes furent tués (une quarantaine), les viols nombreux. Les Cheyennes du Nord imputent ces agressions à des Cheyennes du Sud qui les avaient suivi (exact), mais qui auraient entraînés avec eux de jeunes guerriers Cheyennes du Nord qui voulaient venger les femmes et les enfants tués quelques jours plus tôt lors d'une attaque des soldats. Cela sans le consentement de Dull Knife et Little Wolf qui furent mis devant le fait accompli... et trop heureux d'avoir des vivres, des armes et des munitions amenées par les raiders. Même encore aujourd'hui, les Cheyennes du Nord sont peu bavards sur le sujet.
5) L'évasion nocturne des Cheyennes du Nord de Dull Knife à Fort Robinson tourna au massacre pour les évadés. Ceux qui furent repris étaient souvent blessés gravement. Ceux qui purent s'échapper furent traqués par les soldats et les colons, les premiers se montrant plus cléments que les seconds. Seul Dull Knife et quelques Cheyennes purent s'échapper et rejoindre la réserve Lakota de Pine Ridge où le chef Red Cloud leur accorda asile et hospitalité. Ils bénéficièrent dans l'intervalle de l'aide d'un colon qui avait épousé une Cheyenne et qui les cacha dans son ranch.
6) Le personnage du Capitaine Oscar Wessels a été volontairement outré en soudard alcoolique pour lui faire jouer le rôle de bouc émissaire et dédouaner l'armée américaine du carnage survenu lors de l'évasion. Si le Wessels historique n'attire guère la sympathie, il faut dire qu'il était soumis aux pressions de ses supérieurs (Sheridan, pour ne pas le nommer) qui voulaient à toute force voir les Cheyennes de Dull Knife regagner au plus vite l'Oklahoma. Son journal personnel montre qu'il avait parfaitement conscient à l'époque de jouer le mauvais rôle... et que sa carrière était en jeu!
6) Les "Grottes de la Victoire" firent amèrement ricaner les Cheyennes du Nord qui virent le film. Les Cheyennes qui avaient suivit Little Wolf vécurent en effet un hiver de disette et de privations avec comme seul abri des trous creusés dans les berges d'une rivière asséchée. Beaucoup de personnes âgées et d'enfants y trouvèrent la mort. Quand au printemps, affamés et à bout de force, ils envoyèrent des chasseurs, ils eurent la chance de rencontrer une colonne de cavalerie commandée par un officier qui était un ami personnel de Little Wolf. Ce dernier négocia alors sa reddition. Il faudra que les Cheyennes attendent encore trois ans pour avoir une réserve dans le Montana. Celle-ci était voisine de celles des Crows, alors des ennemis, et surveillée par un fort. Visiblement, les survivants de cette épopée faisaient encore peur!
7) Ford a tourné son film à Monument Valley avec des figurants Navajos. Sans vouloir pinailler, c'est comme si l'on tournait un film sur les Cosaques au Sahara avec des figurants Touaregs! A noter que Ford voulait employer de véritables acteurs amérindiens pour jouer le rôle de Dull Knife et Little Wolf, mais les studios refusèrent en lui disant que la présence dans les premières places de la distribution d'acteurs inconnus du grand public nuirait à la promotion de celui-ci. Ironie, le "Cheyenne" que l'on entend en fait dans le film est en fait du Navajo. Et les figurants Navajo échangeaient entre eux non pas les dialogues demandés, mais des plaisanteries salaces!
Les Cheyennes du Nord sont toujours là aujourd'hui. Ils sont plus de 10000 et ont donné au Sénat américain son premier représentant amérindien en la personne de Ben Lighthorse Campbell, sénateur républicain du Colorado de 1993 à 2005. A noter sur un plan "franco-français" que des Cheyennes du Nord et du Sud étaient présents parmi les premiers soldats américains à débarquer le 6 juin 1944 en France.

Pour compléter mon propos, tous les Cheyennes du Nord n'avaient pas été envoyé en Oklahoma. Quelques uns servaient d'auxiliaires et d'éclaireurs pour l'armée américaine dans sa campagne contre les Nez Percés, ce qui leur évita à eux et leur famille l'exil.

D'autres restèrent en Oklahoma et rejoignirent fort tranquillement le Montana après la création de la réserve des Cheyennes du Nord.

Ceci dit, honnêtement, le film est un chef d'oeuvre!

 

 

 

1966 voit la sortie de l'avant-dernier film du vétéran Howard Hawks, " El Dorado". Ce film est en fait un "remake" de "Rio Bravo", du même réalisateur, avec quelques changements dans le scénario et surtout un approfondissement du caractère des personnages. 

Le pistolero Cole Thornton ( John Wayne) est engagé par le riche rancher Bart Jason ( Edward Asner) pour l'aider dans la lutte qu'il mène contre la famille rivale des McDonald dans la petite ville d'El Dorado. Le shérif de celle-ci est un vieil ami de Thorton, J. P. Harrah ( Robert Mitchum). Ce dernier lui révèle des détails que Jason lui a volontairement caché, dont la possibilité de devoir l'affronter lui personnellement. Ne voulant pas se battre contre son  vieil ami, Thornton part, au grand regret de la propriétaire du saloon, Maud ( Charlene Holt), qui est courtisé par Harrah.

Mais les McDonald, qui ont appris l'arrivée de Thornton en ville, craignent pour leur sécurité. Kevin McDonald ( R. G. Armstrong) met son plus jeune fils, Luke ( Johnny Crawford), comme guetteur. Alors que Thornton s'éloigne d'El Dorado, Luke, qui s'était endormi, se réveille, l'aperçoit et tire un coup de feu en l'air pour donner l'alarme. Se croyant visé, Thornton le blesse gravement au ventre. Croyant que sa blessure est mortelle et qu'il va horriblement, il refuse l'aide de ce dernier et se suicide dès que Thornton tourne le dos,  

Thornton ramène le corps du jeune homme au ranch de son père et s'explique. Seule la fille des McDonald, Joey (Michele Carey) ne le croît pas. Impulsivement, elle s'empare d'un cheval et lui tend une embuscade pour venger son frère. Elle blesse Thornton, mais ce dernier parvient à la maîtriser.

Mais si sa balle ne s'est pas révélée mortelle, elle s'est logée près de la colonne vertébrale de Thornton et lui cause des paralysies temporaires du côté droit quand elle appuie contre sa moelle épinière. Le docteur d'El Dorado, Miller (Paul Fix) n'a pas les qualités requises pour l'enlever et bientôt Thornton quitte la ville pour trouver un autre emploi.

Plusieurs mois après, Thorton rencontre un autre pistolero, Nelson McLeod ( Christopher George) et un jeune blanc-bec avec un étrange chapeau qui se fait appeler "Mississippi" ( James Caan). Ce dernier veut se venger d'un homme de la bande à McLeod qui a tué son mentor et ami. Thorton apprend que McLeod a été engagé par Jason pour faire le travail qu'il a refusé d'effectuer. McLeod lui apprend aussi que Harrah, suite à une déception amoureuse, est devenu un alcoolique. Thorton décide de retourner à El Dorado pour sauver la vie d'Harrah. "Mississippi" le suit, voulant l'aider malgré son inexpérience et sa grande maladresse avec un pistolet.

Les derniers feux du western "classique"...

Pour la petite histoire, John Wayne aurait voulu le rôle de Harrah pour "casser" son image. Il avait peut être raison! Car le film au moment de sa sortie ne sera pas loupé par les critiques qui l'étrilleront. Ils lui reprocheront surtout le caractère démodé de son intrigue, l'un d'eux disant même que le film "aurait été parfait dans les années 1940". Les ressemblances scénaristiques avec "Rio Bravo" ne furent pas non plus du goût de tous. Et le public qui avait découvert les films de Leone ne se rua pas pour voir ce film, bien qu'il ne soit pas totalement dépourvu de qualités et de charme...

 

 



La même année sort un nouveau Sergio Leone que beaucoup considèrent comme le meilleur western jamais tourné, et même d'ailleurs l'un des meilleurs films jamais tourné : "Le Bon, la Brute et le Truand". 

Alors que la Guerre de Sécession fait rage, le tueur à gages Sentenza (Lee Van Cleef) interroge Stevens ( Antonio Casas), un ex-soldat Sudiste au sujet de Bill Carson ( Antonio Casale), un déserteur qui a volé et caché de l'or de la Confédération. Sachant que Sentenza a été payé par un nommé Baker ( Livio Lorenzon) pour le tuer, Stevens tente de sauver sa vie en lui proposant 1000 dollars s'il tue Baker. Sentenza accepte le contrat, mais tue Baker, "car il déteste ne pas remplir un contrat". Sentenza va voir Baker pour recevoir son salaire, puis l'assassine pour remplir le contrat qu'il avait avec Stevens.

Pendant ce temps, le bandit Tuco Ramirez ( Eli Wallach) est sauvé des griffes de trois chasseurs de primes par "Blondin" ( Clint Eastwood).... qui le livre au shérif local pour toucher la récompense de 2000 dollars. Alors que Tuco est sur le point d'être pendu, "Blondin" le sauve en coupant la corde de la potence d'une balle de fusil. Tout deux s'enfuient et se partagent la prime, dont la plus grande part revient à "Blondin", puisque c'est lui qui coupe la corde.

Le duo répète à plusieurs reprises la même escroquerie, d'autant que la récompense sur la tête de Tuco ne fait que croître. Mais Tuco se plaint beaucoup et Blondin, lassé de ses protestations et récriminations, fini par l'abandonner en plein désert.

Tuco survit et piste Blondin jusqu'à une ville que les troupes Sudistes viennent d'abandonner. Là, il le capture et s'apprête à le pendre quand les troupes de l'Union canonnent la ville, permettant à Blondin de s'échapper. Têtu et rancunier, Tuco le poursuit et le rattrape. Il le force alors à marcher dans le désert jusqu'à ce que Blondin, épuisé et déshydraté, s'effondre. Tandis que Tuco s'apprête à l'achever, il voit un fourgon confédéré dont les chevaux se sont emballés. A l'intérieur se trouve Bill Carson, mourant. Ce dernier promet à Tuco 200000 dollars en or Confédéré s'il lui vient en aide. Il lui révèle que l'or est enterré dans une tombe au cimetière de Sad Hill. Tuco lui demande le nom figurant sur la tombe, mais Carson s'évanouit. Tuco part alors chercher de l'eau, mais quand il revient au fourgon, Carson est mort et Blondin est allongé près de lui. Il dit à Tuco que Carson a repris conscience avant de mourir et lui a donné le nom sur la tombe. Chacun d'entre eux connaît maintenant une partie du secret. Tuco doit prendre soin de Blondin, qui est le seul à connaître la tombe contenant les dollars, tandis que Tuco est le seul à connaître l'emplacement du cimetière.

Pour trouver le magot, ils devront coopérer..

 Si le film sera de nouveau tourné à Alméria, Sergio Leone bénéficia d'une somme d'argent importante versée par Universal pour l'acquisition des droits de ses deux films précédents et... de ceux à venir! C'était une somme suffisante pour lui permettre d'acquérir son indépendance financière et de réaliser ses projets.

Ceux ci n'incluaient pas au départ un troisième western. En fait, Sergio Leone n'avait à l'époque aucune idée de film! Et il n'avait d'ailleurs même pas envie de faire un western...
Quand vint l'idée de son scénario, il alla s'informer à la Bibliothèque du Congrès à Washington au sujet d'une bataille entre Nordistes et Sudistes pour le contrôle d'une mine d'or, seule bataille de toute la Guerre de Sécession à s'être déroulée au Texas. Le bibliothécaire en charge de l'établissement lui déclara ignorer cet événement, mais lui demanda de revenir dans deux jours. Quand Leone revint, il lui déclara : « J'ai ici huit livres, et ils font tous référence à cet événement. Comment diable avez-vous fait pour le savoir ? Vous ne lisez que l'italien, comment avez-vous pu le découvrir ? Maintenant je comprends pourquoi vous les Italiens faites des films si extraordinaires. Je travaille ici depuis vingt ans et pas un seul réalisateur américain ne s'est jamais préoccupé de venir s'informer sur l'histoire de l'ouest. »
Sergio Leone décrivit les trois personnages principaux à partir d'éléments de sa propre biographie et personnalité.
Blondin est un chasseur de primes flegmatique et arrogant, toutefois capable d'éprouver de la compassion pour les soldats envoyés au massacre.
Sentenza est un tueur froid et méthodique qui n'hésite pas à abattre tout ceux qui se trouvent sur son chemin, mais qui aura lui aussi droit à son moment d'humanité en voyant Tuco torturé par l'un de ses complices particulièrement brutal et sadique.
Tuco est un bandit maladroit, comique et loquace. Il est paradoxalement le plus humain des trois et le seul dont le passé nous est révélé. J'avoue que des trois, il est mon favori!
Grâce à l'emploi de ces trois personnages picaresque, un scénario excellent, une mise en scène méticuleuse, la musique d' Ennio Morricone et le talent des acteurs, le film réalisa un nombre d'entrées qui ne fut jamais dépassé par aucun autre western. "Le bon, la Brute et le Truand" marque le début de la période faste du western spaghetti.
Le film sorti aux États Unis en décembre 1967, y pulvérisant le box-office... et ringardisant les westerns américains de l'époque, notamment le fameux " Code Hayes", qui était toujours en vigueur!
Le tournage en fut mouvementé, notamment pour Eli Wallach qui frôlera la mort à trois reprises. Une première fois quand Clint Eastwood est censé couper la corde devant le pendre d'une balle de fusil. Le bruit (enregistré de la détonation effraya le cheval sur lequel se tenait Wallach. Il parti à fond de train sur plus d'un kilomètre avec un Eli Wallach dont les mains étaient liés dans le dos! La seconde fois eu lieu lors de la scène où l'on voit Tuco s'évader en se servant de l'arrivée providentielle d'un train pour couper la chaîne le liant au corps du caporal Wallace ( Mario Brega). Les roues des wagons passèrent au ras de sa tête... La troisième fut quand il bu une bouteille de limonade en ignorant que celle-ci avait été utilisé pour contenir de l'acide, ce dernier ayant été utilisé pour user les sacs contenant les pièces de manière à ce qu'ils s'éventrent au premier coup de pelle.

Quant à Lee Van Cleef, il était dans la vie ordinaire un homme très éloigné de Sentenza. Dans l'une des scènes du film, il devait interroger au sujet de Bill Carson une prostituée, Maria ( Rada Rassimov) en la frappant. Lee Van Cleef refusa obstinément de  la frapper, même après que celle-ci lui ait dit "Tu peux y aller! Je suis une actrice". Il faudra utiliser une doublure pour le tournage de cette scène. PLus tard Lee Van Cleef se justifiera en disant "J'ai quelques principes dans ma vie : ne pas frapper les chiens et ne pas gifler les femmes dans les films!".

Eastwood se révéla fort agréable. Quand Eli Wallach arriva en Espagne, il n'arriva pas à trouver une seule chambre d'hôtel. Clint Eastwood, qui était invité chez un ami lui proposa de partager son lit, ce que Eli Wallach accepta. Eli Wallach est sans nul doute le seul homme au monde à avoir dormi dans le même lit que Clint Eastwood!

 

 

 

 

Dans un autre style sort un autre western spaghetti : " Django" de Sergio Corbucci sort cette année là.

Sur la frontière entre le Mexique et les Etats Unis, un étrange vagabond ( Franco Nero) revêtu d'un uniforme de l'armée de l'Union qui traîne derrière lui un cercueil, aperçoit Maria ( Loredana Nusciak), une métisse prostituée qui allait être fouettée par des bandits. Ceux ci sont tués par des hommes au service du Major Jackson ( José Bodalo), un raciste qui était officier dans l'armée Confédérée. Ce dernier veut que Maria soit crucifiée sur une croix enflammée. Le vagabond, qui dit se nommer "Django" les abats et offre sa protection à Maria.

Tous deux continuent ensemble leur route pour arriver à une ville fantôme dont les derniers habitants sont un barman, Nathaniel ( Angel Alvarez) et cinq prostituées. Nathaniel leur explique que la ville est une zone neutre pour deux bandes rivales, les Klansmen de Jackson et les révolutionnaires du général Hugo Rodriguez.

C'est alors que Jackson arrive avec quatre de ses hommes au saloon pour racketter Nathaniel. Django s'en prend verbalement à deux des hommes de Jackson alors que ceux-ci harcèlent l'une des prostituées, puis tourne en ridicule les convictions racistes de Jackson. Il tue alors ses quatre complices et le met au défi de revenir avec toute sa bande. Il passe alors la nuit avec Maria.

Le lendemain, Jackson revient avec son gang, sortant une mitrailleuse du cercueil qu'il tirait derrière lui, Django supprime la plupart des hommes de Jackson, laissant celui-ci fuir avec une poignée de survivants. Tandis qu'il aide Nathaniel à enterrer les corps, Django se recueille sur la tombe de Mercedes Zaro, une femme qu'il avait aimé et qui avait été assassiné par Jackson. C'est alors que le Général Hugo Rodriguez ( José Bodalo) arrive avec ses hommes et capture Frère Jonathan ( Gino Pernice), un espion de Jackson. Hugo tranche l'une des oreilles de Jonathan et le force à la manger avant de l'exécuter d'une balle dans le dos. Django, qui a par la passé aidé Hugo à sa sauver de prison, lui propose de coopérer avec lui pour voler l'or de Jackson qui est abrité dans le Fort Charriba, un poste de l'armée mexicaine. 

 Pour une oreille tranchée, le film sera blâmé pour sa violence "extrême" à l'époque de sa sortie. Cela ne gênera en rien à sa popularité qui en fera pour certains un film culte! On compte 31 séquelles du film, qui n'ont généralement rien à voir avec Django, Corbucci ou Nero, même s'ils en copiaient plus ou moins bien le style et la tenue des personnages.... Dernier en date, le "Django unchained" de Tarentino, un grand amoureux de Western Spaghetti!
Pour la petite histoire, on compte 180 "morts" dans le film. Django "tue" 79 personnes, le "méchant" Major Jackson 7, le général Hugo Rodriguez 5 et la belle Maria ne "tue" que 2 personnes. On est loin de la parité!
 

 

 

 

L'année 1968, je vais la commencer avec un OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié), " Le grand silence", un western franco-italien encore tourné par Sergio Corbucci dans les neiges alpines de Cortina d'Ampezzo, avec Jean-Louis Trintignant, ce qui est plutôt original!

Le juge Henry Pollicut ( Luigi Pistilli), banquier et homme de loi est aussi une personnalité corrompue qui fait assassiner par deux hommes de main un nommé Gordon (Jean-Louis Trintignat, aussi) et sa femme. Pour empêcher qu'il ne les donne, l'un des tueurs tranche la gorge de leur jeune fils ( Loris Loddi), ce qui le rend muet.

Des années plus tard, ce garçon devenu grand tue avec un mauser les deux hommes de main et fait sauter d'une balle le pouce droit de Pollicut.

 Quelque temps plus tard, en Utah, un blizzard très rude balaie les montagnes, isolant et affamant la ville de Snow Hill, contraignant la plupart des habitants à voler pour survivre. Pollicut met alors les têtes des voleurs à prix, attirant le gang de chasseurs de primes conduit par Tigrero ( Klaus Kinski). Comme ils s'en prennent aux bandits, ceux ci reçoive le secours inattendu de "Silence", le fils muet de Gordon. "Silence" a comme méthode de provoquer ses ennemis pour les abattre en état de légitime défense grâce à son habileté dans le maniement des armes.

L'un des outlaws, James Middleton, quitte la sécurité du groupe pour rejoindre sa femme Pauline. Tigrero prend sa femme, Pauline ( Vonetta McGee), en otage et tue Middleton. Voulant se venger, Pauline écrit à Silence pour lui demander de tuer Loco. Pendant ce temps, le gouverneur nouvellement élu ( Carlo d’Angelo), voulant ramener la paix dans la région, proclame une amnistie générale pour tous les bandits et nomme l'honnête (mais malchanceux) Gideon Burnett ( Frank Wolff) comme shérif.

Alors qu'il rejoint son poste, ce dernier est attaqué par les bandits qui lui volent son cheval pour le manger. Après avoir erré toute une journée dans la neige, il rencontre une diligence qui va à Snow Hill où il rencontre Silence, puis Tigrero. Silence rencontre ensuite Pauline qui lui promet d'augmenter la récompense pour la vie de Tigrero.

Pour payer Silence, Pauline tente de vendre sa maison à Pollicut. Mais ce dernier n'est pas tenté par l'affaire et lui propose de devenir sa maîtresse (c'est la raison pour laquelle il a fait tuer son mari). Pauline refuse. Silence, quant à lui, tente de provoquer en duel Tigrero, mais ce dernier l'attaque à mains nues, lui infligeant une sévère raclée. Tigrero tente alors de l'achever d'une balle, mais Burnett surgit et l'arrête pour tentative de meurtre. Il décide de l'emmener dans une prison située dans une autre ville. Avant de partir, Burnett demande aux habitants de la ville qui ont de la nourriture d'en donner aux outlaws. Pendant ce temps, Pauline soigne les blessures de Silence.

Alors que Burnett et Tigrero sont stoppés par un lac gelé, Tigrero en profite pour s'enfuir et brise avec des balles la glace autour de Burnett, laissant ce dernier mourir dans l'eau glacée. Il chevauche rejoindre ses complices et les convainc de le suivre pour en finir avec Silence. Pollicut, déterminer à s'emparer de Pauline par la force, tente de la violer tandis que l'un de ses sbires, Martin ( Mario Brega), torture Silence en brûlant sa main droite. Mais Silence réussi à maîtriser Martin et tue Pollicut. Au même moment, Tigrero et son gang arrivent en ville et cherchent Silence, tandis que les outlaws arrivent en ville pour prendre livraison des vivres promis par Burnett. Décidé à les utiliser pour attirer Silence, les hommes de Tigrero les enferment dans le saloon et capturent Pauline. Tigrero dit à Pauline de trouver Silence et de lui dire qu'il est prêt à se battre en duel avec lui. Si Silence gagne, tous les outlaws seront libres, si Tigrero gagne, ils seront tous tués...

 Souvent cité dans les trente meilleurs westerns jamais tournés, "Le grand silence" est atypique par sa noirceur et sa façon de retourner les codes du genre. Pas de désert aride ou de prairies, mais des montagnes enneigées. La veuve est une afro-américaine. Et les chasseurs de primes chassent en bande... Quand au héros, il pousse jusqu'à l'absurde le laconisme d'un Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone...

L'idée de ce film est venu à Corbucci quand Marcello Mastroianni lui confia son désir secret de tourner dans un western... et son regret de ne pas connaître un mot d'anglais! Ceci lui donna l'idée d'un film dont le héros serait un tueur muet, car il aimait donner une faiblesse à ses personnages principaux. Quand Jean-Louis Trintignant lui avoua que lui aussi ne parlait pas un seul mot d'anglais, Corbucci tenait son personnage principal. Mais Trintignant était réticent à prendre le rôle... Il finira par accepter en apprenant que le film était co-produit par l'un de ses amis : Robert Dorfmann.

A noter enfin que deux fins ont été tournées pour ce film.

 

 



Sergio Leone, justement, sort cette là son deuxième chef-d'œuvre dans le genre : " Il était une fois dans l’Ouest".

Propriété de Brett McBain ( Frank Wolff), Sweetwater est le seul endroit près de la petite ville de Flagstone où se trouve une source. Ce dernier, qui sait que le chemin de fer devra obligatoirement passer par son terrain pour alimenter en eau les locomotives à vapeur, compte bien en tirer profit pour s'enrichir. Il ignore cependant que le magnat du chemin de fer Morton ( Gabriele Ferzetti) à envoyer ses hommes de mains commandés par le cruel Frank ( Henry Fonda) pour l'intimider et le forcer à partir. Au lieu de se limiter à cela, Frank et ses hommes massacrent McBain et sa famille, laissant derrière des preuves pour accuser le bandit Cheyenne ( Jason Robards) du crime. Alors que Sweetwater n'a plus officiellement de propriétaire apparaît Jill ( Claudia Cardinale), une ancienne prostituée qui a épousé Brett McBain et qui devient donc l'héritière de sa propriété.

Pendant ce temps, un étrange joueur d'harmonica aussi doué avec son instrument qu'avec son pistolet ( Charles Bronson) arrive à bord d'un train, en descend et abat les trois tueurs que Frank avait envoyé pour le supprimer. "Harmonica" informe ensuite le Cheyenne de ce qu'à manigancé Frank .

A Sweetwater ont été livrés des matériaux de construction commandés par Brett McBain pour construire une gare et une petite ville. "Harmonica" explique à Cheyenne qu'il faut impérativement que la station soit construite avant l'arrivée sur les lieux du chantier du chemin de fer, sinon Jill perdra ses terres. Cheyenne décide d'employer ses hommes à cette tâche pour contrer Frank. Mais ni ce dernier, ni Morton n'ont l'intention de laisser tomber l'affaire!

 

Sergio Leone ne voulait plus faire de western après "Le bon, la brute et le truand". Il commençait à préparer le tournage de "Il était une fois en Amérique". Mais Universal lui demanda d'en tourner un de plus. Sergio Leone accepta dans la pensée d'en faire l'élément d'un tryptique comprenant "Il était une fois dans l'Ouest/Il était une fois la révolution/Il était une fois l'Amérique".

Sergio Leone s'appliqua à donner le plus de réalisme possible tant dans les descriptions de la vie quotidienne que dans les tenues des personnages ou la description des effets de la violence. Il voulait aussi traduire dans le film la transition entre deux époques, celle des pionniers qui s'efface devant le monde moderne.
Le film a été tourné dans quatre endroits différents : "Monument Valley" dans l'Arizona, à Moab dans l'Utah, en Andalousie et aux studios de Cineccita (Rome). Ainsi, le trajet en buggy de Claudia Cardinale commence en Espagne, se poursuit à Monument Valley et se termine en Espagne!

Il ne sera pas facile pour Leone d'obtenir Henry Fonda dans le rôle du méchant. Ce dernier craignait ternir sa réputation de comédien en jouant dans un "western spaghetti". C'est Eli Wallach qui le poussera à accepter le rôle. Du coup, Henry Fonda visionnera à la suite tous les westerns de Leone. L'univers de Leone lui plaisant, il lui donnera son accord, mais une fantaisie de sa part failli tout faire capoter! Il apparut en effet lors du premier jour de tournage avec des lentilles de couleur marron et une moustache! Leone, dont l'intention était d'utiliser le visage si connu de Fonda dans un rôle de contre-emploi, dont la scène du meurtre d'un jeune enfant en fut tellement horrifié qu'il manqua de peu de le virer du film! Fonda accepta d'abandonner ce maquillage ridicule et d'apparaître à visage découvert. Il n'eut pas besoin de parler quand il revint sur le plateau pour convaincre Leone qu'il tenait son "méchant"!
Le film sera un énorme succès dans le monde... sauf aux États Unis où il sera présenté dans une version amputée de plusieurs scènes et boudé par le public.

 

 

 

Un autre film qui connaîtra le même problème, mais pour d'autres raisons, sera le film "The Wild Bunch" (La Horde Sauvage) de  Sam Peckinpah.

Dans le Texas de 1913, Pike Bishop ( William Holden) est le leader d'un groupe de bandits sentant les premiers outrages de l'âge. Ils tentent un dernier coup pour s'assurer une retraite dorée en attaquant un bureau du chemin de fer dissimulant une grosse quantité d'argent. Las! Ils tombent dans un piège tendu par leur ancien complice Deke Thornton ( Robert Ryan) qui guide un groupe de chasseurs de primes engagés par la compagnie du chemin de fer. Une sanglante fusillade s'ensuit dans laquelle plusieurs membres du gang sont tués. Utilisant le bouclier d'un défilé mené par une ligue antialcoolique, Pike et le reste de ses hommes parviennent à fuir au prix de la mort de beaucoup d'innocents pris dans des feux croisés.

Du gang de Pike, outre ce dernier, s'échappent Dutch Engstrom ( Ernest Borgnine), les frères Lyle ( Warren Oates) et Tector Gorch ( Ben Johnson) et Angel ( Jaime Sanchez). Quand ils examinent le butin de leur attaque, ils découvrent avec dépit qu'en fait de pièces d'argent ils n'ont dérobé que des rondelles en acier.

Toujours traqués par les chasseurs de primes, Pike et ses hommes traversent le Rio Grande pour trouver refuge dans le village natal d'Angel. Cette localité est tombée sous le joug du Général de l'armée Mexicaine Mapache ( Emilio Fernandez), un homme corrompu et cruel qui fait piller les villages des alentours pour ravitailler ses troupes qui viennent d'être défaites par celle du révolutionnaire Pancho Villa. Pike décide de faire affaire avec le général, mais lors de la rencontre, Angel voit sa fiancée Térésa ( Sonia Amelio) dans les bras de Mapache. Fou de jalousie, il la tue, à la grande fureur de Mapache. Malgré tout, ce dernier conclu un accord avec Pike. Il lui demande d'attaquer avec ses hommes un train de l'armée américaine et d'y voler un stock d'armes pour réarmer ses troupes d'armes modernes et apaiser son conseiller militaire allemand, le Colonel Mohr ( Fernando Wagner), qui souhaite avoir des informations sur l'équipement des troupes américaines. En échange, il promet de verser une grosse récompense en or.

Angel décide d'abandonner sa part de l'or à Pike, si ce dernier envoie une partie des armes et des munitions qu'ils doivent voler aux rebelles combattants Mapache. L'attaque se passe comme jusqu'à l'irruption inopinée de Deke Thornton et de ses chasseurs de primes. Ceux ci les poursuivent jusqu'au Rio Grande, mais doivent abandonner la poursuite quand un pont saboté par les homme de Pike explose projetant tous leurs poursuivants dans le fleuve. Tandis qu'ils se regroupent pour reprendre la poursuite, Pike et ses hommes poursuivent leur route avec les armes et les munitions qu'ils ont pu voler. Ils savent que Mapache va tenter de les doubler et cherchent un moyen d'avoir leur or sans se faire piéger.

Mapache ne reste cependant pas inactif. Il apprend par la mère de Térésa qu'Angel a détourné des armes et des munitions pour les rebelles et apprend que ce sera Angel et Engstrom qui lui livreront le reste des équipements. Quand la transaction s'effectue, les troupes de Mapache encerclent les deux hommes. Angle tente en vain de fuir, est capturé, puis torturé. Mapache permet à Engstrom de partir pour qu'il raconte aux autres ce qui s'est produit

 

Le film sera coupé de plusieurs scènes avant sa sortie par les producteurs. Ces scènes coupées n'étaient pas du tout des scènes sanglantes, mais des "'comeback" qui expliquaient l'attitude de Bishop ou Thorton. Les studios estimaient que celles-ci ralentissaient l'action et donnaient un caractère moins spectaculaire au film.
Ce dernier a toujours le rang du western le plus sanglant, par l'ampleur du carnage final. Les scènes de "mort au ralenti" et l'exposition très crue de la violence étaient volontaires de la part de Peckinpah : il espérait dans l'esprit naïf des années 1960 que cette crudité dégoûterait le public de la violence et de la guerre. N'oublions pas que nous sommes alors en pleine guerre du Viet Nam et que tous les jours les téléspectateurs américains voyaient des images très crues de ce conflit . Il sera dépité de voir que beaucoup de spectateurs seront fasciné par cet étalage de violence!

Peckinpah ne ménagera pas ses acteurs durant le tournage, les poussant dans leurs limites. Dès le début du tournage, William Holden menaça de partir si Peckinpah continuait à malmener l'équipe du film en sa présence. Robert Ryan fut près de le frapper avec qu'il ait dû attendre dix jours costumé et maquillé sur le tournage sans qu'aucune scène où il figurait ne soit tournée, sans pouvoir prendre quelques jours de congés pour aller appuyer la campagne du Sénateur Robert Kennedy. L'aimable et doux Ernest Borgnine lui-même perdit un jour son sang-froid et son humour en clamant qu'il allait mettre une raclée à Peckinpah si ce dernier ne lui permettait pas de prendre un peu de repos, la poussière du dite de tournage lui causant des problèmes respiratoires. Le monteur  Lou Lombardo déclarera par la suite :"Au fil du temps, nous sommes devenus la "Horde Sauvage". J'ai vu comment Holden interprétait son rôle. Il jouait Sam. Il dirigeait la Horde Sauvage comme Sam dirigeait l'équipe".
Si la violence du film déclencha la polémique, ce qu'espéraient aussi les studios car elle garantissait le succès public du film, il n'en demeure pas moins que beaucoup de critiques furent sensibles à la manière dont Peckinpah parle dans ce film de la fin d'une époque : l'holocauste final où finit la "Horde Sauvage" est le bûcher funéraire des légendes du Vieil Ouest tel que les avaient dépeints les Westerns de la grande époque. D'ailleurs John Wayne haïssait ce film parce qu'il réduisait en cendre le mythe du "Old West". Au contraire, le réalisateur Martin Scorsese, invité à une "première" très privée par Peckinpah fut littéralement ébahi par le film, y compris les scènes finales.

Une dernière chose en passant, le nom de "Wild Bunch" fut donné au gang Doolin-Dalton qui sévit dans les années 1892-1895, et surtout au gang de Butch Cassidy et le Sundance Kid qui sévit entre 1896 et 1900 et que par un heureux hasard nous allons retrouver ci-dessous...

 

 



La même année sort un film bien moins sanglant, mais qui présente des similitudes avec certains des thèmes présents dans "The Wild Bunch", notamment celui de la fin d'une époque : il s'agit du film "Butch Cassidy and the Sundance Kid" (" Butch Cassidy et le Kid") de George Roy Hill.

A la fin des années 1890, alors que la "Frontier" se meurt, sévit dans le Wyoming la bande de bandits de " Hole in the Wall". Celle-ci est dirigée par l'aimable, intelligent et très volubile Butch Cassidy (Paul Newman) et son bras droit le laconique "Sundance Kid" ( Robert Redford). Tous deux reviennent à leur repaire après une longue absence pour découvrir que leurs hommes ont choisi entre temps un nouveau chef : Harvey Logan ( Ted Cassidy). Harvey défie Butch dans un duel au couteau, mais il défait par ruse. Cependant, Butch fait sienne l'idée de Logan d'attaquer l'Overland Flyer de l'Union Pacific lors de son voyage aller, puis de son voyage retour, en escomptant que la seconde attaque sera inattendue et rapportera peut être même plus que la première.

La première attaque se déroule à la perfection. Pour célébrer ce succès, Butch et Sundance vont visiter leur bordel favori dans une ville proche et regardent avec amusement le shérif de la ville tenter d'organiser un "posse" pour les poursuivre. Ils vont ensuite voir la petite amie de Sundance, l'institutrice Etta Place ( Katharine Ross)

Mais lors de la seconde attaque, Butch utilise trop de dynamite pour ouvrir le coffre, détruisant le fourgon le transportant. Alors que les membres du gang tentent de ramasser les billets épars, un second train arrive avec à son bord six policiers qui se mettent à poursuivre Butch et le Kid. Ceux ci tentent vainement de se cacher dans le bordel, puis d'être amnistié par leur ami le shérif Bledsoe (Jeff Corey) contre leur enrôlement dans l'armée.

Avec leurs poursuivants toujours accrochés à leurs basques, Butch et Sundance identifient parmi eux un célèbre pisteur indien "Lord Baltimore" et le célèbre homme de loi Joe Lefors, reconnaissable entre tous par son chapeau blanc. Pour leur échapper, ils doivent se résoudre à sauter du haut d'une falaise dans une rivière. De retour chez Etta, ils apprennent par celle-ci que la patrouille est formée d'agents de l'Agence Pinkerton qui ont été engagé par le patron de l'Union Pacific Edward Henry Harriman pour les poursuivre jusqu'à ce qu'ils soient morts. 

 Butch convainc Etta et Sundance qu'ils seront en sécurité en Bolivie que Butch voit comme un paradis pour les voleurs. Dès leur arrivée, Sundance est dégoûté par la pauvreté du pays, bien que Butch reste optimiste. Et ils connaissent si l'espagnol qu'ils se révèlent incapable d'attaquer une banque. Ils devront recourir à des cours assuré par Etta et à l'embauche d'un complice pour enfin réussir leurs vols et devenir célèbres comme "Bandidos Yanquis". Inquiets à la vue d'un homme portant un chapeau blanc et redoutant que l'on ne soit après eux, ils décident de devenir honnête.... mais cela ne durera qu'un temps!

Tant le public que les critiques firent un triomphe à ce film qui rafla en 1970 quatre Oscars. Beaucoup notèrent les liens du film avec d'autres : "Jules et Jim" de François Truffaut, "The Wild Bunch" de Sam Peckinpah et "Bonnie and Clyde" d'Arthur Penn au point de vue stylistique.

A noter que Butch Cassidy (1866-1908?) et le Sundance  Kid (1867-1908?) ont réellement existé, tout comme Etta Place (1878?-?). Avec leur gang, qui chose ironique était surnommé "The Wild Bunch" (le nom fut changé dans le film pour éviter une confusion avec le film de Peckinpah), ils commirent des attaques de banques et de trains dans le Wyoming entre 1896 et 1901, avant de quitter les États Unis pour la Bolivie. La loi les serrait de trop près : il n'y avait plus de place pour des hors la loi comme eux dans l'Ouest du 20ème siècle... On n'est pas certain de la façon et de l'année où ils périrent. Une théorie les donne tombant sous les balles de la police bolivienne vers 1908, mais une autre théorie dit que le Sundance serait rentré aux États Unis et aurait vécu dans l'Utah sous un faux nom jusqu'à sa mort en 1936.
Aucune preuve décisive n'est venu confirmer leur mort en 1908, mais une analyse ADN avec des descendants du Kid a prouvé que l'homme mort en Utah n'avait aucun rapport avec lui.

Pour en revenir au film, Katharine Ross eut une mauvaise expérience avec Georges Roy Hill. Un jour où se tournait une scène de vol dans un train où elle ne paraissait pas, il y avait quatre opérateurs pour cinq caméras, aussi le directeur de la photographie Conrad L. Hall lui montra comment utiliser une caméra et la déplacer pour une scène d'action. De toute la journée, Hill ne fit aucune remarque à ce sujet, mais à la fin de celle-ci, il a interdit à Katharine Ross de paraître sur le plateau de tournage en dehors des scènes qu'elle devait jouer

Pour Paul Newman, les choses allèrent bien mieux : le film lui laissa un très bon souvenir en raison des rigolades qu'il partagea avec Robert Redford en buvant des bières mexicaines!

 

 



Quelque mois plus tard sorti un film qui va beaucoup plus loin que "The Wild Bunch" dans la description de la violence, "Blue soldier" (" Soldat Bleu") de Ralph Nelson.

Fraîche recrue de la cavalerie américaine, Honus Gant ( Peter Strauss) fait partie de l'escorte chargée d'accompagner Cresta Lee ( Candice Bergen), une jeune femme délurée "délivrée" des Cheyennes après deux ans de "captivité" chez eux. Celle-ci, qui se trouvait très bien chez, n'a qu'une seule idée en tête : rejoindre ses "ravisseurs". En cours de route, le convoi est attaqué par des guerriers Cheyennes qui l'anéantissent. Seule Cresta et Honus en réchappent. Tous les deux font route ensemble pour essayer de rejoindre Fort Reunion, camp de base de l'armée, où se trouve le fiancé de Cresta, le colonel Iverson ( John Anderson). Sur leur trajet, ils sont découverts par un groupe de cavaliers Kiowas. Cresta force Honus à combattre le chef de la petite troupe. Il réussit à le blesser gravement, mais se montre incapable de l'achever. Ses compagnons s'en chargeront et laisseront partir Cresta et Honus. Après une rencontre mouvementé avec un trafiquant d'armes, Isaac Q. Cumber ( Donald Pleasance), ils arrivent tous les deux au Fort Reunion. Découvrant que son fiancé se prépare à attaquer le village pacifique des Cheyennes de Spotted Wolf (Jorge Rivero), Cresta s'enfuit à cheval pour prévenir ce dernier du danger qui le menace, tandis que Honus est incorporé d'office dans la colonne devant attaquer le village. Rien ne pourra empêcher un carnage qui creusera un fossé irrémédiable entre Honus et Cresta, ce dernier découvrant que les "sauvages" n'ont pas le monopole de la cruauté..

Le scénario repose sur le roman "Arrow in the sun (Blue soldier)" de Theodore Olsen et raconte l'un des plus atroces massacre de l'histoire américaine, l'attaque par la milice du Colorado commandée par le Colonel Chivington d'un village peuplée de Cheyennes et d' Arapahos sur la Sand Creek (Colorado) en 1864, bien que ces derniers aient reçu des assurances et se soient placés sous la protection du drapeau américain.

Plus d'une centaine d'indiens, en majeure partie des femmes et des enfants furent tués. Les viols furent nombreux et les corps souvent mutilés d'atroces façons, les soldats allant jusqu'à prendre non seulement des scalps, mais aussi des parties génitales d'hommes et de femmes pour les exhiber ou les convertir à blague à tabac. Chivington lui-même tuera d'une balle un nouveau-né qu'un soldat, pris de pitié, avait emporté pour l'adopter en disant : "Les poux font des lentes!". La plupart des hommes, confiant dans la protection de la bannière étoilée, étaient partis à la chasse. Ceux qui étaient présents, assistés de vieillards, de femmes et de jeunes garçons creusèrent des trous d'hommes dans un banc de sable et résistèrent victorieusement, tuant 24 soldats et en blessant 52.
Les auteurs du massacre furent longtemps considérés comme des héros au Colorado. Les colons étaient en effet terrorisés par des raids lancés par des Sioux et des Cheyennes venus du Wyoming.. Washington et l'armée américaine ne furent pas du même avis et firent passer en justice Chivington. L'un de ses officiers, un ancien militant antiesclavagiste, Silas Soule, qui devait témoigner contre lui à Denver sera assassiné d'une balle dans le dos par un tueur resté non identifié. Les Cheyennes et Arapahoes d'aujourd'hui ne l'ont pas oublié. Chaque année, les célébrations commémorant le massacre commencent par le dépôt de fleurs sur sa tombe.

Chivington sera acquitté, "faute de charges" par le tribunal. Il devra cependant quitter l'armée et décédera d'un cancer en 1892 à l'âge de 71 ans. Sand Creek l'empêchera de mener la carrière politique dont il rêvait et il finira dans l'obscurité. Personne ne fleurit sa tombe.
Fous de rage, les Cheyennes et leurs alliés guerroieront de longues années contre les soldats et les colons. Est-il besoin de dire qu'ils traitèrent ceux et celles qui avaient le malheur de tomber dans leurs mains de la façon dont les soldats de Chivington avaient traités les leurs?
Ce n'est que durant la derrière décennie que l'état du Colorado s'excusa auprès des Cheyennes pour le massacre et transforma le lieu de ce dernier en terre consacrée à la réconciliation avec les Cheyennes et en un lieu de commémoration. Il faut noter que le site même appartenait à un rancher (blanc) qui en fit don aux Cheyennes.

A noter que lorsque l'on regarde la bande-annonce originale de l'époque, on pourrait croire que le film est une bonne comédie sentimentale, car elle est centrée sur la période de romance entre Honus et Cresta. Certains spectateurs durent vite quitter la salle!


Affiche classique du film soldat bleu
Le film s'ouvre par une première boucherie avec le massacre de l'escorte par les Cheyennes. Il prend ensuite l'allure d'une comédie romantique non dépourvue d'humour pour se terminer par un carnage où rien n'est épargné au 
spectateur : viols, démembrements, décapitations, mutilations diverses, impacts des balles dans les chairs.
Sorti peu après la révélation du massacre de My Lai commis au Viet Nam par des soldats américains en mars 1968 (plus de 400 civils vietnamiens tués, souvent après avoir été torturé et/ou violés), "Blue soldier" déclencha une vive polémique au moment de sa sortie pour le côté "gore" des scènes de massacre au début, et surtout à la fin du film, cette partie impliquant notamment des enfants.


Beaucoup ont pointé le fait que le film possède un côté ambigüe. Il commence en effet par l'image d'indiens commettant un massacre, avant de se conclure par un massacre d'indiens, un peu comme si le premier massacre justifiait le second. L'affiche du film est d'ailleurs très éloquente quant à ce que l'on voulait promouvoir pour attirer le public...
Ralph Nelson voulait sans doute tout comme Peckinpah montrer les effets réels de la violence, sans vraiment prendre parti pour un côté ou un autre, la guerre étant la seule chose abominable, puisqu'elle transforme des êtres humains en monstres capables des pires cruautés. Et il a certainement connu la même déception devant la réaction d'une partie du public! Le film est en effet devenu culte pour les amateurs de cinéma "grand guignol" ou les fans de "slashers"
Nelson n'était pas un réalisateur abonné aux films ultraviolent : dans sa filmographie, on trouve "La symphonie des héros" sur un orchestre américain prisonnier des allemands qui le forcent à donner un concert ou "Charly" sur un retardé mental qui reçoit un traitement qui le transforme temporairement en génie...

 

 

 

 

La décennie s'achève avec le film le plus pro-indien vu jusque là : " Little Big man" d' Arthur Penn, quoique comme nous le verrons les choses sont à nuancées et à préciser.

Un journaliste ( William Hickley) vient interroger le vénérable Jack Crabb ( Dustin Hoffman), un vieillard de 121 ans, qui se présente comme le seul survivant blanc des hommes de Custer. Ce dernier se met à lui raconter sa vie picaresque. Alors qu'il n'était qu'un jeune garçon, sa famille fut massacrée par des Pawnees. Seul lui et sa soeur Caroline ( Carole Androsky) ont survécu. Ils sont tous deux recueillis par un Cheyenne qui les conduit à son village. Persuadée que les indiens ont de mauvaises intentions, Caroline "s'évade" en laissant derrière elle Jack qui est adopté par le chef "Peau de la Vieille Hutte" ( Chief Dan George). Il mène une vie idyllique, à peine troublée par le fait qu'il se crée involontairement un ennemi mortel après avoir humilié "Ours des Montagnes" (Cal Bellini). Lors d'un affrontement contre des Pawnees, Jack sauve la vie de ce dernier, qui devient ainsi son débiteur (ce qui rend aussi sa haine encore plus forte!). Pour son exploit, il reçoit le nom de "Grand Petit Homme", car "s'il est petit en taille, il est grand en courage". Mais un jour, lors d'un combat contre l'armée américaine, il renie son éducation amérindienne pour sauver sa vie. Désormais, il vivra une existence errante entre deux mondes, celui des Cheyennes et des Blancs qui l'amènera sur le champ de bataille de la Little Big Horn.

 

Le film n'a que peu de rapport avec la vérité historique. Il a existé un Lakota nommé " Little Big Man", mais ce dernier c'est surtout distingué en jouant un rôle trouble lors de l'assassinat de  Crazy Horse
L'attaque du village Cheyenne par les troupes de Custer fait plus référence au massacre de Sand Creek en 1864 qu'à l'attaque par le 7ème de Cavalerie du village Cheyenne de Black Kettle sur la Washita River à la fin de l'année 1868. Le village apparaît en effet surtout occupé par des femmes et des enfants, comme à Sand Creek, alors qu'à la Washita se trouvaient des hommes qui résistèrent, bien que pris par surprise. Si près d'une centaine de Cheyennes (hommes, femmes et enfants) furent tués,  Custer perdit 21 morts et 13 blessés et échappa de peu au sort qu'il connaîtra huit ans plus tard sur la Little Big Horn..
La mort de Wild Bill Hickock est aussi montrée de façon erronée, Hickock ayant été tué d'une balle dans la nuque alors qu'il jouait au poker.
Le général Custer montré dans le film n'a aucun rapport avec le Custer historique, excepté pour la vanité et son excentricité vestimentaire. Quant à la bataille de Little Big Horn montrée dans le film, elle n'a elle aussi aucun rapport avec la réalité historique!
Pour le scénario du film, Penn s'est inspiré du roman éponyme de Thomas Berger. Il en modifia cependant le début : dans le roman, Jack Crabb est recueilli par "Old Lodge Skin" et ses hommes après que, sous l'effet de la boisson, ils aient massacré sa famille, massacre qui est attribué aux Pawnees dans le film. Il changea aussi la fin : "Old Lodge Skin" meurt à la fin du livre. Penn décida de le faire survivre et de proposer une fin ouverte au film, tout à la fois pour lui garder un caractère picaresque et une allure de comédie, mais aussi pour montrer que le sort des Cheyennes n'est pas forcément la destruction, mais aussi le fait de devoir continuer à vivre.
L'aspect novateur du film est de donner enfin une vrai personnalité aux personnages indiens du film que l'on voit dans leur vie quotidienne, éprouver des émotions et interargir en communauté. Il y a aussi un réel souci apporté à l'authenticité des tenues, aux coutumes (les " Contraires" ont existé et existent encore), la tolérance envers ceux qui choisissent une orientation sexuelle différente de leur sexe.
Pour la première fois, des acteurs d'origine amérindienne sont présents dans la distribution à une autre place que celle "du gars au second plan qui tombe de cheval durant l'attaque des sauvages". Citons le génial Dan George (Old Lodge Skin, 1899-1981, Salish de la Colombie Britannique [Canada], acteur et poète) et Robert Little Star (Petit Cheval), qui joue le rôle d'un jeune indien qui choisit de se comporter comme une femme..

Toutefois, c'est par accident que Dan George obtint le rôle important de "Peau de la Vieille Hutte". Le rôle fut en effet d'abord proposé à Marlon Brando, qui le refusa, à Laurence Olivier (qui ne donna pas suite) et à Richard Boone, qui l'accepta avant de se rétracter peu de temps avant le début du tournage. On prit alors Dan George par "défaut", mais ce choix allait se révéler judicieux!
Le véritable but d'Arthur Penn dans ce film n'était cependant pas de réaliser un film historique ou ethnologique, mais d'utiliser le contrepoint offert par les Cheyennes pour réaliser une peinture au vitriol de la société américaine des années 1960 et de l'armée américaine en multipliant les allusions au Viet Nam. Le film s'inscrit en fait parfaitement dans le contexte de la contre-culture et de la critique de "l'establishment" telle qu'elle était pratiquée dans ces années là.
Le film reçut dès sa sortie un excellent accueil du public et des critiques et ait depuis devenu un film de légende.

Dustin Hoffman s'y révèle brillant en jouant un même personnage de l'âge de 17 à 121 ans. Pour jouer le rôle de Jack Crabb âgé, il cria à pleins poumons pendant plus d'une heure dans sa loge pour "casser" sa voix et supporta stoïquement de longues séquences de maquillage.
Une petite histoire à présent : dans les années 1980, un feu de prairie dévasta une partie du champ de bataille de Little Big Horn. Les archéologues américains sautèrent sur l'occasion pour le prospecter avec minutie à l'aide de détecteurs de métaux. S'ils trouvèrent de nombreux objets (balles, pointes de flèches, boutons d'uniforme, os...) qui changèrent leur vision de la bataille, ils tombèrent aussi sur une chose étrange. Près d'une route, ils découvrirent un grand nombre d'épingles à cheveux. Venaient-elles des soldats de Custer ou des guerriers indiens? Ils ne tardèrent pas à découvrir qu'Arthur Penn avait tourné à côté du site les scènes de la bataille de Little Big Horn pour "Little Big Man" et que ces épingles avaient servi à faire tenir les perruques des acteurs jouant des indiens!

 

 

 

 

Ne terminons pas les années 1970 sans une allusion à un couple phare du western spaghetti d'alors : Bud Spencer (de son vrai nom Carlo Perdersoli) et Terence Hill (Né Mario Girotti). Les deux hommes se rencontrèrent en 1966 sur le tournage du western " Dieu pardonne... moi pas!". Mais c'est quatre ans plus tard avec le film " On l’appelle Trinita" d' Enzo Barboni que leur carrière décolle. Beaucoup considèrent les films de ce duo avec dédain. Mon avis est plus mitigé : il y a du bon et du mauvais. Par ailleurs, leurs films retranscrivent en fait dans un univers westernien la "comedia de'll arte" typiquement italienne : la violence y est plus drôle qu'effrayante. Il y a beaucoup plus de bagarres à mains nues habilement chorégraphiées que de scènes de fusillades. Souvent, les méchants sont plus ridicules que cruels ou dangereux. Bud Spencer et Terence Hill y forment un duo reposant sur une opposition entre eux. Terence Hill représente la séduction, l'intelligence et la témérité. Bud Spencer la raison et la force brute mise au service du bien. ce binôme sera réellement efficace et très populaire durant la première moitié des années 1970, avant que le filon ne s'essouffle...

Les feuilletons "westerns" ne sont pas absents des écrans télés durant cette décennie, même si leur nombre diminue. Cette diminution vient du fait que les coûts s'envolent : désormais la location d'un cheval revient à près de 100 dollars par jour et les amis des animaux sont de plus en plus attentifs au sort des animaux dans les films. Cette attitude était justifié devant de nombreux abus : ainsi, l'un des "trucs" du grand cascadeur Yakima Canutt pour avoir des chutes de chevaux spectaculaires était de nouer une corde attachée à un pieu à l'une de leurs pattes avant puis de les lancer au galop! On devine sans peine qu'à chaque cascade les chevaux couraient le risque d'avoir une patte brisée et d'être achevé, ce qui se produisit plus d'une fois!

 

 

 

 

Parmi les séries majeures de cette époque, citons "The Virginian" (" Le Virginien", 1962-1971), créé par  Charles Marquis

Se déroulant vers 1898 et s'inspirant très librement les personnages du roman d ’Owen Wister , cette série est centré le personnage du régisseur de Ranch Shiloh, connu par son sobriquet de "Virginien" ( James Drury), son véritable nom demeurant inconnu de toute la série. Son bras droit, Trampas ( Doug McClure) est avec lui le seul personnage qui fera la totalité des saisons de la série.

Pour les trois premières saisons, le propriétaire du ranch était le Juge Garth ( Lee J. Cobb). Il y vit avec sa fille Betsy ( Roberta Shore). Celle-ci à une relation platonique avec l'un des employés du ranch, Steve Hill ( Gary Clarke, 1962-1964)

Après que d'autres personnages aient rejoint la série, la saison 4 vit de profonds remaniements dans la distribution avec le départ de Roberta Shore, de Lee J. Cobb et d'autres acteurs, en raison d'un changement de producteur exécutif. John Grainger ( Charles Bickford) devient le nouveau propriétaire du ranch, Sara Lane interprétant le rôle de sa petite-fille et Don Quine celui de son frère Stacey.

Dès la saison suivante, Bickford "partit"(il décéda le 9 novembre 1967) et fut remplacé par son "frère" Clay Grainger ( John McIntire). La saison 6 vit l'arrivée de Holly Grainger, son épouse ( Jeanette Nolan, qui jouait ce rôle était aussi dans la vie réelle l'épouse de McIntire!)

Pour sa dernière saison, la série tenta de s'adapter aux nouveaux codes : générique composé par Ennio Morricone, look louchant vers les westerns spaghettis et changement de titre : "The men from Shiloh", pour se dégager d'une image vieillotte qui éloignait progressivement son public. Cela aura au départ un effet positif, mais ne permettra pas de sauver la série qui sera supprimée en 1971... Les temps avaient changé!

Sinon, cette série hébergea au moins en qualité de "guest stars" ou de débutant des gens comme Tim Matheson (1969-1970), Lee Majors (saison 9), le vétéran Stewart Granger (saison 9),  Ricardo MontalbanBette Davis, Robert Redford, Leonard Nimoy, Leslie Nielsen, George Kennedy, William Shatner, John Cassavetes, Angie Dickinson, Harrison Ford, Charles Bronson, Joan Crawford, Janet Leigh

 

 

 

 

 

 

Viens ensuite "The Big Valley" (La grande vallée, 1965-1969).

Cette série a comme originalité de montrer un ranch tenu par une femme, Victoria Barkley ( Barbara Stanwyck), entre 1876 et 1884. Elle règne sans partage sur ses terres et sa famille composée de l'aîné, Jarrod ( Richard Long), qui est un brillant avocat, du colérique Nicholas (Nick), joué par Peter Breck, de sa fille Audra ( Linda Evans). A cette famille, il convient de rajouter le fils cadet, Eugene ( Charles Briles) , qui est étudiant en médecine à Berkeley, mais revient de temps à autres au ranch familial et surtout Heath ( Lee Majors), fils illégitime de feu Thomas Barkley, qui arrivera peu à peu à se faire accepter comme membre à part entière de la famille.

Cette série connaîtra un grand succès public et Barbara Stanwyck avec son rôle de femme forte et dominante deviendra une icône pour le milieu lesbien des années 1960-1970. La série sera sabordée en 1970, les studios voulant donner la priorité à des séries plus contemporaines et abandonner le western dont la veine s'épuisait..

 

 



Dernière grande série des années 1960, voici qu'arrive "The High Chaparral" (Le Grand Chaparral, 1967-1971)

Cette série est centrée sur le ranch du même nom, dirigé par "Big John" Cannon ( Leif Erickson) qui est situé dans le territoire de l' Arizona durant les années 1870, et en plein  territoire Apache.

 A ses côtés, il y a son frère Buck ( Cameron Mitchell) et son fils Billy Blue aussi nommé Blue Boy ( Mark Slade). "Big John" a perdu sa femme, Annalee ( Joan Caulfield), mère de Blue Boy, tuée par une flèche Apache peu de temps après leur installation en Arizona. Il épousa en seconde noce Victoria ( Linda Cristal), la fille du puissant Don Sebastian Montoya ( Frank Silvera), un gros propriétaire terrien dont les terres sont voisines de celles des Cannon. Le frère de Victoria, Manolito ( Henry Darrow) suit sa soeur par hostilité envers son père et s'installe à demeure au "High Chaparral". Ce mariage est en effet au départ un mariage de convenance auquel Blue est au départ violemment opposé.

Cependant, grâce au renfort des hommes de Montoya, les Cannon sont capables de repousser les attaques des indiens, et grâce aux talents d'interprète de Manolito, ils parviennent à conclure une trêve précaire et sans cesse menacée avec ceux ci. L'armée refuse en effet de reconnaître le droit aux Cannon de négocier une paix avec les Apaches et ses interventions provoquent des tensions. Par ailleurs, les relations entre les Cannon et l'arrogant Don Sebastian ne sont pas toujours au beau fixe!

Autre source de problèmes, le frère de Big John, Buck, est un ancien soldat de la Confédération. Or, de temps en temps, ce passé revient le hanter quand d'anciens soldats du Sud passent dans le coin, sans pouvoir retourner à leurs maisons dans le Sud défait. Cela est cause de frictions entre les deux frères, Big John ayant combattu du côté de l'Union.

Par la suite, Manolito et Buck deviendront les vedettes de la série, car ils en sont les fauteurs de troubles attitrés, avec une conduite irresponsable quand ils sont alcoolisés, alors que les autres personnages tendront à voir leur importance diminuer. Mark Slade (Blue Boy) n'apparaît plus dans la dernière saison. Il sera remplacé par un métis, Wind (Rudy Ramos) d'un âge similaire à Blue et qui interviendra comme un intermédiaire enter les indiens et les Cannon. Le malheureux Frank Silvera, lui, mourut électrocuté le 11 juin 1970 lors du tournage d'une saison, et son personnage périra avec lui

A noter que pour un ranch, le bétail n'est que très rarement montré.

Parmi les "guest stars" on trouve Chief Dan George, Charles Durning, Jack Lord, Ricardo Montalban...

 

 

 

 2) Les fatales années 1970.


C'est avec un certain humour que je parle des "fatales" années 1970, car si elles s'achèveront par un désastre qui pénalisera le genre, cette décennie compte son lot de bons films dans la continuation de la mouvance des années 1960!
Comme nous le verrons, elle commence d'ailleurs en fanfare... Cependant, on assiste au fil du temps à deux choses : la décadence progressive du westerrn "spaghetti" et une diminution du nombre de tournages. Cette diminution vient des raisons cités ci-dessus (coût, protection animale) et un "glissement" des réalisateurs vers le policier ou le film d'action. Par contre, les codes esthétiques et parfois les scénariis typiques du western influencent d'autres genres cinématographiques comme entre autres les films de kung-fu ou de karaté venu d'Extrême-Orient.

 

 




1971 voit la sortie du dernier western tourné par Sergio Leone, si l'on excepte quelques scènes de "Mon nom est Personne" deux ans plus tard. Il s'agit de  "Duck, you sucker!" (" Il était une fois la Révolution").

En 1913, en pleine révolution mexicaine, Juan Miranda ( Rod Steiger) et sa famille sont des bandits de faible envergure et de peu d'ambition. Un jour, ils rencontrent sur leur route John Mallory ( James Coburn), un révolutionnaire irlandais spécialiste en explosifs qui a fuit son pays pour échapper à la police britannique. Juan essaie de le convaincre de se joindre à lui pour attaquer la banque de Mesa Verde, mais John compte rejoindre les révolutionnaires et se mettre à leur service. Toutefois, le hasard veut que la banque est aussi une cible pour les révolutionnaires dirigés par le Docteur Villega ( Romolo Valli). L'attaque a lieu, mais Juan est surpris de ne pas trouver d'or dans la banque, mais des centaines de prisonniers qui le saluent comme un "grand et glorieux héros de la Révolution"!

C'est alors qu'un détachement de l'armée commandé par le Colonel Günther Reza ( Antoine Saint-John) contre-attaque. Restés derrière avec deux mitrailleuses et de la dynamite, Juan et John en détruisent la plus grande partie.
Le colonel Reza, abrité dans une voiture blindée a survécu et décide de se venger. De retour à leur camp, Juan et John découvrent leurs compagnons massacrés, dont toute la famille de Juan.
Fou de rage, Juan cherche à se venger des soldats et est capturé. John pénètre dans le camp où se déroule des exécutions massives. Il découvre que le Docteur Villega a été capturé et torturé par le Colonel Reza et qu'il a donné les noms de tous les révolutionnaires et leurs caches. Il sauve ensuite de justesse Juan du peloton d'exécution et les deux hommes se cachent à bord d'un train dans un wagon à bestiaux.
Ce train stoppe pour embarquer le cruel Gouverneur Don Jaime ( Franco Graziosi) qui fuit avec sa fortune pour échapper aux hommes de Pancho Villa et Emiliano Zapata. Pour tester la loyauté de Juan alors que le train est tombé dans une embuscade, John lui demande de tuer le gouverneur. Juan abat ce dernier et en profite pour faire main basse sur ses possessions. Quand les portes du wagon s'ouvrent, Juan est ovationné par une foule immense comme un héros de la Révolution qui a récupéré pour le peuple les biens volés par le gouverneur! Porté en héros, il est dépouillé de son butin.


Pour Sergio Leone, ce film était le second épisode d'une trilogie qu'il avait commencé avec "Il était une fois dans l'Ouest" et qu'il terminera treize ans plus tard avec "Il était une fois en Amérique". Il n'avait aucune intention de réaliser avec ce film un film politique, il comptait simplement jouer sur l'opposition entre un intellectuel révolutionnaire irlandais et un paysan mexicain cynique et amoral et faire un film d'aventure, pas un film politique faisant l'exaltation de la révolution, comme certains le pensèrent à l'époque!

Implicitement, il y rend aussi hommage au cinéma de John Ford, notamment à celui que le réalisateur tourna en 1935 : "The informer" (" Le mouchard")

James Coburn fut d'abord réticent à prendre le rôle, mais c'est son ami Henry Fonda, qui avait tourné "Il était une fois dans l'Ouest" avec Sergio Leone qui le persuada en lui confiant que le réalisateur italien était le meilleur avec lequel il avait travaillé. Ironiquement, quelques années auparavant, Henry Fonda lui-même avait été hésitant à travailler avec Leone avant d'en être persuadé par Eli Wallach.

Eli Wallach lui-même fut contacté par Leone pour jouer le rôle de Juan Miranda, mais son premier mouvement fut de refuser, car il était déjà impliqué dans un projet de film. Quand il revint sur sa décision, il était trop tard, Leone avait choisi Steiger...

Quant à Clint Eatwood, Leone lui proposera le rôle de John Mallory, mais il refusera car il ne voulait plus tourner de western spaghetti, casser son image de "héros silencieux au cigare" et préféra faire un autre film.

Les relations entre Steiger et Leone seront tumultueuses, Leone trouvant que Steiger interprétait son personnage de manière trop sérieuse. En dépit de la violence de ses heurts, tant Steiger que Leone seront heureux du résultat final. 

 

 




La période était alors aux controverses et "Ulzana's raid" (" Fureur Apache") de Robert Aldrich, un vieux routard spécialiste du film d'action  n'y échappa pas!

 

Mécontent de la façon dont l'Agence Indienne de la réserve de San Carlos le traite, le chef Apache Ulzana ( Joaquin Martinez) prend le large avec un petit parti de guerre. La nouvelle arrive au commandement militaire local qui envoie aussitôt des cavaliers prévenir les colons du danger. Ceux ci sont pris dans des embuscades. Le premier messager est tué. Le second tue la femme qu'il escortait avant de suicider. Le jeune fils de cette dernière est épargné par Ulzana. L'époux de cette dernière, qui était resté chez lui pour défendre sa ferme, est pris par ruse et mis à mort.

Pendant ce temps, une colonne de cavalerie se met en route pour mettre la petite bande d'Ulzana hors d'état de nuire. Commandé par le novice et idéaliste lieutenant Garnett DeBuin ( Bruce Davinson), elle est guidé par le vieil éclaireur MacIntosh ( Burt Lancaster) et le scout Apache Ke-Ni-Tay ( Jorge Luke). Ce dernier connaît bien Ulzana, leurs femmes respectives étant soeurs. DeBuin bénéficie aussi des conseils d'un sergent vétéran des guerres indiennes ( Richard Jaeckel).

Les soldats trouveront bientôt les traces sanglantes laissé par le parti de guerre mené par Ulzana. Ils doivent faire face à un adversaire qui est sans merci et qui est bien mieux adapté qu'eux au terrain, tandis que DeBuin est choqué par la cruauté et la dureté de cette guerre qui met à l'épreuve sa conscience de chrétien et sa vue de l'humanité. MacIntosh et Ke-Ni-Tay tentent quant à eux de piéger Ulzana et ses hommes tout en conseillant DeBuin, méfiant envers Ke-Ni-Tay.

Sachant parfaitement qu'il est poursuivi, Ulzana tente de semer les soldats en envoyant deux de ces hommes décrire une grande boucle avec leurs chevaux pour épuiser les montures lourdement chargés de la cavalerie , pendant que lui et le reste de ses hommes prendront un raccourci pour récupérer plus loin les leurs. Mais Ke-Ni-Tay évente le piège. MacIntosh prépare alors un plan qui prive les Apaches de leurs montures et entraîne la mort des deux Apaches les conduisant, dont l'un est le fils d'Ulzana. DeBuin est obligé d'intervenir pour éviter que ses soldats ne mutilent le corps du jeune garçon.

Ulzana et le reste de ses hommes attaquent alors une ferme. Ils brûlent son propriétaire, violent la femme de celui-ci et s'emparent de deux chevaux. Ils laissent cette dernière en vie, car ils savent que leurs poursuivants devront l'envoyer au fort le plus proche avec une escorte. Ils comptent attaquer celle-ci pour s'emparer des chevaux qui leurs manquent. Mais McIntosh comprend leurs intentions et décide de leur tendre un traquenard.

 

Ce film s'attirera à l'époque les reproches des "pro-indiens" tout comme ceux des thuriféraires de l'armée américaine. Une scène montre en effet les soldats prêt à mutiler le corps du jeune fils d'Ulzana sans l'intervention de DeBuin.
Il faut noter que dans le film "Ke-Ni-Tay" explique à DeBuin la cruauté d'Ulzana par sa volonté de "s'approprier la force vitale de ses victimes" sic!
Cette scène me fait doucement ricaner. Connaissez-vous chers lectrices et lecteurs le livre de Laurence Keeley "Les guerres préhistoriques"? Non? Eh bien, si vous le lisiez, vous apprendrez que la guerre des soi-disants "peuples primitifs" ou "peuples premiers" a ses règles, qui sont à peu près les mêmes partout, que ce soit en Amérique du Nord, en Afrique, en Nouvelle-Guinée ou même à Tahiti. Elles ne vous plairont pas, mais comme le disait en substance Geronimo : "La guerre n'est pas un pique-nique".
Première règle : pas de prisonniers de sexe masculin en âge de tenir une arme. Il n'y a pas de prisons!
Seconde règle : les femmes des vaincus sont le butin des vainqueurs. Si elles sont trop vieilles ou malades ou gênantes, on les tuent. Elles deviennent les esclaves sexuelles des vainqueurs qui en usent à leur gré et sont astreintes aux tâches les plus pénibles et dégradantes. Leur sort ne s'améliore que si elles sont vues comme une monnaie d'échange ou qu'elles soient prises comme épouses.
Troisième règle : les enfants trop jeunes pour suivre les mouvements des guerriers ou trop bruyants sont tués.
Quatrième règle : les enfants assez âgés pour suivre les guerriers sont promis à l'adoption pour devenir de futurs guerriers de la tribu ou les mères de ces derniers.
Bien évidemment, il y avait des exceptions à ces règles. Mais une exception est une exception!
Je sais que cela casse beaucoup les rêves de beaucoup de gens, mais avant de juger, il est bon de regarder les guerres des "civilisés" : il y a certes des règles comme la Convention de Genève, mais tout le monde sait qu'elle a été couramment violée aussi récemment qu'au Kossovo ou au Moyen-Orient. Il faut éviter de se faire des illusions : toute guerre est cruelle en soit et réveille ce qui a de pire dans l'être humain. Le rêve d'une guerre "propre" comme l'ont certains n'est qu'une illusion.
J'ai lu ce que déclarait un vieil Apache qui avait participé aux combats de son peuple contre les Mexicains et les Américains. Je tiens à préciser qu'il le racontait avec tristesse et regrets, même s'ils étaient évidemment bien tardifs! "Quant les Mexicains trouvaient un bébé Apache, ils le jetaient en l'air et l'embrochaient sur leurs baïonnettes. Alors, nous faisions pareil. Quant nous trouvions l'un de leurs bébés, nous le jetions en l'air de plus en haut. Il riait aux éclats, croyant que nous jouions. Puis nous sortions un coutelas... Et il s'embrochait dessus en retombant...".

Un autre disait : "Jusqu'à ma captivité (en Floride) et l'âge de douze ans, je n'aurai jamais imaginé que l'on pouvait mourir autrement que d'une balle ou d'une flèche".
Si le film est une fois de plus une allégorie de ce qui se passait au Vietnam, il est cependant surtout un film d'action pure.
Il faut noter que le personnage de Lancaster peut évoquer le célèbre éclaireur Al Sieber (1843-1907) qui joua un grand rôle lors des guerres Apaches de 1871 à 1886.
Le film illustre aussi le rôle essentiel joué par les Scouts Apaches contre les "Hostiles". Sans leur aide, l'armée américaine aurait eu bien plus de difficultés contre les Apaches qu'elle n'en a eu!

Pour en revenir au plan artistique, il faut noter que Burt Lancaster était de facto l'un des producteurs du film, car  il avait renoncé à une part importante de son cachet pour en permettre le tournage. De ce dernier, Aldrich dira par la suite qu'il n'aimait pas la façon dont le film avait évolué. Il avait en effet été tourné en sept semaines alors que Aldrich mettait en moyenne trois ou quatre semaines de plus pour tourner un film.

 

 





La même année paraît sur les écrans un film moins dur (quoique!) " Jeremiah Johnson" de Sidney Pollack.

Vétéran désabusé de la guerre contre le Mexique ( 1846-1848), Jeremiah Johnson ( Robert Redford) cherche à oublier celle-ci en trouvant refuge dans l'Ouest. Il veut mener la vie d'un trappeur dans les Montagnes Rocheuses. Mais son premier hiver s'avère désastreux. Affamé et équipé d'une arme d'un calibre trop faible, il cherche à se nourrir en pêchant à la main dans un ruisseau, sans trop de succès, sous les yeux de "Paints his shirt Red" ( Joaquin Martinez), l'un des chefs des Crows. Il est sauvé en trouvant le corps gelé de Hatchet Jack tenant dans ses mains une arme de fort calibre. Ce dernier, qui a eu la jambe brisée en combattant un ours, a écris un message où il donne son arme à qui la trouvera. Toujours aussi inexpérimenté, il interrompt la chasse à l'ours du vieux et excentrique "Bear Claw" Chris Lapp ( Will Geer). Celui-ci lui enseigne comme vivre et survivre dans les montagnes, devenant son mentor. Ayant acquis assez d'expérience, Johnson le quitte pour aller de son côté.

Lors de son errance, il arrive à une cabane dont les occupants ont été attaqués par des Blackfeet qui n'ont laissé derrière eux qu'une femme folle ( Allyn Ann McLerie) et son jeune fils, totalement muet ( Josh Albee). Elle force Johnson à adopter le jeune garçon. Johnson le baptiste "Caleb". Tous les deux rencontre ensuite un homme chauve enterré jusqu'au cou par les Blackfeet après que ces derniers lui aient dérobés toutes ses fourrures. Il s'agit de Del Gue ( Stefan Gierasch), un montagnard qui s'est attiré l'animosité de plusieurs tribus. Johnson le déterre et Del Gue lui demande de l'accompagner pour qu'il puisse récupérer ses fourrures. Johnson accepte, mais demande à Del Gue de le faire sans violence.

Les deux hommes trouvent le campement des Blackfeet et s'y glissent à la tombée de la nuit pour retrouver les biens de Del Gue, mais ce dernier ouvre le feu avec un pistolet, obligeant les deux trappeurs à tuer tous les Blackfeet. Del Gue s'empare ensuite des scalps et de plusieurs chevaux. Dégoûté par les actions de son compagnon, Johnson repart avec Caleb. Peu de temps après, ils sont surpris par des indiens Flatheads christianisés, ennemis des Blackfeet, qui les ramènent tous les trois à leur camp comme invités d'honneur. Sans le vouloir, Johnson place le chef des Flatheads dans une position embarrassante en lui offrant les scalps et les chevaux pris sur les Blackfeet. Placé dans l'obligation de lui remettre un retour un cadeau d'une valeur au moins équivalente pour ne pas perdre la face, il lui donne comme femme sa fille Swan (Delle Bolton) après une étrange cérémonie où se mêle rites indiens et chrétiens. Del Gue les quitte alors, tandis que Johnson, Swan et Caleb partent de leur côté.

Tous les trois trouvent un endroit pour s'établir et y bâtissent une cabane. Peu à peu, des liens d'affection finissent à naître entre eux et ils commencent à former une véritable famille. Malheureusement, leur paix est troublée par l'arrivée d'une colonne de militaires qui demande l'aide de Johnson pour chercher une caravane de colons en difficulté dans les montagnes. Devant l'insistance d'un religieux accompagnant les soldats, Johnson accepte. Malgré le conseil de Johnson, la colonne traverse un cimetière Crow, un lieu sacré. Quand Johnson repasse par le cimetière, il voit que les tombes sont ornées avec des objets appartenant à Swan. Il revient à toute allure à sa cabane pour trouver que les Crows ont vengé la profanation de leur cimetière en tuant Swan et Caleb. Fou de douleur, il décide de les venger... Mais où celle-ci le conduira?

 

Le film sera bien accueilli au Festival de Cannes pour la beauté de ses images.
Il a aussi le mérite de donner une autre image des indiens en montrant non pas les traditionnels peuples des régions arides (Apaches) ou des Plaines (Comanches, Cheyennes, Sioux, Kiowas...), mais des indiens des montagnes (Blackfeet, Crows et Flateheads) et de montrer que ce monde a aussi ses lois, certes différentes de celles des "civilisés", mais aussi contraignantes. Jeremiah Johnson le découvrira à ses dépens, lui qui pensait

Le vrai Jeremiah Johnson

 avoir rejoint une région sans loi ni contrainte.


A noter que Jeremiah Johnson (1824-1900) a réellement existé, même s'il ne ressemblait pas à Robert Redford (voir ci-contre).

Il est décrit comme un homme corpulent de près d'un mètre quatre-vingt pesant près de cent kilos.

Ce marin quitta l'armée après la guerre contre le Mexique pour devenir trappeur. En 1847, sa femme, une indienne Flatehead, fut tué par des Crows alors qu'il se trouvait loin de chez lui pour se procurer des fourrures. Johnson mena alors une guerre personnelle contre eux, non pas seul comme le montre le film, mais accompagné d'autres blancs et de Flatheads. Il fit courir le bruit qu'il mangeait le foie de ses victimes ce qui lui valut le surnom de "Mangeur de foie". Les Crows eux le surnommèrent "Dapiek Absaroka" (Le tueur de Crows). Quand sa soif de vengeance fut assouvi au bout de plusieurs années, il fit la paix avec les Crows qui l'adoptèrent comme l'un des leurs.

En 1864, il s'engagea malgré son âge dans le 2ème régiment du Colorado (Union). Après la Guerre de Sécession, il deviendra marshall dans le Montana. Il est mort dans un hôpital pour vétérans à Los Angeles. Au début des années 1980, suite au film,  son corps sera exhumé et il sera enterré à Cody dans le Wyoming, prés des montagnes qu'il avait parcouru. Robert Redford sera parmi ceux qui porteront son cercueil.

A noter, pour en revenir au film, que ce n'est qu'à la fin du tournage que Pollack, et surtout Redford, décidèrent de la manière de terminer le film!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1973 voit la sortie du premier film produit et réalisé par Clint Eastwood, "High plain drifter" (L'homme des hautes plaines).

Un étranger sans nom (Clint Eastwood) chevauche dans le désert et arrive dans la petite ville minière de Lago, sur les bords d'un lac. Trois hommes le suivent dans le saloon en se moquant de lui, puis le suivent chez le barbier. Quand ils veulent l'affronter, il les tue tous les trois. Dans la rue, la jolie Callie Travers ( Mariana Hill) le bouscule intentionnellement, faisant tomber son cigare avant de l'agonir d'injures. Il l'emmène dans une écurie et la viole.

Durant la nuit dans sa chambre d'hôtel, l'étranger rêve d'un homme qui est fouetté. Il s'agit de Jim Duncan ( Buddy Van Horn), un marshall fédéral qui ressemble étrangement à lui et qui est fouetté à mort devant l'hôtel par les bandits Stacey Bridges ( Geoffrey Lewis) et les frères Dan et Cole Carlin ( Dan Vadis & Anthony James) pendant que les habitants de Lago regardent la scène sans réagir.

Le lendemain, le shériff Sam Shaw ( Walter Barnes) offre à l'étranger le travail que faisait les trois hommes qu'il a tué. Défendre les habitants de la ville contre Bridge et les Carlins, qui viennent d'être libérés de prison. L'étranger refuse, bien que Shaw lui offre tout ce qu'il désire en échange de son accord.

Par la suite, l'Etranger apprend que si les habitants de la ville sont désespérés, c'est n'est pas seulement parce qu'ils n'ont rien fait pour empêcher le meurtre de Duncan, mais aussi que plusieurs d'entre eux en étaient complices. Duncan avait en effet découvert que la seule richesse de la ville, la mine, était située sur des terres fédérales et qu'elle était par conséquent illégale. Les tueurs avaient été payés par certains des habitats pour l'assassiner et ceux-ci les trahirent ensuite pour s'en débarrasser.

L'étranger accepte alors la proposition du shérif. Il fait nommer le nain Mordecai ( Billy Curtis) sheriff et maire, et après que l'épicier ( Richard Bull) ait insulté et tenté de jeter hors de son magasin une famille amérindienne, il leurs donne une grande quantité de marchandises au frais du commerçant. Il ordonne ensuite au propriétaire de l'hôtel Lewis Belding ( Ted Hartley) de chasser tous les occupants de l'hôtel (à part lui, évidemment). Il enjoint ensuite à la population de démolir la grange de Belding pour que le bois de celle-ci soit utilisé pour faire des tables de pique nique. Quand la femme de l'aubergiste, Sarah ( Verna Bloom) proteste, il l'emmène de force dans sa chambre.

Le lendemain matin, satisfaite et heureuse, elle dit à l'étranger que Duncan ne peut reposer en paix parce qu'il a été enterré dans une tombe anonyme hors de la ville.

L'étranger instruits ensuite des rudiments de tactique aux gens de la ville, mais ils manque nettement des qualités nécessaires ou de courage pour cela. Il leur demande ensuite de peindre toute la ville en rouge, y compris l'église, malgré la timide protestation du prêcheur ( Robert Donner). Puis, sans dire un mot, il prend son cheval et quitte la ville.

Y reviendra t-il pour sauver ses habitants? Ou pour continuer sa vengeance?

 

Eastwood eut l'idée de ce film en se remémorant un fait divers survenant en 1964 à New York, l'assassinat et le viol d'une jeune femme, Kitty Genovese, en présence de témoins qui ne firent rien pour l'empêcher. A partir de cet événement, il demanda à Ernest Tidyman, qui avait obtenu l'année précédente l'Oscar du meilleur scénario pour "French Connection", de lui en écrire un. Tidyman remit un Eastwood son scénario, que ce dernier fit relire et compléter par son ami  Dean Riesner, qui avait déjà travaillé avec lui. Riesner développa certains points du scénario, y introduisit de l'humour noir et des allusions à l'univers de Sergio Leone.

Universal accepta le projet d'Eastwood, mais tenta en vain d'obtenir que celui-ci soit tourné en studio. Eastwood préférait en effet le tourner en extérieur sur les bords du lac Mono. Il y fit édifier la ville de Lago dont les bâtiments furent détruits à la fin du tournage. Il faut noter ici qu'Eastwood termina le film avec deux jours d'avance et sans dépenser tout l'argent budgeté pour le film.

Tout le film se veut dans la pensée d'Eastwood comme un hommage aux réalisateurs Sergio Leone et Don Siegel (L'inspecteur Harry). Leurs noms figurent d'ailleurs sur des pierres tombales du cimetière de Lago!
Le film sera un grand succès commercial et l'un des westerns des années 1970 qui ramena le plus d'argent.

Les critiques l'apprécièrent généralement, même si certains exprimèrent des réserves quant à sa forme trop influencée à leur goût par Siegel et Leone.. L'un des critiques les plus acerbes fut John Wayne. Peu de temps après avoir achevé son film, Clint Eastwood lui proposa qu'ils tournent un film ensemble. John Wayne lui envoya en retour une lettre très critique du film d'Eastwood, lui disant notamment que le vieil Ouest n'était pas ce qu'en montrait Eastwood et que les gens y figurant n'étaient pas les américains qui avaient conquis ce pays. Eastwood ne prit pas la peine de lui répondre et ils ne tournèrent jamais ensemble.

 

Dans une veine plus parodique sort l'un des derniers grands succès du western spaghetti : "Mon nom est Personne" (il mio nome è nessuno) de Tonino Valerri, aidé pour certaines scènes par Sergio Leone, bien que le nom de ce dernier n'apparaît pas au générique.
Jack Beauregard ( Henry Fonda) est un pistolero âgé fatigué de devoir maintenir sans faiblir une vigilance constante pour survivre dans un Ouest qui agonise devant l'irruption de la modernité en cette année 1899. Depuis longtemps, il a préparé son départ en Europe pour une retraite tranquille et un bateau n'attend plus que lui à La Nouvelle Orlèans. Seulement, tout le monde n'est pas d'accord. Trois hommes tentent de le tuer alors qu'il se fait raser. Il les tue et continue sa route . Celui-ci croise le chemin d'un vagabond, "Personne" ( Terence Hill) dont il partage le repas.

Beauregard poursuit son chemin vers une mine abandonnée pour y trouver un mourant blessé mortellement par un gang ( Leo Gordon). Beauregard lui demande ce qu'il sait d'un certain Nevada, mais l'homme meurt en lui donnant simplement le nom du village où il pourra le trouver.

 Beauregard s'arrête à un relais où se trouve "Personne". Celui-ci est abordé par trois hommes qui lui demandent de donner à Beauregard un panier. Personne impressionne Beauregard par sa connaissance de sa carrière de pistolero avant de lancer au loin le panier qui contenait une bombe.

Personne dit alors à Beauregard, qui est son idole, que celui-ci doit finir sa carrière en beauté, seul face aux 150 bandits de la "Horde Sauvage". Beauregard ignore que celle-ci utilise comme leurre une fausse mine d'or pour "blanchir" le butin de vols et que Sullivan ( Jean Martin), le propriétaire de cette mine, est à tort persuadé que Beauregard est en route pour le tuer.

Au village de Nevada, Beauregard retrouve Personne qui lui annonce la mort de Nevada, qui était le frère de Beauregard. Personne met une nouvelle fois Beuregard au défi d'affronter la "Horde Sauvage", mais de nouveau Beauregard part après s'être moqué de lui. 

Personne arrive plus tard à un saloon dans une ville. Il y rencontre Sullivan qui tente de l'engager pour tuer Beauregard. Au lieu de cela, il aide Beauregard à liquider les hommes de Sullivan. Beauregard, quant à lui, apprend que Nevada et Red ont acheté une mine abandonnée qui s'est mise brutalement à cracher des kilos de poudre d'or. Beauregard va à la mine et s'empare des sacs de poudre d'or. Sullivan tente de le corrompre en lui proposant les parts de son frère dans la mine, mais Beauregard refuse emmène seulement deux sacs et 500 dollars. Il part alors pour prendre un train à destination de la Nouvelle Orléans, sans savoir que sa route le fera tout à la fois rencontrer Personne... et la "Horde Sauvage".

 

A ce moment, le Western Spaghetti était presque devenu une parodie de ce qu'il avait été. Les westerns "sérieux" étaient devenu des films à petits budgets, à la violence gratuite et rarement distribués hors d'Italie. Par contre, les films parodiant le genre étaient devenus populaires. Sergio Leone et son équipe décidèrent alors de faire un dernier pour se moquer du genre. Terence Hill fut choisi en raison de son personnage de Trinita et de sa popularité.

Ils inclurent aussi dans le film des "private jokes" telle que le nom de Sam Peckinpah sur une croix dans un cimetière, l'usage du nom de la "Horde Sauvage" pour les méchants du film.

 

 

Généralement, le film est descendu avec raison par les critiques qui lui reprochent le cabotinage éhonté de Terence Hill et d'Henry Fonda. Toutefois, on peut aussi considérer que Terence Hill ne fait qu'y reprendre le personnage de Trinita (voir plus haut) et qu'Henry Fonda joue à parodier son personnage de Frank, le pistolero sadique de "Il était une fois dans l'Ouest". Il faut aussi tenir compte que certaines des scènes du film, comme celle montrant le combat de Jack Beauregard contre la "Horde Sauvage" sont magnifiquement filmées.
Et puis, ce n'est qu'une comédie....

 



Tout comme un an plus tard "Blazzing saddles" (Le shérif est en prison) de Mel Brooks!

En 1874, une nouvelle voie ferrée est en construction, mais se retrouve bloquée par des sables mouvants. La seule solution est de la faire passer par Rock Ridge, une ville frontière entièrement peuplée de blancs, tous répondant au nom de famille de Johnson. Le cupide et machiavélique procureur général Hedley Lamarr (Harvey Korman) veut forcer les habitants de Rock Ridge à quitter la ville en vendant leurs terres à bas prix. Après qu'il ait envoyé envoyé un gang d'assassins conduit par son âme damné Taggart ( Slim Pickens) pour tuer le shérif et terroriser la ville, les habitants de celle-ci demandent au Gouverneur William J. Le Pétomane (Mel Brooks) de nommer un nouveau shérif. Lamarr persuade sans peine l'inconsistant gouverneur de nommer pour ce poste Bart ( Cleavon Little), un cheminot noir qui a été condamné à être pendu haut et court. Lamarr compte que l'arrivée d'un shérif noir sera pour les habitants de la ville un événement qui créera le chaos, les laissant à sa merci.

Mais grâce à son intelligence et à l'assistance de Jim "Le Wako Kid" ( Gene Wilder), un pistolero alcoolique, Bart s'efforce de gagner la confiance de la population. Il réussi à amadouer Mongo ( Alex Karras), un géant naïf et philosophe qui a été envoyé pour le tuer, puis à séduire Lili von Shtupp ( Madeline Kahn), une chanteuse envoyée par Lamarr pour l'envoûter. Furieux de voir ses plans échouer, ce dernier recrute une armée d'assassins venus des horizons les plus divers pour détruire Rock Ridge. Bart, Jim, Mongo et Lili vont ils parvenir à la sauver?

 

L'histoire du film commença avec une histoire écrite par Andrew Bergman. Il avait l'intention de développer et de produire lui-même le film devant en être tiré et le nomma "Tex-X" (une plaisanterie par rapport au nom de Malcolm X). Il engagea Alan Arkin pour diriger le tournage et James Earl Jones dans le rôle principal, mais le projet avorta avant de prendre consistance et le serait rester à jamais si Mel Brooks, tombé par hasard sur l'histoire, ne fut emballé par celle-ci. Il acheta les droits du film pour une somme rondelette à Bergman et engagea un groupe de scénaristes (dont Bergman) pour étendre et rendre plus consistante l'histoire. Il afficha d'emblée un mot d'ordre : "Prière de ne pas écrire un script poli". Brooks lui-même qualifie le travail d'écriture comme "chaotique", le scripty étant plus ou moins rédigé au milieu d'une bagarre d'ivrognes. "Cinq de nous hurlaient pour mettre des idées dans le film. Je n'étais pas seulement celui qui criait le plus fort, j'étais aussi heureusement le directeur et je pouvais décider de ce qui était accepté ou non.". Bergman raconta plus tard : "Au départ, on était cinq. L'un d'entre nous parti au bout de deux semaines. Puis il resta moi, Mel, Richie (Richard) Pryor et  Norman Steinberg. Richie nous quitta après le premier jet et puis Norman, Mel et moi  avons écrits les trois ou quatre autres scripts. C'était une émeute. C'était une pièce d'émeutiers!".

Le titre original fut abandonné et plusieurs autres aussi avant que Mel Brooks ne trouve sous sa douche "Blazzing saddles". Pour la chanson du film, Mel Brooks chercha par annonce un chanteur du type "Frankie Laine". A sa grande surprise, c'est le véritable Frankie Laine qui répondit! Personne n'osa lui dire que c'était pour un film parodique. Les bruits de fouets furent rajoutés par la suite et l'équipe du film fut heuresuse que cette chanson soit interprété avec un grand sérieux!

Au départ, Richard Pryor devait incarner le personnage principal, mais en raison d son arrestation dans une affaire de drogue, les studios opposèrent leur veto et c'est Cleavon Little qui fut choisi après un casting. Brooks proposa le rôle du "Waco Kid" à John Wayne, mais ce dernier le refusa en disant que cela n'allait pas avec l'image "familiale" qu'il donnait", mais assura à Brooks qu'il serait parmi les premiers à voir le film

Durant tout le tournage, Mel Brooks aura fort à faire avec la Warner Bros qui manifestèrent un mécontentement certain pour l'usage fréquent du mot "nègre", pour la scène de séduction de Lili Von Shtupp, la scène des pets autour du feu de camp et celle ou Mongo assomme un cheval. Brooks sera soutenu par Pryor et Little pour ceux que le mot "nègre" offensait. Il recevra cependant un abondant courrier de protestation après le film.... émanant en grande partie de blancs! Bien des années plus tard, il déclarera qu'il ne pourrait plus faire un tel film aujourd'hui.

Quand le film fut présenté aux officiels de les officiels de la Warner gardèrent un silence troublé seulement par quelques rires. Les hauts cadres dirent : Flanquons le à la poubelle et enregistrons la perte financière" au grand effroi de Brooks. Fort heureusement le président des studios John J. Calley décida de faire des tests en projetant le film à New York, Los Angeles et Chicago. A raison, car le film sera celui qui ramènera le plus d'argent aux studios Warner cet été là! La première officielle aura lieu le 7 février 1974 à Burbank sur un drive-in avec 250 invités, dont Little et Wilder, regardant le film montés sur un cheval!

L'ancienne vedette du muet Hedy Lamarr poursuivit en justice la Warner en se plaignant que le film tournait son nom en ridicule et portait atteinte à sa vie privée. Brooks déclara que cela le flattait et les studios mirent fin à l'affaire avec une petite somme d'argent et des excuses pour avoir presque "utilisé son nom". Brooks dira plus tard que Lamarr n'avait jamais apprécié les plaisanteries.

 

 

 

Le film passe à la moulinette tous les mythes du western et son caractère raciste : rares sont en effet les westerns dont le héros est noir! Il parodie aussi ceux de l'âge classique du western, notamment ceux avec Gary Coorper et ceux dans lesquels tourna Marlene Dietricht dans les années 1930. Il s'inspire aussi de la tradition du "non sense" anglo-saxon, de l'humour juif et du délire à la Tex Avery.
L'accueil de la critique à l'époque sera mitigé, ce n'est qu'avec le temps que le film deviendra une référence dans le genre.

On saute ensuite à 1976, une grande année pour le genre avec quatre films marquants dans des genres différents : "Keoma", "Buffalo Bill et les Indiens", "Le dernier des géants" et "Josey Wales hors-la-loi".

 

 

 

Commençons par "Keoma" d' Enzo Castellari, l'un des derniers, si ce n'est le dernier, avatar et succès du western spaghetti.
Métis d'indien et de blanc, le jeune Keoma ( Franco Nero) est traité par tous comme un paria. Son sort s'améliorera quand il sera recueilli par un blanc plus généreux que les autres, William Shannon ( William Berger) qui l'élèvera parmi ses trois fils. Malheureusement, ceux ci n'acceptent pas Keoma et le haïssent.
Plus tard, Keoma part pour combattre aux côtés des forces de l'Union. Quand il revient, il retrouve son pays natal ravagé par la peste et placé sous la férule de Caldwell ( Donald O’Brien), un ancien irrégulier de la Confédération qui fait régner la terreur avec l'aide des trois frères adoptifs de Keoma. Cela n'empêche pas ce dernier de tout faire pour abattre la tyrannie de Caldwell, avec l'aide de son père et de Georges ( Woody Strode), un vieil ami afro-américain. Mais il est constamment visité par l'apparition d'une vieille femme qu'il surnomme la "Sorcière" ( Gabriella Giacobbe) qui lui a sauvé la vie lors du massacre d'un camp indien...

 

Quand Franco Nero et son ami Enzo Castellari avec le producteur Manolo Bolognini décidèrent de tourner un western spaghetti, le genre était déjà en train de disparaître. S'ils avaient le titre de leur film, "Keoma", ils n'avaient ni script, ni histoire!

Prèvu au départ comme une suite du "Django" de  Sergio Corbucci, quel Bolognini avait co-produit à l'époque. L'histoire de départ fut écrite par George Eastman, aliais Luigi Monteflori, puis développée en script par Mino Roli et Nico Ducci, tous deux n'ayant aucune expérience dans le domaine du western spaghetti. Leur script arriva sur le lieu du tournage trois jours après le début de celui-ci. Castellari et Nero le mirent aussitôt à la poubelle, considérant qu'il n'était pas bon pour un western spaghetti!. Castellari réécrivit le script au jour le jour en suivant les suggestions de l'équipe de tournage, en s'inspirant de l'univers de William Shakespeare et de  Sam Peckinpah. La plupart des dialogues du film furent fournis par l'acteur John Loffredo et Franco Nero lui-même.

 Le film fut tourné en huit semaines, principalement à Rome, dans les studios qui avaient servis à tourner "Django" quelques années auparavant.

Il n'aura qu'un succès mitigé en Italie et sera sorti sous différents titres en Europe et aux Etats Unis ("Le retour de Django", Keoma le Vengeur, etc...). 

Les critiques n'éreinteront pas le film lors de sa sortie. S'ils critiquent généralement sa forme, qui rend parfois l'intrigue confuse, la surabondance de métaphores dans le scénario, et l'excès de "flash-back", ils sont presque unanime à reconnaître le talent d'acteur de Nero, la chorégraphie des scènes d'action et la qualité des prises de vues.

Ce sera le chant du cygne du western spaghetti

 

Le film suivant est de Robert Altman. Il s'agit de "Buffalo Bill and the indians" (Buffalo Bill et les indiens).
Nous sommes en 1885 et Buffalo Bill Cody ( Paul Newman) ne tient plus en place. Il attend en effet une nouvelle attraction pour son " Wild West Show" : Sitting Bull ( Frank Kaquitts). Mais au grand dam de Buffalo Bill, ce dernier n'est pas un sauvage sanguinaire. C'est un petit homme au courage tranquille et à la grande moralité qui dément par sa seule existence les clichés élaborés pour justifier la conquête.
Ainsi, Sitting Bull refuse de figurer dans une "reconstitution" de la mort de Custer à la Little Big Horn qui montre cette bataille comme une lâche embuscade. Au lieu de cela, il suggère à Cody de figurer l'attaque d'un paisible village Sioux par la cavalerie américaine. Furieux, Cody le renvoie, mais il est contraint de le rappeler quand Annie Oakley ( Geraldine Chaplin) prend le parti du chef Sioux.


Sitting Bull (Tatanka Yotanka [Celui qui s'est assis sur le bison], 1831?-1890) a réellement figuré dans le Wild West Show de Buffalo Bill Cody pendant plusieurs mois en 1885. D'après certains, il avait d'abord refusé d'y figurer, mais accepta tout à la fois poussé par la curiosité de connaître le monde des Blancs et le désir de revoir sa fille adoptive Annie Oakley. Quelques années plus tôt, Sitting Bull avait été "l'invité d'honneur" d'une foire où elle se produisait. Il avait été si impressionné par sa virtuosité au tir qu'il l'avait adoptée comme sa propre fille. La perspective de pouvoir la revoir a sans doute aussi dû aussi jouer.
Sitting Bull n'a jamais participé à une reconstitution de quelque bataille que ce soit. Il était payé 50 dollars par semaine pour simplement faire le tour de l'arène à cheval. Un jour, le public hua le "tueur de Custer". Annie Oakley le rejoignit par la suite sous sa tente pour lui demander comment il faisait pour supporter cela. le chef lui répondit qu'il préférait qu'on s'en prenne à lui, plutôt qu'aux siens sur la réserve.
Sitting Bull gagna beaucoup d'argent en mettant sa signature sur des photos, mais au grand scandale de l'agent indien McLaughlin qui voyait dans ce fait une manifestation du refus de Sitting Bull de "suivre la route de l'homme blanc", il donnait presque tout ce qu'il gagnait aux mendiants. Il s'étonnait qu'alors que l'homme blanc était si puissant, il acceptait que des enfants n'aient pas de quoi à manger.
Cinq ans plus tard, en 1890, McLaughlin provoquera la mort de Sitting Bull après avoir fait des pieds et des mains pour repousser la venue de Buffalo Bill, ce dernier s'étant pris de sympathie pour le chef Lakota aurait peut être pu intervenir en sa faveur.
Le film sera un échec commercial lors de sa sortie, car il ne contient ni fusillade, ni chevauchées fantastiques. Il attaque en fait les sources des mythes américains en montrant que ces derniers ont été fabriqués de toutes pièces, notamment celui montrant de nobles hommes blancs combattant des sauvages sanguinaires. Il dépeint Buffalo Bill sous les traits d'un maquignon raciste (ce qui est faux pour ce point) totalement infatué de sa personne (c'était après tout un homme de spectacle!).

Le projet était assez ancien en 1976, puisque dès 1968 Cary Grant et le réalisateur Mervyn Le Roy en avaient acquis les droits pour le tourner. Qiuand Altman les racheta, il pensa pour le rôle titre à Marlon Brando et lui téléphona. Il avait gagné la parti en lui disant qu'il lui proposait ce rôle en raison de son soutien aux Amérindiens... et le perdit en rajoutant qu'il lui fallait une star pour que le film soit plus intéressant. Jack Nicholson refusera lui aussi le rôle, mais pour d'autres motifs.

 

Vient aussi la même année le dernier tour de piste de John Wayne dans "The shootist" (Le dernier des géants) de Don Siegel.

Situé le 22 janvier 1901, au tout début du 20e siècle, le film commence par un montage de scènes provenant des premiers westerns de John Wayne, censés illustrer la carrière imaginaire du "plus célèbre pistolero vivant", John Bernard Books (John Wayne). Mais celui-ci est désormais un homme âgé et malade qui se lamente que l'ancien Ouest est comme lui, mourant.

Arrivant à Carson City (Nevada), il va voir l'un de ses amis, "Doc" Hostetler ( James Stewart) qui lui confirme qu'il est atteint d'un cancer et qu'il décédera bientôt d'une façon très douloureuse.

Books décide de rester à Carson City et loue une chambre dans la pension de la Bond Rogers ( Lauren Bacall) et son jeune fils Gillom (Ron Howard). Le Marshal local, Walter Thibido ( Harry Morgan), inquiet de la présence d'un pistolero renommé dans sa ville, lui demande de partir sans faire de problèmes. Brooks lui parle de son état et lui dit qu'il compte mourir ici. Thibido consent à ce qu'il reste, mais repart en lui demandant de mourir vite.

La nouvelle se répand vite que brooks est en ville et profiteurs de toutes sortes, apprentis pistoleros en quête de gloire, anciens amis et ennemis viennent à lui. Un journaliste, Dobkins ( Rick Lenz) lui propose d'écrire toute une série d'articles mensongers pour glorifier son passé tumultueux. Books le jette dehors et reçoit aussitôt la visite de l'une de ses anciennes conquêtes, Serepta ( Sheree North), qui lui demande de l'épouser. Books est ému par sa demande, mais il comprend bien vite qu'elle veut co-écrire avec Dobkins un livre relatant ses "souvenirs" de veuve, aussi, il la repousse.

Pour apaiser les douleurs croissantes de son patient, Hostetler lui prescrit du laudanum. Books le force à dire ce qui arrivera ensuite. Hostetler lui avoue que peu à peu les douleurs deviendront si intenses que le laudnanum ne servira plus à rien , et que s'il avait le courage de Brooks, il choisirait sa mort.

Books rencontre ensuite le croque-mort local, Hezekiah Beckum (John Carradine) qui lui projette de grandioses funérailles. Brooks l'écarte comme un autre vautour, mais il lui commande une pierre tombale. Ensuite, deux jeunes sots en quête de gloire tentent de le tuer dans son sommeil, mais ils se font tuer par Brooks. Gillom est impressionné, tandis que sa mère est rendu furieuse par la fusillade et les dégâts.

Pour la calmer, Books paie les dégâts et l'emmène en promenade hors de la ville. Il lui déclare qu'il n'a jamais tué que des gens qui lui voulaient du mal. Bond lui répond que seul un pouvoir divin peut décider de cela. De plus, elle s'inquiète pour son fils Gillom, qui privé de l'exemple d'un père, développe un goût pour la violence et la boisson. 

Au retour, Books vend son cheval au forgeron Moses Brown ( Scatman Crothers), qui lui dit que Gillom a déjà essayé de lui vendre, en compensation des dégâts causés par Brooks. Brooks va voir Gillom et après s'être expliqué avec lu, le jeune garçon lui demande une leçon de tir.. A sa surprise, Gillom découvre qu'il est presque aussi "doué" que Books et lui demande comment il a fait pour gagner tout ses duels. Brooks lui répond que ce n'est pas toujours le plus rapide ou le plus précis qui gagne, mais que c'est aussi une affaire de volonté.

Il lui demande alors de délivrer un message à trois hommes : Mike Sweeney ( Richard Boone), qui rêve de venger son frère tué il y a longtemps par Brooks, Jack Pulford ( Hugh O’Brian), un joueur professionnel doublé d'un remarquable tireur au pistolet et Jay Cobb ( Bill McKinney), l'employeur de Gillom. Il doit leur dire à tous séparément que Books sera au Saloon Metropole le 29 janvier, jour de son 58ème anniversaire. Books insiste ensuite que Gillom accepte son cheval, qu'il a racheté à Moses, comme cadeau. Puis il se dirige vers le saloon...

 

Dès que le producteur Mike Frankovich annonça qu'il avait acheté les droits d'adaptation cinématographique du roman "The shootist" (Une gâchette) à son auteur Glendon Swarthout, John Wayne se manifesta en disant qu'il voulait en interpréter le rôle titre. Mais en raison de son état de santé et des moments de faiblesse qu'il avait manifesté en tournant son film précédent, "Rooster Cogburn" (Une bible et un fusil). On proposa le rôle à Paul Newman qui le refusa, tout comme George C. Scott, Charles Bronson, Gene Hackman et Clint Eastwood. Finalement, il ne restait plus que John Wayne en lice!

Le tournage eut lieu à Carson City, à 1400 métres d'altitude, ce qui mis à rude épreuve la capacité pulmonaire réduite de John Wayne. Le tournage devra d'ailleurs s'interrompre une semaine pour qu'il récupère des suites d'un rhume. Toutefois, contrairement à la croyance populaire, il était alors guéri de son cancer. Ce gros fumeur a été diagnostiqué avec un cancer du poumon en 1964 et une intervention chirurgicale lui avait enlevé son poumon gauche et plusieurs côtes. Ce ne sera que trois après la fin du tournage que l'on détectera chez lui des métastases dans son estomac, ses intestins et le long de sa colonne vertébrale. Il décédera un an plus tard.

 

John Wayne avait obtenu dans son contrat d'avoir un droit de regard sur le script. Il imposera plusieurs modifications à celui-ci, déplaçant la localisation de l'action d'El Paso à Carson City, sur la nature du cancer qu'il transforma d'un cancer de la vessie en un cancer de la prostate, ainsi que la fin. Celle-ci diffère par rapport au film en ceci que que Books tue Jack Pulford d'une balle dans le dos avant d'être lui-même abattu de la même façon par Gillom. Quand Siegel lui déclara "Clint l'aura fait", John Wayne devint rouge de colère en déclarant qu'il n'avait jamais frappé un adversaire dans le dos et qu'il ne commencerait pas maintenant! Il écarta aussi le fait d'être tué par Gillom et suggéra que ce soit un autre personnage, car "personne ne pourrait jamais avoir le dessus sur John Wayne dans un combat loyal".

Wayne imposa aussi plusieurs de ses amis ou anciennes co-vedettes dans la distribution : Lauren Bacall, James Stewart, Richard Boone et John Carradine. Bien qu'écarté depuis longtemps des plateaux pour cause de surdité, Stewart accepta le rôle du docteur pour faire plaisir à John Wayne. Durant le tournage de leurs scènes communes, tous deux parlaient d'une voix étouffée durant un grand nombre de prises, si bien que Siegel intervint en leur demandant de parler plus fort. Wayne plaisanta alors en lui suggérant de trouver pour cette scène de meilleurs acteurs. Il témoignera plus tard que Stewart connaissait parfaitement ses répliques, mais qu'il semblait incapable d'entendre les siennes.

Si certains disent que les constantes interventions de Wayne sur le script furent causes de tensions entre lui et Siegel, ce dernier assura par la suite que lui et Wayne s'entendaient bien : 'Il avait plein d'idées... parfois je les aimais, ce qui me donnait de l'inspiration, et parfois je ne les aimait pas. Mais nous ne nous sommes jamais disputés. Nous nos aimions mutuellement et nous respections mutuellement".

Si les critiques furent nombreux a apprécier le film à sa sortie, il sera par contre boudé par le public au grand désappointement de John Wayne. Ce n'est qu'avec le temps qu'il sera considéré comme un classique et l'un des meilleurs films du "Duke".

 




Autre grande sortie de cette année, "Outlaw Josey Wales" (Josey Wales, hors la loi) de Clint Eastwood.
Josey Wales (Clint Eastwood) est un paisible fermier du Missouri dont la vie bascule quand il assiste à la mort de sa femme et de son fils tué par une bande de "Redlegs" ou " Jayhawkers", des guérilleros pro-nordistes venus du Kansas voisin.
Wales rejoint alors un groupe de guérilleros pro-confédérés, les " Bushwhackers" commandés par Williamson Anderson ( John Russell).
A la fin de la Guerre de Sécession, le Capitaine Fletcher ( John Vernon) persuade Anderson et ses hommes de se rendre en disant qu'ils seront amnistiés. Seul Josey Wales refuse de déposer les armes. Cela lui vaut d'échapper au massacre de ses compagnons par les hommes du Capitaine Terrill ( Bill McKinney). Ce dernier, devenu officier de l'armée régulière n'est autre que l'ancien commandant des "Redlegs" qui ont massacré sa famille.
Wales abat plusieurs Redlegs avec une mitrailleuse Gatling avant de fuir. Le Sénateur Lane ( Frank Schofield), qui est l'homme qui finançait les Redlegs, met alors la tête de Josey Wales à prix pour 5000 dollars et force Fletcher à traquer Wales avec Terrill.
Wales vit alors une vie de fuyard avec pour seul compagnon un jeune homme, traqué par des chasseurs de primes et Terrill, tout en cherchant à se venger des milices de l'Union. Il finit cependant par se décider à tenter de bâtir une nouvelle vie au Texas après la mort de son compagnon.
Sur sa route, malgré son désir de faire route seul, il est rejoint par plusieurs personnages : Lone Watie ( Chief Dan George), un vieux Cherokee, une jeune femme navajo, Little Moonlight ( Geraldine Keams), une vieille femme originaire du Kansas, Grandma Sarah ( Paula Trueman), avec sa fille Laura Lee ( Sondra Locke) que Wales a sauvé des griffes d'une bande de Comancheros. Puis, à Santo Rio, Travis ( Sheb Wooley) et Chato (John Verros) se joignent à la petite troupe.

Wales et ses suivants finissent par arriver à un ranch abandonné appartenant jadis au père de Laura. Wales réussit à conclure un pacte avec les Comanches de la région et leur chef " Ten Bears" ( Will Sampson), qui leur permet de s'installer et de vivre en paix. Mais un chasseur de prime à reconnu à Santo Rio Josey Wales et guide le Capitaine Terrill et ses hommes vers la ville.

 

Le film fut inspiré par un roman de Forrest Carter publié en 1972 sous le titre "Gone to Texas". Le script qui en fut tiré sera travaillé par Sonia Chernus et le producteur Bob Daley, à Malpaso, Clint Eastwood ayant versé une partie de l'argent pour acheter les droits d'adaptation du livre. Michael Cimino et Philip Kaufman supervisèrent ensuite la réécriture du script, aidant Chemus. Kaufman voulait rester aussi près que possible du roman et retint la plupart des caractéristiques du héros, dont ses "tics" de langage. Il reprit aussi le personnage du chef Cherokee. Par contre, il n'aimait pas du tout le positionnement politique du roman, "écrit par un salopard de fasciste" et "un homme dont la haine du gouvernement fédéral était folle". Forrest Carter, de son vrai nom Asa Earl Carter était un ségrégationniste convaincu et un membre éminent du Klu Klux Klan impliqué dans des actes de violence raciste. Il voulait l'atténuer, mais Eastwood en décida autrement et prit lui-même la direction du film au début du tournage en raison de tensions croissante entre lui et Kaufman, dont il trouvait la méthode de travail trop lente et exagérément méticuleuse.

C'est toutefois Kaufman qui choisira Chief Dan George pour jouer le vieux Cherokee Lone Watie. En revanche, c'est contre son avis que Clint Eastwood engagea Sondra Locke pour le rôle de Laura Lee. Cela allait être le début d'une romance entre deux qui allait durer six films et presque 14 ans.

Le film sera un triomphe critique et public lors de sa sortie et est désormais un classique. Le personnage de Lone Watie et le jeu d'acteur de Chief Dan George fut très appréciés des spectateurs amérindiens du film pour sa façon de briser les stéréotypes que l'on colle généralement aux amérindiens (Chasseurs de bisons/Guerrier/Impassible/Ecologiste, etc....)

A cause de son âge, Dan George avait souvent du mal à se rappeler ses répliques en raison de son âge (77 ans) et Eastwood devait souvent l'aider à s'en rappeler. Sur une scène, il eut une idée. Au lieu de l'aider, il dit simplement "Chef, oublions le texte. Racontez moi simplement l'histoire de l'homme qui chevauchait dans les collines, Dan George improvisa et la scène fut tournée en une prise! 

 

 

 

Trois ans plus tard, allait sortir le film qui allait provoquer la presque quasi-disparition du genre, du moins sur les grands écrans : "Heaven's gate" (La porte du Paradis) de Michael Cimino.
En 1870, deux jeunes hommes sortent diplômés de la prestigieuse université d'Harvard : Jim Merril ( Kris Kristofferson) et William C. "Billy" Irvine (John Hurt).
Vingt ans plus tard, Averill est devenu shérif de la région de Johnson County dans le Wyoming, alors en pleine expansion. Les immigrants européens qui s'installent là rentrent en conflits avec les riches barons du bétail, car il leur arrive de voler des bêtes pour se nourrir. Ces derniers engagent une connaissance d'Averill, Nathan Champion ( Christopher Walken) pour les maîtriser. Champion commence par tuer un colon suspecté de vol de bétail et en dissuade d'autres de voler une vache.
Lors d'une réunion des éleveurs à laquelle assiste un Irvine fin saôul, le directeur de l'association Frank Canton ( Sam Waterston) expose ses plans pour tuer une centaine de colons et faire fuir les autres. Il les considère comme des voleurs et des anarchistes dont il faut purger la région. Irvine quitte la réunion et rencontre Averill qu'il avertit des projets macabres de Canton.
Tandis que l'association des éleveurs recrute une petite armée de tueurs, Ella Watson ( Isabelle Huppert), une tenancière de bordel, accepte du bétail volé comme moyen de payement pour "l'usage" de ses prostituées. Elle a une liaison à la fois avec Averill et Champion. Averill réussi à se procurer la liste des colons que l'Association des Éleveurs veut exécuter et en envoie une copie au Capitaine Minardi ( Terry O’Quinn) de l'armée américaine puis lit la liste aux colons qui ne savent pas comment réagir.
Pendant ce temps, un ami d'Averill, le conducteur de train Cully ( Richard Masur) voit venir les tueurs de Clanton. Il tente d'avertir les colons, mais se fait assassiner. Plus tard, un groupe d'homme arrive au bordel d'Ella et la viole. Averill survient et les tue tous à l'exception d'un. Ce dernier est abattu par Champion qui s'est rangé du côté d'Averill en comprenant que les éleveurs voulaient abattre Ella.

 

Michael Cimino écrivit le premier script de ce qui allait devenir "Heaven's gate" en 1971, mais comme il échoua à intéresser un acteur "bankable" à son film, celui-ci resta dans ses tiroirs jusqu'à ce qu'il acquiert assez de notoriété pour l'imposer aux studios

 Mais il s'avéra si exigeant qu'il explosa tout à la fois les délais de tournage et le budget du film! Maniaque à l'extrême, il fera démonter et reconstruire le décor d'une rue parce que celle-ci n'était pas exactement ce qu'il désirait. Et cel) à trois reprises! Pour la scène des diplômes à Harvard, il fera abattre un arbre et le débiter pour le transporter à un autre endroit et le remonter!

Pour la scène de la bataille finale, dans le but que le "sang" soit plus visible sur l'herbe verte, il fera construire tout un système d'irrigation souterrain pour qu'elle demeure bien verte durant le tournage!

Devant ses exigences et ses récriminations, l'équipe de tournage ne tarda pas à le surnommer "L'Ayatollah"! Le tournage du film s'allongea aussi démesurément que le nombre de prises. John Hurt restera si longtemps inemployé sur le tournage qu'il aura largement le temps de quitter celui-ci pour jouer dans "Elephant man" et revenir!

Il finit par livrer aux producteurs d'United Artist effarés un film long de 5h 25mn! Jugeant ce dernier inexploitable en salle, ils exigèrent de Cimino une version réduite de 3h 39mn.

Cimino désavoua cette copie et la première du film à New York s'ouvrit sous les plus mauvais auspices, les amis des animaux dénonçant les mauvais traitements que ces derniers avaient subi sur le tournage. Cette projection sera un désastre et les critiques seront unanimes à détester le film, qui ne restera sur les écrans que durant une semaine dans une salle unique!
Effaré, United Artist fit monter une nouvelle mouture du film, le réduisant à 2h 29mn, mais le public, échaudé par les critiques défavorables, le bouda. L'accueil en Europe sera moins défavorable, mais ne sauvera pas "Heaven's Gate"!
Le film gagnera le douteux honneur d'être considéré comme l'un des pires films jamais tourné et coûtera 40 millions de dollars pour à peine 3 millions de recettes, même si le temps a atténué la sévérité excessive de ce jugement! Pire : United Artist découvrira que les terres qu'ils louaient à prix d'or pour permettre à Michael Cimino de filmer en extérieur appartenaient à un certain Cimino Michael!

La maison mère, Transamerica, vendra United Artist à la MGM pour éponger le déficit, ce qui entraînera de facto la disparition d'United Artist. 
L'autre conséquence sera, sauf à de rares exceptions, que les grands studios refuseront désormais d'investir le moindre dollar dans un projet de western. Ceci entraînera leur disparition presque complète des grands écrans jusqu'à nos jours.
Le salut du western allait désormais reposer sur le petit écran et la vidéo, comme nous le verrons.

Finissons avec "Heaven's Gate" pour dire que ce film est basé sur des fait réels, la " Johnson’s County War" de 1891-1892.

Mais revenons aux années 1970 qui voient la diffusion de séries certes moins nombreuses que par le passé, mais de grande qualité pour certaines.
Citons plus particulièrement trois d'entre elles. Commençons par (Un shérif à New York) "McCloud" (1970-1977)

 

 

Cette série passa sur NBC de 1970 à 1977, avec dans le rôle principal Dennis Weaver et comme producteur Universal Television. Le personnage principal en état le Marshall Adjoint Sam McCloud, de Taos ( Nouveau Mexique), détaché dans le New York des années 1970 comme enquêteur spécial.

Universal pensa d'abord donner le rôle à Fess Parker, qui le refusa. Universal engagea a;l:ors Dennis Weaver qui avait l'avantage d'avoir une solide carrière derrière lui. Le pilote de la série "Portrait of a dead girl" sera diffusé le 17 février 1970. Il montre McCloud escortant un prisonnier de Taos à New York et s'y retrouvant impliqué dans l'enquête sur un meurtre. Le dernier épisode de la série "McCloud meets Dracula" sera quant à lui diffusé le 17 avril 1977

 

L'idée de la série, celle du "cowboy dans la grande ville" est venu du film que Don Siegel tourna en 1968 avec Clint Eastwood en vedette, "Coogan's bluff" (U n shérif à New York). Herman Miller, qui est crédité dans la série comme le créateur de celle-ci était avec Dean Riesner et Howard A. Rodman l'auteur du script de "Coogan's bluff". Ajoutons que Don Siegel fera une apparition dans l'un des épisodes de la série et que la scène où McCloud galope dans Manhattan au milieu d'un flot de voitures est inspiré d'une scène similaire provenant du film avec Eastwood.

 

En 1989 Weaver reprendra la rôle dans un téléfilm "The return of Sam McCloud", dans lequel il était devenu un sénateur des Etats Unis.

La série a été diffusée en France sur Antenne 2 en 1976.

 

 

Passons ensuite à la très populaire et familiale "Little house on the Prairie" ( La petite maison dans la prairie).

 

J'avoue très honnêtement que cette série que je juge mièvre et pétrie à l'excès de bons sentiments me déplaît et que j'étais très tenté d'ironiser dessus. Toutefois, comme elle a son importance, j'ai décidé tout à la fois d'en parler et d'adopter un ton plus neutre et plus objectif.

 

Basée sur les récits autobiographiques de Laura Ingalls Wilder, la série raconte les mille et unes aventures de la famille Ingalls, qui vivent dans une petite ferme, près du village de Walnut Grove, dans le Minnesota. Ils sont principalement centrés sur la seconde fille de la famille (Laura, justement), mais aussi sur les autres membres de la famille et les habitants du village et cela au fil du temps, décrivant la vie dans une petite communauté agricole à la fin du 19e siècle.

 

C'est au début des années 1970 que le producteur et directeur de la chaîne NBC Ed Fiendly eut l'idée de la série. Il demanda à Michael Landon de tourner le pilote de la série. Landon accepta à la condition qu'il ait le rôle de Charles Ingalls. Ce pilote fut diffusé le 30 mars 1974 et la série dura jusqu'à la diffusion du dernier épisode avec Michael Landon, le 10 mai 1982, à la fin de la huitième saison. La série aura une neuvième saison en 1982-1983 sous le titre "The little house : A new beginning". et trois téléfilms seront tournés en 1983-1984. Landon continuait à faire des apparitions dans la série et en demeurait le producteur. Il écrira aussi le script de plusieurs des épisodes.

 

Autant le dire, le feuilleton n'a que peu de rapports avec les récits de Laura Ingalls, écrits entre 1932 et 1943. Ceux ci furent "purgés" par l'auteur elle-même de divers éléments "gênants" pour des récits qu'elle destinait avant out aux enfants, mais sont malgré tout bien moins "convenables" que la série, et surtout plus réalistes!

 

En parlant de réalisme et de westerns, la série illustre cependant une vérité. Le "Vieil Ouest" était beaucoup moins dangereux que ne le montre la plupart des films. Certaines fameuses villes telle que Tombstone ou Dodge City avaient un taux de mortalité par armes à feu et de criminalité bien inférieur à celui des agglomérations actuelles. Certaines d'entre elles avaient même purement et simplement interdit le port d'armes dans leurs rues.Les attaques indiennes sur les convois d'immigrant étaient si rares que les historiens ont calculé qu'il y avait plus de chances de se tuer ou de se blesser si-même que d'être tué dans de telles circonstances! Quand on était fermier dans l'ouest américain à cette époque on avait plus à craindre des rigueurs du climat et des aléas économiques que des Dalton ou de Geronimo!

 

Passons maintenant à ce qui est la meilleure série de la période : "Kung Fu" 


KUNG FU - Générique TV Vidéo delphilion sélectionnée dans Séries

 

Kwai Chang Caine (David Carradine) est un orphelin dont le père Henry Caine (Bill Fletcher) est américain et la mère, Kwai Lin, chinoise, dans la Chine des années 1850. Après la mort de son grand-père maternel, il est accepté au monastère Shaolin où il grandit pour devenir un prêtre et un expert en arts martiaux.

Dans l'épisode pilote, le bien aimé mentor aveugle de Caine, Maître Po (Keye Luke), est assassiné par le neveu de l'empereur. Fou de rage, Caine tue celui-ci. Avec sa tête mise à prix, il doit fuir la Chine pour les Etats Unis pour tenter d'y retrouver sa famille américaine et son demi-frère, Danny Caine.

Bien qu'il cherche avant tout à ne pas se faire remarquer, la formation de Caine et son sens des responsabilités, le force à se battre pour la justice ou protéger les plus faibles. A chaque fois, il lui faut partir pour éviter la capture et protéger ceux qu'il vient d'aider.

Les flashbacks sont souvent utilisés quand Caine se rappelle des leçons qu'il a apprise au monastère de ses professeurs Maître Po et Maître Chen Ming Kan (Philip Ahn), lorsqu'un événement le lui fait se remémorer.

 

 

 

3) Le Purgatoire (les années 1980)

Après le fiasco de "Heaven's Gate", le sort du western semblait réglé. Le genre était en perte de vitesse par rapport à d'autres genres cinématographiques : films d'action, d'espionnages, de science-fiction et de fantastique. Les grands studios allaient le bouder, à par quelques exceptions...
Paradoxalement, cette situation allait peut être l'une des causes de la survie du genre : non seulement les codes du western allaient gagner d'autres genres (policiers, science-fiction, fantastique) et d'autres contrées (l'Asie), mais des films plus audacieux et plus novateurs allaient âtre expérimentés. Au-delà des simples "hommages" et remake, le genre allait se renouveler, et s'il ne connaîtra vraisemblablement plus la popularité qu'il a jadis connu, il est loin d'être enterré six pieds sous le sol de la praire avec les bottes aux pieds!

 


Les années 1980 s'ouvrent avec "Outland", un film de science-fiction de Peter Hyams
Le Marshal Fédéral O'Niel (Sean Connery) est chargé durant un an de maintenir l'ordre sur une petite colonie minière située sur l'une des lunes de Jupiter. Intrigué par des décès suspects de mineurs, il découvre que l'on donne à ces derniers pour améliorer leur rendement une drogue qui provoque à la longue de graves psychoses.
O'Niel suit la piste des dealers et celle-ci le mène droit au directeur de la colonie, Sheppard (Peter Boyle) qui a acheté l'adjoint d'O'Niel, Montone (James Sikking). Dans le même temps, la femme d'O'Niel le quitte en lui reprochant de privilégier son désir de justice à sa famille.
O'Niel confond Sheppard, mais ce dernier l'informe que personne ne veut que le trafic de drogue s'arrête : jamais la production n'a été aussi haute, les mineurs sont heureux et les propriétaires de la mine aussi.
O'Niel veut tout dévoiler, mais il découvre que Montone a été tué. Sheppard demande quant à lui aux propriétaires que deux tueurs soient envoyés pour liquider O'Niel. Ce dernier se retrouve seul pour les affrionter, aidé seulement l'aide du docteur Lazarus (Frances Sternhagen).


J'entends déjà vos cris : « Mais c'est un film de science-fiction ! Pas un Ouesterne ! ».
Votre objection est certes valable, mais laissez-moi reformuler le scénario de ce film : « O'Niel a été nommé marshal d'une petite ville minière de l'Ouest. Arrivé là-bas, il ne tarde pas suite à une série d'accidents mortels à comprendre que les mineurs sont en fait réduits en esclavage par la société minière. Il tente de dénoncer cet état de fait, mais le gérant de la mine riposte en engageant des tueurs pour le faire taire. Personne ne viendra à son aide, sauf  la femme médecin de la petite ville. Tout le monde attend alors le train qui doit amener les tueurs. ». Voilà, vous avez votre « Le train sifflera trois fois» !
Sous l'habillage de science-fiction se cache en fait un western. Le procédé n'est en soit pas nouveau , il avait déjà été utilisé durant les années 1960 dans des séries télévisés (Star Trek) ou des films à petit budget de série Z du style « Billy The Kid versus Dracula ». Ce qui était novateur dans « Outland », c'était l'ampleur des moyens techniques, la qualité du scénario et celle des acteurs.


 

Il faudra attendre 1985 et Clint Eastwood pour revoir un western qui fasse l'unanimité des critiques et du public avec « Pale Rider ».
Les hommes de main du puissant potentat qu'est Coy LaHood (Richard Dysart) terrorisent les membres d'une petite communauté de prospecteurs d'or pour mettre la main sur leurs « claims »..
Membre de cette communauté, Hull Barrett (Michael Moriarty) est agressé par des hommes de LaHood. Survient alors un mystérieux cavalier (Clint Eastwood) qui rosse ces derniers.
Barrett invite son sauveur à son camp et découvre avec stupeur que ce dernier est un pasteur !


Ce film est un western classique où l'on trouve des références aux films « Shane » (L'homme des vallées perdues) de George Stevens ou à « High plains drifter » (L'homme des hautes  plaines) du même Clint Eastwood. Le film possède aussi un relent de surnaturel et fait à de multiples reprises des allusions à l'Ancien Testament….


La même année sort « Silverado » de Laurence Kasdan.
Emmet (Scott Glenn) est attaqué par trois hommes alors qu'il dormait dans une cabane abandonnée. Il les tue tous les trois sans savoir que ces derniers travaillent pour Ethan McKendrick (Ray Baker) dont il a tué le père jadis. Il vient juste d'être relâché de la prison où il avait passé cinq ans pour ce fait.
Comme il se dirige vers la ville de Silverado, il trouve un homme à demi mort dans le désert, Paden (Kevin Kline). Ce dernier a été attaqué par des voleurs qui l'ont dépouillé de tout et laissé pour mort.
Tous deux continuent leur route vers la ville de Turley pour y retrouver Jake (Kevin Costner), le frère d'Emmett. Ce dernier se trouve en prison et attend d'être pendu pour avoir tué un homme en état de légitime défense. Paden retrouve entre temps l'un de ses voleurs et le tue. Il est mis en prison avec Jake. Emmett les fait évader de prison et ils s'enfuient  poursuivis par un « posse » auquel ils échappent grâce à l'aide de Malachi Johnson (Dany Glover), un homme qui a été chassé par de Turley par le shérif Langston (John Cleese).
Après avoir secouru une caravane de pionniers qui avaient été attaqué par des voleurs et avoir accompagné celle-ci jusque Silverado, ils se dispersent. Paden s'installe en ville,  mais Emmet et Jake apprennent que McKendrick tente de garder pour son énorme cheptel de bovins les terres entourant la ville en chassant tout ceux qui s'y installent. Malachi découvre quant à lui que la ferme de son père a été détruite par les hommes de McKendrick, forçant celui-ci à se réfugier dans une caverne.
Bientôt les quatre hommes uniront leur force pour combattre McKendrick.


Ce film est avant tout un hommage au western traditionnel de John Ford et d'Howard Hawks. Malgré une belle distribution, il ne connaîtra qu'un succès modéré. Ce n'est qu'au fil des diffusions télévisées et des vidéos qu'il deviendra lui-même un classique.


L'année suivante, on parodie le genre dans « Three amigos» de John Landis.
En 1916, le redoutable bandit mexicain El Guapo (Alfonso Arau) et son gang rackettent le petit village de Santo Poco. La fille du chef de ce village, Carmen (Patrice Martinez) décide de partir pour trouver quelqu'un qui pourrait délivrer les villageois de la tyrannie d'El Guapo. Alors qu'elle se trouve dans un village voisin, elle assiste à la projection d'un film muet montrant les exploits des « Three Amigos ». Confondant réalité et fiction, elle leur envoie un télégramme pour leur demander de venir  et de mettre hors d'état de nuire El Guapo. Mais comme elle a peu d'argent, le télégraphiste effectue beaucoup de coupes dans son message, le rendant difficilement compréhensible.
Pendant ce temps, les trois acteurs qui interprétaient les « Three Amigos », Lucky Day (Steve Martin), Dusty Bottoms (Chevy Chase) et Ned Nederlander (Martin Short) se retrouvent sans rien à la rue après avoir demandé une augmentation au patron des studios Harry Flugleman. Quand ils reçoivent le télégramme de Carmen, ils l'interprètent comme une invitation à venir au Mexique faire un film avec une star locale, El Guapo.
Après avoir volé dans les studios leurs tenues d'acteurs, ils se dirigent au Mexique où ils sont d'abord pris pour de redoutables tueurs. Ils rencontrent Carmen qui les emmène à son village. Là, ils n'ont aucune difficultés avec trois hommes d'El Guapo qui quittent le village déconcertés par les cascades hollywoodiennes des Three Amigos. Les villageois font alors un triomphe aux trois hommes, croyant que ces derniers étaient les vainqueurs d'un affrontement qui n'a pas eu lieu. Mis au courant de la venue des Three Amigos par les trois hommes de sa bande, El Guapo décide d'aller au village en force pour liquider ces redoutables ennemis.


Les critiques seront mitigés, certains lui reprochant un manque de folie. Le film cible les westerns musicaux qui firent fureur dans la période 1930-1950 et les westerns classiques comme les « 7 mercenaires ».

 



L'année 1989 voit la sortie de  « Young guns » de Christopher Cain.
John Tunstall (Terence Stamp) est un rancher prospère d'origine anglaise qui vit au Nouveau Mexique dans le comté de Lincoln. Il engage des jeunes vagabonds qu'il fait vivre et travailler sur son ranch pour éviter qu'ils ne sombrent dans le banditisme. Tunstall a un grand adversaire en la personne d'un autre rancher, Murphy (Jack Palance) et les hommes des deux ranchs en viennent fréquemment aux mains. Tunstall embauche le jeune Billy (Emilio Estevez) et essaie de le persuader de renoncer à la violence. Mais quand Tunstall est assassiné par les hommes de Murphy, Billy, Doc (Kiefer Sutherland, Chavez (Lou Diamond Phillips, Dick (Charlie Sheen), Dirty Steve (Dermot Mulroney) et Charlie (Casey Siemaszko) vont consulter leur ami l'avocat Alex Terry O'Quinn) qui leur promet que les hommes de Murphy qui ont commis le meurtre seront arrêtés et jugés pour ce crime.
Mais Billy souhaite venger Tunstall de façon plus radicale. Avec ses compagnons, il forme une milice de « Regulators » qui arrête certains des meurtriers. Incapable d'attendre un procès, Billy abat les captifs désarmés et tue l'un de ses compagnons qu'il pense acheté par Murphy.
Les autorités locale donnent la chasse à Billy et à ses compagnons, désormais recherchés pour meurtre. Cela ne les empêche pas de continuer la recherche des assassins de Tunstall. Quand Dick, qui était jusqu'à alors le leader du groupe, meurt dans une fusillade, Billy le remplace.
Usant de ses influences politiques, Murphy obtient l'aide de l'armée dans la poursuite de Billy, devenu Billy The Kid, et de ses compagnons.


Le film romance une histoire réelle : celle du rôle de Billy The Kid durant la « Lincoln County War » de 1877-1878. L'historien Paul Hutton déclara que le film était celui qui respectait le plus la véritable histoire de Billy The Kid.
Le film fut un gros succès critique et public, ce qui entraîna en 1990 un « Young guns II » au ras des pâquerettes !

La fin de la décennie est marquée par deux films fort différents l'un de l'autre…


Le premier « Quigley down under » (Mr. Quigley l'australien) de Simon Wincer se passe… dans l'outback australien!
Matthew Quigley (Tom Selleck) est un tireur d'élite muni d'une carabine Sharp de gros calibre modifiée pour tirer à des distances extraordinaires. Il vient en Australie pour travailler pour un gros éleveur, Elliot Marston (Alan Rickman) qui cherchait un tireur d'élite pour tuer les dingos qui décimaient ses moutons. A son arrivée au port, Quigley sauve « Crazy Cora » (Laura San Giacomo), une jeune femme qui feint d'être folle des mains d'hommes qui voulaient la violer. Il découvre que ces derniers sont des employés de Marston. Ceux ci le mènent à la propriété de leur patron, dans l'outback australien.
Marston s'avère être un passionné d'armes à feu et un amoureux de la mythologie de l'Ouest Américain. Après avoir demandé à Quigley de lui montrer son habileté au tir, il lui révèle qu'il l'a en fait embauché pour qu'il extermine les aborigènes présents sur « ses » terres. Furieux, Quigley frappe Marston, mais tombe entre les mains des hommes de ce dernier qui le rossent avant de l'abandonner en plein désert avec Cora.


Certes, le film se passe en Australie, ce qui est plutôt loin du Nebraska, mais ce n'en est pas moins un authentique western où les aborigènes australiens (dont le sort n'a pas été meilleur que celui des amérindiens) tiennent le rôle des indiens.
Si les critiques furent majoritairement positives, le public bouda le film lors de sa sortie en salle. Ce dernier se rattrapera sur  le marché de la vidéo.

 

Le film qui clôt la décennie s'avère bien plus important pour notre sujet. Il s'agit  de « Dances with wolfes » (Dance avec les loups) de Kevin Costner.
Le film s'ouvre sur la vue d'un hôpital de campagne lors de la Guerre de Sécession. Sur une civière se trouve allongé le lieutenant John Dunbar (Kevin Costner) qui vient d'apprendre qu'il sera amputé de sa jambe blessée. Quittant l'hôpital, il vole un cheval et tente de se suicider en parcourant à cheval le no man's land entre les soldats du Nord et ceux du Sud.. Son action soulève l'enthousiasme des troupes de l'Union qui chargent et mettent en déroute les Sudistes.
Impressionné par l'attitude de Dunbar, le major général Tide (Donald Hutton) le confie au soin de son chirurgien personnel et lui donne en récompense Cisco, le cheval avec lequel il a fait sa folle chevauchée. Il donne ensuite à Dunbar le choix de son affectation suivante. Contre toute attente, ce dernier choisit un avant-poste isolé en pays Lakota.
Arrivé après être guéri au fort marquant la frontière, Dunbar est confié aux bons soins de Timmons (Robert Pastorelli), un charretier chargé de l'amener à destination.
Après un jour de voyage, Dunbar arrive à sa garnison pour découvrir que celle-ci est abandonnée. Il décide malgré tout d'y rester. Timmons repart, mais est tué en cours de route par des Pawnees.
Dunbar, resté seul, 'repousse' une tentative pour voler Cisco en apparaissant nu devant Kicking Bird (Graham Greene). Deux autres tentatives échouent, après quoi les Lakotas décident de s'en désintéresser.
Alors qu'il recherche le camp Lakota, Dunbar rencontre « Stand with a fist » (Mary McDonnell), une blanche qui est la fille adoptive de Kicking Bird. Celle-ci veut mettre fin à ses jours pour rejoindre son époux dans la mort.
Dunbar la ramène au camp des Lakotas. Il y reçoit l'hospitalité de Kicking Bird et s'entretien avec ce dernier par le biais de « Stand with a fist ».
Peu à peu, Dunbar adopte les us et les coutumes de ses hôtes….


Le film est tiré d'un roman dans lequel Dunbar rencontrait des Comanches. Les Lakotas remplacèrent les Comanches pour une raison simple : à l'époque où le film a été tourné, il ne restait presque plus personne qui parlait ou comprenait le Comanche (depuis un programme de sauvegarde a augmenté le nombre de locuteurs à plus de 200 personnes). Le Lakota était par contre encore parlé et compris par 6000 personnes (2005). Costner voulait en effet que les personnages amérindiens parlent leur langue dans le film et que l'on sous-titre leurs propos. Pour atteindre cet objectif, il devra rudement batailler avec les producteurs qui étaient convaincus qu'un film dont la moitié des dialogues étaient sous-titrés serait un échec commercial certain au Etats Unis. Il faudra aussi faire apprendre cette langue à une partie des comédiens amérindiens : par exemple, Graham Greene (Kicking Bird) est un Iroquois du Canada et Rodney Grant (Wind in his hair) un Omaha. Tous deux ne connaissaient pas un mot de Lakota.


Le film explosa à l'époque le box-office et reçut de nombreuses récompenses. Celle qui toucha peut être le plus Costner fut peut être son admission comme membre honoraire de la « Lakota Nation ».
« Danse avec les loups » et sans conteste le film qui a été le plus loin en présentant les Amérindiens de façon sympathique et aussi celui les montrant de la façon la plus authentique (du moins pour ce qui concerne les chasseurs nomades des Grandes Plaines).
Toutefois, le temps a montré les limitations du film. Comme l'a fait judicieusement remarquer un Lakota avec une certaine ironie : « Heureusement que Dunbar arrive pour montrer aux Lakotas comment se battre contre leurs ennemis ! ». La chose était en effet assez comique pour qui a lu les propos du Général Crook qui a combattu les Lakotas en 1876. Il disait en substance qu'un Lakota armé d'un arc et de flèches était un adversaire très dangereux pour un soldat, même très bien entraîné. Qu'avec un mauvais fusil, il était presque inoffensif. Et qu'avec une arme moderne (pour l'époque), il devenait mille fois plus dangereux ! Un soldat ne s'entraînait en effet que quelques mois ou quelques années à la guerre, tandis que chez le Lakota comme chez beaucoup d'autres Indiens, cet entraînement débutait au plus jeune âge et durait tant qu'il n'était pas trop âgé !


Autre limitation, le personnage de Mary McDonnell (Standing with the fist). Son talent d'actrice n'est pas en cause. Mais pourquoi n'avoir pas choisi d'en faire une amérindienne à part entière ? D'autres critiques amérindiens s'en prennent à sa tenue plutôt débraillée pour souligner qu'apparemment elle ne se lavait et ne se coiffait jamais et ne recousait jamais ses vêtements de peaux, alors que les Lakotas se lavaient autant que possible, se coiffaient et prêtaient beaucoup d'attention à leur tenue!
Plus comiquement, Costner s'est pris les pieds dans la langue Lakota. C'est en effet ce que l'on appelle une langue de « genre ». En clair, certaines expressions différent selon le sexe de la personne qui parle. Ainsi pour une affirmation indécise, un homme dira « Yelô », une femme « Ye ». Et au grand amusement de l'activiste Lakota Russel Means, les personnages masculins ou féminins emploient parfois les formules réservées à l'autre sexe !


Au temps du cinéma muet, les problèmes de langues ne se posaient pas. Mais la donne changea avec le parlant ! Durant des décennies, on employa plusieurs solutions pour représenter les langues indiennes. La plus insultante fut d'enregistrer à l'envers une bande sonore en anglais, puis de la diffuser. Une autre méthode qui ne valait guère mieux consistait à les faire parler en « petit nègre « : « Aigle Noir gentil indien. Lui vendre authentique tapis de selle du Général Custer. How ! ». John Ford utilisa la langue Navajo de ses figurants indiens pour « reproduire » le parler des Apaches, Comanches, Sioux et Cheyennes. Beaucoup suivirent sa piste.
Ce qu'ignoraient les gens comme Ford, c'est que les Indiens se moquaient parfois d'eux à leurs dépens. L'un des cas les plus fameux fut celui d'un film où le réalisateur demanda aux figurantes indiennes de chanter « un chant pour encourager les guerriers partant à la bataille ». Celles-ci chantèrent avec des trémolos mélodramatiques… une berceuse !
Et dans les salles du cinéma, les spectateurs s'étonnaient parfois de voir lors d'une scène dramatique ou émouvante des indiens riants aux larmes…


Autre problème, les Pawnees qui tuent le malheureux Timmons. Cela est très improbable parce que les Pawnees, qui étaient ennemis des Lakotas, furent parmi les alliés les plus fidèles des Américains ! Ils servirent d'éclaireurs et d'auxiliaires de l'armée américaine et subirent une lourde défaite en 1873 devant les Sioux. Le plus dur pour eux, c'est que leur politique d'alliance avec les Blancs ne les sauvera pas à la fin des années 1870 de l'exil en Oklahoma et de la perte de leurs terres du Nebraska.
Autre grave erreur du scénario : les Sioux étaient alors en guerre contre les Blancs ! En effet, en admettant que Dunbar ait été blessé à la fin de la Guerre de Sécession (1865), il arrive dans les Plaines en 1866 ou 1867 après sa guérison… en plein dans la guerre dite de « Red Cloud » ou de la « Piste Bozeman » (1866-1868) marqué par l'anéantissement complet d'une unité de l'armée américaine forte de 82 hommes le 21 décembre 1866 (Fetterman Fight).
Autrement dit, Dunbar aurait eu plus de chance de voir son scalp orner la ceinture d'un guerrier Lakota que de se lier d'amitié avec eux…
Mais un bon film n'est pas obligé de respecter la vérité historique. N'est-ce pas ?

 

Pour parler télévision, les séries westerns disparaissent pratiquement totalement des écrans durant cette décennies. Toutefois, 1989 voit le lancement de la série « Lonesome Dove » (clip)

Avec comme acteurs vedettes Tommy Lee Jones et Robert Duval, cette mini-série aura un succès considérable tant en terme d'audiences qu'en récompenses. Elle raconte les aventures de deux anciens Rangers du Texas devenus ranchers près de la petite ville de Lonesome Dove, proche de la frontière mexicaine. Il donnera lieu à plusieurs séquelles.
La même année, « Youngs riders » (1989-1992, clip)  imagine la vie d'un groupe de jeunes cavaliers du Pony Express dans le Nebraska. Le vrai Pony Express connut une vie plus courte que le feuilleton : deux ans (1860-1861) avant de disparaître au profit du télégraphe.

 

 Revenons aux miniséries, avec une qui est plutôt remarquable par sa qualité : « Son of the Morning Star ». Cette minisérie relate avec une précision historique relativement bonne la carrière militaire et la vie familiale de feu le général George Armstrong Custer de la Guerre de Sécession à sa mort à Little Big Horn, tout en racontant aussi l'histoire de son vainqueur, Thasunke Witko (Crazy Horse {Celui dont le cheval est comme fou}, 1840 ? – 1877), par le biais du témoignage (historique) d'une indienne Cheyenne, Kate "Antelope" Bighead, lu par l'artiste aux multiples talents qu'est Buffy Sainte-Marie, musicienne, poètesse, peintre et activiste Amérindienne.


Le film dresse un portrait assez exact de Custer qui n'a jamais été un monstre sanguinaire, un fou furieux ou un âne en matière de stratégie. Vis à vis des Indiens qu'il combattait, son attitude était ambiguë comme le montre un livre qu'il a écrit « Ma vie dans les Plaines ». Quand Custer commence à parler des Indiens nomades des Plaines, il commence par faire un véritable éloge de leur mode avant de parler ensuite de leurs atrocités (pas toujours imaginaires, hélas!) comme pour se démarquer du risque d'être considéré comme un « Indian-lover », chose très mal vue dans l'Ouest à cette époque ! D'autant que l'homme avait en tête, non pas de devenir Président des Etats Unis comme on l'a dit, mais de faire fortune, d'avoir une maison sur une grande avenue de Washington ou de devenir un homme important dans l'un des nouveaux états de l'Ouest comme le Colorado où il avait commencé à investir…
Il était en fait en tant que cavalier admiratif de leurs capacités équestres et séduit par leur mode de vie libre et indépendant. Il ne comptait d'ailleurs pas que des ennemis chez les Indiens : les Crows, ennemis jurés des Sioux pleureront d'autant plus sa mort que certains d'entre eux avaient noués des relations d'amitié avec lui !
Custer n'était pas un Chivington qui voulait purger l'Ouest des « démons rouges » et qui assassina un bébé en disant : « Les poux font des lentes ! ». Il était certes convaincu de la supériorité de la race blanche et de la culture anglo-saxonne sur les « sauvages » et estimait que sa tâche (et celle de l'armée américaine) était de briser leur résistance tout à la fois pour permettre la colonisation blanche, mais aussi pour créer les conditions permettant l'assimilation des indiens soumis dans la société dominante, dont ils devaient pour leur bien accepter les valeurs et la langue. Bien évidemment, ils devaient aussi renoncer à toute leur culture et à leur mode de vie.
Il semble aussi, bien qu'il n'existe aucun preuve matérielle, qu'il n'est pas resté insensible à la beauté de certaines jeunes indiennes (Cheyennes notamment). La seule preuve indirecte est l'hostilité que Elizabeth Custer montre dans les écrits qu'elle a produit après la mort de son mari pour les femmes et les jeunes filles indiennes…
Par contre il est vrai que si Custer était un cavalier audacieux, il était d'une vanité atteignant les limites du supportable qui faisait qu'il n'avait pas que des amis dans ses subordonnés et que certains de ses soldats le haïssaient même franchement !


A noter qu'à la Little Big Horn, son attaque en trois colonnes était conforme aux normes de l'époque et aux méthodes préconisées pour une attaque de cavalerie. Il disposait en tout d'en peu plus de 700 hommes contre plus d'un millier de guerriers dont il connaissait approximativement le nombre. Sachant par son expérience personnelle que des troupes disciplinées pouvaient battre ou tenir en échec des guerriers indiens trois fois plus nombreux, son infériorité numérique ne lui donnait aucune inquiétude. Par ailleurs, s'il est exact qu'il a fini dernier de sa promotion à West Point (34ème sur 34), cela était plus la conséquence de sa conduite que de ses résultats réels. Par ailleurs, finir dernier à West Point est un peu comme être dernier à Saint Cyr ! Cela voulait dire que Custer faisait partie des 40 meilleurs officiers de l'armée américaine !
Son objectif était de s'emparer des femmes et des enfants pour contraindre les guerriers à la reddition, mais il ne saura pas trouver le gué permettant de les atteindre. Aussi, bien que son attaque ait pris par surprise les guerriers de Crazy Horse, Gall et Dull Knife, ces derniers auront le temps de réagir et de le prendre au piège.
Les Sioux et les Cheyennes auront une centaine de morts et environ 160 blessés. Le 7ème de cavalerie y perdra 268 hommes (dont Custer) et 55 blessés, soit près de 40% de pertes. L'un des taux de pertes le plus important jamais subi par une unité régulière de l'armée américaine. « Son of the Morning Star » propose l'une des meilleures reconstitutions de cette bataille.
L'armée américaine de l'époque est montrée avec plus de vérité que dans les films de John Ford où l'on voit des soldats impeccables aux tenues toujours réglementaires ou immaculées.


4) Les années 1990 ou la rédemption du western

Sans cesse mort et renaissant, le Western bénéficiera dans les années 1990 d'un nouveau souffle. Il n'est certes plus comme par le passé un genre majeur, mais pour autant ne produit pas que des films…. Mineurs !
D'autant que cette décennie est marquée par le 500ème anniversaire de la « découverte » des Amériques par un dénommé Christophe Colomb. Un vrai jour de malchance pour certains qui regrettent encore qu'il n'ait pas fait naufrage.…


Tout débute avec une comédie cependant, « City Slickers » (La vie, l'amour, les vaches) de Ron Underwood .
Mitch Robbins (Billy Cristal) et son ami Phil (Daniel Stern) sont deux hommes de trente neuf ans qui vivent chacun une grave crise morale à l'aube de leur entrée dans leurs quarante ans. Ed (Bruno Kirby), lui, est un homme heureux, mais qui vient de se marier depuis peu et qui a peur d'une éventuelle paternité. Ami de Mitch et Phil, il les invite souvent à partager avec lui différentes aventures.
A la fête d'anniversaire de Mitch, Phil et Ed lui offrent un cadeau commun à vivre à trois : conduire pendant deux semaines un troupeau dans le sud-ouest des Etats Unis, comme dans l'ancien temps. D'abord réticent, Mitch accepte sous la pression de sa femme. Les trois hommes partent sur un ranch du Nouveau Mexique où ils rencontrent d'autres participants à cette aventure. Ils y apprennent les rudiments du métier de gardien-vacher (ou cow-boy) et se prennent de querelles avec deux véritables cow-boys qui sont ivres. La bagarre s'arrête quand arrive un vieux cow-boy, Curly (Jack Palance) qui punit les deux cow-boys et les avertit de ne plus être ivres au travail.
Curly, les deux cow-boys et les apprentis John Wayne commencent leur long voyage le long du Colorado. Mitch et Curly se disputent après que Curly l'ait involontairement humilié. Les choses se gâtent pour lui avec les autres quand il déclenche par ignorance une panique dans le bétail. Mitch avec Curly doit chercher toute la nuit les animaux égarés et les deux hommes finissent par sympathiser l'un avec l'autre.
Mais Curly meurt soudainement…. Laissant les apprentis cow-boys aux prises avec un troupeau de vaches, deux cow-boys ivrognes… et leurs dissensions !
Le film sera un gros succès, notamment grâce à la remarquable interprétation de Jack Palance. Lui qui a tant joué de méchants sadiques et sans scrupules, tient dans ce film un rôle qui correspond à ce qu'il était dans la vie : un homme d'une exquise gentillesse! Le film aura assez de succès pour qu'une suite soit tournée, mais la qualité était bien moins grande!

 

L'année du 500ème anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb aux Antilles est marquée par un film plus sérieux que le précédent… Il s'agit de « Thunderheart » (Cœur de Tonnerre) de Michael Apted .
Dans les années 1970, Ray Levoi (Val Kilmer), un jeune agent du FBI aux dents longues est fier de son ascendance Lettone, mais refuse toute allusion à son héritage amérindien qu'il rejette : si sa mère était blanche, son père était un Sioux qui est mort tué par l'alcoolisme dans lequel il avait sombré corps et biens.
Mais c'est à cause de cet héritage qu'il rejette qu'il est choisit par son superviseur pour aller aider à résoudre une affaire de meurtre sur une réserve Sioux des Badlands du Dakota. Avoir sur place un enquêteur avec du sang Sioux est en effet pour le FBI une bonne affaire en terme de relations publiques dans les médias.
A son arrivée sur place, il apprend par l'agent local du FBI, Frank Coutelle (Sam Shepard) que l'enquête est terminée et qu'il ne reste plus qu'à arrêter le meurtrier présumé, un activiste de l'American Indian Movement, « Jimmy Looks Twice » (John Trudell).
Ce dernier parvient à s'échapper et à se cacher sur la réserve. Levoi aide Coutelle dans ses recherche, mais se montre aussi très attiré par une jeune institutrice militante de la cause indienne et de l'écologie, Maggie Eagle Bear (Sheila Tousey). Celle-ci, peu à peu, le rend sensible à la cause indienne.
Alors qu'il est l'objet de moqueries de presque tous les habitants de la réserve, qui le surnomment « L'Indien de Washington », il rencontre l'un des anciens de la réserve qui voit en lui la réincarnation d'un héros assassiné au massacre de Wounded Knee (1890) : Thunderheart.
Pendant ce temps, les meurtres continuent et Levoi commence à croire que contrairement à ce que dit Coutelle l'affaire n'est pas résolue…


Le film est l'un des rares a aborder l'existence des communautés indiennes APRES la conquête de l'Ouest. Il s'appuie sur un événement réel, l'ascension de American Indian Movement, mouvement le plus radical des organisations amérindiennes des Etats Unis. C'est en 1968 qu'il naît de la volonté de militants appartenant à la communauté amérindienne de Minneapolis sur le modèle des « Black Panther ». Il se caractérise par le côté spectaculaire de ses manifestations calculées pour attirer les médias et en profiter pour diffuser ainsi leurs messages.
En 1973, des militants de ce mouvement occupent Wounded Knee sur la réserve Lakota de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Sur le plan symbolique et historique le lieu est très important : une tradition prétend que le cœur de Crazy Horse y aurait été enterré après son assassinat en 1877. Mais il est surtout connu pour avoir été le théâtre le 29 décembre 1890 du massacre de 150 indiens Lakota Minneconjou (hommes, femmes et enfants). Presque tous les guerriers avaient rendu leurs armes aux soldats du 7ème régiment de Cavalerie. La date symbolise la fin des Guerres Indiennes depuis lors.
La réserve était alors dirigée par un métis, le Lakota Oglala Richard Wilson, qui réservait le peu d'emplois disponible à ses partisans, pour la plupart des sang-mêlés. Victimes de sa corruption, les « full-blood » et les chefs traditionnels avaient tenté sans succès de le dessaisir de sa présidence de manière légale. Le coup de force de l'AIM avait pour but d'attirer l'attention du pays sur la situation à Pine Ridge et d'évoquer par le biais d'une liste de 20 revendications la situation générale des amérindiens (respect des traités, liberté religieuse, restitution des terres enlevées sans traités, etc…).
La situation dégénéra rapidement, la Police Indienne de Wilson, renforcée des Marshalls des comtés avoisinants de la réserve cernant les militants de l'AIM. L'état fédéral se mit lui aussi de la partie en envoyant contre les militants des agents du FBI et des unités spéciales comprenant des véhicules blindés ! Suivront 71 jours de siège et de tensions. De part et d'autre, on évitera le bain de sang, mais il y aura quand même deux militants de l'AIM tués et un Marshall grièvement blessé .
Par la suite, une répression féroce s'abattit sur les militants et les sympathisants de l'AIM ou supposés tels à Pine Ridge. De mars 1973 à mars 1976 le taux d'homicide sur la réserve sera de 170 pour 100000. A la même période, la ville avec le plus fort taux d'homicide était Detroit avec 20.2 pour 100000 ! Et comme par hasard, la majeure partie des enquêtes ne donnèrent aucun résultat, bien qu'un grand nombre d'agents du FBI étaient présents…


Ces événements forment l'arrière-plan du film et les acteurs interprètent des personnages modelés sur des personnes réelles. Ainsi le personnage de Jimmy Looks Twice est basé sur celui de l'activiste Bob Robideau et l'histoire de Leonard Peltier, un militant de l'AIM condamné à la prison à vie pour avoir participé au meurtre de deux agents du FBI, ce qu'il a toujours nié. 
John Fusco, qui a écrit le scénario du film vit sur la réserve de Pine Ridge, a appris la langue Lakota et fut adopté comme membre de la nation Oglala le 3 septembre 1989. Pendant les années 1980, il se liera d'amitié avec le plus important meneur de cérémonies traditionnelles des Oglalas, Frank Fools Crow et créera le personnage de « Granpa Sam Reaches » interprété dans le film par Ted Thin Elk d'après ce dernier.
Apted sera si intrigué par les événements derrière le film, qu'il tournera en même temps un documentaire sur le sujet, « Incident at Oglala » (clip).

 

Dans un genre complètement différent, la même année 1992 voit sortir un nouveau Western de Clint Eastwood, « Unforgiven » (Impitoyable) (clip).
Des prostituées d'une bourgade du Wyoming, Big Whiskey, offrent 1000$ de récompense à celui qui tuera deux cow-boys qui ont défiguré l'une d'entre elles, malgré l'opposition du shériff Bill Dagget (Gene Hackman), un ancien pistolero qui a interdit les armes à feu dans sa ville.
Loin de là, dans le Kansas, un arrogant jeune homme, le Schofield Kid (Jaimz Woolvet) arrive à la ferme de William Munny (Clint Eastwood) pour le persuader de se joindre à lui pour tuer les deux cow-boys précités. Dans le passé, Munny avait été un redoutable bandit et un tueur implacable. Mais il n'est plus aujourd'hui qu'un veuf éploré qui élève seul ses deux fils en élevant des porcs. Munny refuse d'abord, mais finit par accepter en découvrant que ses porcs sont malades et que la ruine le menace. Sur son chemin, il insiste pour que l'un de ses anciens complices, Ned Logan (Morgan Freeman) se joigne à eux, ce que ce dernier le fait avec réticence.
Tous trois se mettent en route pour accomplir leur mission…


Clint Eastwood a voulu que ce film soit un hommage à ses deux mentors disparus : Sergio Leone et Don Siegel. Les critiques furent presque unanimes à louer ce film pour sa qualité et le public fut de leur avis. Il est d'ailleurs maintenant considéré comme l'un des meilleurs film de genre et un sommet du western « crépusculaire ».

L'année suivante sortent deux films très différents, même s'ils se passent à peu près à la même époque et dans la même région : « Géronimo : an american legend » » et « Tombstone ».


 

 

« Géronimo » est un film de Walter Hill.
Nous sommes en 1886 : tous les Apaches Chiricahuas vivent désormais sur des réserves ou  se terrent au cœur des montagnes mexicaines. Pour défier à la fois les Etats Unis et le Mexique, il ne reste que Géronimo (Wes Studi) accompagné d'un petit groupe de 35 hommes, femmes et enfants. Le lieutenant Gatewood (Jason Patric) reçoit la mission de retrouver ce dernier et de l'amener à se rendre.


Le film n'aura qu'un succès modéré malgré la participation d'acteurs de premiers plans (Robert Duvall et Gene Hackmann).
Il prend d'importantes libertés avec l'histoire réelle et ne doit pas être considéré comme un film historique. Il fusionne en effet des événements qui se sont passés à des moments différents, en omet d'autres, en modifie certains… Des personnages historiques aussi importants que Tom Horn ou le Capitaine Emmet Crawford sont passés sous silence.
On passe aussi sur le fait qu'une clique de gens qui s'enrichissaient avec la présence de l'armée au Nouveau Mexique avait manipulé Géronimo en lui faisant croire qu'il serait pendu s'il était pris ou se rendait. Ce qui est vrai par contre, c'est que tout les Chiricahuas, qu'ils aient fait partie du petit groupe de Géronimo ou assistés l'armée américaine comme éclaireurs ou qu'ils étaient restés au calme sur la réserve de San Carlos furent tous déportés en Floride (1886-1887), puis en Alabama (1887-1895) et pour finir en Oklahoma. Ils ne seront libérés qu'en 1913 et pourront aux choix rester en Oklahoma ou au Nouveau-Mexico chez leurs vieux amis Mescaleros. La majeure partie fera ce choix.
Geronimo n'a jamais été le chef de tous les Apaches, ni même des Chiricahuas. Il était certes l'un des chefs de guerre de cette nation, mais pas le plus important. Il était en revanche un religieux disposant de pouvoirs de guérisons et d'intercession. Il avait également des pouvoirs utiles pour la guerre, tel que de disparaître sans laisser de traces.Il faut d'ailleurs noter qu'il n'a jamais été capturé : il s'est toujours rendu! Il n'était pas par ailleurs sans peur et sans reproche : il aimait l'alcool, les jeux d'argents et pouvait se montrer cruel. Il était aussi réputé comme indigne de confiance, y compris par beaucoup d'Apaches. D'un côté plus positif, il était très « famille », comme d'ailleurs tous les Apaches et fidèle en amitié. Par ailleurs, si la mort par pendaison était une perspective qu'il n'aimait pas du tout, ce n'était pas par lâcheté, mais parce que les Apaches trouvaient cette mort humiliante et barbare. L'homme était courageux.


Un jour, le général Howard, un militaire membre d'une organisation de défense des indiens vint visiter le lieu de détention des Chiricahuas en Alabama pour voir si leurs conditions de détention étaient décentes (elle ne l'étaient pas). Cet homme se mit à se plaindre devant Géronimo d'avoir perdu son bras lors de la Guerre de Sécession (1861-1865). Géronimo lui répondit : « Et alors ! Vous pensiez que la guerre était un pique-nique ? ». Tout est dit!


Le film suivant est le « Tombstone » de Georges P. Cosmatos et Kurt Russel.
Un ancien policier, Wyatt Earp (Kurt Russel) retrouve ses frères : Virgil (Sam Elliott) et Morgan (Bill Paxton), à Tucson. Tous se mettent en route vers la ville minière de Tombstone, alors en pleine expansion. Ils y rencontrent un vieil ami de Wyatt, Doc Holliday (Val Kilmer), un joueur professionnel et une fine gâchette qui soigne sa tuberculose dans le climat sec de la région. Arrive aussi en ville la troupe d'un théâtre itinérant dont font partis Josephine Marcus (Dana Delany) et Mr. Fabian (Billy Zane).
Alors que Wyatt et ses frères commencent à engranger de substantiels profits grâce à leur saloon, ils font leur première rencontre avec une bande de hors-la-loi, les « Cow-boys », reconnaissables au tissu rouge qu'ils portent autour de leur taille. Ces derniers sont commandés par « Curly Bill » Brocious (Powers Boothe).
Les éléments qui vont conduire au conflit vont peu à peu se mettrent en place.


Russel aura de grandes difficultés à trouver un producteur pour son film. Costner, qui se préparait à tourner un film retraçant la même histoire (« Wyatt Earp ») usait en effet de son influence pour en gêner la production. Le destin l'en punira : son film boira le bouillon, tandis que « Tombstone » connaîtra un succès fort honorable.
Le film fait bien sûr allusion aux événements qui ont conduit à la fameuse fusillade de « OK Corral » : une affaire somme toute assez sordide et banale de règlements de compte entre des bandes rivales qui luttaient pour prendre le contrôle de la ville.
Aucune ne gagnera, ce sera finalement la loi, ou du moins ce qui s'en rapproche le plus, qui l'emportera…

Si L'année 1994 est marquée par la déconfiture du « Wyatt Earp » de Costner. C'est aussi l'année de sortie de « Maverick » de Richard Donner.
Joueur professionnel, Bret Maverick (Mel Gibson), cherche dans la ville de Crystal River à réunir les 25000 dollars qui lui sont nécessaire pour participer à un tournoi de poker qui doit se dérouler un bord d'un bateau et rassembler la fine fleur des joueurs. Il y fait la rencontre de trois compagnons de route : l'antipathique Angel (Alfred Molina), la jeune Annabelle Bransford (Jodie Foster) et le légendaire Marshal Zane Cooper (James Garner).
Leur route s'avérera semée d'embûches : la diligence à bord de laquelle ils avaient pris place perd son conducteur alors qu'elle est en pleine vitesse, ils aident des émigrants attaqués par des bandits, puis sont stoppés par une troupe d'indiens mené par Joseph (Graham Greene). Maverick se laisse « capturer » par ce dernier pour « sauver » ses compagnons. Joseph est en effet l'un de ses débiteurs, mais dépourvu d'argent, il fait participer Maverick à une escroquerie qu'il a monté aux dépens d'un Grand Duc Russe.


Sans être exceptionnel, ce film a atteint son but : être distrayant et faire rire, d'où un gros succès populaire. On y voit un bon Mel Gibson datant de l'époque où l'on ignorait que ce mec était un fanatique et un trou du cul. L'interprétation de Graham Greene vaut également le détour car elle casse l'image traditionnel de l'indien "sage sentencieux" ou "noble sauvage qui se fait toujours plumé".

Au fait, vous avez remarqué les têtes de constipés chroniques des amérindiens dans les westerns ? Cela ne correspond guère à la réalité ! Déjà en 1871, un militaire américain qui participait aux négociations de paix avec Cochise notait avec surprise la bonne humeur qui existait entre les habitants du camp du chef Chiricahua.
En fait, tous les peuples amérindiens avaient leurs histoires drôles, parfois fort lestes. La tradition perdure d'ailleurs… en voici quelques exemples.


Un convoi de chariots traverse le désert quand tout à coup le chef du convoi s'aperçoit qu'il est encerclé par les indiens. Immédiatement, il fait mettre en cercles les chariots. Alors qu'ils s'attendent à une attaque, rien ne vient. Au lieu de cela, un tambour se met à battre dans le loin sur le rythme cher aux westerns de John Ford. Le chef du convoi dit à voix haute : « Je n'aime pas cette musique… ». Et venant du camp indien une voix lui répond : «Nous non plus, ce n'est pas notre batteur habituel… ».


Quatre ouvriers bâtissent un gratte-ciel de 30 étages : un hindou, un japonais, un blanc et un indien. Tout à coup, le japonais saute en criant «Je le fais pour mon peuple ! ». Et il s'écrase en bas. L'hindou à son tour saute en criant « Je le fais pour mon peuple !». L'indien regarde, s'écrie « Je le fais pour mon peuple ! ». Et il pousse le blanc.


Un fort du Vieil Ouest est sur le point d'être attaqué par les indiens. Le vieux commandant du fort décide d'envoyer en reconnaissance son meilleur éclaireur indien pour estimer la force de l'ennemi. Le scout arrive dans la cour du fort et s'allonge l'oreille contre le sol. Puis il dit : « Un grand parti de guerre ». Puis : « Au moins 300 braves. Quatre chefs de guerre. Deux montés sur des étalons noirs, deux autres sur des étalons blancs. Beaucoup sont armés de fusils. Et ils sont accompagnés d'un shaman ».
Le commandant du fort s'exclame : «C'est extraordinaire ! Et tu arrives à savoir cela simplement en écoutant ! ». Et l'éclaireur lui répond : « Non ! Je regarde dessous la porte du fort… ».

Et si vous avez encore un doute sur le sens de l'humour des "native american", regardez le clip électoral ci-dessous!

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Autre film qui brise un tabou, "Cheyenne warrior" de Mark Griffiths avec Pato Hoffmann et Kelly Preston

Durant la Guerre de Sécession, Matthew et Rebecca Carver (qui est enceinte) traversent les Plaines en chariot pour gagner l'Oregon. Sur leur route, ils s'arrêtent à un comptoir isolé où ils rencontrent plusieurs Cheyennes. Bien que ceux ci se montrent pacifique envers eux, Matthew ne les apprécient guère et avertit un groupe de chasseurs de bison que les indiens se préparent à les attaquer. Une bataille rangée éclate alors qui ne laisse en vie que Rebecca (Kelly Preston) et un guerrier Cheyenne, Hawk (Pato Hoffmann, péruvien), qui est blessé. Rebecca le soigne et la venue de l'hiver les force à s'assister mutuellement pour survivre. Ils commencent alors à apprendre à se comprendre et à ressentir de l'affection l'un pour l'autre.

Je ne vous mentirai pas  : ce film fait pour la vidéo vaut surtout pour la performance de Pato Hoffmann! Toutefois, il a le mérite de s'attaquer à un tabou qui était pour les colons américains de la "Frontier" l'abomination des abominations : celle de la femme blanche amoureuse d'un "sauvage". Si il était toléré qu'un blanc épouse une indienne (quoique celle-ci était souvent méprisée) ou plus convenable qu'il ait une concubine indienne, l'inverse était purement inacceptable! Et les fruits de telles unions étaient souvent considérés comme des "demi-sauvages", des êtres imparfaits, ni indien, ni blanc, un peu comme "Joe l'Indien" (Injun Joe") dans les "Aventures de Tom Sawyer".

Pourtant, dans les films de séries "B" ou dans "La flèche brisée" on trouve des histoires d'amour entre blancs et indiennes. Mais soit elles finissent tragiquement pour Mademoiselle Pocahontas, soit elles servent en filigrane à légitimer la prise de possession des terres indiennes : puisque j'ai épousé la fille du chef, je deviens son héritier légitime par mariage et j'ai droit légitimement à une part des terres et de l'autorité que ce dernier contrôle.

Certes, le thème de la jeune femme blanche amoureuse d'un indien a déjà été évoqué dans "La porte du Diable" (1950) d'Anthony Mann. Mais il s'agissait d'un indien très "civilisé", ancien sergent-major de l'armée fédérale... Et puis c'était Robert Taylor! Et il s'agit si ma mémoire ne me trahit pas d'un amour chaste.

Même si la romance entre Hawk et Rebecca reste sans lendemain, car celle-ci regagne le monde des "Blancs", ce n'est clairement pas le cas ici. On se trouve face à une inversion complète de la mythologie westernienne qui n'est pas hélas poussée jusqu'au bout. Quel aurait été le destin de Rebecca si elle avait suivi Hawk de l'autre côté de la frontière?

A noter qu'historiquement les unions interraciales entre colons européens et amérindiens ont été de tout temps nombreuses et sont loin de ne résulter que de viols! Si certaines nations comme les Cherokees choisirent de mener une véritable politique de mariage pour se procurer des intermédiaires dignes de confiance dans les relations commerciales et politiques avec les européens et à choisir comme chef (Le colonel John Ross par exemple) les enfants nés de ces unions, si d'autres le firent (comme les Mohegans) en raison de leur déclin démographique, il y eût aussi de véritables histoires d'amours. la "Frontier" était moins étanche qu'il n'y paraît et le nombre d'américains (blancs, noirs ou asiatiques) qui portent en eux, bien souvent sans qu'ils le sachent, de l'ADN amérindien est là pour en témoigner : ils sont trois ou quatre fois plus nombreux que le nombre recensé d'amérindiens d'après les statistiques provenant de recherches génétiques sur la population des Etats Unis!

 

 

Le milieu de la décennie est marqué par un Objet Cinématographique Non Identifié (OCNI) : « Dead man » de Jim Jarmusch.

William Blake (Johnny Depp), un comptable vient de Cleveland jusqu'à la ville de Machine, dans l'Ouest, où on lui a promis un emploi. A son arrivée, il découvre que quelqu'un d'autre a été engagé et est jeté dehors par John Dickinson (Robert Mitchum), le féroce propriétaire de la firme qui possède la ville.
Sans un sou, sans emploi et sans but, Blake rencontre une ancienne prostituée qui vend des fleurs en papier, Thel Russell (Mili Avital). Elle l'emmène à son domicile où ils sont surpris au lit par l'ancien compagnon de Thel, Charlie (Gabriel Byrne). Il tire sur Blake, mais tue sans le vouloir Thel et blesse Blake. Ce dernier l'abat avec une arme appartenant à Thel et fuit la ville sur un pinto volé. Mais le père de Charlie n'est autre que Dickinson ! Ce dernier engage trois tueurs et les envoie à la poursuite de Blake.
Blake, qui s'était évanoui, se réveille ensuite pour s'apercevoir qu'un Indien (Gary Farmer) tente en vain de sortir la balle que Charlie lui a mis dans la poitrine. L'indien, qui lui dit s'appeler « Personne », lui révèle que la balle est trop proche de son cœur pour qu'il la retire et qu'il est un mort en sursis. En apprenant le nom complet de Blake, « Personne » déclare que ce dernier est la réincarnation du poète William Blake, dont le Blake/Johnny Depp ignorait l'existence. «Personne » décide de conduire Blake jusqu'à l'océan Pacifique pour le renvoyer dans le monde des Esprits. En découvrant que Blake est en plus poursuivit par des blancs, il décide d'en faire une légende en l'aidant à tuer le plus possible d'hommes blancs. Pendant ce temps, le tueur le plus féroce tue ses deux compagnons pour garder la prime pour lui tout seul.
Blake et Personne voyagent vers l'Ouest en semant leur route de victimes tandis que la prime sur le nom de Blake ne fait qu'augmenter de jours en jours. Blake apprend le passé de Personne, qui a été jadis emmené en Europe comme une curiosité, a souffert du racisme des blancs et s'est trouvé rejeté par les siens à son retour chez lui. Ce dernier le quitte en pleine nature, décidant que Blake doit mener seul une quête de vision. Durant cette quête, Blake tue deux Marshals et est tourmenté par des visions. Il rejoint ensuite « Personne » pour continuer son voyage.


Jugé maintenant comme l'un des films les plus importants des années 1990, « Dead man » fut à l'époque de sa sortie un échec commercial.
Film austère tourné en noir et blanc, « Dead man » est truffé de références à la poésie de William Blake et à la culture américaine du 20ème siècle. Il est aussi l'un des films les plus fidèles aux cultures amérindiennes en évitant les stéréotypes truffant la majeure partie des westerns et possède des parties parlées en langues cree et blackfoot, sans sous-titrage, avec des jeux de mots réservés aux personnes comprenant ces langues.

 



L'autre film de 1995 est « The quick and the dead » (Mort ou vif – Duels à Rédemption) de Sam Raimi.
La ville de Redemption est dirigée par l'autoritaire John Herod (Gene Hackman). Ce dernier organise chaque année un tournoi de pistolero dont le prix est de 123000$ en cash. Chaque duel est un duel à mort et Herod a toujours gagné le compétition.
Arrive dans cette ville « Lady » (Sharon Stone), une jeune femme qui cherche à venger la mort de son père, tué par Herod. Ce dernier force l'un de ses anciens homme de main, Cort (Russel Crowe), à prendre part au tournoi, alors que ce dernier a renoncé à la violence et est devenu pasteur. Il parvient cependant à faire en sorte qu'Herod accepte dans la compétition la participation de « Lady », dont Herod ignore les motivations réelles.


Plutôt traditionnel dans sa forme, le film fut un véritable succès commercial aux Etats Unis, mais un échec en Europe. Les critiques de des côtés de l'Atlantique se révélèrent mitigées.
Film de pure distraction, « The Quick and the Dead » a toutefois le mérite de proposer à une actrice (jolie par ailleurs) de jouer un rôle peu traditionnel : rares sont dans les westerns, traditionnels ou non, les films proposant à une actrice autre chose à incarner que la solide femme de pionnier ou la danseuse de beuglant! Par ailleurs, il pousse à l'extrême la mythologie du duel au pistolet dans la grand rue. Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas que ce genre d'affrontement n'a jamais existé que dans l'imagination d'écrivains et de scénaristes.

 

L'année suivante sort un western contemporain de John Sayles, « Lone star ».
Deux soldats découvrent dans une zone désertique du Texas près Rio County un squelette humain.
Sam Deeds (Chris Cooper), le shérif local, est appelé est appelé et examine les restes humains. Il découvre que ce sont ceux de Charlie Wade (Kris Kristofferson), qui avait été shérif une quarantaine d'années plus tôt. Wade était un policier corrompu et violent qui avait disparu après une violente dispute avec l'un de ses adjoints, Buddy Deeds, le père de Sam. Ce dernier était devenu shérif après la disparition de Wade et fut populaire et respecté toute sa vie durant jusqu'à sa mort dix ans plus tôt. Sam doit enquêter sur le meurtre de Wade, dans lequel son père est peut être impliqué.
Evoquant les relations entre les « Anglos » et les « Chicanos » à la frontière américano-mexicaine, le film fut un grand succès commercial et critique.

 

En 1998 sort un très bon exemple de mélange des genre avec le « Vampires » de John Carpenter.
Une équipe de mercenaires payée par le Vatican et dirigé par Jack Crow (James Wood) massacre des vampires dans une maison abandonnée quelque part au Nouveau-Mexique. Leur mission accomplie, ils vont fêter leur victoire dans un motel au milieu du désert. Ignorant que le « Maître » (Thomas Ian Griffith), un vampire âgé de plus de six cent ans nommé Valek est en vie, ils s'enivrent, fument et font la fête avec des prostituées, dont la jeune Katrina (Sheryl Lee). Le maître les attaque alors : il mord Katrina et massacre les membres de l'équipe de Crow et les prostituées. En apercevant Jack Crow, il appelle ce dernier par son nom, au grand étonnement de ce dernier. De justesse, Jack Crow échappe à Valek et quitte le motel avec Tony Montoya (Daniel Baldwin), dernier survivant de son équipe. Les deux hommes emmènent avec eux une Katrina affaiblie et presque inconsciente.
Le jour venu, Crow retourne au motel pour percer d'un pieu le cœur de ses anciens compagnons et des prostituées tuées par Valek. Pendant ce temps, Montoya explique à Katrina que s'ils ne tuent pas très vite Valek, elle deviendra une vampire soumise au Maître et qu'elle est désormais liée télépathiquement avec ce celui-ci, ce qui peut permettre de le retrouver…


Si le film n'a pas eu un gros succès commercial et reçu des critiques fort mitigées, certains le trouvant simplement « ridicule », il est toutefois très représentatif de ce que l'on appelle « horror-western », à savoir ici le mélange entre le western contemporain et l'horreur.


Un autre exemple de ce mélange sort en 1999. Il s'agit de «Purgatory » de Donnie Wahlberg, film conçu pour la télévision et la vidéo.
Une bande de hors la loi conduit par Blackjack Briton (Eric Roberts) et Cavin Guthrie (Peter Stormare) attaque une banque. Lors de ce vol éclate une fusillade et une femme blessée à mort meurt dans les bras de Sonny (Brad Rowe), le cadet du groupe et le dernier à avoir encore une conscience. Sonny fuit ensuite avec le gang poursuivit par une patrouille de volontaires. Ils s'enfoncent dans une tempête de poussière pour échapper à celle-ci et émergent dans les verts pâturages entourant la ville de Refuge.
Les habitants de cette dernière ville ne portent aucune arme, ne boivent pas d'alcool et ne disent aucun juron. Sonny pense en reconnaître certains, mais sans savoir où il les a vu. Il est encore plus intrigué quand une diligence arrive et qu'il en voit descendre la femme qui est morte dans ses bras !
Entre temps, ses complices commencent à causer des troubles en ville sans que les habitants de Refuge fassent un geste pour se défendre. Quand ils menacent une jeune fille pour laquelle il éprouve de l'amour, les habitants de Refuge le voient mettre sa vie en danger pour la sauver.
Le prenant en sympathie, ils lui apprennent que la ville est en fait une sorte de Purgatoire et que les gens qu'il a pensé reconnaître sont des gens comme Doc Holliday (Randy Quaid), Wild Bill Hicock (Sam Shepard), Jesse James (J. D. Souther) et Billy The Kid (Donnie Wahlberg). Tous sont morts, mais doivent passer dix ans à Refuge pour avoir une chance d'être admis au Paradis.
Durant cette période, ils doivent renoncer à la violence et résister à toutes les tentations auxquels ils ont succombé dans leur existence terrestre, sans quoi ils seront immédiatement envoyé en Enfer. Or il ne reste plus que 24 heures à attendre à Wild Bill Hicock pour que son temps de Purgatoire soit achevé.


Pour être honnête, ce téléfilm n'est que distrayant, mais lui aussi montre que le mélange des genres permet d'explorer de nouvelles voies pour le western…

 

Sortie la même année, voici « Ride with the Devil » (Chevauchée avec le Diable) de Ang Lee (clip).
Emigrant d'origine allemande venu jeune aux Etats Unis, Jake Roedel (Tobey Maguire) et Jack Bull Shiles (Skeet Ulrich) sont amis depuis longtemps déjà et vivent dans le Missouri. Mais la Guerre de Sécession surgit : le père de Jack Bull est assassiné par des guérilleros Nordistes, les Jayhawkers, venus du Kansas voisin. Les deux garçons rejoignent alors les « Bushwhackers », une unité d'irréguliers qui combat pour le Missouri et ne veut pas partir combattre en Virginie pour mener une guerre qui n'est pas la sienne. Ils y font la connaissance de George Clyde (Simon Baker) et l'ancien esclave Daniel Holt (Jeffrey Wright), affranchi par Clyde, son ancien maître. Ils combattent les Jayhawkers à la bonne saison selon les techniques de la guérilla et se cachent durant l'hiver.
Jack devient l'amant de Sue Lee (Jewel), la belle-fille veuve de l'homme qui les cachent. Mais blessé dans une escarmouche, Jack meurt de la gangrène. Jake escorte alors Sue Lee au sud en sécurité.
Pendant ce temps, de nombreuses sœurs, épouses et mères des guérilleros meurent dans l'effondrement d'une prison hâtivement construite où elles avaient été enfermées par les forces de l'Union. En représailles, les Bushwhackers conduits par William Quantrill (John Ales) lancent un raid sanglant contre la ville Unioniste de Lawrence au Kansas. Durant l'attaque, Jake se querelle avec un autre Bushwhackers, Pitt Mackeson (Jonathan Rhys-Meyers). Ce dernier reproche à Jake ses origines allemandes, la plupart des colons venant de ce pays étant favorables à l'Union. Tandis que les Bushwhackers se replient devant la contre-attaque des troupes de l'Union, Mackeson blesse Jake d'une balle dans la jambe.


Ang Lee est un cinéaste de Taiwan plus connu jusque là pour « Tigre et dragon ». Il apporte avec ce film un souffle nouveau et une autre vision du western. Le film sera cependant un échec car très mal distribué : il ne sera projeté que dans 145 salles au Royaume-Uni et seulement dans 8 salles aux Etats Unis ! Et dans ce dernier cas seulement pour trois jours ! !
Il dépeint des événements historiques. Dès 1840, il y avait des querelles frontalières entre le Kansas et le Missouri. La question de l'esclavage vint les envenimer : la majeure partie des nouveaux colons, originaires d'Allemagne et d'Irlande, étaient violemment anti-esclavagistes, ce qui n'était pas le camp des immigrants les plus anciens. Cela allait entraîner une véritable guerre civile des années avant la Guerre de Sécession proprement dite.

Comme nous l'avons vu avec « Purgatory », le western, sous une forme ou une autre est toujours présent à la télévision. Commençons par «The Adventures of Brisco Country Jr. »  (Les aventures de Brisco Country Jr., 1993-1994)



L'avocat Brisco Country Jr. (Bruce Campbell) s'est donné comme but la vengeance. Il veut que soient traduits en justice tous les membres du gang de John Bly (Billy Drago) et s'est pour cela mué en chasseur de primes. Bly a en effet assassiné son père, qui était un marshall, alors qu'il n'avait que treize ans. Dans un premier temps, ses efforts seront contrecarrés par un chasseur de primes, Lord Bowler (Julius Carry), qui deviendra par la suite un ami et un associé.
L'originalité de cette série est d'utiliser sur une trame de western des éléments de « steampunk » et de science-fiction.


L'autre série majeure de la décennie est « Doctor Quinn, Medecine Woman » (Dr. Quinn, femme médecin, 1993-1996) (clip)
Tout commence en 1867 avec l'arrivée dans la petite ville de Colorado Springs d'une rareté à cette époque : une femme médecin, Michaela Quinn (Jane Seymour), venue de Boston après la mort de son père. Elle rencontre des difficultés à s'adapter à son nouveau milieu, mais reçoit bientôt l'aide de Byron Sully (Joe Lando), un rude montagnard qui a noué des liens d'amitié avec des Cheyennes, et d'une sage-femme, Charlotte Cooper (Diane Ladd). Quand cette dernière est mordue par un serpent à sonnette, elle fait jurer à Michaela sur son lit de mort de chercher après ses trois enfants, Matthew, Colleen et Brian. Après avoir retrouvé ceux ci, elle s'établit avec eux à Colorado Springs comme médecin et tente de convaincre les habitants qu'une femme peut être un bon médecin.
La série aura un énorme succès, montrant qu'il restait un public pour d'éventuelles séries westerns, à conditions qu'elles proposent quelque chose de neuf dans leur style ou leur scénario. Celle-ci utilise des faits et des personnages réels (Sand Creek, Custer…), parfois au prix de quelques distorsions de dates…


5) L'éternel retour du Justicier Solitaire

Comme nous l'avons vu, le Western est mort, mais le cadavre se porte bien ! Le début du 21ème siècle ne change pas vraiment la donne….


Il faudra cependant attendre 2003 et « Open Range » de Kevin Costner pour revoir un film notable.

« Boss » Spearman (Robert Duvall) est un rancher errant qui profite de la loi de l'Open Range pour faire paître son troupeau. Il est aidé par ses employés Charley Waite (Kevin Costner), Mose (Abraham Benrubi), Button (Diego Luna) et le chien Tig (Tig). Charley est un ancien soldat qui souffre de remords pour son activité passée de tueur.
Boss envoie Mose dans la vile voisine d'Harmonville pour acheter du ravitaillement. La localité est sous la coupe d'un rude irlandais, Baxter (Michael Gambon) qui s'est emparé de toutes les terres voisines et qui déteste ceux qui pratiquent l'Open Range (Vaine Pâture), les considérant comme des voleurs. Ses hommes et le shérif Poole (James Russo) battent sauvagement Mose et le jettent en prison. Corrompus et soumis, la plupart des habitants acceptent la tyrannie de Baxter comme un mal nécessaire et le seul habitant amical est Percy (Michael Jeter), le propriétaire de l'écurie locale.
Boss et Charley, inquiets de l'absence de Mose viennent à leur tour en ville. Ils le font sortir de prison, mais Baxter les avertit de quitter ses terres le plus vite possible. Seulement Mose est trop gravement blessé. Ils emmènent celui-ci chez le Docteur Barlow (Dean McDermott) pour qu'il soit soigné. Là, Charley rencontre la charmante Susan Barlow (Annette Bening), qu'il prend à tort pour la femme du docteur.
Par contre, Boss et Charley comprennent bien vite que Baxter veut s'emparer de leurs bêtes. Après avoir surpris des hommes masqués dispersant leur troupeau, ils attaquent par surprise de nuit le campement de ces derniers et les renvoient désarmés et humiliés en ville. Mais dans le même temps, un autre groupe d'homme à la solde de Baxter attaque leur camp, tuant Mose et Tig, laissant pour mort Button.
Charley et Boss conduisent Button chez le docteur et entrent en ville, bien décidés à se venger de ces injustices…


Le film recevra dans l'ensemble des critiques élogieuses, mais ne trouvera pas son public, n'obtenant qu'un score modeste au box-office. Peut être a-t-il payé le prix de vouloir retrouver l'esprit des westerns de John Ford avec leur moralité simpliste et le bien et le mal nettement différencié. Personnellement, je le vois plus comme un tribut à cette époque, un hommage à Ford et Hawks avec un scénario tissé d'amitié virile, d'honneur et de goût de la liberté qui leur auraient plût.


Le film se base sur une réalité historique. Entre 1875 et 1892, en Arizona, au Wyoming et au Montana eût lieu toute une série de conflits entre les ranchers qui pratiquaient l'Open Range, c'est à dire le libre accès pour tous à l'eau et aux pâturages, et les grands barons du bétail, qui clôturaient leurs terres.

Deux ans plus tard, l'année 2005 est la plus fructueuse depuis longtemps avec pas moins de deux films notables cette année-là.

 

Passons ensuite à un western contemporain, « Brokeback Mountain » de Ang Lee.
En 1963, Ennis Del Mar (Heath Leger) et Jack Twist (Jake Gyllenhaal) sont engagés par Joe Aguirre (Randy Quaid) qui les charge de faire pâturer dans les estives son troupeau de moutons. Après une nuit d'ivrognerie, Jake fait des propositions de nature sexuelle à Ennis. Ce dernier les repousse d'abord, puis finit par accepter les avances de Jack. Bien qu'Ennis dise ensuite à Jack que ce n'était qu'un incident, ils développent une relation amoureuse. Peu de temps après ils apprennent qu'ils doivent rentrer au ranch d'Aguirre et se séparent.
Ennis marie sa fiancée Alma Beers (Michelle Williams) et devient père de deux enfants. Jack retourne l'été suivant au ranch d'Aguirre, mais ce dernier qui les a aperçut de loin l'été dernier refuse de l'embaucher. Jack, qui est aussi un champion de rodéo rencontre alors une autre championne, Lureen Newsome (Anne Hathaway) et fonde lui aussi une famille.
Après quatre ans de séparation, Jack rend visite à Ennis. Ils s'embrassent passionnément en se retrouvant, ce dont Alma est accidentellement témoin. Jack propose à Ennis de s'établir avec lui sur un petit ranch, mais Ennis, qui a vu dans son enfance un homme suspecté d'homosexualité être torturé et assassiné, refuse. Il ne veut pas non plus abandonner sa famille. Durant les années qui suivent, Ennis et Jack se retrouvent de loin en loin.
Les ménages des deux hommes se détériorent. Alma et Ennis divorcent finalement. Ennis voit sa famille régulièrement jusqu'au jour où Alma lui annonce qu'elle connaît sa liaison avec Jack et se dispute violemment avec lui.
Lureen est devenue une femme d'affaire avec son père et espère faire de Jack un vendeur, mais ce dernier en entendant parler du divorce d'Ennis gagne le Wyoming pour retrouver ce dernier. Il lui propose de partir vivre avec lui, mais Ennis refuse de nouveau en refusant de s'éloigner de ses enfants.
Jack va alors se consoler avec des prostitués au Mexique, tandis qu'Ennis connaît une brève romance avec une serveuse, Cassie Cartwright (Linda Cardellini).


Le film fera un carton tant auprès des critiques que du public. Il aborde frontalement la question de l'homosexualité, sous-jacente dans bien des westerns précédents, y compris de l'époque dite « classique ». Les scénaristes ont toujours adoré jouer avec les censeurs et faire des « clins d'œil » à une partie de leur public….
Une petite chose en passant : je suis si laconique avec ce film que certain(e)s me soupçonneront d'homophobie. La vérité est plus basique : les romances m'emmerdent terriblement ! La preuve ci-dessous!


Pardonnez-moi cet aparté, je vous prie. Mais j'adore les westerns autant que j'aime Star Trek! et cela me fait pleurer de rire! Mais revenons à notre sujet...

 

Vient ensuite « The three burials of Melquiades Estrada » (Trois enterrements) de Tommy Lee Jones.
L'immigrant clandestin d'origine mexicaine Melquiades Estrada (Julio Cedillo) travaille comme cow-boy pour le rancher Pete Perkins (Tommy Lee Jones). Alors qu'il tirait sur un coyote qui menaçait ses quelques chèvres, un homme de la Patrouille Frontalière, Norton (Barry Pepper) pense qu'il est attaqué et tire, tuant net Estrada. Norton enterre sommairement Estrada et fait silence sur ce qui s'est passé.
Le corps est cependant découvert et inhumé dans le cimetière local. Les preuves montrant qu'il a été tué par un homme de la Patrouille Frontalière sont ignorées par le shérif Belmont (Dwight Yoakam), qui préfère éviter d'avoir affaire avec ces derniers.
Mais Perkins enquête sur la mort de celui qu'il considérait plus comme un ami qu'un employé et découvre que c'est Norton qui l'a tué. Il capture ce dernier et le force à déterrer le corps de Melquiades. Il avait promis à Melquiades que s'il lui arrivait malheur il le conduirait dans sa ville natale de Jimenez au Mexique et est bien décidé à le faire en emmenant avec lui Norton.


Le point de départ du film est un fait réel. Belle réussite, « Trois enterrements » peina cependant à trouver son public dans les salles obscures. Il s'agit pourtant d'un excellent western contemporain qui se refit une santé sur le marché de la vidéo…

L'année 2007 est elle aussi fructueuse…

 

 

 



Commençons par le film « Sukiyaki Western Django » du japonais Takashi Mike.
Le scénario s'inspire de faits réels : la rivalité à l'époque du Japon médiéval entre les clans Genji et Heike qui donnera lieu à la guerre de Genpei (1180-1185). Il est censé se dérouler plusieurs centaines d'années après. Les clans Genji et Heike luttent pour le contrôle de la ville de « Yuta » dans le « Nevata »  quant un pistolero (Hideaki Ito) arrive en ville pour aider une prostituée à se venger des gangs.


Truffé d'allusions à l'histoire du Japon médiéval, le film fait aussi référence à des films de samouraïs comme « Yojimbo » (Le garde du corps) et aux westerns spaghettis de Sergio Leone et de Sergio Corbucci -notamment "Django".
Les critiques occidentaux, et plus particulièrement américains seront mitigés pour le film, même si tous étaient unanimes à le couvrir de louanges pour son esthétisme. Au Japon et en Asie il aura suffisamment de succès pour donner naissance à une série de mangas.
Si l'on considère que le cinéma asiatique a influencé le western spaghetti, il n'est pas anormal que ce dernier ait payé à son tour tribut au genre !

 




« Bury my heart to Wounded Knee » est un téléfilmqui mé rite l'attention pour deux raisons : la première est qu'il est à prétention historique, la seconde parce que l'on y retrouve des personnages que nous avions perdu de vue depuis quelques temps : les indiens.
Le téléfilm est en effet basé sur le livre de Dee Brown « Bury my heart to Wounded Knee » qui raconte la  « Conquête de l'Ouest » du point de vue amérindien de 1861 à 1890, de l'exode forcé des Navajos au massacre de Wounded Knee. Il est aussi inspiré par les mémoires du Docteur Charles Eastman (1858-1939), de son nom natal Ohiyesa, fils de « Many Lightnings », un Sioux Santee du Minnesota, et de Mary Eastman, fille d'un officier de l'armée américaine (comme quoi blancs et indiens ne se tapaient pas nécessairement tous dessus !).
Dans le téléfilm, Charles Eastman (Adam Beach) est un jeune médecin Sioux qui a étudié à Dartmouth et qui est mis en avant comme une preuve vivante de l'efficacité et de la justesse de la politique d'assimilation forcée des amérindiens menées par le gouvernement américains, les organisations philanthropiques et les mouvements religieux chrétiens. Sitting Bull (August Schellenberg) refuse de se soumettre à la politique du gouvernement américain qui veut dépouiller son peuple de son identité, de sa dignité et de ses terres, dont les plus sacrées sont les Black Hills du Dakota
Eastman et l'enseignante Elaine Goodale (Anna Paquin) œuvrent ensemble pour améliorer les conditions de vie des indiens sur leur réserve, tandis que le Sénateur Henry Dawes (Aidan Quinn) tente de convaincre le Président Ulysses Grant (Fred Thompson) d'accorder aux Indiens un traitement plus humain, s'opposant à la rhétorique belliqueuse du Général Tecumseh Sherman (Colm Feore). La Commission présidée par Dawes propose de dissoudre la grande réserve des Sioux pour satisfaire les demandes des colons tout en gardant à ces derniers assez de terres pour leur permettre de vivre décemment.
Ce plan est combattu par Sitting Bull qui a pris une position de leader parmi les Sioux car il est le dernier chef à se battre pour leur liberté. Dawes demande à Eastman de l'aider à convaincre les récalcitrants, mais après avoir découvert les conditions de vie régnant sur la réserve, ce dernier refuse.
Parmi les Sioux désespérés se diffuse alors la prophétie de$u Piaute Wowoka (Wes Studi), créateur de la « Ghost Dance », un mouvement messianique non-violent influencé par le christianisme qui promet la disparition des Blancs, le retour des bisons et la résurrection des morts. L'assassinat de Sitting Bull, puis le massacre à Wounded Knee le 29 décembre 1890 de 150 Sioux (hommes, femmes et enfants) brise cet espoir.


Ce téléfilm est à saluer, car il est l'un des rares westerns à prétention historique et sera couvert de récompenses aux Etats Unis, notamment pour la prestation de l'acteur canadien August Schellenberg, d'ascendance Mohawk et… suisse-allemande…
Il a toutefois des imperfections. Ainsi, le rôle d'Eastman a été exagéré par les scénaristes pour lui permettre d'être témoin de plusieurs événements. Eastman n'a jamais été à Little Big Horn : à l'époque il étudiait dans une école du Wisconsin. Il n'a pas non plus participé en aucune manière aux travaux de la Commission Dawes et ne rencontra le Sénateur Dawes que des années après Wounded Knee. Par contre, il soigna les blessés indiens de Wounded Knee (c'est à dire ceux qui survécurent à une nuit d'abandon à bord de chariots découverts dans un froid polaire) avec un médecin militaire. Les deux hommes rédigèrent de concert un rapport des blessures constatés qui est un véritable réquisitoire contre les troupes qui avaient tiré sur les indiens.
Quand au Sénateur Dawes, s'il se voulait un ami sincère des Indiens, il ne voyait leur avenir que comme celui de petits fermiers ou éleveurs vivant exactement comme les « White Anglo Saxon Protestant ». Sa loi, votée en 1887, sera appliqué jusqu'en 1934. Elle reposait sur le partage des terres indiennes en lots individuels, le surplus étant mis en vente, l'argent devant servir théoriquement à financer des programmes éducatifs et sanitaires à destination des indiens. Elle ôtera aux Indiens les 2/3 des terres qu'il leur restait en 1887 et nombreux sont ceux qui se retrouveront sans rien. Même les terres qui restaient aux mains des amérindiens étaient souvent louées à des blancs, fermiers et ranchers, qui les louaient pour des sommes dérisoires. Tragique ironie, ils étaient donc même souvent dépossédés du sol même des réserves ! Ce n'est qu'à partir de l'Indian Reorganisation Act de 1934 que les indiens purent recevoir des compensations financières pour les terres qui leur avaient été enlevé frauduleusement et entamer un mécanisme de réappropriation de leurs terres. Selon les situations, ce mouvement s'est fait de façon très inégale. Les Cheyennes du Nord sont souvent cités parce qu'ils font partis des peuples qui possèdent de façon presque intégrale les terres de leur réserve du Montana…


Revenons au cinéma avec « No country for the old men » des frères Coen.
En juin 1980, l'ouest du Texas est une région désolée et vide d'habitants. Malgré tout, le shérif Ed Tom Bell (Tommy Lee Jones) se lamente de la violence croissante qui sévit dans la région.
Or justement, le chasseur Llewelyn Moss (Josh Brolin) tombe sur le théâtre d'un carnage. Une livraison de drogue s'est mal passée et plusieurs hommes ont été tué. Seul reste un mexicain gravement blessé qui implore qu'on lui donne de l'eau, et deux millions de dollars dans une valise qu'il ramène à son "mobile home". Il revient plus tard avec de l'eau pour le blessé, mais il est alors pourchassé par deux hommes à bord d'un camion et leur échappe de peu. Revenu à son "mobile home", il dit à sa femme Carla Jean (Kelly  McDonald) de partir chez sa mère et va dans un motel où il cache l'argent dans la ventilation de sa chambre.
Le tueur Anton Chigurh (Javier Bardem) a été engagé pour retrouver l'argent. Il a déjà étranglé un policier pour échapper à l'arrestation et a volé une voiture en tuant le conducteur. Equipé d'un récepteur qui intercepte le signal d'un émetteur caché dans le sac contenant l'argent, il arrive à la cachette de Moss. Pénétrant de nuit dans la chambre, Chigurh surprend un groupe de mexicains qui voulait surprendre Moss et les massacre.  Caché dans une chambre voisine, Moss récupère l'argent dans la ventilation et prend la fuite.
Chigurh se lance à sa poursuite dans les rues et une fusillade éclate entre les deux hommes. Tous deux sont blessés. Moss franchit la frontière mexicaine, s'évanouit et se réveille dans un hôpital mexicain. Là, un autre tueur, Carson Wells (Woody Harrelson) lui promet son aide en échange de son argent.


Western moderne au ton très sombre, « No country for old men » sera très bien accueilli par les critiques et… un grand succès auprès du public.

Le western demeure présent sur les petites lucarnes magiques, mais sous des formes très différente du passé. Une série et une mini-série marque la décennie.


Pour la série, il s'agit de « Deadwood » (2004-2006)
Avec cette série, on est très loin de « La petite maison dans la prairie » !
En 1876, peu après la bataille de Little Big Horn, Seth Bullock (Timothy Oliphant) quitte son poste de marshall pour s'installer dans la ville naissante de Deadwood, dans les Black Hills, afin d'y vendre du matériel pour les innombrables chercheurs d'or qui prospectent dans la région. Il y va avec son ami et associé Sol Star (John Hawkes). Un autre personnage gagne Deadwood : Wild Bill Hicock (Keith Carradine) accompagné de Charlie Utter (Dayton Callie) et Calamity Jane (Robin Weigert).
Al Swearengen (Ian McShane) possède à Deadwood « The Gem », un saloon et un bordel. Averti que le riche homme d'affaire new yorkais Brom Garret s'est installé dans l'hôtel le plus luxueux de la ville, il complote avec Farnum (William Sanderson), le propriétaire de l'hôtel, un plan pour l'escroquer en lui vendant un faux gisement d'or.


Peuplée de personnages historiques et d'autres créés de toute pièces, « Deadwood » retrace la création d'une ville, de ses débuts anarchiques à l'arrivée de l'ordre. Les personnages y parlent volontairement de façon moderne, et non pas comme à l'époque.
Des libertés ont été aussi prises avec l'histoire. Ainsi, le «Grand Hotel » où s'est installé Garret n'a été construit qu'en 1879 alors qu'on le montre déjà existant dans les premiers temps de la cité.
Bien que l'accueil des critiques et des téléspectateurs sera favorables, la série sera stoppée à la fin de la troisième saison.

 




En 2005 sort une mini-série produite par Steven Spielberg lui-même : « Into the West » (clip)
Cette mini-série conte de façon entrelacée la vie de deux familles réunies par une union mixte, une blanche et une Sioux entre 1825 et 1890.
La mini-série, qui connaîtra un grand succès critique et d'audience, est l'un des plus précise jamais faite sur le plan historique. Il n'y a que quelques inexactitudes, comme le fait de faire se dérouler le « Fetterman Fight » sur un sol vierge de neige, alors que cette bataille eût lieu sur un sol couvert de neige et un par un temps glacial, le 21 décembre 1866.
Elle est aussi d'une grande exactitude en ce qui concerne la culture des Lakotas et leur histoire entre 1825 et 1890. C'est vraiment en ce domaine la mini-série à ne pas manquer !


Conclusion… provisoire !

Né il y a plus d'un siècle, le Western montre essentiellement un univers mythique qui n'a que peu de rapport avec la réalité historique. Jusqu'aux années 1950, il se fait le chantre des valeurs « américaine » : individualisme, esprit d'entreprise, sens de l'honneur et de la justice et se déroule dans un univers où le bien et mal sont nettement partagé. D'abord vu avec sympathie, parce que considéré comme « The Vanishing American », l'Indien devient ensuite le symbole de la force primitive et de la sauvagerie qui s'oppose à l'avance de la civilisation moderne.
Après la Seconde Guerre Mondiale, le genre évolue : les distinctions entre le bien et le mal deviennent plus flou. L'indien est vu différemment, non plus comme un obstacle à la marche triomphante du « progrès », mais comme un enfant de la nature broyé par ce dernier. Avec cependant un sérieux bémol : il est ainsi campé non pas tant pour dénoncer les injustices qu'il a subi, mais pour critiquer la société américaine de la « Chasse aux Sorcières » et de la Guerre du Viet Nam ! Par la suite, le portrait « écologiste avant l'heure » et la mode « New Age » déformeront encore la vision de l'Indien (où plutôt des quelques nations montrées dans les films).
Alors que la sclérose gagnait le Western, un vent nouveau viendra d'Italie. Une nouvelle conception du western et une nouvelle manière de le filmer donnera un souffle nouveau au genre, jusqu'à son « arrêt de mort » après le naufrage des « Portes du Paradis ».
Même s'il se fait rare de nos jours et se contente bien souvent « d'hommages » en reprenant les classiques du genre, il est cependant loin d'être mort et peut même réserver des surprises, car il reste bien des espaces vierges ! Ainsi, il n'y a jamais à proprement parler eu de film historique. On assiste aussi depuis les années 1990 à l'apparition, certes pour l'heure actuelle trop confidentielle, d'un véritable cinéma amérindien aux Etats Unis et au Canada. Ce cinéma, qui marque tout à la fois le renouveau culturel amérindien et leur réappropriation de leur image se limite pour l'instant surtout à filmer les légendes ou la vie actuelle des amérindiens pour la télévision ou le marché de la vidéo. Citons entre autres les films du pionnier Chris Eyre comme « Smoke signals » (Phoenix Arizona) (clip)  ou « We shall remains » (clip)  dans le domaine du documentaire historique.
Mais le nouveau souffle viendra peut être aussi de Corée avec un film comme "The Warrior's way" (clip) de Sngmoo Lee!

 



01/10/2010
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