L'ours polaire

L'ours polaire

L'histoire du western : 1 : des origines aux années 1960

Je pourrais aujourd'hui vous parler longuement de la réforme des retraites, de Mireille Mathieu ou des pêcheurs de moules, mais je me suis décidé pour un sujet volontairement éloigné des préoccupations terre à terre de la vie quotidienne en mettant le cap à l'Ouest et en consacrant un article à un genre cinématographique et télévisuel : le Western.

Ce genre couvre en gros une période historique allant des années 1830 à 1890 (année où le gouvernement américain proclama la fin de la frontière de peuplement et où on place la fin des Guerres Indiennes). Néanmoins, des films appartenant nettement au genre se placèrent parfois dans la période contemporaine.


1) Thèmes

Le Western traite le plus souvent de l'opposition entre des modes de vie différents, à l'irruption d'une civilisation technologiquement plus évoluée (conflits entre amérindiens et blancs) ou de modes de vie devenus archaïques contre d'autres plus modernes (ranchers contre agriculteurs, arrivée de la révolution industrielle)...

Il montre le plus souvent une société organisée autour de codes d'honneurs ou de moralités, avec un système de justice rappelant plus le "code de la Chevalerie", plutôt que celle d'un Code Judiciaire rationnel. Le héros est le plus souvent un personnage semblant dépourvu d'attache, généralement un cowboy ou un justicier.

Il y a un lien évident entre ce personnage et les anciens héros de romans de chevalerie, notamment ceux du genre "chevalier errant". Ce dernier errait (évidemment) en ayant que son cheval comme compagnon et combattait toutes sortes de vilains et de monstres en respectant son propre code de l'honneur.
Comme leurs glorieux ancêtres, les cow-boys passent d'ailleurs beaucoup de temps à sauver des demoiselles en détresse. Notons qu'ils évoquent aussi les fameux "Ronins", les Samouraïs errants des contes médiévaux japonais.

Le Western emploie tous ces éléments et les combine pour raconter des histoires à la moralité simple où le bien et le mal sont facilement différentiables. Ce n'est que vers les années 1950 et la venue de John Ford que la moralité deviendra un peu plus ambiguë, ce qui ne fera que s'amplifier avec le temps.

Il utilise beaucoup les paysages sauvages et/ou désolés ou se dressent des forts, des ranchs, des villes nouvellement fondées, des villages indiens.
Les villes comportent toujours un saloon, un magasin, des étables et une prison. On trouve dans le saloon des personnages archétypiques : femmes légères, joueurs professionnels, ivrognes, qui se disputent et se tirent dessus.
Parfois, quand la ville est plus "civilisée", elle comprend une église et une école, mais le plus souvent elle n'est régie que par la "Loi de la Frontière", c'est à dire que selon les propos de Sergio Leone : "C'est un endroit où la vie n'a aucune valeur"!

Le western n'est d'ailleurs pas apparu avec le cinéma. Ses thèmes en ont été popularisé bien avant par les "Dim novels" écrite par des écrivains tel que Ned Buntline, des romans à quatre sous et les spectacles tels que le "West Wild Show" de  Buffalo Bill Cody

 

Buffalo Bill est d'ailleurs le créateur du stéréotype du cow-boy : chemisette, foulard noué autour du cou et grand chapeau. Et blanc de peau!

Ce qui nous amène inévitablement à nous poser la question de la véracité historique des westerns, et notamment pour ceux qui ont cette prétention. Sans vouloir faire un dossier complet sur ce sujet, sachez que :

1) les cow-boys (en fait des ouvriers agricoles) étaient souvent des noirs, des métis ou des amérindiens et portaient toutes sortes de tenues et de couvre-chef (du sombrero mexicain au chapeau melon!);
2) les westerns privilégient l'image des peuples chasseurs de bisons des Plaines (Sioux, Cheyennes, Comanches, Kiowas) ou des Apaches en négligeant les autres peuples de l'Ouest. C'est comme si l'on décrivait les peuples d'Europe en se basant sur les Basques, les Italiens et les Albanais!
3) les fameux duels face à face dans la rue n'ont jamais existé. On défouraillait certes face à face et on tirait à qui mieux mieux, mais on était tout à fait prêt à tirer dans le dos de l'adversaire si on le pouvait. Et les "duellistes" étaient très rarement d'excellents tireurs!
4) les amérindiens n'ont presque jamais attaqué les forts, les caravanes de chariots ou les trains (une seule attaque connue). Ces objectifs étaient bien trop bien défendus!
5) Sauf circonstances particulières et temporaires, les "villes de l'Ouest" étaient dans la moyenne bien moins dangereuses que les villes américaines d'aujourd'hui!

Bref, ces films montrent un "Far West" fantasmé et magnifié selon les époques. Cas exemplaire, celui de la représentation des indiens : des débuts du cinéma aux années 1930, ils seront souvent dépeints avec une certaine sympathie comme étant les "Vanishing Americans" (les Américains qui disparaissent). Durant les années 1930-1950, années de crise, de guerre et de Guerre Froide, ils sont le plus souvent montrés comme des sauvages cruels s'opposant à l'avance du progrès. Depuis les années 1960, ils sont montrés avec plus de sympathie. Trop parfois même, car sous l'influence de l'écologie, du  New Age et du politiquement correct, on a fini par tant les idéaliser que l'on est toujours pas prêts de les voir dépeint simplement comme des êtres humains. Combien de westerns montrent des Amérindiens riants, jouants, furieux ou pleurants?

1) Les débuts (des origines aux années 1930).
Très probablement, le premier western de l'histoire fut "Le vol du rapide ("The Great Train Robbery") de  Edwin S. Porter en 1903. Ce film, qui dure douze minutes contient déjà tous les éléments du genre. Pour la petite histoire, ce "western" fut tourné près de New York!. Et la scène finale marqua aussi durablement l'esprit des spectateurs que la fameuse locomotive des Frères Lumière, huit ans auparavant!
Ce film, qui relate l'attaque d'un train par des bandits, a comme particularité de n'avoir aucun crédits de fin. Il faudra de patientes recherches pour identifier les comédiens...

Les westerns seront très populaires durant la période du muet (1895-1928). Des milliers seront tournés durant cette période, mais peu ont survécus jusqu'à nos jours. Tous ces films ont été tournés en majeure partie dans des studios d'Hollywood. La fragilité du matériel cinématographique de l'époque, la difficulté d'obtenir au bon moment les bons éclairages faisait que l'on utilisait à minima les prises de vues extérieures.
 
Les plus grands cinéastes de l'époque se pliaient au genre, tel le très chrétien et très sudiste  D. W. Griffith (1875-1948) qui filme en 1913 "The Massacre". Dans ce film, Stephen ( Wilfred Lucas) demande une jeune fille en mariage. Las! Celle-ci en aime un autre! Par dépit, il rejoint l'armée. Deux ans plus tard, la jeune femme part avec son mari et leur fils dans une caravane en route vers l'Ouest. Ils ignorent que des Scouts ont attaqué un village indien et massacré de nombreux habitants de ce derniers, laissant derrière eux des survivants assoiffés de vengeance... Comme la caravane atteint le secteur dangereux, elle est rejointe par Stephen qui fait parti de l'escorte militaire censé la protéger. Et justement les indiens préparent une attaque sur celle-ci.
Filmé dans le New Jersey (si, si)! Ce film montre bien que les indiens étaient vus à l'époque avec une sympathie facilité par le fait que beaucoup s'attendaient à les voir disparaître en s'assimilant au mode de vie "WASP"... Y compris le très raciste Griffith!
 

 
 
Les comiques, tels que  Harold Lloyd (1893-1971) ne tardèrent pas à détourner le genre comme dans "An Eastern Western" de  Hal Roach en 1920. Dans ce film, Harold LLoyd joue le rôle d'un jeune new-yorkais oisif que son père excédé envoie dans l'Ouest travailler sur le ranch de son oncle. Il découvre que le pays est sous la coupe de bandits et fait la rencontre d'une jeune femme dont le père est détenu par ceux ci.

Fait peu connu, on commence aussi à en tourner en Europe, notamment en Camargue avec Joe Hamman (Jean Hamman, 1883-1974) qui en tourne à partir de 1906 avec le concours de Sioux. Il en tournera près d'une centaine entre 1906 et 1914!


2) Les débuts du parlant et le Western

Dès les débuts du cinéma on tenta de synchroniser la parole et l'image. Sans grand succès toutefois... Ce n'est qu'en 1927 que celle-ci sera réalisée avec le film "Le Chanteur de Jazz". Mais la technique en était encore balbutiante et compliquée! De plus, on eut tendance à en abuser et à rendre les films maladroitement bavard.

Dans le même temps, les censeurs s'émurent devant la possibilité de langages ou de tenues inconvenantes. En mars 1930 le très catholique sénateur  William Hays (1879-1954) fit rédiger et voter une loi imposant une censure féroce. Était banni toute représentation favorable du crime, toute représentation exagérée de la violence, de même que l'usage de drogues ou d'alcool (sauf nécessité de scénario pour le dernier point).
La sexualité ne devait jamais être explicite et l'adultère ne jamais être montré d'une façon attrayante ou justifié de quelque manière que ce soit.
Il était interdit de choquer "les bonnes mœurs" des spectateurs en leur montrant des scènes vulgaires ou choquantes, des "danses "indécentes", la nudité...
Le racisme de l'époque interdisait aussi aux acteurs blancs de partager l'affiche avec des acteurs de couleurs (asiatique, noir, amérindien, métis, hispanique) au nom du principe de séparation des races.

 

J'ajouterai que le Bureau des Affaires Indiennes interdira souvent l'emploi de véritables indiens dans les films pour représenter ceux ci en craignant que cela ne suscite chez ces derniers "la nostalgie de la sauvagerie"! En fait, ils pouvaient jouer des rôles de mexicains ou d'hawaïens, mais pas d'indiens! Sauf comme figurants... et encore!
Cette époque, qui vit la grande crise de 1929 vit se dégrader considérablement dans les films l'image des amérindiens, réduits à l'état de bêtes sauvages écrasées par l'inexorable marche du progrès!
Bien entendu, il était aussi interdit de donner une image négative des États Unis, de son drapeau et de se moquer de la religion.
Ce code ne sera supprimé qu'en 1966!

Mais revenons au Western, car c'est l'époque ou arrive une nouvelle génération de réalisateurs (Howard Hawks, Raoul Walsh, John Ford...) et d'acteurs (Gary Cooper, James Stewart et John Wayne).
 
 
"The big trail" ( La piste des géants, 1930) de Raoul Walsh (1887-1980) est le premier film à être majoritairement filmé en extérieur et à utiliser les paysages grandioses de l'Ouest comme décor. Ce film, qui offrit à John Wayne son premier grand rôle, raconte le périlleux voyage de pionniers du Missouri à l'Oregon. Comme guide, ils engagent un jeune trappeur, Coleman; Ce dernier recherche en fait le meurtrier de son meilleur ami, soupçonnant que ce dernier se cache dans la caravane.
Paradoxalement, le film sera un bide à l'époque! Il était en effet prévu pour être projeté sur écran large. Malheureusement, très peu de salles étaient alors équipées de ce style d'écrans, d'autant que la crise de 1929 était passée par là... Néanmoins, il ouvre la période "classique" du Western.
A noter que c'est Walsh qui allait trouver à Marion Mitchell Morrison son pseudonyme de John Wayne.
 
 
Neuf ans plus tard, c'est "Stagecoach" ( La chevauchée fantastique) qui donne à John Wayne son statut de vedette et d'archétype du cow-boy. Ce western de John Ford a été tourné en pays Navajo, à Monument Valley (Arizona). Ford utilisera beaucoup pour la figuration des Navajos qui lui serviront par la suite à représenter tant des Apaches que des Sioux ou des Cheyennes! Il deviendra un véritable ami de ces derniers, qui, fait très rare, l'adopteront au sein de leur peuple en raison de son respect de leurs traditions et de sa générosité.
Relatant le périlleux voyage d'une diligence et de ses passagers à travers le territoire Apache, "Stagecoach" alluma chez le public une véritable passion pour le Western, qui était alors de façon paradoxale au creux de la vague! Et il fera aussi de John Wayne une star, lui qui depuis l'échec de "La piste des Géants" était abonné aux films de série "B" ou pire!
Pour la petite histoire, John Ford désirait pour le tournage d'une scène un type précis de nuage. Il en parla à un "Homme Saint" Navajo qu'il avait engagé, Hosteen Tso en lui proposa de l'argent pour qu'il tienne une célébration religieuse. Celle-ci eut lieu et Ford eut ses nuages. Peu de temps après, Hosteen Tso décéda. Beaucoup de Navajo pensèrent qu'il avait été puni parce qu'il avait accepté de l'argent pour manipuler une magie puissante et dangereuse.
 




L'époque était en effet celle des "cow-boys" chantant, fort populaires, mais qui n'ajoutaient guère à la légende. Même John Wayne sacrifia à cette mode en 1933! Fort heureusement, il était doublé lors des chansons!. On ne peut pas en effet dire qu'il enchantait les foules par ses talents lyriques...Il y avait aussi pléthore de westerns de série B, C, D et... Z!

Pourtant, les années 1930 voient les débuts westerniens de Gary Cooper (1901-1961) dans le " Plainsman" (Une aventure de Buffalo Bill) de Cecil B. De Mille en 1936James Stewart (1908-1997) dans "Destry rides again" (Femme ou démon) de George Marshall en 1939 dont nous parlerons plus loin.
Dans le premier film, Gary Cooper joue le rôle de Wild Bill Hicock. Avec son ami Buffalo Bill ( James Ellison), il soupçonne le douteux John Latimer ( Charles Bickford) de vendre aux indiens des fusils à répétition. Pour éliminer des gêneurs, Latimer déclenche une attaque indienne qu'Hicock repousse, en profitant au passage pour délivrer des mains des indiens l'aventureuse Calamity Jane ( Jean Arthur), mais peu de temps après, tous deux sont capturés. A noter que dans ce film Anthony Quinn tient le rôle d'un indien Cheyenne et s'imposa à De Mille en assurant à ce dernier qu'il parlait couramment le Cheyenne (!).
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Les scénarios deviennent alors aussi plus élaborés, les histoires mieux construites et surtout moins bavardes! Scénaristes et metteurs en scène s'ingénient de plus à tromper souvent la vigilance de la censure! "Destry rides again" (" Femme ou démon" de  George Marshall avec  James Stewart et  Marlene Dietrich en est un très bon exemple.
Le "deputy sheriff" Thomas Destry Jr. est un justicier un peu particulier en ce sens qu'il utilise la loi et l'opinion publique contre les bandits et pistoleros. Il ne porte donc pas d'arme. Quand on lui demande de "nettoyer" une petite ville dirigée par un juge et un sheriff corrompu qui dépouillent les fermiers locaux de leurs terres avant la venue du chemin de fer , il trouve une alliée inattendue (mais versatile) en la personne de la danseuse "Frenchy" (Marlene Dietrich)


4) Et la couleur vint...

A vrai dire, ce n'était pas une nouveauté! Dès les débuts, on chercha par divers procédés à donner des couleurs aux images, y compris en coloriant à la main chaque image d'une bobine de films! Ce n'est que dans les années 1930 qu'apparaîtront les premiers vrais films couleurs. Le premier vrai long métrage en couleur, "Becky Sharp" de Rouben Mamoulian sort en 1935.

Le Western s'empara lui aussi de ce procédé, mais des réalisations en noir et blanc auront lieu jusqu'au milieu des années 1960. La couleur coûtait en effet plus cher que le noir et blanc et certains réalisateurs préféraient celui-ci d'un point de vue artistique.

A côté des films cinéma apparaît aussi lors de cette décennie la télévision, format dont s'emparera bien évidemment le western!
 


 
En 1943,  en pleine Seconde Guerre Mondiale, sort "The Ox-Bow Incident" (L’étrange incident) de William A. Wellman (1896-1975) avec Henry Fonda (1905-1982). Ce film aborde directement le problème du  lynchage et la question de la culpabilité, thème alors novateurs dans le western et qui le font rentrer dans l'âge de la maturité. Rien que la présentation très inhabituelle de la bande annonce du film donne le ton : on change de gamme par rapports aux films précédents et la psychologie des protagonistes devient bien plus fouillés.
Vers 1885, dans un village perdu du Nevada, se répand la nouvelle du meurtre d'un  éleveur de bétail, Kincaid. En l'absence du shérif, des personnalités locales et le shérif-adjoint forment un "posse" mené par le major Tetley ( Frank Conroy), un ancien officier sudiste. Ils arrêtent trois hommes surpris en pleine nuit avec du bétail portant la marque de Kincaid,  à bonne distance du village, au lieu dit "Ox Bow". Ils décident de les pendre dès l'aube.
Leur chef, Donald Martin ( Dana Andrews), se défend en prétendant avoir acheté les bêtes, mais ne peut pas en apporter la preuve. Un des habitants du village, Arthur Davies ( Harry Davenport), suggère que l'on attende le retour du shérif pour que les accusés aient un procès équitable. Il est appuyé par Gil Carter (Henry Fonda), un employé de ferme, qui a tenté dès le départ de refréner l'ardeur justicière de la patrouille.
Tourné en fait en 1941, film attendra deux ans dans les tiroirs de la 20th Century Fox, cette firme le jugeant "trop engagé et politique" pour avoir du succès. En plus, rareté à l'époque, la voix de la conscience était interprété par un acteur afro-américain. Henry Fonda le regardait comme l'un de ses meilleurs films... et Clint Eastwood le classe dans ses favoris!
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En 1946, alors que refroidissent les cendres de la seconde Guerre Mondiale et que débute une autre guerre, froide celle-ci, sort sur les écrans "My darling Clementine" ( La poursuite infernale) de John Ford avec Henry Fonda et Victor Mature (1913-1999). Le film relate de façon très romancée les événements qui aboutirent à la fameuse fusillade d' OK Corral à Tombstone en 1881, thème qui avait déjà été traité par de nombreux films et téléfilms et qui le sera de nouveau par la suite.
En 1882, à Tombstone (Arizona), les quatre frères Earp convoient un troupeau de bétail. Old Man Clanton ( Walter Brennan) leur fait une proposition d'achat qu'ils refusent.
Alors que ses trois aînés partent prendre du bon temps en ville, le plus jeune; à qui avait été laissé la garde du troupeau est assassiné et le bétail volé. Wyatt Earp ( accepte alors de devenir le shérif de la ville où il fait la rencontre de Doc Holiday, un ancien médecin alcoolique et joueur. Celui-ci est devenu le propriétaire du saloon et la chanteuse Chihuahua ( Linda Darnell) en est tombée amoureuse.
Un matin arrive par la diligence Clementine Carter ( Cathy Downs), une ancienne infirmière également amoureuse de Doc Holiday, qui l'éconduit rapidement. Wyatt Earp prend la défense de la jeune femme et alors que la bagarre menace arrive la nouvelle que Chihuahua a été blessé par l'un des fils de Old Man Clanton après avoir trouvé une preuve de leur implication dans le vol du bétail et le meurtre du plus jeune des Earp...
Ce film, qui s'écarte très largement de la vérité historique (la vraie "fusillade" ne dura qu'une trentaine de secondes et tint plus de l'embuscade que du duel) vaudra à Ford une remarque d'un historien: "Pourquoi avez-vous tant changé l'histoire alors que vous avez rencontré Wyatt Earp?". Ford répondit "Vous avez aimé le film?". "C'est l'un de mes favoris" dit l'historien. Ford conclua en disant "Que voulez-vous de plus?".
A noter que ce film était l'un des favoris de Sam Peckinpah qui y fera allusion à travers plusieurs scènes de "Major Dundee" et de "La horde sauvage".
 
 
L'année 1948 s'avérera particulièrement faste en procurant au public trois grands classiques.
Parlons tout d'abord de "Fort Apache" (Le massacre de Fort Apache" de John Ford avec John Wayne, Henry Fonda et Shirley Temple (1928-).
Nouveau commandant du Fort Apache, le colonel Thursday (Henry Fonda) espère y gagner vite gloire et renommée pour échapper à ce poste qu'il estime indigne de lui. Au contraire du capitaine York (John Wayne), qui négocie avec Cochise ( Miguel Inclan), il méprise ouvertement les indiens.
York parvient à trouver un accord avec Cochise pour que ses Apaches reviennent dans leur réserve. Mais lors de la dernière entrevue, Cochise demande le départ du représentant de l'agent des Affaires Indiennes Silas Meacham ( Grant Whiters), prit en flagrant délit de vente d'alcool et d'armes aux indiens. Thursday y répond en l'insultant et en repoussant sa demande, ce qui entraîne la reprise de la guerre. Le mépris de Thursday pour les "sauvages" entraînera un désastre.
Ce film, qui relate la magistrale défaite du courageux "va t'en guerre" colonel Thurday par Cochise et ses Apaches, ne repose sur aucun fait historique. Il découle d'une envie toujours inassouvie de Ford de filmer "Little Big Horn". C'est une "évocation" de cette événement.
John Ford éprouvait sincèrement de la sympathie pour les Indiens et était adoré de ses figurants Navajos pour sa générosité, sa gentillesse et son respect pour leurs interdits religieux, même durant les tournages. Mais il avait aussi l'habitude de se mettre au garde à vous dès qu'il voyait un drapeau ou un uniforme américain, ou qu'il entendait l'hymne national américain.
De cela découle souvent une dualité : Ford attribuait la responsabilité du déclenchement des guerres indiennes aux Blancs, mais en dédouanait l'armée en faisant reposer le poids de la responsabilité de celles ci sur des trafiquants, des colons cupides ou des politiciens véreux. Ainsi, dans Fort Apache, Thursday se "rachète" de ses fautes en trouvant la mort en héros au milieu de ces hommes. Le film se termine d'ailleurs par une déclamation de John Wayne aux accents patriotico-militariste!



"Red River" (La rivière rouge) d' Howard Hawks (1896-1977) et Arthur Rosson marque lui aussi une étape essentielle.
Ce film retrace l'histoire de Tom Dunston (John Wayne), un rancher aussi dur qu'entêté. Après quatorze ans de dur labeur, il conduit son troupeau de 10000 têtes de bétail pour le vendre. Seul problème, le plus proche marché aux bestiaux se trouver à près de 1300 kilomètres au Missouri. Pour l'accompagner dans ce voyage, il engage des cow-boys sans rien leur cacher de la dureté de la tâche qui les attend. Il a à ses côtés son fils adoptif; Matt Garth ( Montgomery Clift), qu'il a recueilli enfant après que ses parents aient été tués lors d'une attaque indienne.
Sur la route, Dunston dévoile la facette le plus sombre de son personnage et dresse peu à peu tout le monde contre lui, y compris Matt. Quant il refuse d'écouter ce dernier au sujet d'un raccourci, une mutinerie éclate. Les cow-boys sous la direction de Matt prennent le contrôle du troupeau et changent de direction. Mais Dunston, qui a exprimé le désir de se venger de Matt en le tuant suit leurs traces, bien décidé à se venger.
 Ce film, qui donne l'un de ses meilleurs rôles à John Wayne, confirme la tendance d'une évolution des scénarios vers des histoires plus élaborées et des personnages sortant du schématisme manichéen de la période précédente.
En visionnant le film, John Ford s'écriera à propos de John Wayne : "Je n'ai jamais su que ce grand fils de pute pouvait être un acteur!", ce qui l'incitera ensuite à lui confier des rôles de personnages plus complexes que dans ses films précédent.
 
 
 
Parlons enfin pour clore cette année 1946 d'un autre monument du genre, le film " The treasure of the Sierra Madre" (Le trésor de la Sierra Madre) de John Huston (1906-1987), l'un des premiers westerns du genre "crépusculaire" car se passant après la date fatidique de 1890.
L'action se passe en effet en 1920 au Mexique. Deux aventuriers américains, Dobbs ( Humphrey Bogart) et Curtin ( Tim Holt) partent chercher de l'or dans la sierra mexicaine en compagnie d'Howard (Walter Huston), un vieux prospecteur désabusé, qu'ils arrivent à persuader de les guider dans cette quête. Les trois compagnons finissent par trouver un petit filon, mais la discorde s'installe alors entre eux, Dobbs cédant à la paranoïa, puis à la folie. Or, dans ce Mexique post-révolutionnaire, les bandits rôdent et les "Federales" chargés de les combattre sont impitoyables...
Le film est centré sur le personnage de Dobbs dont la psychologie est particulièrement fouillée par Huston qui conduit son histoire de main de maître pour l'une de ses rares incursions dans le genre. Il faut dire que Huston était particulièrement intéressé par Freud et ses thèses et qu'il réalisera par la suite un film sur ce dernier..
 John Huston s'offre aussi le plaisir de donner un rôle à son père, Walter, qui était un acteur professionnel depuis les années 1910 au théâtre et au cinéma. Détail amusant, Walter Houston recevra en 1948 l'Oscar du Meilleur Second Rôle" et son fils celui "du Meilleur Scénario Adapté". Un cas unique à ma connaissance!

 

 
Année finale de la décennie, l'année 1950 s'avéra elle aussi fructueuse. Ouvrons la avec "Winchester 73" d' Anthony Mann (1906-1967) avec James Stewart et Shelley Winters (1920-2006).
 En 1876, lors du centenaire de l'Indépendance Américaine est organisé à Dodge City un concours de tir dont le premier lot est une carabine Winchester aux qualités exceptionnelles, un série spéciale. Lin McAdam (James Stewart) y participe et se retrouve finalement seul face à son plus vieil adversaire, Dutch Henry Brown ( Stephen McNally). McAdam gagne la compétition, mais avantg qu'il ne quitte la ville, Brown l'assomme et s'empare de la Winchester. Il la vend alors à un trafiquant, Joe Lamont (John McIntire), qui doit la céder à un chef indien, Young Bull ( Rock Hudson!). Lin retrouvera t-il son fusil et réglera t-il ses comptes avec Dutch?
James Stewart apprécia ce film qui relança sa carrière, alors au point mort depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et le confirma dans son statut d'acteur de talent. Pour interpréter son rôle avec réalisme, il poussera le souci du détail à apprendre à manier la Winchester pour s'en servir exactement comme le ferait un tireur confirmé.
 
 
 
Le film suivant, "The gunfighter" ( La cible humaine) de Henry King, décrit le triste sort des pistoleros vieillissants.
Cette situation est celle de Jimmy Ringo ( Gregory Peck), qui est parvenu à atteindre l'âge vénérable de trente-cinq ans. En effet, sa réputation de "tireur le plus rapide de l'Ouest" font que tous les blanc-becs qui convoitent le titre sont près à le provoquer. Ainsi, arrivant dans une petite ville, il a maille à partir avec le jeune Eddie ( Richard Jaeckel) qui provoque délibérément un accident pour lui tirer dessus. Ringo n'a d'autre choix que de l'abattre. Il doit alors fuir la ville, car Eddie a trois frères bien décidés à le venger. Ceux ci le poursuivent, mais il les prend par surprise, les désarme et fait fuir leurs chevaux.
Ringo se dirige alors vers la petite ville de Cayenne où vivent sa femme, Peggy ( Helen Westcott) et le fils qu'il n'a pas revu depuis huit ans; Jimmie ( B. G. Norman). Là, le barman Mac ( Karl Malden) le reconnaît et alerte ke shérif Mark Strett (Millard Mitchell), l'un des rares amis de Ringo. Ce dernier lui demande de quitter la ville au plus tôt, sachant les ennuis qu'il ne manquera pas d'amener et lui dit que Peggy a changé de nom pour cacher leur passé commun. Il accepte de demander à Peggy d'accorder une entrevue à Ringo. Celle-ci refuse en se souvenant de la tête brulée qu'était le jeune Ringo.
Alors qu'il attend la réponse de sa femme, Ringo doit éviter l'affrontement avec Hunt Bromley ( Skip Homeier), un apprenti pistolero prêt à tout pour  se faire un nom, et Jerry Marlowe ( Cliff Clark), un homme qui pense à tort que Ringo a tué son fils il y a plusieurs années. Et pour comble, les trois frères lancés à sa poursuite arrivent en ville...
Il y a évidemment une part de tragédie grecque dans ce film où Ringo tente à tout prix d'éviter un affrontement qui pourrait ruiner ses maigres chances de mener une vie "normale" aux côtés de sa femme et de son fils. Il établit quasiment un lien étrange "père-fils" avec Hunt qu'il tente de dissuader de suivre ses pas. Au fait, réussira ou réussira pas? A vous de voir le film!
 
A noter que la fiction rejoint l'histoire, car il a réellement existé un pistolero nommé John Ringo. Celui-ci était un cousin éloigné des frères Younger. C'était un assassin et un survivant du OK Corral. Lors d'une visite à sa famille en Californie en juillet 1882, il souffrira d'une grave dépression, prendra une cuite qui durera dix jours.... et se suicidera avec son pistolet. Qui vit par le colt, meurt par le colt!
 
 
Je terminerai cette année 1950 avec un western très original pour cette époque. Je ne l'ai vu qu'une seule fois très tard sur la télévision : " Devil’s Doorway" (La porte du Diable). Tiens, c'est encore un film d' Anthony Mann, mais cette fois avec Robert Taylor (1911-1969) comme acteur principal.
Imaginez pour cette époque un film dont le personnage principal est un Shoshone , Lance Poole (en l'occurrence Robert Taylor, qui était pas plus amérindien que moi Zoulou, mais bon, ne mégotons pas!). Imaginez ensuite que cet homme, qui s'est couvert de gloire durant la Guerre de Sécession dans les troupes de l'Union (de nombreux indiens combattirent dans les deux camps), qui a reçu les plus hautes distinctions et le grade de sergent-major revient chez lui pour élever du bétail. Et qu'il trouve les terres de son peuple convoitées par des colons blancs excités par un avocat démagogue, Verne Coolan (Louis Calhern). Imaginez qu'il fasse ensuite appel à une avocate blanche, Orrie Masters (Paula Raymond) pour la défense de ses droits... et que tous deux s'aiment...
Tel est le scénario de ce film.
Bien entendu, tout cela se terminera fort mal! Mais rendez-vous compte : en pleine Guerre Froide, en pleine "Chasse aux Sorcières", voilà un film qui renversait tous les clichés : d'habitude, c'était les indiens qui massacraient les colons et qui étaient les affreux. Là, c'est exactement l'inverse! Mieux encore, on y voit une idylle entre un indien et une blanche. Dans les autres films, on admettait certes qu'un blanc ait une relation amoureuse avec une "sauvageonne" ou une "princesse indienne", mais l'inverse, jamais!
Aussi, si vous en avez l'occasion, regardez le. Même aujourd'hui on a rarement autant d'audace!
D'ailleurs, à l'époque, le film fit un "four" quand il fut présenté à la presse, au point que la MGM renonça à le diffuser. Il faudra le succès de "La flèche brisée" pour qu'elle se décide à le présenter sur les écrans. Mais en raison d'une promotion minimale, il ne figurera pas dans les premiers rangs du box office!
 
Le développement de la télévision offrit un nouveau média au genre. Parmi les séries qui naquirent à cette époque, aucune n'eut plus de succès que le " Lone Ranger". Ce justicier masqué, son partenaire Apache Tonto et son cheval Silver commencèrent leur carrière à la radio, avant de gagner le petit écran en 1949. Le succès sera énorme tant aux États Unis qu'en Angleterre jusqu'à la fin de la série en 1957.
Le "Lone Ranger" ( Clayton Moore, 1914-1999) était le seul survivant d'un groupe de Texas Rangers massacré par des bandits. Blessé, il fut recueilli et soigné par un Apache, Tonto et passe son temps à redresser les torts tout en poursuivant ceux qui ont massacré ses collègues.
A noter que "Tonto" était joué par un indien Mohawk originaire du Canada, Jay Silverheels (1912-1980), fait assez rare à l'époque pour être signalé, même si il y a autant de différence physique entre un Mohawk et un Apache qu'entre un Danois et Basque. Les activistes amérindiens furent assez sarcastiques sur le personnage de Tonto, indien sans famille, qui ne retourne jamais chez les siens pour une cérémonie et qui sert de "faire-valoir" au Lone Ranger. Silverheels lui-même se rendit d'ailleurs compte que Tonto était une sorte d'Oncle Tom indien et rejeta le personnage par la suite.
Cela ne l'empêchera pas de continuer une carrière plutôt brillante, car même s'il n'occupa jamais le haut de l'affiche, on le vit par la suite dans des films tels : "Key Largo" avec Humphrey Bogart, "La flèche brisée" avec James Stewart ou "Cent dollars pour un shérif" avec John Wayne.
Je placerai ici un mot sur la version film du " Lone Ranger" (2013) avec l'excellent Johnny Depp, qui est l'un de mes acteurs préférés, tourné par Gore Verbinski, qui est lui-même un bon réalisateur. D'après le scénario, l'histoire y est racontée par Tonto, qui se trouve ainsi placé apparemment au centre de l'histoire, ce qui est intéressant en soi. Par contre, Johnny Depp ressemble dedans autant à un Apache que Depardieu à un derviche tourneur!
D'après la bande annonce, l'ensemble ressemble plus à une bande dessinée déjantée qu'à un documentaire sur la culture apache, ce qui ne veut pas dire que cela ne puisse pas être un excellent film de divertissement!

5) L'apogée du Western classique
Les années cinquante voient l'apogée du western classique.
En 1952 sort "High noon" (Le train sifflera trois fois) de Fred Zimmerman (1907-1997) avec Gary Cooper et Grace Kelly (1929-1982). Ce classique a la particularité de dérouler approximativement en temps réel. Le temps joue d'ailleurs un grand rôle dans le film où règne une tension rarement égalée depuis.
Tout commence à 10h30 du matin dans la bourgade d'Hadleyville. Le shérif Will Kane (Gary Cooper) vient d'épouser la jeune quaker Amy Fowler (Grace Kelly). Il s'apprête à démissionner de son poste de shérif quand il apprend que Frank Miller ( Ian Mac Donald) revient en ville par le train de midi. Ce dernier avait été arrêté cinq ans auparavant pour meurtre par Kane et condamné à mort. Mais, ayant fait révisé son procès, il est désormais libre et à la ferme intention de tuer Kane avec l'aide de trois complices qui l'attendent à la gare.
Malgré les supplications de sa femme, Kane décide de ne pas démissionner et de rester. Il tente de recruter des hommes pour l'aider, mais tous lui feront défaut, le laissant seul face à Miller et ses hommes.
Ce film, détesté par John Wayne a la particularité de montrer un homme seul (Gary Cooper) en prise à la lâcheté de toute une ville, ce qui fera que Wayne le traitera "d'antiaméricain". 
Chose peu banale pour l'époque, celui du rôle d'une femme d'affaire mexicaine, Helen Ramirez ( Katy Jurado), l'une des rares à prendre le parti de Kane. Femme Affaire Mexicaine : une révolution à l'époque!
A noter que le scénariste Carl Foreman (qui était aussi  sera "Blacklisté" par la Commission chargé de dépister les activités "anti-américaines" dans le cinéma et quittera les Etats Unis pour l'Angleterre peu de temps après la sortie du film. Et l'une d'une personne les plus demandeuse de le voir sur la "Liste Noire" était précisément John Wayne... qui dans une interview en 1971 donnée à PlayBoy se justifiera en inventa une scène qui n'a jamais figurée dans le film "Kane jetant son étoile de shérif dans la poussière et la piétinant". 

 



L'année suivante, les spectateurs des salles obscures découvrent "Shane" ( L’homme des vallées perdues) de Georges Stevens (1904-1975) avec Alan Ladd (1913-1964).
 
Lors de l'été 1889, Shane, un cow-boy solitaire fait haltre dans la ferme où vit paisiblement la famille Starret, à savoir Joe (Van Heflin), Marian ( Jean Arthur), son épouse ainsi que Joey ( Brandon de Wilde). Marian tombe vite sous le charme de cet homme beau et mystérieux, tandis que Joey fasciné par cet homme habile au colt, au point de dénigrer son père, brave sans avoir de revolver.
Pour payer son séjour, Shane aide la famille aux travaux de la ferme et ne tardera pas à prêter main forte aux fermiers du voisinage dans leur lutte contre les ranchers menés par Ryker ( Emile Meyer). Celui-ci a embauché un tueur professionnel, le terrifiant Jack Wilson ( Jack Palance). Quand celui-ci abat de sang-froid un fermier, Joe Starret décide d'affronter ce pistolero et son employeur. Mais Shane l'en empêche en l'assommant et part à sa place.
Ce film décrit la fin d'une époque. Tandis que Joe Starret et sa famille présente l'image d'un monde nouveau, Shane, Wilson et Ryker représentent un monde qui se meurt, celui du Far West et de la "Frontier" dont la mort officielle sera déclarée l'année suivante. Personnage déclassé et obsolète, Shane se sacrifie pour qu'un monde nouveau vienne.
A noter qu'à l'époque du film, Jack Palance ne savait ni monter correctement à cheval, ni manipuler un colt : il apprendra tout sur place!
Quand à Allan Ladd et Van Heflin, ils noueront sur le plateau une amitié forte qui fera que Van Heflin pleurera en apprenant la mort de Ladd.
 
" Johnny Guitar", qui n'est en rien un western musical, sort en 1954. Tourné par Nicholas Ray (1911-1979), il offre la particularité unique dans le monde machiste du western d'alors d'offrir le rôle des deux protagonistes les plus importants du film à deux femmes, Joan Crawford (1905-1977) et Mercedes McCambridge (1916-2004).
Le film oppose en effet deux femmes : Emma (Mercedes McCambridge), une grande propriétaire terrienne et Vienna (Joan Crawford), la belle tenancière du saloon local, qui vient de retrouver son amant, Johnny Guitar ( Sterling Hayden). Folle de jalousie, Emma fera tout pour détruire Vienna. Au milieu de cette querelle arrive de nulle part... un guitariste. Qui se cache derrière l'image anodine d'un artiste itinérant?
Petite anecdote en passant : Nicholas Ray fut inquiété durant la "Chasse aux sorcières", mais protégé par Howard Hughes, son producteur. Ward Bond (1903-1960) qui jouait dans le film le rôle du shérif et de meneur dans un lynchage était quant à lui un ami personnel de John Wayne et un membre de la redoutable "Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals". A aucun moment ce dernier réalisa qu'on lui faisait jouer le rôle d'un extrémiste fasciste faisant régner la terreur : il croyait jouer le rôle d'un personnage positif, sympathique et héroïque, à la grande jubilation de Nicholas Ray et du scénariste Philip Yordan!
Les relations entre Joan Crawford et Mercedes McCambridge furent exécrables sur le tournage. Star consacrée, Joan Crawford prenait fort mal l'admiration dont l'équipe de tournage faisait preuve envers McCambridge, dont tout le monde appréciait le jeu d'actrice. Au point un matin d'exploser de rage et de faire irruption dans la loge de McCambridge pour y ravager ses tenues de tournage! Dolores McCambridge attribua les deux années d'inactivité qu'elle subi ainsi que la menace d'être "blacklisté" à la jalousie et à l'influence de Joan Crawford.
 
" Bad days at Black Rock" (Un homme est passé/Coup dur à Black Rock) est apparemment autre chose qu'un Western. Ce film de John Sturges (1912-1992) avec Spencer Tracy (1900-1967) se passe en effet peu de temps après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Black Rock est une bourgade minable qui végète sous l'ardent soleil du Sud Ouest. Aussi, quand pour la première fois depuis quatre ans le train s'y arrête, cela y fit sensation. En descend un homme, John McReady (Spencer Tracy), qui est venu pour rencontrer un nippo-américain du nom de Kamako pour lui remettre la médaille que son fils avait reçu à titre posthume. Mais ses questions demeurent sans réponses ou embarrassent...
Il s'agit en fait là de ce que l'on appelle un "western contemporain". Regardez, tout y est : le justicier solitaire, le désert, une bourgade perdue...
Le film est une évocation de l'internement des américains d'origine japonaise dans des camps de concentration américains et canadiens après Pearl Harbour. C'est aussi une parabole sur le McCarthysme de l'époque et la "Chasse aux sorcières" qui régnait alors à Hollywood.

L'année 1956 sera peut être la grande année du western classique avec la sortie de trois films d'exception : "Seven men from now", "Giant" et "The Searchers".
 
Commençons par "Seven men from now" (7 hommes à abattre), un film de Budd Boetticher (1916-2001) avec Randolph Scott (1898-1987).
Dans ce film, Randolph Scott joue le rôle du shérif Ben Stride, qui est habité par une soif de vengeance insatiable. Il veut tuer les sept hommes qui ont assassiné sa femme lors d'une attaque à main armée et suit leurs traces. Lors d'une nuit d'orage, il demande l'abri à deux hommes qui lui offrent du café et les tuent aussitôt. Le lendemain, il vient en aide à un couple en route pour la Californie dont il aide à désembourber le chariot. Il accepte ensuite de les accompagner lors de la traversée du territoire Chiricahua. Dans un relais de diligence abandonné, il rencontrent Bill Masters ( Lee Marvin). Ce dernier veut le suivre pour mettre la main sur le butin des voleurs et pense pouvoir s'associer à Stride car il s'imagine que ce dernier poursuit le même but que lui. Les deux hommes ne tarderont pas à s'opposer.
Ce film était produit par "Batjac", une société qui appartenait à John Wayne. Celui-ci voulait tenir le premier rôle dans le film, mais y renonça quand John Ford lui proposa "la prisonnière du désert". Toutefois, la production du film était déjà suffisamment avancée pour que Wayne perde beaucoup d'argent si le projet était abandonné. Après que plusieurs comédiens aient refusé le rôle de Ben Stride, ce sera finalement Randolph Scott qui l'acceptera. Ce sera pour lui un pair gagnant, car sa carrière était alors en déclin et le film la relança. Ce sera aussi le début d'une collaboration fructueuse entre lui et Boetticher, puisqu'ils tourneront ensemble cinq autres films.


"Giant" (Géant) est lui aussi un "western contemporain" comme "Bad days at Black Rock". Cette saga familiale tourné par George Stevens (voir "L'homme des vallées perdues") qui s'étant sur près de trente ans commence avec le mariage entre Leslie (Elizabeth Taylor), une jeune femme du Maryland.aux idées progressistes, avec Jordan Benedict ( Rock Hudson), un jeune et très riche propriétaire texan. Malgré leurs différences culturelles et politiques, les deux époux apprennent progressivement à s'adapter l'un à l'autre. Mais un nouveau venu va semer le trouble, Jeff Rink (James Dean), qui est parti de rien pour devenir l'empereur du pétrole au Texas, pétrole qui signe l'arrêt de mort des grands ranchs tels celui de Benedict.
Ce film sera le dernier de la courte carrière de James Dean, qui se tuera en voiture une semaine après la fin du tournage. Si George Stevens l'appréciait pour ses qualités d'acteur, il lui reprochait par contre un manque de sérieux et d'assuidité. Dean arrivait en effet souvent en retard sur le lieu du tournage, à tel point qu'un jour Stevens se leva et quitta le plateau un jour où Dean avait outrepassé les limites de la simple politesse, laissant à un assistant le soin de filmer les scènes que devait faire Dean se jour là, tant il était excédé.
 
 
Vient ensuite " The Searchers" (La prisonnière du désert) de John Ford avec un John Wayne, qui trouve là son meilleur rôle avec un personnage au passé trouble dévoré par la haine des indiens.
Trois ans après la fin de la Guerre de Sécession, Ethan Edwards (John Wayne), un ancien soldat Confédéré arrive au ranch de son frère Aaron ( Walter Coy) où il vit avec sa femme et ses quatre enfants : Lucy ( Pippa Scott), Debbie ( Lana Wood), un fils et un autre qu'ils ont adopté après que ses parents aient été tué par les indiens,  Martin Pawley (Jeffrey Hunter), un jeune adulte avec du sang Cherokee dans les veines. Au souper, les propos d'Edwards révèlent son racisme et sa haine des indiens. Le lendemain, le révérend et capitaine Samuel Clayton ( Ward Bond), accompagnés de plusieurs hommes vient au ranch pour chercher des volontaires. des raiders Comanches ont en effet volés du bétail dans le voisinage. Ethan et Martin se joignent à la troupe. Mais ce vol de bétail n'est qu'une diversion pour éloigner les hommes de leurs fermes. Le ranch d'Edwards est attaqué, les parents et leur jeune fils tué, Lucy et Debbie enlevées. Ethan Edwards part à la recherche de ses nièces en compagnie de Martin Pawley et de Brad Jorgensen ( Harry Carey Jr.), le fiancé de Lucy.
Ils ne tardent pas à trouver le cadavre de Lucy. Fou de douleur, Brad attaque seul le campement des Comanches et se fait tuer. Ethan et Martin Pawley entament alors une longue quête à travers l'Ouest pour retrouver et sauver Debbie (jouée à l'âge adulte par Natalie Wood, soeur aînée de Lana Wood). Mais les deux hommes sont-ils à sa recherche dans le même but? 
John Ford tourna le film en majeure partie à Monument Valley, avec des figurants Navajos jouant les Comanches. A noter que l'acteur jouant le rôle du chef Scar ( Henry Brandon) était d'origine... allemande!
Chose nouvelle dans ce film, John Ford pose ouvertement des questions sur le sort réservé aux Indiens lorsque Martin découvre les débris et les morts dans un village indien détruit par une attaque de la cavalerie américaine ou en montrant le racisme d'Ethan tant envers les Indiens que ceux qui sont métis comme Martin. 
Notons cependant qu'il ne pousse pas la réflexion jusqu'au bout. Et qu'il évite d'aller plus loin dans la critique de l'armée et du gouvernement américain!
Le rôle d'Ethan plaira tant à John Wayne qu'il donnera se prénom à l'un de ses fils ( Ethan Wayne).
Sur le tournage, Wayne se montrera bien différent d'Ethan Edwards. Apprenant qu'un jeune navajo souffrait d'une pneumonie et avait besoin en urgence d'une assistant médicale urgente, , il prêtera son avion et son pilote personnel pour le conduire le plus vite possible à l'hôpital. Touchés par cette attention, les navajos le nommeront "L'homme au grand aigle".
 
 
Les années suivantes ne furent pas moins fructueuses cependant! 1957 voit la sortie du film "3.10 for Yuma" ( 3h10 pour Yuma) de Delmer Dawes .
Dan Evans ( Van Heflin) est un petit fermier père de deux enfants. Alors qu'il cherche avec eux les bêtes de son troupeau qui se sont dispersé, il tombe sur une attaque de diligence menée par l'outlaw Ben Wade ( Glenn Ford) et ses hommes. Craignant pour ses fils, il s'abstient d'intervenir et laisse les voleurs s'emparer de ses chevaux, Wade leur laissant la vie sauve.
Après avoir tant bien que mal réuni son bétail, il rentre à sa ferme. Devant la sécheresse qui menace, sa femme lui conseille d'aller en ville pour y obtenir un crédit. Là, il apprend que Ben Wade s'y trouve et qu'il a été arrêté. Le propriétaire de la ligne de diligence, Mr. Butterfield ( Robert Emhardt) offre alors 200 dollars à l'homme qui sortira discrètement Ben Wade de la ville pour l'emmener à Contention pour y prendre le train de 3.10 pour Yuma où il doit être jugé. Evans accepte la mission pour sauver sa ferme. Mais beaucoup de gens sont à la recherche de Wade : ses complices pour le libérer et d'autres pour le pendre sans autre forme de procès. Wade lui-même tente toute sorte de pression psychologique pour que l'honnête Evans renonce à sa mission.
Objet d'un "remake" plutôt réussi en 2007 tourné par James Mangold, ce film est un classique du genre et un petit bijou de tension psychologique. A noter qu'au départ Glenn Ford fut pressenti pour tenir le rôle de Dan Evans, mais qu'il le refusa pour celui de Wade, suggérant à Dawes le nom de Van Helfin pour le rôle.

 

 



En 1958 sort "The big country" (Les grands espaces) de William Wyler.
Ce western raconte l'histoire de James McKay ( Gregory Peck), un capitaine au long cours qui a fait fortune. Prenant une retraite précoce, il va rejoindre dans l'Ouest sa fiancée Pat Terrill ( Caroll Baker). D'emblée, il se heurte à l'hostilité du contremaître Steve Leech ( Charlton Heston), amoureux transi de Pat. Et il met en plus les pieds au bon milieu d'un conflit opposant son futur beau-père et Rufus Hannassey (Burl Ives), chacun convoitant la terre de Julie Maragon (Jean Simmons), qui contient l'unique point d'eau de la région.
Selon les propos de Gregory Peck, l'intention de William Wyler était de délivrer une allégorie pacifiste de la Guerre Froide, le personnage du Major Henry Terrill (joué par Charles Bickford) étant supposé représenter Dwight Eisenhower, alors Président des Etats Unis.
 


Un an plus tard, c'est la sortie d'un classique parmi les classiques : "Rio Bravo", l'un des films préférés de John Carpenter (qui s'en inspira pour son film " Assaut" et Quentin Tarentino
Le shériff John T. Chance ( John Wayne) arrête Joe Burdette ( Claude Akins) pour le meurtre d'un homme désarmé. Il sait que le frère de Joe, Nathan ( John Russell) est un riche et puissant rancher, qui fera tout pour que son frère sorte de prison. . Son meilleur ami, Pat Wheeler ( Ward Bond) lui offre son aide, mais il est tué d'une balle dans le dos vingt minutes plus tard. Cela le laisse seul avec son vieil adjoint l'acariâtre Stumpy ( Walter Brennan). Il obtient ensuite le renfort de Dude ( Dean Martin), jadis un excellent pistolero et adjoint, maintenant ivrogne attitré de la ville, et accepte l'aide du jeune Colorado ( Ricky Nelson). Peu de chose contre la vingtaine d'hommes dont dispose Burdette. Chance fait alors de son mieux pour s'opposer à lui tout en nouant une romance avec "Feathers" (La fille aux plumes) ( Angie Dickinson)
Ca ne vous rappelle rien? Le canevas du film s'inspire en partie du "Train sifflera trois fois" et de "3h10 pour Yuma".
Initialement le rôle de Colorado fut proposé à plusieurs acteurs, dont Elvis Presley. Hawks et Presley étaient très excités à l'idée de tourner ensemble, mais le manager de Presley, le trop fameux "Major Parker" posa des conditions financières inacceptables. Ce sera la Warner qui imposera Ricky Nelson en espérant profiter de la notoriété du jeune chanteur pour attirer un public féminin étranger aux westerns. Hawks tenta en vain de s'y opposer trouvant Nelson trop jeune et inexpérimenté pour le rôle de Colorado. Il raccourcira ensuite les dialogues et scènes de celui-ci, pour empêcher son personnage de prendre trop de place aux dépens des autres protagonistes de l'histoire. Par la suite, il admettra que le choix des studios aurait pu être pire et que le simple nom de Ricky Nelson avait attiré beaucoup de spectateurs.
 
 


Les années 1950 se terminent en beauté avec "The magnificent seven" ( Les Sept mercenaires) de John Sturges . Copié ouvertement sur "Les Sept samouraïs" d' Akira Kurosawa, le film est issu d'une idée de Yul Brynner qui avait suggéré au producteur Walter Mirisch d'adapter ce film qu'il avait particulièrement aimé. Kurosawa n'en voudra pas à Sturges, bien au contraire! Il lui offrira un sabre japonais et se liera d'amitié avec lui...
Terrorisés et rançonnés par le bandit Calvera ( Eli Wallach) et ses quarante bandits, les habitants d'un village mexicain décide d'envoyer trois des leurs pour acheter des armes aux Etats Unis avec le peu d'argent qu'ils ont pu réunir.
A la première ville où ils arrivent, ils font la connaissance de Chris Adams (Yul Brynner), un bon tireur, qui leur conseille d'enrôler des mercenaires plutôt que d'acheter des armes qu'ils ne sauront pas utiliser. Avec son aide, ils recrutent cinq autres mercenaires aux motivations les plus diverses.
Tous les six se dirigent alors vers le village, enrôlant en cours de route un septième compagnon, un jeune homme les convainc par sa ténacité et sa motivation? Les sept mercenaires sont réunis et ils ne leur reste plus qu'à préparer le village et ses habitants à la bataille à venir.... Vaste programme!
Steve McQueen, qui joue dans le film le rôle de Vin Tanner (le bras droit de Chris) avait tellement envie de jouer dans ce film qui représentait pour lui une chance unique de devenir enfin une star du cinéma qu'il n'hésita pas à simuler un accident de voiture. En effet, il tournait à l'époque des épisodes de la série " Au nom de la loi" et le calendrier des tournages l'aurait empêché de participer au film. A 30 ans passé, il sentait le temps filer et ne voulait pas manquer l'occasion!
D'après Eli Wallach, cela le mena à des accrochages avec Yul Brynner. Steve McQueen faisait en effet tout pour être présent devant la caméra et en montrant sa présence en manipulant son chapeau, ce qui irrita non seulement Brynner, mais aussi John Sturges. Il en résultera une brouille entre les deux acteurs qui durera presque jusqu'au décès de Steve McQueen. Apprenant que ce dernier était très gravement malade, Brynner l'appellera au téléphone et les deux hommes enterreront la hache de guerre.
Le film n'aura que peu de succès aux Etats Unis, mais cartonnera en Europe et dans le reste du monde. En Italie parmi ses spectateurs se trouvait un certain Sergio Leone... 
Notons enfin que Yul Brynner réutilisera sa tenue des "Sept mercenaires" dans le film d'anticipation "Mondwest" en 1973.
Un remake de ce film doit sortir en 2016. Il ne m'est pas possible d'en parler actuellement.

Ne quittons toutefois pas ces années là sans parler de cinq autres films importants : "Broken arrow", "The last hunt", "Man of the West", "The left hand gun" et "Gunfight at the OK Corral".
 
 
Parlons d'abord de " Broken Arrow" (La flèche brisée) de  Delmer Daves
Ex-éclaireur de l'armée de l'Union, le chercheur d'or Tom Jeffords ( James Stewart) traverse le territoire de l'Arizona pour gagner Tucson à l'appel du colonel Bernall ( Raymond Bramley) alors que la guerre entre blancs et Apaches fait rage
En chemin, il trouve et soigne un jeune Apache, ce qui lui sauve la vie quand un parti de guerre mené par Geronimo ( Jay Silverheels) le surprend et le capture. Impuissant, il assiste alors à une embuscade que les Apaches tendent à des blancs qui sont tués ou torturés, puis est libéré par ceux-ci.
Il gagne alors Tucson où la nouvelle de l'embuscade est parvenu par le biais d'un survivant de celle-ci et où la foule s'agite en demandant des représailles. Bernall demande à Jeffords de devenir son éclaireur. Celui -ci accepte, mais est dégoûté par la cruauté de la guerre que se livre les deux camps. Il décide alors d'apprendre la langue, les moeurs, l'histoire et les coutumes des Apaches, puis d'aller seul dans les montagnes pour y rencontrer Cochise ( Jeff Chandler). Il demande à ce dernier de ne plus attaquer les porteurs de courrier, sans pour autant cesser la guerre, ce que Cochise accepte. Invité à séjourner quelque temps au village Apache, il tombe amoureux de la belle Sonseeaharay ( Debra Padget).
L'annonce des promesses de Cochise est reçue avec méfiance, mais celui-ci tient parole. Mais pas les convois militaire. L'un de ces derniers est taillé en pièces par les hommes de Cochise. Bernall est tué et le général Howard ( Basil Ruysdael) échappe de peu à la mort.
Tandis que la population du Tucson, à l'annonce du désastre, veut pendre Jeffords qu'elle prend pour un espion à la solde de Cochise, Howard le sauve et lui demande d'organiser une rencontre avec Cochise pour négocier un plan de paix souhaité par le Président des Etats Unis. Jeffords emmène alors le général au camp de Cochise et le persuade de la loyauté et de la sincérité d'Howard. Cochise accepte de faire la paix et Jeffords épouse Sonseeaharay. Las, de part et d'autres, beaucoup rêvent de voir la paix avorter : l'intraitable Geronimo, bien sûr, mais aussi le rancher Ben Slade ( Will Geer)

L'histoire est une fiction inspirée de faits réels, l'amitié entre un blanc, Tom Jeffords (Taglito pour les Chiricahuas) et Cochise. Cette amitié permettra par le biais de Jeffords la conclusion d'un traité de paix entre Washington et les Chiricahuas, et plutôt à l'avantage de ces derniers. Le film s'écarte cependant considérablement de la réalité historique : d'abord Jeffords était un écossais rouquin avec de gros favoris ressemblant peu à Stewart, ensuite Géronimo, comme tous les Chiricahuas, respecta la paix sans poser de problème contrairement à ce que l'on voit dans le film. Enfin celle-ci ne dura que trois ans après la mort de Cochise en 1873. Las des récriminations des Mexicains qui se plaignaient à juste titre des raids incessants des Apaches Chiricahuas et sous la pression des colons, chercheurs d'or et ranchers qui convoitaient leurs terres, le gouvernement américain prit en effet cette année là la mauvaise décision de déporter les Chiricahuas sur la réserve de San Carlos pour les avoir "sous contrôle". Cette décision déclencha treize ans de guérilla presque continuelle, tous les hommes en âge de combattre prenant le large au Mexique.!

Et je ne parle pas des grosses erreurs culturelles comme le mariage entre Jeffords et "l'Apache" Debra Paget (!) : les Apaches n'ont jamais eu de cérémonies pour les mariages. On s'unissait ou on se séparait à la bonne franquette!
Toutefois, "Broken Arrow" est l'un des rares films de l'époque qui dépeint les Indiens, et plus particulièrement les Apaches comme des êtres humains capables de rire, de pleurer ou d'être furieux (à juste titre) et il est souvent cité comme l'un des films pionniers dans le genre.
On y trouve aussi quelques véritables amérindiens, comme le Mohawk Jay Silverheels qui incarne Geronimo, mais pour la plupart, il faut fureter dans les tréfonds de la distribution pour les trouver. C'était toutefois un premier pas vers la reconnaissance pour des acteurs amérindiens auxquels le monde du cinéma était pratiquement fermé.
 
 
Sorti en 1956, "The last hunt" ( La dernière chasse) de Richard Brooks est l'un des rares films a évoquer le massacre insensé des bisons.
En 1883, il ne restait plus qu'un dernier grand troupeau de bison à parcourir les plaines du Montana et pour son malheur, le bétail du rancher Sandy McKenzie (Stewart Granger) se trouvait sur son chemin! Ruiné, il se trouve alors contraint de reprendre son ancienne activité de chasseur de bisons. Il fait équipe avec un vieux trappeur désabusé, "Woodfoot" ( Lloyd Nolan) qui sent que le temps des grands espaces s'achève, un jeune métis, Jimmy O'Brien ( Russ Tamblyn) et un autre chasseur, Charlie Gilson ( Robert Taylor). Peu à peu, McKenzie découvrira les penchants racistes et violents de ce dernier et tentera de le contrôler. Il ne réussira pas toutefois à l'empêcher de massacrer un groupe de chasseurs indiens et de prendre comme esclave une jeune mère amérindienne jouée par l'inévitable Debra Paget (voir "La Flèche brisée"). McKenzie prendra cette dernière en pitié (l'indienne, pas Debra Paget). Celle-ci se rapprochera peu à peu de lui, à la grande jalousie de Gilson. Lorsqu'ils tomberont en possession d'une rare peau de bison blanc, un animal très rare dont la peau vaut très cher et qui est vénéré par les indiens, le conflit entre les deux hommes éclatera.
Ce film est l'un très rare westerns des années 1950 à remettre en question la supériorité de la "race blanche" sur les civilisations amérindiennes. Les personnages de Sandy McKenzie et Charlie Gilson sont aussi les deux côtés opposés d'une même figure : le Chasseur. Alors que McKenzie tue pour survivre et avec regret, Gilson prend plaisir au massacre, trouvant une véritable jouissance dans celui-ci.
Pour la petite histoire, certains des bisons tués dans le film le furent réellement : le gouvernement américain avait lancé un programme de "régulation" de l'espèce pour éviter le surpâturage. Leurs corps étaient emmenés à la fin de la journée de tournage dans des camions frigorifiques, puis on les ramenait le lendemain pour les remettre dans la même position pour continuer à filmer sans faux raccord. A bout d'un moment les carcasses entrèrent en putréfaction au grand écoeurement des acteurs et de l'équipe de tournage.
On comptait vers 1600 environ 60 millions de bisons répartis dans les plaines et les forêts d'Amérique du Nord, du nord-est du Mexique au nord de l'Alberta, des Appalaches aux Rocheuses. Vers 1900, il n'en restait plus que 1500, dont seulement 23 en liberté dans le Yellowstone Park. Ils sont aujourd'hui 350000, dont 20000 seulement vivent à l'état sauvage. Des recherches récentes ont montré que si la chasse excessive a joué un rôle déterminant dans leur disparition, les altérations du milieu (routes, voies ferrés, habitats, etc...) et les épizooties amenées par le bétail européen ont aussi joué un rôle dans la presque quasi-disparition des bisons.
Ironiquement, la viande de bison est aujourd'hui louée pour ses qualités nutritives et il existe même dans les plaines du Montana et des Dakotas des hommes, blancs ou amérindiens qui rêvent de voir les bisons, mieux adaptés au climat et de plus grand profit, y remplacer le bétail d'origine européenne.
 
"Man of the West" ( L’homme de l’Ouest) d' Anthony Mann qui sort en 1958 fait plus que de donner des coups de canifs au Code Hayes déjà bien mal en point et aux mythes de l'Ouest. Par sa violence, il annonce même certains des westerns spaghettis de la décennie suivante.
Le film est centré sur le personnage de Link Jones ( Gary Cooper). A son arrivé dans la petite ville texane de Cross Cut, il se présente comme un homme mal à l'aise devant la vie citadine et effrayé par le train à vapeur. Quand le shérif local, qui a remarqué cet individu étrange l'interroge, il lui donne un faux nom et dit venir d'un village isolé. Il intrigue ensuite un joueur professionnel, Sam Bealsey ( Arthur O’Connell) auquel il raconte qu'il va à Fort Worth pour recruter une institutrice et lui laisse entendre qu'il a sur lui le montant d'une collecte d'argent faite par les habitants de son village pour convaincre celle-ci d'y aller.
Beasley lui présente alors Billie Ellis ( Julie London), une ravissante chanteuse de saloon qui voyage avec eux, en le faisant passer pour une institutrice. Mais la tentative d'escroquerie tourne court, Link l'éventant rapidement. Mais le train doit stopper pour charger le bois nécessaire à son fonctionnement. Les passagers sont requis pour aider au chargement et alors que tout le monde est affairé une bande de hors-la-loi attaque le train pour s'emparer de l'argent qu'il transporte.
L'attaque est repoussée et le train part à toute vapeur.... Laissant derrière lui Link, Sam et Billie qui n'ont pas eu le temps d'y remonter. Ils partent à pied à la recherche d'un refuge. Ils finissent par tomber sur une ferme semblant abandonnée. Malheureusement, ceux qui y résident sont les bandits qui ont tenté l'attaque du train. Heureusement, ceux-ci sont commandés par Dock Tobin ( Lee J. Cobb) et ce dernier reconnaît en Link son ancien fils spirituel, qui a jadis quitté la bande pour mener la vie d'un honnête homme. Le vieil homme se persuade que Link est revenu pour lui. Pour sauver sa vie et celle de ses compagnons, Link n'a pas d'autre choix que de lui faire croire et d'accepter  de l'aider à cambrioler une banque, tout en sachant qu'il n'a pas réussi à tromper les autres membres de la bande, dont le cruel Coaley ( Jack Lord). Link devra alors renouer avec une violence qu'il croyait avoir laissé derrière lui.
A sa sortie, le film passera largement inaperçu aux Etats Unis, mais il deviendra progressivement un film culte.
Gary Cooper était déjà à l'époque épuisé par le cancer qui devait le tuer trois ans plus tard. Âgé de 57 ans au tournage du film, il devra se battre avec des acteurs plus jeunes que lui (Jack Lord avait 37 ans) et renforce dans le film l'image d'un personnage stoïque. Quand à Lee J. Cobb, qui joue le rôle de son "oncle" plus âgé, il avait en fait dix ans de moins que Cooper!
 
 
 
"The left hand" ( Le gaucher) d' Arthur Penn (1922-2010)  veut être la biographie romancée de William Boney (alias Billy The Kid).
Alors qu'il erre épuisé dans le désert, William Boney, alias Billy The Kid, ( Paul Newman) est recueilli par l'éleveur John Tunstall ( Colin Keith-Johnston), un homme juste et pieux qui le prend en affection. Un peu plus tard, il est tué dans une embuscade tendue par quatre éleveurs rivaux qui ont réussi à soudoyer le shérif Brady ( Robert Foulk). Billy, qui arrive trop tard sur les lieux, jure de le venger.
Il tue deux des assassins, mais sort gravement blessé de l'incendie qui accompagne l'affrontement. Il se remet peu à peu dans un village voisin alors que l'on pense qu'il est mort dans le brasier. Durant sa convalescence, il apprend que le gouverneur du territoire proclame une amnistie pour mettre fin à la guerre entre éleveurs. Billy n'accepte pas que les deux meurtriers restant bénéficient de celle-ci.
Son ami Pat Garrett (John Dehner) tente de le protéger, mais quand Billy abat l'un des assassins au milieu des réjouissances de son mariage, il accepte la charge de shérif qu'on lui propose et d'arrêter Billy. 
Prenant ses distances avec le western traditionnel, Arthur Penn y dépeint un personnage tourmenté oscillant constamment entre le bien et le mal. Il bascule dans la violence en voulant tuer les quatre hommes qui ont assassiné son bienfaiteur avec l'aide de deux de ses amis. Rien ne l'arrêtera, ni l'amnistie proposée par le gouverneur, ni l'amitié du shérif Pat Garret ou la sympathie du couple mexicain qui le cache.
On a longtemps cru que "Billy le Kid" était gaucher sur la foi de la seule photo identifiée de lui. Un examen attentif de celle-ci à montre qu'il s'agissait d'une image inversée et que le "Kid" était en, fait droitier.
A noté que le scénario du film était basé sur une pièce de l'écrivain Gore Vidal. Celui-ci la transforma en scénario pour le cinéma à la demande de Penn. Mais le résultat ne plût pas au réalisateur qui demanda à Leslie Stevens de le réécrire. Furieux, Gore Vidal qualifia "Le gaucher" à sa sortie de la critique suivante : "C'est un film que seul un français pourrait aimer". Vidal n'oubliera jamais et sera très attentif quand son scénario sera adapté à la télévision pour le film "Billy the Kid".... Mais celui d'Arthur Penn reste bien plus connu, bien qu'il ait fait un "flop" lors de sortie aux Etats Unis.
Penn n'aura d'ailleurs pas une liberté sur ce film sa première réalisation), la Warner Bros intervenant constamment dans le projet, notamment pour les scènes finales. Elle écartera aussi Penn du montage du film.
 
 
 
Enfin terminons avec  "Gunfight at the OK Corral" ( Règlements de compte à OK Corral) possède l'une des plus beaux débuts de films qu'il m'ait été donné de voir par l'adéquation des images et de la bande originale. C'est un film de John Sturges .Celui-ci y réussit la performance de transformer en un combat épique de près de dix minutes une fusillade qui dans la réalité ne dura pas plus de trente secondes et qui tenait plus du guet-apens que d'une bataille à la régulière!
A la poursuite du dénommé Ike Clanton ( Lyle Bettger), Wyatt Earp ( Burt Lancaster) arrive à Fort Griffin, petite ville dont le shérif Cotton Wilson ( Frank Faylen) est l'un de ses amis. Mais il déchante quand il apprend que Wilson à laisser Ike Clanton s'échapper. Il tente d'obtenir des renseignements auprès du joueur John Holliday ( Kirk Douglas), dit "Doc Holliday", mais ce dernier l'éconduit.
Plus tard dans la nuit, Doc Holliday, qui vient d'affronter le frère de l'une de ses victimes, doit faire face à la fureur d'une population excédée par les troubles qu'il provoque. Wyatt Earp l'aide à fuir.
Earp décide alors de rejoindre ses frères à Tombstone et démissionne de son poste de shérif de Dodge City. Il ignore que lui et sa famille devront y affronter les Clanton qui font régner la terreur dans la ville. Doc Hollyday, malade et dont les jours sont comptés, vient à son aide.
Le tournage de ce film sera animé, Sturges devant continuellement ruser avec Burt Lancaster. Celui-ci, qui venait de faire ses premières armes en tant que réalisateur avec "L'homme de Kentucky" voulait en effet s'occuper de la mise en scène et interférait constamment avec le travail de Sturges qui utilisa les prétextes les plus divers pour l'en empêcher.
 

  

 
 
Terminons enfin sur la télévision. 1959 verra l'apogée des séries westerns pour la télévision avec 26 différentes diffusées en "prime-time". En mars 1959, dans les dix séries les plus regardées, il y en avait huit appartenant au genre!.
Il est impossible de toutes les énumérer mais citons parmi les plus connues : "Gunsmoke" (1955-1975,)"Wanted : dead or alive" (Au nom de la loi, 1958-1961) avec Steve McQueen, "Bonanza" (1959-1973,. et bien sûr "Rawhide" (1959-1966) avec un Clint Eastwood débutant...
 
 
"Gunsmoke" est sans aucun doute la série Western qui a eu l'existence la plus longue. Le feuilleton commençant en effet à la radio sur CBS en 1952 et garda ce format jusque 1961. A la différence de la plupart des séries westerns radiodiffusées de l'époque, elle fut dès l'origine pensée pour un public d'adultes.
En 1955, il fut décidé de décliner à la télévision cette série. Celle-ci y sera diffusée pendant 20 ans Les épisodes sont construits autour du personnage du Marshal Matt Dillon, qui était incarné à la radio par William Conrad et à l'écran par James Arness. Les épisodes sont censés se dérouler à Dodge City après la Guerre de Sécession.
Dans les acteurs qui jouèrent régulièrement dans cette série on trouve Dennis Weaver (Chester Goode, 1955-1964) et Burt Reynolds (Quint Asper, 1962-1965). Au gré des "guest stars" ou "for the first time on screen" ont  peut trouver Claude, Akins, Richard Anderson, Charles Bronson, Bruce Dern, James Doohan, Harrison Ford, Jody Foster, Ben Johnson, DeForest Kelley, George Kennedy, Ross Martin, Leonard Nimoy, William Shatner, Tom Skerritt, Lee Van Cleef, Robert Vaughn, Jon Voight...
Enfin parmi ceux qui réalisèrent des épisodes de la série, on tgrouve Andrew McLaglen, Dennis Weaver, Peter Graves, Sam Peckinpah (Eh oui!)...
 
 
 
"Wanted : dead or alive" ( Au nom de la loi) est une série de CBS dont la vie sera sensiblement plus courte (1958-1961), mais elle permettra le décollage de la carrière de Steve McQueen....
Le feuilleton est centrée autour du personnage de Josh Randall ( Steve McQueen). Ce vétéran de l'armée Confédérée est devenu un chasseur de primes au coeur tendre. Il n'hésite pas en effet à donner ses gains aux nécessiteux et à aider ses prisonniers s'ils sont victime d'une erreur judiciaire et à venir en aide à la veuve et à l'orphelin. Il cherche aussi les personnes disparues, les déserteurs et même un mouton domestique ou le Père Noël! Cet éclectisme et le fait qu'il n'est pas motivé par l'appât du gain contribuera beaucoup au succès de cette série familiale.
Pendant plusieurs épisodes en 1960, il aura un compagnon nommé Jason Nichols ( Wright Knight), un ancien shérif devenu chasseur de primes. Lui et Randall s'entendaient bien sur l'écran et l'audience montrait l'approbation des téléspectateurs, mais au début de la troisième saison,
Randall utilise comme arme une Winchester modèle 1892 au canon scié. Trois de ses carabines seront utilisées dans le feuilleton. Elles avaient été modifiée sur les indications de Steve McQueen lui-même pour être rapidement dégainée. McQueen n'hésitait pas à s'entraîner dans son jardin à balles réelles. Objets sans prix pour les collectionneurs, l'une d'entre elles sera la possession du défunt Gilbert Becaud.
Richard Donner réalisera six épisodes de la série en 1960-1961
Parmi les "guests stars" figurent James Coburn, DeForest Kelley, Michael Landon, Warren Oates, Jay Silverheels et Lee Van Cleef.
 
 
" Bonanza" (1959-1973) était une série NBC qui se trouve à cheval (si je puis dire!) sur deux périodes différentes du western : la classique et la "moderne", ce qui se reflète dans certains de ses épisodes, même si la série gardera toute son existence un caractère strictement familial.
L'univers de "Bonanza" est centré sur celui de la famille Cartwright, dirigé par le trois fois veuf (il y en a qui ont de la chance!) Ben Cartwright ( Lorne Greene). Il a troiis fils, qu'il a eu chacun avec une femme différente : Adam ( Pernell Roberts) qui est un architecte et établi les plans de la maison familiale; Eric "Hoss" ( Dan Blocker), un géant débonnaire et le benjamin, Joseph "Little Joe" ( Michael Landon). La famille à a son service un cuisinier chinois, Hop Sing ( Victor Sen Yung)
Cette famille vit sur un énorme ranch de près de 2500 km2 situé sur la rive orientale du Lac Tahoe, dans le   Nevada. Le nom du ranch fait référence aux  pins ponderosa. La ville la plus proche est  Virginia City om les Cartwright se rendent dès qu'ils souhaitent rencontrer le shérif Roy Coffee ( Ray Teal) ou son adjoint Clem Foster ( Bing Russel)

 

"Bonanza" était pour son époque une série western qui sortait de l'ordinaire en se centrant sur l'histoire de la famille Cartwright plus que sur ce qui se passait autour. On les voie s'entraidant, protégeant leurs voisins et luttant pour de bons motifs. C'est l'un des rares séries de l'époque à avoir tenté de traiter de sujets contemporains à l'époque à travers le filtre du western. Cela était alors très difficile à faire en raison de la pression des sponsors et des craintes des télévisions d'être la cible de polémiques. Il fallait les séries les plus lisses et les plus neutres possibles, et à sa manière, "Bonanza" tentait d'en parler. 
Aussi, les épisodes varient entre le drame et la comédie populaire, mais on peut en trouver qui parlent d'écologie ("Different pines, same wind, épisode 304, 1968), de toxicomanie ("The hidden enemy" épisode 424, 1972), de violence domestique ("First love", épisode 427, 1972), de pacifisme ("The weary Willies", épisode 364, 1970), d'enfants illégitimes ("Love child", épisode 370, 1970), les handicapés ("Tommy", épisode 249, 1966) et les nains ("It's a small world", épisode 347, 1968)
On y parle aussi de racisme que ce soit contre les asiatiques ("The fear merchants, épisode 27, 1964), les afro-américains ("Enter Thomas Bowers", épisode 164, 1964), les juifs ("Look to the stars", épiode 90, 1962) et bien sûr les amérindiens ("The underdog", épisode 180, 1964)


La série demeura très populaire, malgré le départ dès 1965 de Pernell Roberts, qui était justement fort désireux de tourner dans des films ou séries traitant de manière plus approfondie et dramatique les thèmes sociaux évoqués dans "Bonanza". Son personnage ne sera pas remplacé et sera dit "en voyage". Quant à Roberts, son choix s'avérera mauvais. Il devra subir une traversée du désert d'une quinzaine d'années avant de renouer avec un certain succès, alors même que Greene, Blocker et Landon encaissait des cachets de plus importants qu'ils investissaient habilement.

 

Le décès brutal de Dan Blocker le 13 mai 1972 portera un coup mortel à la série, même si elle durera une saison de plus. La disparition du personnage bienveillant de Hoss, qui attirait beaucoup d'enfants vers la série provoqua un fléchissement tel de l'audience que NBC décida de l'abandonner.
 
Parmi les "guest stars", on relève les noms de Tim Matheson, Slim Pickens, DeForest Kelley, Will Geer, James Coburn, Jack Elam, Majel Barrett, John Carradine, George Kennedy, Harry Dean Stanton, Ron Howard, James Doohan, Iron Eyes Cody, Bruce Dern, Gilbert Roland, Sam Jaffe, Zsa Zsa Gabor, Beau Bridges, Leslie Nielsen, Yaphet Kotto, Anthony Zerbe,  Jack Lord, Ricardo Montalban, Martin Landau, Lee Marvin, Robert Vaughn, Ross Martin, Stephanie Powers, Gena Rowlands, Charles Bronson, Bruce Cabot, Dennis Hopper, Telly Savalas, Dean Stockwell, etc...

 

 

 

Avec sa musique rendue célèbre par les Blues Brothers, "Rahwide" vaut aussi d'être connu comme la série qui a lancé la carrière de Clint Eastwood. Cette série CBS fut diffusée de 1959 à 1965.

Elle s'inscrit dans les années suivant la Guerre de Sécession et met en scène le propriétaire et les cow-boys menant un troupeau de 3000 têtes de bétail du Texas au Missouri dans leurs pérégrinations quotidiennes. Eric Fleming joue le rôle de Gil Flavor, le propriétaire du troupeau. Le second rôle est tenu par le jeune Clint Eastwood qui incarne le personnage du jeune et impétueux Rowdy Yates.

Elle était destinée à un public bien plus adulte que les précédentes et allait plus loin que "Bonanza" dans les thèmes sociaux : addiction à la morphine, racisme... La tonalité est aussi plus sombre et plus violente., parfois feurtant avec le fantastique.

Parmi les "guests stars" de la série, on peu relever les noms de Warren Oates, Harry Dean Stanton, Iron Eyes Cody, Jack Lord, Lee Van Cleef, Woody Strode, Debra Paget, Chill Wills, Dean Martin, Charles Bronson, Slim Pickens, Bruce Dern, Linda Cristal, Leslie Nielsen, Julie London, Peter Lorre, John Cassavetes, Martin Balsam, Victor McLaglen, Barbara Stanwyck, Mickey Rooney, DeForest Kelley, Martin Landau, James Coburn, George Kennedy, Jack Elam, Beau Bridges, Leonard Nimoy, Jay Silverheels, Patrick McNee,... etc!

 


 


10/09/2010
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