L'ours polaire

L'ours polaire

Des extraterrestres sur l'écran (2) : de Tarkovsky à John Carpenter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V) Les années 1970 : Nouvelles vagues

 

Les années 1970 sont curieusement bien plus fructueuses que les années 1960, mais comme nous le verrons, « 2001 l’Odyssée de l’espace » est passé par là et les spectateurs deviennent de plus en plus exigeants, tant sur les scénariis que sur les effets spéciaux.

 

Pourtant, le tournant des années 1970 allait être marqué par l’abandon des missions lunaires. Mis à part le cas dramatique d’Apollo 13, les autres missions se déroulèrent sans grandement mobiliser l’attention du public. Après Apolllo 17 en décembre 1972, la NASA annula les missions suivantes (Apollo 18, 19 et 20).

Les temps avaient changé ! La « Guerre Froide » laissait la place à la « Détente ». Russes et Américains négociaient et l’esprit de compétition qui avait contribué à alimenter les budgets des agences spatiales disparaissait. Le choc économique provoqué par la Crise Pétrolière de 1973 ne fit qu’accentuer la tendance.

Priorité était désormais donné à l’espace « utile » : satellites d’observation du globe et de télécommunications, ainsi qu’à une présence humaine permanente dans une station orbitale. Abandonnant les projets (prématurés !) de vols habités vers Mars ou de station lunaire, la NASA prépara au moindre coût la mission Skylab en réutilisant un étage de fusée Saturne V transformée en habitat. Elle commença aussi à travailler sur le concept de la navette spatiale dont elle espérait monts et merveilles.

Pour l’exploration des autres mondes, on préféra envoyer des sondes plutôt que des hommes : les sondes Vikings vers Mars, les Pionners vers Jupiter et Saturne… et au-delà…

Faisant un calcul similaire, les Russes mirent en œuvre dès 1970 le programme de station habité Saliout avec beaucoup de mal : la perte de plusieurs lanceurs et la mort d’un équipage de trois cosmonautes. Le programme MIR prit la relève en 1976, avec plus de succès.

 

La recherche de la vie marquait cependant le pas. Certes, la réinterprétation des photos si décevantes de Mars prises en 1965 et les clichés ultérieurs montrèrent que jadis l’eau avait coulé sur la planète rouge, mais la question d’une vie passée ou subsistante sur ou dans Mars restait (et reste encore) sans réponse. En tout cas, il n’y avait jamais eu de cité martienne, de cela on en est certain !

Et ailleurs, hors du système solaire ? Les scientifiques découvrirent sans trop de surprises que les bases de la chimie organique existaient partout dans l’espace, que ce soit dans les comètes ou entre les étoiles…. Mais aucune trace de ce que l’on peut appeler « vie » et plus encore de vie intelligente… Les signaux que crurent de bonne foi capter certains radios astronomes s’avérèrent provenir de sources radios naturelles (les pulsars notamment).

Les annonces de découverte de système planétaire extrasolaire comme autour de l’étoile de Barnard ‘(une naine rouge située environ à 6 années lumière de la Terre) s’avérèrent erronées. Cela n’empêchera pas des scientifiques (des vrais, pas des Bogdanov !) de travailler entre 1973 et 1978 sur le projet « Deadalus » : élaborer une mission automatisée propulsée par un moteur à propulsion thermonucléaire qui est encore à concevoir. Utilisant des technologies existant dans les années 1970 ou « probables », Daedalus » devait atteindre 10% de la vitesse de la lumière, soit 30000 kilomètres seconde. Mais dans l’esprit de ces concepteurs, ce projet n’était qu’une étude de faisabilité pour voir ce qui était nécessaire pour la conception réelle de projets similaires et doper des recherches en science appliquée.

Et elle prouvait que le rêve n’était pas mort avec l’arrêt de l’exploration lunaire par l’homme

 

Sans compter que la Terre était à présent l’objet de l’attention de peuples et de créatures venus de tous les coins de l’univers !

 

 

 

  


Ouvrons le feu avec « The Andromeda Strain (Le mystère Andromède) de Robert Wise, un vétéran réalisateur de la version originale de «The day the Earth stood still (Le jour où la Terre s’arrêta) » en 1951.

 

Une équipe chargée de récupérer un satellite militaire qui s’est éloigné de son orbite et s’est écrasé sur Terre meurt soudainement frappée d’une mort aussi brutale que mystérieuse. Une mission de reconnaissance aérienne permet de découvrir que toute la population de la localité la plus proche du site d’impact semble être morte. Le commandant de la base la plus proche soupçonne que le satellite a ramené de l’espace un organisme extraterrestre et demande l’action de « Wildfire », une équipe gouvernementale prévue pour contrer des infections d’origine extraterrestre.

Cette équipe est formé du Docteur Ruth Leavitt (Kate Reid), spécialiste des maladies infectieuses, du Docteur Jeremy Stone (Arthur Hill), un bactériologiste, du Docteur Charles Dutton (David Wayne), spécialiste des vecteurs d’infection et du Docteur Mark Hall (James Olson), chirurgien et biochimiste.

Très vite, les scientifiques en viennent à penser que le satellite, qui était chargé de capturer des micro-organismes pouvant servir d’armes biologiques dans la haute atmosphère terrestre, a ramené un micro-organisme extraterrestre mortel aux humains. Ce dernier tue par coagulation intravasculaire. En enquêtant dans la petite ville, ils découvrent que les habitants sont morts brutalement ou sont devenus fous et se sont suicidés de façons bizarres… Seuls deux habitants ont survécu : Peter Jackson (George Mitchell), un vieillard hospitalisé et un bébé, Jamie Ritter.

Les deux rescapés et le satellite sont emmenés par les scientifiques de Wildfire dans un laboratoire secret souterrain équipé de toutes les sécurités possibles contre les agents biologiques. Il comprend aussi une charge nucléaire pour le détruire si nécessaire et se trouve dans une région reculée du Nevada.

Les recherches des scientifiques montrent qu’un microbe extraterrestre à la structure cristalline est la cause des décès. Il est dépourvu d’ADN, ARN, de protéines et d’acides aminées et provient d’un météore qui a frappé le satellite, provoquant l’écrasement sur Terre de ce dernier. Comment le combattre ? (clip)

 

Inspiré d’un roman de Michael Crichton, ce film développe une thèse qui revient périodiquement et qui est loin d’être inepte : zt si les matériaux de base de la chimie organique sont présents de façon abondante dans le cosmos, qu’est ce qui empêche de penser que les premiers organismes vivants se soient développés d’abord dans l’espace avant de coloniser la Terre en y arrivant comme « passagers » de comètes et autres météores ?

Cette thèse, la « panspermie » a été émise pour la première fois en 1878 par Hermann Von Helmholtz (1821-1894), un biologiste et acousticien allemand. Cette théorie souffrira beaucoup d’être reprise par des occultistes et des escrocs comme le fameux Raël. Les vrais scientifiques détestent en effet que leur nom soit associé ou sert de caution à des margoulins ou des illuminés, au point de fuir les domaines où ceux-ci sévissent.

Elle revient cependant régulièrement sur le devant de la scène, car des expériences ont montré que des organismes tels que ceux des bactéries dites « extrêmophiles » peuvent résister à des milieux a priori défavorable à toute forme de vie. Certaines bactéries terrestre ont même fait le voyage sur Mars ! Fort heureusement pour une hypothétique vie martienne, elle n’y ont pas trouvé de milieu favorable pour s’épanouir et sont en « sommeil »…

Les quarantaines que l’ont faisait subir aux astronautes qui avaient été sur la Lune ou qui ont pris part aux premières missions spatiales étaient motivées par cette crainte. Si elles ont été abandonnées, on redouble par contre aujourd’hui de précaution pour éviter d’envoyer vers d’autres planètes des sondes involontairement truffées de bactéries ou de virus terrestres

 

 

Avec « Solaris » du Russe Andrey Tarkovsky (1932-1986), on passe du plus petit au plus grand, comme nous le verrons plus loin… Et en plus c’est un film russe, chose que nous n’avons plus vu depuis Aelita.

 

SolarisLe psychologue Kris Kelvin (Donatas Banionis) passe ses dernières heures sur Terre en réfléchissant en arpentant les rives d’un lac proche de sa maison natale, où son père vit encore. Kelvin doit en effet partir dans l’espace pour rejoindre une station spatiale qui orbite autour de Solaris, une planète-océan qui se trouve très loin de la Terre. Après des dizaines d’années d’études, les scientifiques qui s’y sont succèdés ont a peine effleuré les mystères de cet astre. Pire, les équipages ont été décimés par des crises émotionnelles. Kelvin a pour mission de d’évaluer la situation des passagers de la station pour déterminer s’il est possible d’y continuer leur mission.

Un ancien cosmonaute, Henri Berton (Vlasdislav Dvorzhetsky), vient rendre visite à Kelvin pour lui montrer une vidéo qu’il a prise à la surface de l’océan couvrant Solaris, alors qu’il recherchait deux scientifiques qui y avaient disparu. Lors de cette mission, il avait aperçu un enfant géant, mais sa caméra n’avait ramené que des images de nuages et de l’océan. Considéré comme souffrant d’hallucinations, il avait été licencié et renvoyé sur Terre. Il ne parvient pas à convaincre Kelvin de la réalité de ce qu’il a vu et repart furieux. Peu de temps après, il rappelle Kelvin et lui dit que l’enfant qu’il a vu sur Solaris était celui de l’un des deux savants disparus, qu'il avait rencontré celui-ci sur Terre et que celui-ci se rappelait de l’avoir vu sur Solaris !

Avant de quitter la Terre, Kelvin détruit la plupart de ses souvenirs personnels. Puis il parle avec son père et réalise que ce dernier ne sera plus en vie quand il reviendra.

En arrivant sur la station qui orbite autour de Solaris, il voit aucun des trois scientifiques qui restent dessus n’est là pour l’accueillir et que la station elle-même sent l’abandon. Il apprend bientôt que son meilleur ami, le Docteur Gibarian, qui se trouvait sur la station, est décédé dans des circonstances mystérieuses. Les deux survivants lui donnent des informations confuses et ne lui apportent aucune aide.. L’un d’eux, le Docteur Snaut (Jüri Järvet), le prévient pourtant de ne pas réagir avec excès s’il voit des choses anormales sur la station. Tandis que Kelvin envoie un rapport sur la situation, l’océan de Solaris se met a être agité de tourbillons.

Alors qu’il erre sans but dans la station épuisé par le manque de sommeil, Kelvin trouve dans ses quartiers une femme qui y est entré bien qu’il ait verrouillé sa porte. A sa surprise, il découvre qu’il s’agit d’Hari (Natalya Bondarchuk), sa femme. Or celle-ci s’est suicidée plusieurs années auparavant ! Elle n’a aucun souvenir de son suicide et ne s’explique pas sa présence dans les quartiers de Kelvin. Lui comprend qu’elle est une construction psychologique qui tire son origine de Solaris. Par ruse, il l’emmène jusqu’à un vaisseau et l’expédie dans l’espace. Dans sa hâte, il est brûlé par la chaleur des tuyères. Snaut le soigne et lui explique que les « visiteurs » ont commencé à apparaître après que les scientifiques attirent l’attention de Solaris qui semble être une entité intelligente.( clip )

 

Tout le film, tout comme le roman de Stanislas Lem dont il est issu, est basé sur l’incapacité pour une intelligence humaine de comprendre et de communiquer avec une intelligence extraterrestre très différente, en l’occurrence un cerveau géant de la taille d’une planète. Comment alors qu’ils n’arrivent pas à communiquer entre eux les humains parviendraient-ils à parler avec une créature qui leur est totalement étrangère ?

 

Bien que diffusé lors de sa sortie dans un petit nombre de salles en URSS, le film y deviendra culte et sera aussi bien accueilli dans le reste du monde, tant du public que des critiques. Pourtant Tarkovsky considérait son film comme un échec artistique, car il n’avait pas à ses yeux réussi à y retranscrire tout ce qu’il voulait y faire passer. Il n’avait pas vu «2001 l’odyssée de l’espace » avant de travailler sur Solaris et déclara après l’avoir visionné le considérer comme « stérile ».

 

Une anecdote enfin. Pour le film, Tarkovsky avait besoin de scènes d’une « cité future ». Avec bien des difficultés, il obtint un visa pour le Japon et en ramena des images de Tokyo et d’Osaka. Comme il était vraiment dur pour le citoyen soviétique de base d’avoir un visa pour l’étranger, les deux villes japonaises pouvaient jouer sans problème le rôle de villes futuristes pour eux !

 

 

La planète sauvage

 

Au fait, je ne sais pas si vous y avez prêté attention, mais si la France a ouvert le bal avec « Le voyage dans la Lune » de Méliès en 1902, depuis : rien ! Etrangement, les réalisateurs français semblent s’être désintéressés du thème des extraterrestres, à part dans quelques comédies « pouet-pouet ». Aussi la « Planète sauvage » de René Laloux est un événement remarquable… et ce d’autant qu’il s’agit en plus dessin animé long métrage, une vrai rareté alors dans l’hexagone !

Faut-il voir l’an un effet positif de l’après mai 1968 et de l’apparition de séries BD telle que « Valérian et Laureline » ? Ou de l’apparition d’un public adulte friand de science-fiction et de dessins animés?

 

Dans un lointain futur, la planète des Draags, des humanoïdes gigantesques à la peau bleue, avec des yeux rouges protubérants et des oreilles en éventail, est infestée par de minuscules créatures, humanoïdes elles aussi : les Oms.

Ces derniers auraient été amené jadis d’une planète dévastée. Si les Draags en ont quelques uns chez eux pour l’agrément et la distraction de leurs enfants, la plupart vivent à l’état sauvage et ne cessent de dégrader les biens des Draags .Aussi, les Draags lancent périodiquement contre eux des campagnes d’extermination.

Le dessin animé commence avec une femme fuyant avec son bébé des enfants Draags qui jouent avec elle. Inconscients de la faiblesse de leur « jouet », ils la tuent.

Alors que le bébé hurle, un adulte Draag, Maître Sinh, un haut dignitaire Draag, et sa fille Tiva s’approchent. Les enfants Draags s’enfuient devant eux. Tiva découvre le bébé et son père l’autorise à le ramener à leur maison. Sinh met autour du cou du bébé un collier qui est destiné à l’asservir en l’affaiblissant si jamais il désobéit. Tiva le baptise Terr et s’occupe de le nourrir et de le soigner.

Quand Terr eut grandi, Tiva l’habilla avec des vêtements de poupées et le maquilla pour le faire ressembler à un Draag. Elle s’occupa de lui, lui enseigna des choses et rencontre d’autres jeunes Draags qui tiennent des Oms captifs.

Mais ceux ci ne risquent-ils pas de se révolter un jour ? (clip)

 

René Laloux a travaillé le scénario avec Roland Topor d’après un roman du polonais Stanilas Lem, qui a déjà inspiré « Solaris » (voir plus haut). L’animation, à base de papier découpé, à été réalisée à Prague dans les studios Jifi Trnka, puis à Paris. En tout, il faudra cinq ans pour l’achever ! Mais la récompense sera au bout du chemin : une palme à Cannes et un grand succès public dans le monde !

 

A noter que ce dessin animé a l’originalité de montrer les humains réduits au statuts de rats ou de d’animaux de compagnie sur une planète extraterrestre après avoir rendu leur planète d’origine inhabitable.

 

 

 L'homme qui venait d'ailleurs

"Il y a-t-il une vie sur Mars, David?"


Trois ans plus tard, David Bowie devient « notre martien favori » dans le film « The man who fell to Earth (L’homme qui venait d’ailleurs) » de Nicolas Roeg, un réalisateur anglais.

 

Thomas Jerome Newton est l’identité sous laquelle se cache un extraterrestre (David Bowie, bien sûr !). Il est venu sur Terre depuis sa planète d’origine, Anthea, qui souffre d’une sécheresse catastrophique. Sa mission : envoyer de l’eau de la Terre vers Anthea pour permettre aux siens de survivre.

Newton utilise l’avance technologique de son peuple pour déposer plusieurs brevets d’invention et accumule ainsi une fortune fabuleuse avec laquelle il édifie un groupe d’entreprises de hautes technologies : World Enterprise Corporation, avec l’aide d’un avocat, Oliver V. Farnsworth (Buck Henry). Avec sa richesse et les technologies qu’il a enseigné aux Terriens, il commence la construction d’un vaisseau transporteur d’eau destiné à sa planète.

Mais s’est sans compter sur l’amour ! Alors qu’il est en déplacement au Nouveau-Mexique, Newton fait la rencontre de Mary-Lou (Candy Clark), une jeune femme qui travaille comme liftière dans un petit hôtel. Il en tombe amoureux et Mary-Lou initie Newton à certaines coutumes terriennes : la télévision, l’alcool et le sexe. Ils vont vivre ensemble dans une maison que Newton a fait construire près du lieu où il a atterrit.

Pendant ce temps, le Docteur Nathan Bryce (Rip Torn) a été embauché comme spécialiste des carburants par World Entreprise. Il devient peu à peu le confident de Newton. Par ruse, il découvre que Newton est un extraterrestre, ainsi que son addiction à l’alcool et à la télévision. Comprenant qu Bryce connaît sa véritable nature, Newton la dévoile à Mary-Lou, mais cette dernière prend la fuite horrifiée…

Cependant le vaisseau de Newton est enfin achevé. Newton doit faire son voyage inaugural au milieu d’une intense couverture médiatique. Toutefois, juste avant le départ, il est enlevé par des inconnus et Farnsworth est assassiné… (clip)

 

Inspiré d’un roman de Walter Tevis  écrit en 1963, «The man who fell to Earth » sera aussi le premier rôle au cinéma de David Bowie. Au départ, Nicolas Roeg avait pensé confier le rôle de Newton à l’écrivain Michael Crichton ou à Peter O’Toole. A l’époque de sa sortie, les critiques se révéleront mitigées, mais le passage du temps profitera à ce dernier qui gagnera peu à peu le titre de film-culte.

 

Newton nous offre un autre aspect d’un voyageur de l’espace : un solitaire venu chercher sur Terre les moyens d’assurer la survie des siens. Pour son malheur, il négligera de se protéger contre la peur et l’envie qu’il suscitait autour de lui et s’y brûlera les ailes !

 

 

 

Rencontres du 3e type

1977 est une année faste, avec deux films majeurs. Parlons tout d’abord du premier : « Close encounters of the third kind (Rencontres du 3ème type) » de Steven Spielberg.

 

Le film débute au milieu d’une tempête de sable dans le désert du Sonora au Mexique où le scientifique français Claude Lacombe (François Truffaut himself) et son interprète le cartographe David Laughlin (Bob Balaban) accompagnés d'autres personnes découvre un escadrille complète d'avions militaires disparus depuis plus de trente ans. Les avions sont intacts et en état de marche, mais il n'y a aucune trace des pilotes. Ils interrogent un vieillard qui leur affirme que durant la nuit le soleil lui est apparu et a chanté pour lui. Ils trouvent aussi par la suite dans le désert de Gobi plusieurs navires mystérieusement disparus, sans la moindre trace des équipages.

L'action bascule alors à Indianapolis dans un centre de contrôle du trafic aérien où un contrôleur intercepte des communications entre deux avions qui ont failli être heurtés par un objet volant non identifié. Un peu plus loin, dans la petite ville de Muncie, un petit garçon, Barry Guiler (Cary Guffey), est réveillé dans la nuit parce que tous ses jouets comportant de l'électronique se mettent soudain à fonctionner seuls. Fasciné, il sort de son lit et découvre quelque chose dans la cuisine. Il sort en courant de la maison, forçant sa mère, Jilian (Melinda Dillon) à partir à sa poursuite.

Pendant ce temps, Roy Neary (Richard Dreyfuss), un employé d'une compagnie locale d'électricité est aux prises avec des pannes de courant à répétition. Alors qu'il se trouve au milieu de l'obscurité sur une route de campagne, il est survolé à basse altitude par un OVNI. Sa curiosité étant piquée au vif, il se joint aux voitures de polices qui tentent de suivre quatre OVNI et manque de peu d'écraser le jeune Barry dans sa course.

Durant les jours suivants, Neary est de plus en plus obsédé par les OVNI au vif mécontentement de sa femme Ronnie. L'image d'une étrange montagne l'obsède aussi au point qu'il en réalise des dessins et des maquettes de toutes les tailles. De son côté, Jilian, partage la même obsession. Une nuit, elle est terrorisée chez elle par l'atterrissage d'un OVNI et voit son fils Barry disparaître enlevé par les extraterrestres.

Partout dans le monde, les témoignages sur des phénomènes célestes mystérieux s'accumulent. Lacombe et Laughlin enquêtent sur ceux ci avec d'autres experts des Nations Unies. Beaucoup de témoins rapportent que de la musique accompagne l'apparition des objets. Les scientifiques rediffusent celle-ci dans l'espace et reçoivent en réponse une série répétitive de nombres que Laughlin reconnaît comme étant des coordonnées géographiques qui pointent sur la « Devils Tower », une montagne du Wyoming qui ressemble en tout point à celle obsédant Roy et Jilian. L'armée américaine vide la zone de tous ses habitants en faisant courir la fausse information qu'un train a déraillé et répandu un gaz toxique sur la région, et prépare un site secret d'atterrissage pour les extraterrestres.

Le comportement de plus en plus inquiétant de Roy Neary provoque la fuite de toute sa famille. Désespéré, Roy voit alors des vues de Devils Tower à la télévision, tout comme Jilian. Tout deux, au milieu de gens ayant reçu la même vision, décident de braver tous les risques pour se rendre là-bas. (clip)

 

Spielberg portait en lui l'idée de ce film depuis qu'il avait vu avec son père une pluie d'étoiles filantes dans le New Jersey. Adolescent, il tournera un long métrage de science fiction « Firelight » dont il reprendra en les retournant plan pour plan des éléments dans « Rencontres du Troisième Type ». L'idée continuera à le tarauder jusqu'en 1973 où il signa un contrat avec Columbia Pictures pour réaliser un film de science fiction.

Il pensait d'abord faire un film à petit budget sur les « Ufologues », mais se décida pour en faire un véritable film à gros budget. Toutefois, il retardera l'exécution du projet pour travailler sur « Les dents de la mer ». Le succès de ce film lui donnera une plus large autonomie et des moyens financiers et techniques supplémentaires pour « Rencontres du Troisième Type ». Pendant ce temps, plusieurs scripts seront écrits pour le scénario, sans qu'aucun ne satisfassent véritablement Spielberg.

Pour ce dernier, Spielberg engagea J. Allen Hynek, qui avait travaillé avec l'Armée de l'Air des Etats Unis sur le « Project Blue Book », une étude tout à fait sérieuse des phénomènes atmosphériques inconnus – dont les OVNI-. Hynek donna de précieux conseils à Spielberg en lui donna beaucoup d'informations et de témoignages. A noter que ni l'armée de l'air américaine, ni la Nasa ne voulurent voir leur nom associé au film et que la pression qui pesait alors sur les épaules de Spielberg était considérable : après le succès phénoménal des « Dents de la Mer », les studios voulaient à toute force qu'ils leur donne un nouveau « blockbuster »!

 

Le tournage commença le 16 mai 1976. Echaudé par les problèmes qu’il avait connu lors des « Dents de la mer », Spielberg voulait au départ réaliser tout le film en studio, mais abandonnera cette idée en raison des difficultés qu’elle présentait. Le tournage aura pour l’essentiel lieu aux studios de Burbank en Californie, près de Devil’s Tower dans le Wyoming, et sur deux anciennes bases aériennes abandonnées depuis la Seconde Guerre Mondiale en Alabama, état dans lequel fut déniché la maison de Barry et de sa mère ainsi que celle de Roy Neary. Si les scènes de Dharmsala furent effectivement tournées en Inde (mais pas à cette localisation), celles du Désert de Gobi le furent dans les dunes d’un désert de Californie du Sud. Le tournage sera émaillé de nombreux problèmes techniques, dont un ouragan qui endommagera les décors en Alabama, qui feront passer le budget initial de 2.7 millions de dollars à 19.4 millions de dollars ! En plus, à chaque fois qu’il visionnait les prises réalisées durant la journée, Spielberg avait de nouvelles idées à rajouter dans le tournage…

 

Pour les effets spéciaux, qu’il voulait parfait, Spielberg ne voulait que le meilleur : Douglas Trumbull, que nous avons déjà rencontré quand nous avons parlé de « 2001 l’odyssée de l’espace » avec un budget colossal pour l’époque de 3.3 millions de dollars. Il s’en donna à cœur joie et se surpassa dans son rôle de directeur des effets spéciaux, notamment les effets lumineux. A noter qu’une partie de l’équipe travaillait en même temps sur le tournage de «Star Wars », Lucas et Spielberg étant d’excellents amis. Ceci explique une « private joke » d’un technicien qui a fait figurer un R2-D2 au milieu des jouets de Barry, alors que le premier "Star Wars" n'était pas encore sorti ! On tenta aussi de générer des effets informatiquement, mais les résultats ne satisfirent pas Spielberg, la technique en étant encore à ses débuts dans ce domaine.

 

Pour jouer le rôle des extraterrestres dans la scène finale du film, on pensa d’abord utiliser des marionnettes, mais Spielberg choisit de faire appel à la figuration de petites filles, ces dernières se déplaçant avec plus de grâce et de naturel que les marionnettes, à l’exception de celui qui salue Lacombe qui est réellement une marionnette.

 

L’accueil du public et des critiques sera enthousiaste et amplement mérité pour Spielberg et son équipe. Le film est considéré non seulement comme l’un des meilleurs films de science fiction jamais réalisé, mais aussi comme l’un des meilleurs films jamais tournés tout court !

 

A ce stade, vous allez sans doute me demander si je crois aux soucoupes volantes. Je répondrai que selon nos connaissances scientifiques et le fait que la vitesse de la lumière ne peut être dépassée (300000km/seconde quand même), je n’y crois pas, mais que je ne considère cependant pas tous les témoins de Mystérieux Objets Célestes ou d’extraterrestres comme des escrocs, des mythomanes, des aliénés, des drogués, etc… Je laisse une porte ouverte tout comme Sherlock Holmes auquel Conan Doyle faisait dire en substance : « Une fois toutes les théories possibles invalidées, reste l’impossible ».

 

Seulement, il faut avoir connaissance de ce que signifie le fait qu’aucun objet ou information ne puisse aller plus vite que la lumière. En admettant qu’il existe à quelques cinquante années lumière de chez nous (une petite distance dans l'univers) une civilisation technologiquement plus avancée que la notre, possédant des vaisseaux capables d’atteindre 50% de cette vitesse en « croisière », compte tenu des accélérations (pour le départ) et des décélérations (pour l’arrivée), cela leur demanderait…. un siècle de voyage !

Avec un tel temps dans l’espace, on les imagine pas partant en week-end en soucoupe pour nous dire un bonjour et revenir à la maison. On les imagine plutôt partant pour s’installer sans idée de retour à leur planète mère, ce qui implique aussi qu’ils soient nombreux pour se perpétuer sans consanguinité et emmènent avec eux un biotope artificiel pouvant les nourrir, purifier leur air et leurs déchets. Egalement qu’ils aient les ateliers et les matières premières pour réparer toute avarie !

Avec de telles contraintes, on comprend mieux le caractère inexorable et complexe d’une telle expédition !

Mais bien évidemment, celle-ci serait au préalable éclairée par des sondes robotisées (un peu comme le prévoyait le projet Dédaleus) qui auraient pour objectif de voir si la planète de destination est colonisable, si elle n’est pas peuplée d’indigènes hostiles suffisamment évolués technologiquement pour présenter un danger (ou au contraire s’ils sont pacifiques et que des relations amicales puissent s’établir) et repérer les meilleurs sites pour s’installer. Il semblerait que ce soit le cas dans « Rencontres du troisième type…

Bref, voir un OVNI n’est peut être pas bon signe ! Demandez l’avis du pauvre Taïno des Bahamas qui vit le premier les caravelles de Colomb !

 

 

 

 Star Wars I

Notre second film de cette année 1977 est bien entendu « Star Wars : episode IV : A new hope » de George Lucas.

 

Dans une lointaine galaxie en proie à la guerre civile, des espions de la Rébellion ont volé les plans de « L’Etoile de la Mort », une station spatiale capable de détruire une planète entière. Ils ont remis ces plans à la Princesse Leia (Carrie Fisher), l’une des meneuses de la révolte contre l’Empereur Palpatine. Mais son vaisseau est capturé par un croiseur impérial sous le commandement de l’ignoble Dark Vador (David Prowse). Avant d’être capturée, la Princesse Leia a le temps de cacher les plans dans la mémoire d’un droïde (robot) R2-D2 avec un enregistrement holographique. Le petit droïde réussit à s’échapper sur la planète Tatooine en compagnie d’un autre droïde, C-3PO.

Tous les deux sont capturés par des marchands Jawa qui les vendent au fermier Owen Lars (Phil Brown) et à son neveu Luke Skywalker (Mark Hamill). Tandis que Luke nettoie R2-D2, il déclenche accidentellement le visionnage partiel du message de la Princesse Leia et l’entend demander de l’aide à un certain général Obi-Wan Kenobi. Luke connaît un seul Kenobi, Ben Kenobi (Alec Guiness), un vieil ermite qui vit dans les collines désertiques des environs. Owen déclare à son neveu que le seul Obi-Wan qu’il ait connu doit être mort depuis longtemps.

Mais R2-D2 s’échappe pour retrouver Obi-Wan durant la nuit. Quand Luke découvre sa fuite, il doit attendre le matin pour le poursuivre avec C-3PO. Il le retrouve, mais est attaqué par des Hommes des Sables. Les assaillants sont mis en fuite par Ben Kenobi qui se révèle être Obi-Wan Kenobi. Il emmène Luke et les droïdes chez lui et parle à Luke de l’époque où il était un Chevalier Jedi. Il lui apprend que les Jedis étaient jadis les garants de la paix et de la justice dans la galaxie avant qu’ils ne soient exterminés par l’Empire. Obi-Wan lui parle aussi de la Force, qui alimente les pouvoirs des Jedis. Il lui révèle aussi que son père, Anakin Skywalker, était un Jedi qui combattit à ses côtés. Il lui raconte que ce dernier a été trahi et tué par Dark Vador. Celui-ci, raconta Obi-Wan Kenobi, était l’un de ses anciens élèves qui se tourna vers le « Côté Obscur » de la Force. Il donna ensuite à Luke le sabre-laser de son père.

Obi-Wan regarda ensuite le message de la Princesse Leia qui lui demande d’amener R2-D2 et les plans de l’Etoile de la Mort à sa planète natale d’Alderaan où son père saura les récupérer et les analyser. Obi-Wan demande à Luke d’apprendre à utiliser la Force et de l’accompagner sur Alderaan. Luke refuse d’abord, sachant que son oncle s’opposera fermement à cette idée. Il propose cependant d’accompagner le vieil homme vers le port spatial le plus proche. En chemin, il découvre que la ferme de son oncle a été détruite et ce dernier et sa tante massacrés par les soldats Impériaux qui recherchaient les deux droïdes. Luke accepte alors de suivre Obi-Wan Kenobi. Tous les deux concluent un marché avec le contrebandier Han Solo (Harrison Ford) et son copilote le Wookie Chewbacca (Peter Mayhew) pour que ceux ci les emmènent « en toute discrétion » à destination sur leur astronef, le « Millenium Falcon ».

Pendant ces évènements, la Princesse Leia est emprisonnée sur l’Etoile de la Mort et est interrogée pour qu’elle révèle l’emplacement de la Base Secrète des Rebelles. Grand Muff Tarkin (Peter Cushing), le commandant de l’Etoile de la Mort, tente de lui arracher le renseignement en menaçant de détruire Alderaan. Leia déclare qu’elle coopérera, ce qui n’empêche pas Tarkin de détruire la planète pour démontrer la puissance de la nouvelle arme de l’Empire. A leur arrivée aux coordonnées d’Alderaan, les passagers du «Milenium Falcon » ne trouvent que des débris rocheux dans l’espace. En suivant un chasseur impérial, ils se dirigent vers l’Etoile de la Mort et sont capturé par un rayon tracteur avant d’avoir pu réaliser ce qui se passe. Leur vaisseau est amené dans un hangar, puis fouillé par les soldats impériaux qui ne trouvent personne, les passagers s’étant cachés dans une cale secrète.

Pour fuir, ils doivent désactiver le rayon tracteur qui les a attiré. Ils sortent du vaisseau et se réfugient dans une salle de commande où Luke découvre la présence de la Princesse Leia, qui attend son exécution, et l'emplacement de sa cellule. Han Solo, Luke et Chewbacca montent hâtivement une expédition pour la délivrer , Obi-Wan part de son côté désactiver le rayon tracteur et les deux droïdes restent dans la salle de commande. Han Solo, Luke et Chewbacca parviennent avec de grandes difficultés à délivrer la Princesse Leia et à revenir au Falcon, tandis qu’ils voient Obi-Wan Kenobi se battre au sabre-laser contre Dark Vador. Voyant ses compagnons s’échapper, Obi-Wan Kenobi se laisse volontairement terrasser par Vador. Il disparaît alors, laissant derrière lui un manteau vide et son sabre-laser.

Le Falcon s’échappe avec ses passagers sans savoir que Vador et Tarkin ont tout manigancé et ont fait mettre à bord du vaisseau un « pisteur » permettant de le suivre à distance et de découvrir la base rebelle. Ils les suivent ainsi jusqu’à Yavin où ils trouvent la base secrètes des rebelles, sans savoir que ces derniers ont analysé les plans et trouvé une faille dans le système de défense de l’Etoile de la Mort. (clip)

 

L’histoire du film commence en 1971, peu après la fin du tournage de « THX 1138 ». Lucas avait en tête de tourner un film dans le style des aventures de Flash Gordon. Or, il venait d’obtenir d’United Artist un contrat pour réaliser deux films. Le premier sera « American Graffiti » dans lequel il donnera un rôle à un acteur débutant : Harrison Ford. Pour le second, il repensa à son projet de film de science-fiction. Les droits d’adaptation de Flash Gordon étant trop élevés, il se décida pour une histoire originale de « space opera ». il commença à écrire le scénario en janvier 1973 en prenant en note toutes sortes d’idées en et inventant des personnages, puis en fit un synopsis de deux pages qui n’avait que peu de chose à voir avec le résultat final. S’étant entendu dire que ce dernier était trop dur à comprendre, il retravailla encore et encore jusqu’à ce qu’il obtienne un résultat satisfaisant pour lui. En juin 1973, il parvint à convaincre la 20th Century Fox de mettre une option sur son film et de lui donner 150000 dollars pour écrire et diriger le projet. Cette victoire n’avait pas été facile : les majors rechignaient à financer un space opera à grand budget, car elles n’étaient pas du tout certaines que le public l’accueillerait favorablement.

Lucas termina le synopsis, puis le script en mai 1974. Mais d’autres projets le distrayant de « Star Wars », les choses en restèrent là. Quand Lucas reprit son script, il le trouva mauvais et en refit un second en janvier 1975 !…. Et un troisième à la fin de l’année ! : « The Adventures of Luke Starkiller » ! ! Et le bon ne sera que le quatrième ! ! ! Et encore, Lucas continuera de le modifier durant le tournage ! ! ! ! A noter qu’il ne pensait pas alors à en faire une trilogie. Ce film sortira d’ailleurs à l’époque sans la mention « Episode IV » !

Entre temps, « American Graffiti » avait été un succès qui persuada la 20th Century Fox de lui accorder un budget de plus de 8 millions de dollars.

 

Pour les trucages du film, Lucas créera sa propre entreprise « Industrial Light & Magic », la 20th Century Fox ayant pris la mauvaise décision de dissoudre peu avant son département des effets spéciaux !

Le tournage lui-même commencera en mars 1976 à Matmata en Tunisie et se poursuivra en studio à Londres. Pratiquement tous ceux qui participèrent au tournage le prirent avec peu de sérieux, pensant tourner un « film pour les gosses » ! Harrison Ford le trouvait « bizarre » en raison de la présence dans l’histoire d’une princesse « avec une coiffure étrange » et la présence d’un autre acteur – un géant dans un costume de singe'. Plusieurs pensaient que le film serait un échec.

 

Des heurts éclatèrent entre Lucas, venu du cinéma indépendant , et le directeur de la photographie Gilbert Taylor, un homme de la vieille école et des majors qui rejetait et supportait mal les constantes suggestions de Lucas sur la façon de filmer telle ou telle scène. Lucas n’aimait pas les costumes, les décors et autres artefacts qui ne correspondaient pas à la vision qu’il avait du monde de Star Wars. Il parlait aussi peu aux acteurs, se contentant de leur dire des mots tels que : « Plus vite ! » ou « Plus intense ». Presque privés de direction, les acteurs se sentaient souvent livrés à eux-mêmes et s’inquiétaient de ce que voulait Lucas.

La production prendra du retard – deux semaines sur le calendrier prévu. 20th Century Fox tapera du poing sur la table et donnera une semaine à Lucas pour finir le film, sans quoi il serait mis un terme au tournage du film qui ne serait ni achevé, ni distribué.

Lucas était alors soumis à une telle pression qu’il était hypertendu et épuisé. Les acteurs faisaient de leur mieux pour essayer de le dérider tant il leur paraissait dépressif. Pour lui remonter encore le moral, Mark Hamill aura un accident qui lui laissera de belles cicatrices sur le visage. Celles-ci seront supprimées des images finales.

 

Le film devait au départ sortir à la Noël 1976, mais toutes sortes de problèmes retardèrent sa sortie jusqu’à l’été 1977. Encore que Lucas failli avoir une attaque en visionnant le premier montage du film, qualifiant ce dernier de véritable désastre ! Il le reprit et le remania en profondeur.

Lucas aura aussi à intervenir à ILM, qui perdait du temps en tentant d’achever des effets spéciaux jusqu’alors sans précédent. Il les forcera à faire en six mois l’équivalent d’une année de travail !

 

Lucas montra alors le résultat final à ses amis Brian De Palma, John Milius et Steven Spielberg… qui ne l’aimèrent pas ! Fort heureusement, bien que des effets spéciaux aient été encore inachevé, Lucas et surtout la 20th Century Fox aimèrent le film !

 

L’histoire était fortement influencé par le vieux fonds de contes issus du monde anglo-saxon, mais aussi d’influences moins évidentes au premier regard : celle du Japon et plus précisément d’Akira Kurosawa, du roman «Dune » de Frank Herbert pour Tatooine et de films de guerre tel que les « Briseurs de barrages » (extrait) pour l’attaque finale de l’Etoile Noire », au point d’y reproduire pratiquement mots pour mots certains dialogues ! On trouve aussi dans le début du film l’influence de « 2001 l’odyssée de l’espace » et même du « Magicien d’Oz » dans certaines créatures extraterrestres.

 

A sa sortie, le film pulvérisa tous les records de recette. Certaines salles maintiendront le film à l’affiche pendant plus d’un an. Tous les accessoires, gadgets et autres labellisés « Star Wars » se vendirent comme des petits pains, amenant aussi de solides bénéfices.

Ce succès s’explique en grande partie par le caractère universel de l’histoire. Si on peut à juste titre sourire du simplisme de celle-ci, il faut d’abord regarder sa proximité avec les contes traditionnels de bien des régions du monde. En effet, nous avons quoi ? Un jeune paysan porteur de dons qu’il ignore qui se trouvera lancé dans une quête, une belle princesse en danger, un vieux sage doté de pouvoirs quasi-surnaturels, un bandit sympathique et un méchant sorcier diabolique… Bref, tous les ingrédients du bon vieux conte !

 

Bien évidemment, si vous cherchez une quelconque vraisemblance scientifique dans le film, ce n’est pas la peine. Mais vous pouvez sourire en attendant les détonations, les bruits de canons lasers et les rugissements de réacteurs en l’absence d’air pour conduire les sons !

 

 

 

 Galactica

En 1978, on allait entendre de nouveau les mêmes bruits dans le film « Battlestar Galactica » de Glen A. Larson.

 

Dans une lointaine galaxie, une civilisation humaine vit sur un groupe de planètes connues comme les « Douze colonies », qu’ils ont colonisés après avoir quitté leur ancienne patrie de Kobol. Depuis des décennies, ces mondes sont en guerre contre les Cylons, une race de robots, dont le but est d’exterminer les humains.

Or, ils proposent un jour la paix aux humains. C’est en fait une ruse pour endormir la méfiance de ces derniers et en finir avec eux par une attaque surprise massive. Or, Baltar (John Colicos), un scientifique, leur fournit involontairement la clé qui leur manquait pour réussir celle-ci. Ils exterminent les populations des douze mondes et détruisent la flotte coloniale qui était censée les protéger.

Seuls des survivants épars réussissent à échapper à la mort à bord des vaisseaux les plus divers. De toute la flotte coloniale, seul le Battlestar Galactica, un gigantesque croiseur de bataille spatial porteur de chasseurs spatiaux a échappé à la destruction. Son commandant, le Commandeur Adama (Lorne Greene), regroupe autour de lui les survivants et quitte le secteur des Douze défuntes Colonies à la recherche d’une mythique treizième colonie qui se serait établie sur une planète dont la localisation est inconnue, au contraire de son nom : la Terre ! Bien évidemment, les Cylons ne l’entendent pas ainsi et se lancent à leur poursuite pour terminer leur job. (clip)

 

L’idée de « Galactica » vint à Larson à la fin des années 1960, non en tant que film,mais comme série télévisée à l’imitation de « Star Trek ». Mais il n’arriva pas à financer son projet ou à y intéresser un quelconque bailleur de fonds. C’est le succès de « Star Wars » qui amena Universal à s’intéresser à son projet, au grand dam de la 20th Century Fox qui engagea un duel judiciaire avec Universal qui était accusé d’avoir copié des idées dans « Star Wars ». La 20th Century Fox perdit quand Universal montra que « Star Wars » avait « emprunté » des idées dans le film « Silent Running » (1972) clip et la série « Buck Rodgers » des années 1940 !

 

Si Larson avait enfin son argent, ce n’était toutefois pas pour un feuilleton, mais pour un film qui lui était imposé. Ce dernier n’aura pas autant de succès que « Star wars », mais il sera cependant suffisant pour justifier le lancement d’une série TV sur ABC. Celle-ci existera durant deux saisons en 1978-1979, mais sera abandonnée après dix-sept épisodes en raison d’une audience déclinante et de surcoûts réguliers.

 

 

 

l'invasion des profanateurs de sépultures remake

Notre film suivant est un « remake ». A noter que je prends le parti de ne parler des « remake » ou des suites que si celles-ci apportent un plus par rapport au film original…

 

Et c’est le cas de cette version de « The invasion of body snatchers » qui date de 1978, remake du film de 1956 réalisé par Don Siegel. Cette version a été réalisé par Philip Kaufmann.

Le lieu de l’action du film se trouve transportée des années 1950 aux années 1970 et localisée à San Francisco.

 

Le film débute sur la vision d’étranges créatures gélatineuses qui abandonnent leur monde agonisant. Elles traversent l’univers jusqu’à la Terre et certaines d’entre elles touchent le sol près de San Francisco et assimilent des plantes, prenant l’apparence de petites cosses avec des fleurs roses. Une femme, Elisabeth (Brooke Adams), ramène quelques unes de ces fleurs chez elle. Le matin suivant, elle s’aperçoit que son mari est devenu étrangement distant. Elle en fait part à l’un de ses amis, Matthew Bennell (Donald Sutherland), un inspecteur de l’hygiène publique. Ce dernier lui conseille d’aller consulter son ami le Docteur David Kibner (leonard Nimoy). Kibner suggère qu’Elisabeth cherche inconsciemment un motif pour rompre avec son mari.

Mais des amis de Matthew, Jack (jeff Goldblum) et Nancy Belicec (Veronica Cartwright) découvrent un corps à moitié formé chez eux. Ils appellent Matthew qui remarque que le corps ressemble à Jack. Inquiet, Matthew se rend chez Elisabeth et y découvre un double presque formé de celle-ci. Il parvient à mettre Elisabeth à l’abri et appelle la police, mais quand il revient sur les lieux avec celle-ci le corps a disparu.

Le cauchemar ne fait que commencer ! (clip)

 

Ce « remake » possède par rapport à l’original plusieurs particularités : il montre les extraterrestres sous leur vrai forme, effectuant la substitution quand les « cibles humaines » s’endorment et la fin a le pessisme que Siegel voulait pour son film en 1956.

 

Toutefois, nous sommes à présent plus de vingt ans après la période de la « Chasse aux Sorcières » et la « Guerre Froide » s’est quand même bien réchauffée. Le film se veut en fait surtout une critique de la psychanalyse et de la paranoïa latente à cette époque d’une partie de la population américaine.

L’accueil des critiques et du public au film sera très favorable, beaucoup trouvant cette nouvelle mouture aussi bonne que l’original.

 

Pour la petite histoire, Donald Sutherland, qui joue le rôle de Matthew Bennell, sera renversé par une Coccinelle lors alors qu’était filmé une scène où il fuyait avec Elisabeth. Il heurta le pare-brise et fut capable d’entendre le conducteur s’écrier « Oh non ! Pas toi ! ». Il n’aura que quelques contusions.

 

 

 Superman

Bien que non gélatineux, un autre extraterrestre célèbre est Superman qui apparaît sur les écrans de cinéma en 1978 sous la direction du réalisateur Richard Donner.

 

Notre homme d’acier est en effet né sur la défunte planète Krypton. Son père, Jor-El (Marlon Brando), un scientifique, sauve la vie de son fils Kal-El en le plaçant dans un astronef qu’il lance vers la Terre. La planète en question a en effet une atmosphère accueillante pour Kal-El. En plus, la haute densité de sa structure moléculaire lui y assurerait des pouvoirs surhumains grâce à la lumière jaune du soleil de la Terre.

Le vaisseau abritant Kal-El atterrit près de Smalville où le jeune Kal-El est recueillit par un couple de bous… pardon, de fermiers, les Kent, qui l’élèvent comme leur fils. Dix-huit ans plus tard, après la mort de son père adoptif, « Clark » entend un «appel psychique » provenant d’un éclat de cristal vert dissimulé dans le vaisseau qui l’a amené sur Terre. Il l’entraîne jusque dans l’Arctique où le cristal donne naissance à la « Forteresse de Solitude » à l’architecture Kryptonienne. A l’intérieur, son père Jor-El lui apparaît pour lui expliquer son origine et pourquoi il peut ouvrir les bocaux de cornichons sans efforts. Après douze années durant lesquels il apprend à maîtriser ses pouvoirs et a apprendre ses responsabilités, il quitte la « Forteresse de Solitude » avec un superbe costume marqué d’un « S », mais porte son slip au-dessous de ses pantalons, ce qui est une faute de goût. Il s’établit à Métropolis sous le camouflage du timide journaliste Clark Kent et ne tarde pas à se trouver très attiré par sa collègue Lois Lane (Margot Kidder) qui le trouve maladroit et idiot.

Sa première mission de sauvetage sera justement de sauver Lois d’un terrible accident d’hélicoptère. D’autres sauvetages miraculeux, dont celui de « Air Force One », l'avion présidentiel lui donnent son nom de « Superman » et le rendent célèbre.

Mais il devient un problème pour le génie du mal Lex Luthor (Gene Hackman). Ce dernier, qui a acquis d’énormes surfaces de terres dans le Désert Californien, compte détourner un missile nucléaire pour activer la faille sismique de San Andreas et provoquer la submersion des terres placées le long de la mer, de telle façon que ses terres désertiques deviennent la nouvelle Riviera Californienne.

Bien évidemment, son esprit d’entreprise sera contrarié par Superman ! (clip)

 

Le personnage de Superman avait déjà fait l'objet d'une série en 1948 et d'un film en 1951 qui ne sont pas restés dans les mémoires. Ce film de 1978 sort quarante ans exactement après la première apparition du superhéros dans Action Comics. Originalement apparu dans un contexte de crise économique et de l'approche de la Seconde Guerre Mondiale, il réapparait là aussi dans un contexte de crise, peu de temps après la défaite du Viet Nam dans des Etats Unis qui doutent d'eux mêmes.

 

Le public et les critiques ne douteront pas un instant de la qualité du film (qui est un bon film, malgré les excentricités vestimentaires de son personnage principal!). Les héros trop parfaits m’ont toujours hérissés !

 

A noter que Spielberg fut contacté pour tourner le film, alors qu’il était en plein tournage des «Dents de la mer », mais les producteurs trouvèrent trop élevé le salaire qu’il demandait. Ils décidèrent d’ attendre pour voir si son film « avec le poisson » serait un succès. Ce sera même un triomphe et Spielberg partira vers d’autres projets !

 

 

 

Alien 1

En 1979 apparaît l’une des créatures les plus originales de la science-fiction : Alien, dans le film éponyme de Ridley Scott.

 

Le vaisseau commercial « Nostromo » revient sur Terre avec un important chargement et ses sept membres d’équipages en hibernation. Mais l’ordinateur de bord reçoit une transmission d’origine inconnue et réveille l’équipage. Se conformant à des consignes de leur employeur, l’équipage dirige le « Nostromo » vers l’astre d’où vient la transmission. Le Capitaine Dallas (Tom Skerritt), l’Officier de Bord Kane (John Hurt) et le Navigateur Lambert (Veronica Cartwright) sortent du vaisseau pour découvrir l’origine du signal tandis que le reste de l’équipage reste à bord du « Nostromo » : l’officier en second Ripley (Sigourney Weaver), l’officier scientifique Ash (Ian Holm) et les ingénieurs Brett (Harry Dean Stanton) et Parker (Yaphet Kotto).

Dallas, Kane et Lambert découvrent que le signal vient de l’épave d’un vaisseau extraterrestre à l’intérieur duquel ils découvrent les restes d’un extraterrestre gigantesque dont les côtes paraissent avoir explosées de l’intérieur vers l’extérieur. Pendant ce temps, l’ordinateur du Nostromo déchiffre partiellement le message qui s’avère être un avertissement sur un danger de nature inconnue.

En continuant à explorer l’épave, Dallas et ses compagnons découvrent une immense soute contenant d’innombrables oeufs. En cherchant à savoir ce que contiennent ceux ci, Kane reçoit sur la vitre de son casque une créature qui a surgi de l’un de ceux ci. Il s’évanouit et Dallas et Lambert ramènent au vaisseau le malheureux Kane avec la créature fixée sur son visage. Ash leur permet d’y entrer en dépit de la volonté de Ripley de suivre la procédure de quarantaine réglementaire. Ils essayent ensuite de retirer la créature du visage de Kane toujours inconscient, mais sans succès et découvrent que le sang de cette dernière est un acide puissant. Finalement, la créature meurt et se détache d’elle même. Dallas décide alors qu’il est temps de reprendre leur voyage vers la Terre, d’autant que Kane se réveille apparemment sans mal.

Alors qu’ils partagent une collation avant de retourner en hibernation, Kane commence à être saisi de convulsions et à étouffer jusqu’à ce qu’une créature extraterrestre sort de son torse, ce qui le tue, puis l'alien s’enfuit dans le « Nostromo ». Dépourvu d’armes, l’équipage tente de localiser et de capturer la créature par différents moyens qui échouent les uns après les autres.

Brett, à la poursuite du chat de l’équipage, pénètre dans une partie du vaisseau où un Alien parvenu au terme de sa croissance l’attaque avant de disparaître avec son corps. Dallas se lance à sa poursuite pour le forcer à entrer dans un sas d’où l’on pourra le projeter dans l’espace, mais l’alien le prend au piège. Lambert suggère que les membres restant de l’équipage fuient à bord de la navette en abandonnant le vaisseau, mais Ripley, désormais Capitaine en fait et en titre, lui signale que celle-ci ne peut emmener quatre personnes.

Il ne leur reste plus qu’une solution : détruire l’alien. (clip)

 

Le projet d’Alien vient de Dan O’Bannon. Alors qu’il était étudiant en cinéma à l’Université de Californie du Sud, il participa au tournage de « Dark Star » en 1974, une œuvre de jeunesse de John Carpenter. Dans celle-ci, il y avait un « extraterrestre » qui n’était rien d’autre qu’un ballon de plage peint, ce qui laissa en O’Bannon le désir de réaliser un extraterrestre qui semblerait réel. Quelques années plus tard, il commença à écrire le scénario d’un film de science-fiction louchant vers le film d’horreur avec une créature extraterrestre dans un vaisseau. Il écrivit vingt-neuf pages contenant l’intégralité de la scène d’ouverture de ce qui allait devenir « Alien ».. Toutefois, il n’avait aucune idée précise de ce que devrait être l'alien en question…

 

O’Bannon fut alors engagé pour travailler sur une adaptation de «Dune » et s’installa à Paris pour six mois. Le projet avorta, mais O’Bannon rencontra plusieurs artistes qui lui donnèrent des idées pour concevoir sa créature : Chris Foss, H. P. Giger et Moebius (Jean Giraud). Il revint alors à Los Angeles pour retrouver le producteur Ronald Shusett qui avait déjà travaillé avec lui sur le scénario. C’est ce dernier qui amènera alors qu’ils réécrivaient ensemble le scénario l’idée qu’un membre de l’équipage amène à bord du vaisseau l’extraterrestre et que ce dernier sorte de son corps, idée qu’ils trouvèrent tous deux intéressantes pour introduire la créature à bord.

 

Pour l’écriture de son script, O’Bannon s’inspira (sans les plagier) d’éléments venant de « La chose d’un autre monde’, de « Planète interdite », d’autres films de SF, de romans et de comics. Ils présenteront ensuite ce dernier à plusieurs studios et le verront accepté par Brandywine, une compagnie de production liée à la 20th Century Fox. Mais celle-ci leur imposa de nombreuses réécritures et révisions de leur scénario, ce qui causa des tensions entre O’Bannon et Shusett. Walter Hill et David Giler, qui dirigeaient Brandywine avec Gordon Carroll imposèrent ainsi le personnage d’Ash ce qu’approuva Shusett, mais pas O’Bannon !

En plus, la 20th Century Fox renâclait à l’idée de financer un film de science-fiction jusqu’à ce que le succès de « Star Wars » débloque les cordons de la bourse. Le projet « Alien » reçut alors plus de quatre millions de dollars.

 

O’Bannon pensait diriger lui-même le film, mais la 20th Century Fox lui préféra Hill qui refusa l’offre en raison d’un planning déjà chargé. On contacta ensuite Peter Yates, Jack Clayton et Robert Aldrich, mais tous furent écartés par O’Bannon, Shusett et la Brandywine qui craignait qu’ile ne traitent le film comme une classique série b de monstres. Giler, Hill et Carroll avaient été fort impressionnés par le premier film de Ridley Scott, « Les duellistes » et lui proposèrent de tourner le film. Scott accepta avec empressement. Ridley Scott persuada à l’aide des storyboards la 20th Century Fox de doubler le budget du film pour donner plus d’ampleur aux effets spéciaux. Dans ce dernier, le design des vaisseaux et des tenues portées par l’équipage étaient influencés par des films comme « 2001, l’odyssée de l’espace «  et il orienta le film plus vers l’horreur que le fantastique.

 

O’Bannon persuadera Ridley Scott d’engager le peintre H. P. Giger pour travailler les décors du film, malgré les réticences de la 20th Century Fox qui considérait son style comme trop effrayant. O’Bannon amena aussi Ron Cobb et Bob Foss. Cobb s’occupera plus particulièrement des intérieurs. Moebius lui-même viendra quielques jours sur le projet où les costumes qu’il créera serviront de bases à ceux taillés par le décorateur John Mollo.

 

Giler et Hill auront une autre idée de génie : confier le rôle principal du film à une femme, ce qui à l’origine n’était pas prévu et allait à contre-pied de tous les films précédents. Ils auditionnèrent une actrice de Broadway qui était relativement inconnue dans le domaine du cinéma. Elle s’était vue refusée bien des rôles à cause de sa grande taille. Mais là, elle convainquit tout le monde lors de son audition et recevra le rôle de Ripley qui lui assurera fortune et gloire. Il s’agissait bien sûr de Sigourney Weaver.

 

Mais revenons maintenant à la créature elle-même. Celle-ci a été conçue par Giger qui la voulait ressemblant vaguement à un homme en armure. Il la voulait aussi sans yeux pour la rendre plus effrayante. C’est aussi lui qui eut l’idée de la « double bouche » d’Alien.

Alien est une créature purement animale, ce qui n’a rien de péjoratif. Son premier soucis est sa propre subsistance et la perpétuation de l’espèce. Il est suffisamment intelligent pour résoudre des problèmes simples ou imiter, mais ne peut faire plus.

Mais c’est déjà bien suffisant ! Car c’est une créature rapide et bien armée pour la survie en milieu hostile au point que certains penseront essayer de la dompter pour s’en servir comme arme biologique. Ils s’en repentiront d’ailleurs !

Il faut considérer une créature du type d’Alien comme l’on considère un grand requin blanc ou un tigre : une créature potentiellement dangereuse, mortelle même, mais qui ne doit pas être jugée selon l’échelle du bien ou du mal. Seuls ceux qui prétendent l’asservir sans prendre en considération le danger qu’ils font ainsi courir à l’humanité sont mauvais…

 

Le film sera un énorme succès qui alimentera toute une série de films (beaucoup moins talentueux !) qui suivront sa piste en espérant avoir autant de succès ! Incidemment, il mettra aussi au goût du jour le sombre, l’humide et le visqueux dans les décors.

 

 

 

 Flash Gordon

 Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens ! Si Superman était de retour sur les grands écrans, l’un des plus vieux héros de la bande dessinée et de la science-fiction américaine ne pouvait qu’en faire autant. Je parle bien sûr de Flash Gordon, qu’Alex Raymond (1909-1956) créa en 1924.

Dirigé par Mike Hodges, le film, kitsch à souhait, reprend volontairement un style narratif similaire à celui de la série « Batman » des années 1960 pour tenter de rallier les fans de la bande dessinée et des séries. Pour la bande originale, le film profitera de la collaboration de Queen (clip)

 

Le film débute avec la voix de l’Empereur Ming (Max Von Sydow) disant son intention de détruire la Terre avec une variété de fausses catastrophes naturelles.

Sur cette planète justement, l’étoile de l’équipe de football des New York Jets « Flash » Gordon (Sam J. Jones) qui est en vacances, monte à bord d’un petit avion où il fait la rencontre de la journaliste Dale Arden (Melody Anderson). Au milieu de leur voyage aérien, l’équipage est tué par une météorite. Prenant les commandes, Flash réussit à poser en catastrophe l’avion dans la propriété du Docteur Hans Zarkov (Topol). Ce dernier croît que la série de désastres frappant la planète tire son origine de l’espace. Dans le plus grand secret, il a construit une fusée avec laquelle il a l’intention d’aller dans l’espace pour découvrir celle-ci. En apprenant son plan, son assistant le quitte, aussi il piège Dale et Flash à bord de la fusée. Celle-ci décolle avec ses trois passagers et pénètre dans un « trou noir » ( ! !) qui les emmène sur la lointaine planète Mongo où ils sont capturés par les hommes de Ming.

Ce dernier fait amener les trois terriens devant lui. Il ordonne que Dale soit préparée pour son plaisir. Flash tente de résister, mais est subjugué par les soldats de l'empereur. Zarkov est mis en détention avant de subir un « lavage de cerveau », tandis que Flash est gazé. Mais la Princesse Aura (Ornella Mutti), la propre fille de Ming, est tombée amoureuse de Flash. Elle corrompt le médecin de ce dernier pour qu’il ressuscite Flash. Tandis que Zarkov est libéré après avoir été « reformaté », semble-t-il, Aura et Flash fuient vers Arbona, un royaume dirigé par le Prince Barin (Timothy Dalton), l’amant d’Aura. (clip)

 

Notons que le costume de Max Von Sydow, qui jouait le rôle de Ming, pesait plus de trente kilos ! Ce dernier était incapable de bouger quand il le portait et ne pouvait le supporter plus de quelques minutes !

 

 

 

Star Wars II 

Comme le succès de « Star Wars » avait battu les espoirs les plus fous de George Lucas, tant par l’argent rapporté que par son impact sur l’industrie cinématographique et le phénomène culturel qu’il engendra, il était naturel qu'il pense à lui donner une suite… et profiter de son succès en finançant lui-même celle-ci pour devenir indépendant par rapport aux majors. Il engloutit dans le projet 33 millions de dollars provenant de ses gains et de prêts, violant un sacro-saint principe qui voulait qu’un producteur ne place jamais son argent propre sur l’un de ses films. Toutefois, en raison de sa double casquette de producteur et de patron d’Industrial Light and Magic, il décida de ne pas tourner le film lui-même et d’engager pour cela l’un de ses anciens professeurs à l’USC School of Cinema, Irvin Kershner, qui avait déjà dirigé plusieurs films. Kershner refusa d’abord, car il pensait à juste titre qu’une suite est toujours inférieure à l’original, puis accepta après avoir consulté son agent.

Lucas engagea pour l’écriture du scénario l’écrivain Leight Brackett qui lui soumit un premier jet avant de mourir d’un cancer. Lucas, qui était insatisfait avec le résultat fit alors appel à Lawrence Kasdan dont il avait apprécié le travail sur les « Aventuriers de l’Arche perdue ». Ce dernier acheva le scénario qui fut validé par Lucas.

 

Le tournage s’avérera laborieux et difficile. Il commencera en Norvège sur un glacier située près de la ville de Finse le 5 mars. Par malheur, la région allait connaître sa pire tempête de neige en cinquante ans : la température chuta à -20° et 5,5 mètres de neige tombèrent ! Pendant une journée, l’équipe de tournage n’arrivera pas à quitter l’hôtel. Pour ne pas perdre trop de temps par rapport au planning de tournage, ils filmeront une partie de la scène montrant Luke Skywalker sortant de la caverne du Wampa en ouvrant simplement les portes de l’hôtel et en filmant Mark Hamill courant à l’extérieur !

Le 13 mars, tout le monde se déplaça aux studios Elstree à Londres ou 60 décors furent construits, deux fois plus que dans le premier film. Or, en janvier, un incendie qui avait éclaté sur le plateau de tournage du « Shining » de Stanley Kubrick et endommagé les décors avait forcé la production à augmenter le budget de 18,5 millions de dollars à 22, puis à 25 à la fin juillet ! Le tournage s’acheva à la mi-septembre. Sa banque menaça Lucas de lui retirer son prêt, le forçant à contrecœur à faire appel à la 20th Century Fox pour garantir ce dernier en versant à la Fox une partie des bénéfices éventuels du film, sans qu’elle soit associée aux pertes possibles.

 

Le fait que Dark Vador était le père de Luke Skywalker était un secret bien gardé. Mark Hamill lui-même ne l’apprit qu’au moment où la scène sera tournée ! Jusqu’à la première du film, seuls Georges Lucas, Irvin Kershner et James Earl Jones (la voix de Dark Vador) étaient au courant.

 

Le scénario ? Malgré la destruction de l’Etoile de la Mort, la rébellion subit des échecs dans sa lutte contre l’Empire. La Princesse Leia (Carrie Fisher), qui dirige une troupe comprenant Han Solo (Harrison Ford) et Luke Skywalker (Mark Hamill) s’abrite dans une planète glacée du système de Hoth. L’une des sondes droïdes envoyées par Dark Vador (David Browse) dans la galaxie pour retrouver la trace des rebelles se pose sur la planète. Luke part à sa recherche, mais est capturé par un monstrueux Wampa. Tandis que Han Solo part à sa recherche, Luke se libére et sort de la caverne du Wampa, mais ne tarde pas à succomber au froid hostile de la planète. L’esprit d’Obi-Wan Kenobi (Alec Guinness) lui apparaît alors et lui dit de se rendre sur la planète Dagobah pour s’y entraîner sous la direction du Maître Jedi Yoda (Frank Oz). Han Solo réussit entre temps à trouver Luke et utilise la chaleur de sa monture morte pour le garder en vie le temps qu’ils soient secourus.

Alors que Luke récupère, la base est attaquée par la Flotte Impériale qui a reçue les données de la sonde. Malgré une féroce résistance, celle-ci est capturée. Toutefois, la majeure partie des rebelles parvient à s’échapper. Han Solo et Leia sont parmi les derniers à fuir avec C-3PO et Chewbacca (Peter Mayhew) à bord du «Millenium Falcon », mais des problèmes mécaniques les empêchent de fuir dans l’hyperespace, les contraignant à se cacher dans un champ d’astéroïde. Luke s’échappe à bord d’un X-Wing avec R2-D2 et s’écrase sur Dagobah. Là, il est trouvé par le chétif Yoda, qui prétend tout d’abord n’être qu’un humble habitant des marais locaux.

Pendant ce temps, Han et Leia doivent quitter leur cachette pour fuir un ver géant. Ils évitent la capture en se dissimulant dans l’ombre d’un navire de combat de la flotte de Vador. Furieux d’avoir perdu leur trace, Vador engage des chasseurs de primes pour les retrouver. Luke, lui, subit un entraînement intensif et souffre d’un grave trouble psychologique en ayant la vision de son propre visage sous le casque de Dark Vador. Puis il a la prémonition d’un grave danger menaçant Han et Leia. Il quitte Dagobah pour les retrouver et les sauver, sans savoir qu’il va au devant d’un piège. (clip)

 

Le succès du film sera très grand et approfondira la mythologie « Star Wars » tout en rapportant beaucoup d’argent à Lucas et même à ses employés.

Si pour certains critiques, « L’Empire contre-attaque » est le meilleur film de la série, d’autres, tout en s’extasiant devant ses trucages ont déploré (surtout à l’époque) son caractère « milieu de l’histoire » car ils étaient déçus par la fin « ouverte » de ce dernier.

 

 

 

Superman II

Une autre suite sortit en cette année 1980 : Superman II de Richard Lester et Richard Donner.

Peu de temps avant la destruction de Krypton, le père de Superman, Jor-El (Marlon Brando), condamna à l’exil dans la zone fantôme le Général Zod (Terence Stamp), Ursa (Sarah Douglas) et Non (Jack O'Halloran). Après avoir dérivé dans la galaxie pendant des années, la zone fantôme est attirée près de la Terre par l’explosion dans l’espace d’une bombe à hydrogène volée par des terroristes pour détruire Paris, mais lancée dans l’espace par Superman.

Les trois Kryptoniens se retrouvent libres sur Terre avec les mêmes super-pouvoirs que Superman. Après avoir attaqué des astronautes sur la Lune, puis dévasté une petite ville de l’Idaho, tous les trois vont à la Maison Blanche et contraignent le Président des Etats Unis à se rendre. Ils forcent ce dernier a abdiquer publiquement son autorité à la télévision et quand le Président appelle Superman au secours de l’humanité, Zod lui demande de venir et de s’agenouiller devant lui.

Avant l’arrivée de Zod, Superman (sous l’identité de Clark Kent) a été envoyé par le Daily Planet à Niagara Falls en compagnie de Lois Lane (Margot Kidder). Cette dernière soupçonne (tiens ?) Clark Kent d’être Superman, obligeant ce dernier à ruser pour détourner ses soupçons. Mais elle découvre sa véritable identité quand Clark Kent récupère sa brosse à cheveux tombée dans la cheminée allumée sans ressentir la moindre brûlure. Il l’emmène alors sans sa « Forteresse de Solitude » près du Pôle Nord » et lui montre les images de son passée contenues dans les cristaux d’énergie de la Forteresse. Malgré les supplication de l’intelligence artificielle qui représente sa mère Lara (Susannah York), il décide de devenir totalement humain et s’expose à la lumière rouge du soleil de Krypton dans une chambre en cristal. Après avoir passé la nuit ensemble à jouer au backgammon, Lois et Clark reviennent en voiture dans des régions habitées pour apprendre que Zod a conquis le monde. Réalisant que les Terriens ne peuvent résister à ce dernier, Clark décide de retourner à la Forteresse pour essayer d’inverser sa mutation…(clip)

 

De nombreux problèmes émaillèrent le tournage et la production du film. Ce dernier commença en fait à être tourné en même temps que Superman I. Le directeur Richard Donner se brouilla alors avec les producteurs qui le remplacèrent par Richard Lester. Non seulement Donner avait une vision différente du film de ces derniers, mais en plus il avait largement dépassé le budget prévu.. Par solidarité avec Donner, Gene Hackmann décida alors de quitter le tournage qui devra utiliser des scènes déjà tournées et des doublures pour achever le film.

Lester donna au film une tonalité plus humoristique que celle envisagée par Donner, tout en réutilisant des scènes tournées par ce dernier, ce qui peut se remarquer en regardant attentivement les personnages, deux ans s’étant écoulés entre les premières scènes filmées et les dernières !

Un autre problème fut Marlon Brando qui demandait une somme exorbitante pour seulement quelques minutes de tournage. Cette difficulté fut tournée en réutilisant des scènes précédemment faites par Richard Donner .

 

Durant les années suivantes, différentes versions du montage du film, insérant ou non les scènes de Donner ou de Lester circulèrent, y compris des montages fait par des fans qui voulaient retrouver le film tel que le désirait Donner. Ils tentèrent de la diffuser gratuitement sur DVD, mais furent attaqués en justice par la Warner Bros.

Tout cela n'empêcha pas le film d'être un succès au box-office et de subir les louanges dithyrambiques des critiques, mais si certains lui reprochaient son côté « comédie bouffonne » et ses effets spéciaux parfois déjà daté à l'époque.

 

Un son assez discordant vint des associations anti-tabac. Le cigarettier Malboro avait en effet versé 43000 dollars pour que son logo apparaisse 22 fois dans le film. Lois Lane, qui n'est jamais montré en train de fumer dans le comics Superman est ici pour les besoins de la cause transformée en fumeuse invétérée. Ces faits motivèrent une enquête du Congrès américain sur les manœuvres publicitaires de Malboro et ses liens avec la sphère des médias.

 

 

Track of the moon beast

Oh ! J’allais oublier le nanar de la décennie ! A savoir le sublime « Track of the Moon Beast » de Richard Ashe, dont ce sera le seul et unique film.
Heureusement !

Pourtant, le scénario était en béton ! Jugez-en vous même : Un minéralogiste, Paul Carlson (Chase Cordell), est frappé par une météorite tandis qu’il observait la chute d’un météore, ce qui est déjà une chose peu courante. Plus rare encore, cette dernière (qui est très petite je vous rassure), se place dans son cerveau et le transforme en une créature aussi reptilienne que vicieuse à chaque lever de Lune. Il perd alors toute trace d’humanité et baguenaude de gauche à droite en zigouillant tous ceux qui croisent sa route. Quand il est humain, il souffre de vertiges et de nausées. Aussi, sa petite amie Kathy Nolan (Leight Drake) et son ami et ancien professeur Johnny Longbow (un amérindien au cas où vous ne vous en sauriez pas douté) décident de l'aider.
Ils découvrent après une longue enquête que Paul (leur ami Paul Carlson, pas Paul McCartney) est en fait l’horrible monstre qui dévaste la région et que sa conduite est provoquée par la présence d’une micrométéorite dans le crâne de ce dernier (balaise, non ?).
Bien entendu, ils forment des plans pour la retirer, mais les chirurgiens découvrent que cette dernière s’est désintégrée et causera à terme l’autocombustion de Paul (Ah bon ?). Bien évidemment , on le sait parce que le peuple de Longbow (joué par Gregorio Sala) a déjà eu affaire dans un lointain passé à une telle créature. Les amérindiens ont en effet une longue histoire de relations avec les extraterrestres, comme chacun le sait…
Bref, quand Paul apprend ce qui l’attend, il fuit dans le désert, sans doute pour se suicider afin de ne plus causer de mal, ou pour trouver des yaourts à la myrtille. Kathy, suivit de Johnny Longbow qui mène d’une encolure devant la police locale se lancent à sa poursuite. C’est Longbow qui le tue en l’abattant avec une flèche dont la pointe a été faite dans la météorite. La classe, non ? (clip)

En fait, ce film a été tourné en 1972, mais traîna quatre ans sans trouver de distributeur. On se demande bien pourquoi !

 

 

VI) Anges et démons : les années 1980.

Les années 1980 furent la décennie de la navette spatiale. Conçue durant le début des années 1970, ce vaisseau qui fit son vol inaugural le 11 novembre 1982 était pour la NASA la voie de l’avenir. Elle devait par une grande fréquence de vol permettre l’effondrement des coûts de mise en orbite et rendre l’espace facilement accessible.
Las ! C’était sans compter sans les difficultés techniques posées par les tuiles devant permettre le retour de la navette dans l’atmosphère, les problèmes technologiques et de maintenance posée par ces vaisseaux d’un nouveau genre. Incapable de réaliser le nombre de vols prévus et voyant les coûts d’exploitation s’envoler, la Nasa était mise au pied du mur par le Sénat américain. Sa hâte de justifier le programme de la navette ainsi qu’un manque tragique de vigilance mènera à la catastrophe de Challenger le 28 janvier 1986. Pour réaliser un coup médiatique, la Nasa avait inclus dans l’équipage une institutrice, Christa McAuliffe qui était censé faire un cours aux élèves de sa classe depuis l’espace. Elle trouvera la mort avec les six autres membres de l’équipage devant les yeux de millions de téléspectateurs.
L’impact de l’événement sera énorme et amènera, non sans justesse, beaucoup de gens à se poser la question de l’utilité non seulement de la présence humaine dans l’espace, mais même de l’exploration de l’univers : plutôt que de dilapider de précieuses ressources dans des quêtes futiles, ne fallait-il pas mieux les consacrer à améliorer la situation de l’humanité sur Terre ?

Pourtant, alors que ce déroulaient ces événements dramatiques, malgré des débuts pour le moins « difficiles », les Russes réussissaient avec des engins bien moins sophistiqués que la navette a établir une présence humaine permanente autour de la Terre avec la station MIR à partir de 1986.

Mieux encore, deux sondes Pioneer (10 et 11) étaient parties en 1972-1973 à la découverte des planètes géantes du système solaire : Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Elles apporteront une moisson inouïe de découvertes scientifiques et des images d’une fascinante beauté de ces astres lointains. Le contact a été perdu par manque d’énergie avec Pioneer 10 en 2003, alors que celle-ci se trouvait à 12 milliards de kilomètres de la Terre. Cette sonde devrait arriver dans le voisinage d’Aldébaran à 68 années-lumière… dans deux millions d’années ! Pioneer 11, qui a subi le même sort en 1995, continue cependant son chemin vers le centre de notre galaxie. La progressions des sondes est toujours suivie par la NASA malgré leur éloignement qui a fait de Pioneer 10 l’objet le plus lointain a avoir été réalisé par la main de l’homme.

Chacune de ses deux sondes portent une plaque situant notre planète et tentant de montrer à d’éventuels extraterrestres ce que sont physiquement les humains et de donner la localisation de notre système solaire. Celles-ci ont déclenché l’ironie justifiée de beaucoup d’humoristes (y compris des scientifiques) qui se gaussèrent de sa maladresse et de son anthropocentrisme (« ils sont comme nous et doivent voir et comprendre les mêmes choses que nous… », ce qui est loin d’être évident !). Reste à savoir si elles trouveront donc un destinataire capable de les comprendre et si notre « chère humanité » sera toujours sur notre planète!

 

 

Ce n’est qu’en 1982 que nos amis d’ailleurs reviendront sur les écrans. Commençons tout d’abord par un véritable OVNi, le superbe «Dark Crystal » de Jim Henson, le canadien créateur de « Rue Sésame » et du  « Muppet Show ».

Si on peut considérer ce film comme appartenant au registre de la Fantasy, on ne peut que remarquer qu’il se déroule sur un monde extraterrestre : Thra. La clé de toute vie sur cette planète est un énorme cristal gardé au fin fond d’une forteresse. Ce cristal emmagasine la lumière des trois soleils qui éclairent la planète pour la restituer sous forme d’énergie vitale à ses habitants. Mais depuis déjà plus de mille ans, le Cristal s’est assombri et Thra agonise. Les Urseks qui en avaient la garde l’ont fait voler en éclat lors de la dernière grande conjonction des trois soleils. Ils ont ainsi perturbé l’ordre de leur monde et se sont divisé en deux races distinctes : les mystiques et pacifiques Urrus et les Skeksès belliqueux et cruels.
Ces derniers se sont emparés du château du Cristal, forçant les mystiques à se réfugier dans une région reculée. Mais la Gardienne des Secrets, Aughra, prophétise que le pouvoir maléfique des Skeksès sera renversé et le cristal réparé par un Gelfing, un être à l’allure elfique. Pour protéger leur pouvoir, les Skeksès créent les Garthims, des monstres à l’allure de scarabées et les envoient exterminer les Gelfings.
Mais l’un d’entre eux, un jeune garçon nommé Jen, réussi à s’échapper et est sauvé par les Urrus et élevé par eux. Leur chef en mourant révèle à Jen sa destinée : retrouver l’éclat de cristal gardé par Aughra et réparer le Cristal avant la prochaine conjonction pour sauver Thra de la destruction. Jen commence alors un long voyage dans un monde étrange.(clip) )

Tourné en Angleterre, avec des extérieurs tournés dans les Highlands écossaises et en Angleterre. Il n’y a aucun acteur humain dans le film, mais uniquement des marionnettes et des poupées conçues par Jim Henson. Notons qu’à l’époque les « animatronics » n’existaient pas encore. Toutes les marionnettes étaient contrôlées par des bâtons et des fils, bien que les mouvements les plus subtils aient été générés électroniquement… par radiocommande. Quelques acteurs glissés dans des costumes donnaient les mouvements de base pour les créatures les plus grandes. Cela était pour eux parfois épuisant et même dangereux : les costumes des Garthims étaient si lourds que les acteurs devaient être suspendus dans leurs costumes sur un crochet toutes les quelques minutes pour se reposer !

Originellement, Jim Henson voulait que les Skeksis parlent un langage qui leur soit propre avec des sous-titres anglais. L’idée sera abandonnée quand lors de projection test on remarquera que celles-ci distrayaient l’attention des spectateurs des scènes du film.



ETMais un autre film allait avoir un succès bien supérieur aux marionnettes de Jim Henson : « E. T. » de Steven Spielberg. Le film débute dans une forêt californienne, en pleine nuit. Là, des botanistes extraterrestres collectent des spécimens de la flore locale, quand ils sont surpris par des agents du gouvernement. Ils s’enfuient précipitamment à bord de leur vaisseau, mais l’un des leurs ne parvient pas à revenir à temps et est abandonné sur Terre.
Un peu plus loin, le jeune Elliott (Henry Thomas) essaie de s’accommoder de la présence de son frère aîné Michael (Robert MacNaughton) et de ses amis turbulents. Alors qu’il est sorti hors de sa maison, il surprend l’extraterrestre près de celle-ci. Ce dernier s’enfuit et sa famille se moque de lui quand il tente d’expliquer ce qu’il a vu. Elliott décide d’attirer l’extraterrestre dans sa chambre en semant des bonbons dans la forêt. Son plan marche et Elliott remarque avant de s’endormir que l’extraterrestre imite tous ses mouvements.
Le matin suivant, il feint d’être malade pour rester avec l’E. T. qu’il a gardé caché dans sa chambre. Durant l’après-midi, il le présente à Michael et à sa sœur cadette Gertie (Drew Narrymore). Tous décident de cacher la présence du naufragé à leur mère. Quand les enfants lui demandent d’où il vient, il répond en faisant léviter des balles représentants les planètes du système solaire et leur montre ses pouvoirs en ramenant à la vie une plante morte.
Pacifique, l’alien ne veut que retrouver les siens, tandis qu’Elliott aimerait le garder avec lui. Et que dehors des agents du gouvernement recherchent un éventuel naufragé extraterrestre pouvant représenter une menace pour l'humanité.(clip)

Les origines d’E.T. remontent à l’enfance de Spielberg. Lors du divorce de ses parents en 1960, ce dernier s’imagina un compagnon extraterrestre pour surmonter l’épreuve. Dix-huit ans plus tard, il annonça qu’il tournerait en 28 jours un film nommé « Growing up ». Mais il repoussa ce projet autobiographique en raison de son travail sur « 1941 ». Puis après « Rencontres du Troisième Type », il se mis à travailler sur le projet de « Night Skies » avec John Sayles, avec des extraterrestres malveillants terrorisant une famille.
En Tunisie, lors du tournage des « Aventuriers de l’Arche Perdue », Spielberg se rappela de « Growing up »  et de son enfance. Il parla de tout cela à Melissa Matheson qui écrivit une histoire sur Buddy, l’ami extraterrestre d’un enfant autiste. Tout comme « E. T. » ce dernier avait été abandonné sur Terre par les siens. A partir de ce texte, elle écrivit en huit semaines un premier jet du scénario intitulé « E.T. » et moi, qui plût aussitôt à Spielberg. Il y aura cependant encore deux écritures avant le script final. Spielberg approchera Columbia Pictures avec le scénario, mais le studio le rejeta en  le qualifiant de « film de Walt Disney pour mauviettes ». Spielberg alla alors le présenter chez MCA qui accepta son projet.

Ed Verreaux créera un premier projet pour donner une apparence physique à « E.T . ». Il ne conviendra pas à Spielberg, bien qu’il ait coûté 700000 dollars. Il confiera alors ce travail à Carlo Rambaldi qui avait travaillé sur les extraterrestres de « Rencontres du Troisième Type » et lui confia la conception des animatronics. C’est Rambaldi qui aura l’idée de donner à E. T. un cou extensible. Le visage de la créature fut conçu d’après des éléments des visages d’Albert Einsteinb, Ernest Hemingway et Carl Sandburg. Les yeux d’E.T. furent élaborés par les techniciens du Jules Stein Eye Institute (une fabrique de prothèses médicales), la productrice Kathleen Kennedy ayant senti que le regard de l’extraterrestre jouerai un rôle important dans le film. Quatre têtes d’E.T. furent créées pour le film : une pour les principaux animatronics et les autres pour les expressions faciales. Deux nains, Tamara De Treaus et Pat Bilon ainsi que Matthew De Merritt, un enfant de douze ans né sans jambes revêtirent le costume de l’extraterrestre lors de différentes scènes. Caprice Roth, un mime professionnel, fut engagé pour les mains d’E.T. La création de ce dernier prendra trois mois et un million et demi de dollars. Spielberg dira que le résultat était « quelque chose que seule une mère pouvait aimer « . La compagnie Mars le trouvera si affreux qu’elle refusera de permettre à M&M’s de figurer dans le film (pour la scène des bonbons dans la forêt), croyant que la créature terroriserait les jeunes enfants.

Le tournage commença ern septembre 1981 sous le nom de « A boy’s life », Spielberg craignant que quelqu’un ne découvre le scénario de son film et le plagie. Les acteurs devaient lire leur script enfermés et tous ceux qui voulaient ou devaient accéder au plateau de tournage devaient porter un badge.. Spielberg tournera le film dans l’ordre chronologique des scènes en une soixantaine de jours. Cet ordre avait été choisi par Spielberg pour faciliter le travail de ses acteurs en leur faisant sentir la montée émotionnelle du film vers le paroxysme.  Lors de sa première rencontre avec l’extraterrestre, la vue de ce dernier provoquera chez le jeune MacNaughton (qui jouait Elliott) une surprise telle qu’il fera un bond en arrière, renversant une partie du décor. Il faut dire que Spielberg avait demandé à ce que les marionnettistes soient quasiment invisible du plateau pour que les enfants aient l’impression d’avoir un véritable alien devant eux ! Pour la première fois de sa carrière, Spielberg improvisa les séquences durant la journée, sans utiliser de storyboard.

Cela n’empêchera pas le film d’être un énorme succès public et critique. A tel point que Spielberg envisagera un temps de lui donner une suite, projet qui sera abandonné devant la difficulté de produire un scénario offrant une histoire de qualité au moins égale au précédent !

Il faut ici noter une chose : j’ai lu il y a quelques années (dans Science & Vie, je crois) l’analyse d’une thèse d’un folkloriste qui a étudié les témoignages sur les rencontres « du 3e type sous l’angle du folklore. Il en effet troublant de voir que dans les contes de jadis l’on parle du « Petit Peuple » (Nains, Elfes, Leprechaun, Gnome…) et que la plupart du temps les témoins de rencontres décrivent les extraterrestres comme « des nains à grosses têtes ». Le folkloriste en question se tenait prudemment à distance d’une thèse brûlante qui vient inévitablement à l’esprit : soit des visiteurs d’ailleurs nous fréquentent depuis longtemps, soit il y a eu « glissement » des lègendes, « l’esprit » de jadis étant devenu par le biais du modernisme et de la technologie un Alien. Troisième hypothèse possible : les témoins interprétèrent inconsciemment ce qu’ils pensaient voir selon des filtres culturels.

 

 

Dans un autre genre sort ensuite le film «The thing » de John Carpenter nous montre, si l’on peut The Thing Carpenterdire, une autre facette des extraterrestres !

L’action se déroule dans une station scientifique antarctique américaine qui est brutalement tirée de sa torpeur par des bruits de coups de feu et des explosions. Un chien Malamute essaie d’échapper aux occupants d’un hélicoptère norvégien qui veulent à tout prix de le tuer, lorsque leur appareil explose accidentellement quand le pilote tente de lancer une grenade incendiaire sur le chien. L’un des passagers de l’hélicoptère réussit à échapper à la mort et tire avec son fusil sur le chien. Il blesse l’un des scientifiques mais est abattu par le commandant de la station.

Isolé du monde extérieur par une tempête de neige, les scientifiques décident d’adopter le chien qu’ils mettent dans leur chenil sous la garde de Clark (Richard Masur), le maître chien. Le pilote d’hélicoptère MacReady (Kurt Russell) et le Docteur Copper (Richard Dysart) partent pour le camp norvégien enfin de savoir ce qui c’est passé, mais ils n’y trouvent que des ruines fumantes et le corps d’un homme qui semble s’être suicidé dans le local radio. Tandis que Copper cherche des vidéocassettes et des documents pouvant leur permettre de comprendre les actions des norvégiens, MacReady découvre quand à lui un grand bloc de glace excavé dans une pièce possédant un large trou dans le toit. Ils découvrent ensuite hors du camp le corps calciné d’un humanoïde doté de deux visages. Ils ramènent le cadavre à leur camp pour une autopsie qui révèle que ses organes internes sont étrangement disposée.
C’est alors que les membres de la station découvrent que le Malamute s’est transformé en une créature monstrueuse qui a massacré les autres chiens avec des fluides corrosifs et des tentacules. Ils brûlent la créature avec un lance-flamme. L’autopsie des restes du Malamute leur apprend qu’ils sont confrontés à une forme de vie extraterrestre qui assimile et imite les autres formes de vie au niveau cellulaire. Du coup, le chirurgien Blair (Wilford Brimley) se met à soupçonner ses collègues de ne pas être ceux qu’ils semblent être. MacReady et deux autres membres de la base découvrent en exploitant les documents fragmentaires trouvés dans la station norvégienne le lieu d’où ces derniers ont extrait le bloc de glace trouvé dans leur station détruite. En s’y rendant, ils voient devant le site où il y a plus de 100000 ans s’est écrasé un vaisseau extraterrestre.
A leur retour, ils découvrent que le cauchemar à commencé dans leur station : l’un d’eux est la créature. Mais lequel ? Et quelle meilleure cachette pour un extraterrestre qu’un corps humain ? (clip)

Il ne faut pas s’y tromper, ce film n’est pas un remake de « La chose d’un autre monde » d’Howard Hawks, mais une réadaptation de la nouvelle de John W. Campbell, plus fidèle que le film de 1951 .
Le scénario original sera écrit en 1981 par Bill Lancaster (le fils de Burt). Le film a été tourné en Colombie Britannique. Le tournage durera en tout trois mois, en comptant des semaines de tournage à Los Angeles.

Curieusement, il connaîtra un vif succès dans les bases scientifiques anglaises en Antarctique qui le programment régulièrement pour fêter le milieu de l'hiver austral (le 21 juin).


Le retour du JediC’est en 1983 que sort sur les écrans le dernier opus de la première trilogie de « Star Wars », le « Retour du jedi » de Richard Marquand.

Après la fin de « L’Empire contre-attaque », Han Solo (Harrison Ford) se retrouve congelé dans un bloc de glace détenu par le chef de gang Jabba the Hutt.. Luke (Mark Hamill) décide de le secourir avec la Princesse Leia (Carrie Fisher), Lando Calrissian (Billy Dee Williams), Chewbacca (Peter Mayhew), C-3PO (Anthony Daniels) et R2-D2 (Kenny Baker). Leia réussi à entrer dans le repaire de Jabba sous le déguisement d’un chasseur de prime qui lui amène captif Chewbacca. Elle parvient à « dégeler » Han de son bloc de glace où il était en état d’hibernation, mais est surprise est capturée. Elle est réduite en esclavage tandis que Han est jeté dans une cellule avec Chewbacca.
Luke arrive un peu plus tard et se laisse capturer par Jabba après avoir tué un monstrueux Rancor appartenant à Jabba. Ce dernier condamne à mort Luke et ses amis, à l’exception de Leia qu’il veut garder comme esclave personnelle. Alors que la sentence doit être exécuté, Luke se libére et déclenche une bataille qui entraîne la mort de Jabba et la liberté pour Luke et ses amis.
Tandis que ces derniers rejoignent les rebelles, Luke retourne sur Dagobah pour reprendre son entraînement auprès de Yoda (Frank Oz), mais trouve ce dernier mourant à son arrivée. Il lui apprend avant de mourir que Dark Vader (David Prowse) et bien son père et qu’il lui faudra l’affronter pour devenir un vrai Jedi et lui apprend qu’il y a « un autre Skywalker » vivant : Leia. Obi-Wan (Alec Guiness) lui apparaît alors pour lui dire qu’il lui faut vaincre son père et l’Empire et lui confirme que Dark Vader est bien Anakin Skywalker, son père.
Entretemps, l’Alliance Rebelle a appris que l’Empire a entamé la construction d’une nouvelle « Etoile de la Mort ». Ils décident de l’attaquer et de la détruire avant qu’elle ne soit opérationnelle. Ils ignore que Vador et l’Empereur Palpatine (Ian McDarmid) s’apprêtent à les faire tomber dans piège pour détruire la rébellion et entraîner Luke de leur côté. (clip)

Comme pour « L’empire contre-attaque », Lucas ne pouvait pas assumer en même temps la casquette de producteur et de réalisateur. Il se mit donc à la recherche d’un directeur pour son film. Il pensa d’abord à son vieil ami Steven Spielberg, mais son départ de la « Directors Guild of America » et les statuts de cette dernière l’en empêchèrent. Il contacta David Lynch, mais ce dernier refusa pour tourner « Dune » (qui sera un flop). Il rencontra ensuite David Cronenberg, mais celui-ci avait le tournage de « Videodrome » en vue et déclina sa proposition. Son choix final se porta sur le réalisateur gallois Richard Marquand et il assumera aussi personnellement certaines parties du tournage quand les délais menaceront de ne pas être respectés, sans pour autant être crédité. Il assista aussi Marquand en raison de l’inexpérience de ce dernier envers les tournages comprenant de nombreux effets spéciaux.

Le scénario fut écrit par Lawrence Kasdan, avec des contributions de David Peoples et Richard Marquand d’après l’histoire conçue par Georges Lucas. Harrison Ford proposa lors de l’écriture du script que son personnage de Han Solo soit tué au début du film en se sacrifiant pour sauver les autres. Lucas refusa catégoriquement cette idée. On émit aussi l’idée qu’il soit tué sur Endor, mais Lucas repoussa une nouvelle fois cette idée car il estimait qu’elle gênerait l’exploitation du « marchandising » autour du film, celui-ci s’étant révélé encore plus profitable que les films eux-mêmes !

Le tournage dura du 11 janvier au 20 mai 1982 avec un budget de plus de 32 millions de dollars et la collaboration « bénévole » d’ILM, fondé par Lucas lui-même. Pour détourner l’attentions des fans et des curieux de toutes sortes, le tournage se déroula à l’abri d’un faux titre (Blue Harvest, un prétendu film d’horreur). Cela permettait aussi de louer des lieux de tournage au moindre coût pour éviter un effet de spéculation par rapport à Star Wars.

Il y aura d’abord 78 jours de tournage dans  les studios Elstree en Angleterre où le film occupait neuf plateaux de tournage. Ce dernier commença avec une scène de tempête de sable où sont pris les héros alors qu’ils quittent Tatooine. Cette scène sera par la suite supprimée. Pour le Rancor qui devait combattre Luke Skywalker, Lucas, influencé par le Godzilla de la Toho, demanda que ce dernier soit joué par un acteur revêtu d’un costume. Il ne sera pas possible d’en créer un convenable et Lucas se rabattra sur une poupée pour le figurer.
En avril, on tournera les extérieurs de Tatooine dans le désert de Yuma en Arizona. Une unité de tournage passera une journée dans la Vallée de la Mort et une autre dans une forêt californienne du 15 au 17 juin 1982.

Le succès du film sera à l’époque immense. Pourtant ce film est aujourd’hui le moins apprécié des critiques parmi les épisodes IV, V et VI, la présence des Ewoks étant pour beaucoup le point faible du film. Ils sont en revanche presque tous unanimes à apprécier le début du film et la course en speeder dans la forêt, les scènes de bataille spatiale et l’affrontement final entre Luke et son père.


1984 est pour les extraterrestres une année très riche. Commençons par une suite : « 2010 : the 2010 odyssée 2year we make contact » de Peter Hyams.
Il s’agit d’une suite de « 2001 space oddyssey » inspiré par le roman d’Arthur C. Clark "2010, oddyssey two ».

 

Depuis neuf ans, le vaisseau « Discovery One » et son ordinateur psychotique « Hal 9000 »  sont en orbite autour de l’une des lunes de Jupiter. Sur les cinq astronautes de cette mission, quatre sont morts tués par Hal. Le cinquième, Dave Bowman (Keir Dullea) a disparu dans un énorme monolithe noir en laissant comme dernier message « Oh mon Dieu ! C’est plein d’étoiles…".
Suite à cet échec, le Professeur Heywood Floyd (Roy Scheider) fit fonction de « bouc émissaire » et quitta ses fonctions pour devenir enseignant à l’université d’Hawaii.
Sur un fond de grandes tensions diplomatiques entre la Russie et les Etats Unis se préparent des missions spatiales pour déterminer ce qui est arrivé à « Discovery One » et à son équipage. Les Russes ont un vaisseau de prêt, « l’Alexis Leonov », mais ils ont besoin de la présence d’astronautes américains pour entrer dans « Discovery One » et découvrir l’origine du dysfonctionnement de Hal. Comme il se rend compte que Discovery One risque de s’écraser sur l’une des lunes de Jupiter avant que leur propre mission soit prête, le gouvernement américain accepte de coopérer avec les Russes . le Docteur Floyd, Walter Curnow (John Lithgow), le concepteur du vaisseau Discovery et le Docteur Chandra (Bob Balaban), le « père » de Hal 9000 sont désignés pour se joindre à cette mission.
Quand le Leonov arrive dans le système jovien, le Capitaine Tanya Kirbuk (Helen Mirren) et ses hommes réveillent Floyd et ses compagnons de leur hibernation par ce qu’ils ont détecté des traces de vie sur l’une des lunes gelées de Jupiter, Europe. Une sonde envoyée vers cet astre est détruite par des radiations électromagnétiques d'origine inconnue.
Quelque chose ne veut visiblement pas que les humains en apprennent de trop sur Europe ! Ou quelqu'un! Mais qui? (clip)

Quand Clark sortit son roman « 2010, odyssée 2 » en 1982, il téléphona à Stanley Kubrick et plaisanta en lui disant « Ton rôle est d’empêcher tout ceux qui voudraient en faire un film de le faire, comme ça personne ne m’ennuiera… ». MGM contacta Kubrick pour lui proposer de diriger un film basé sur ce roman, mais il refusa car il n’était pas intéressé. Par contre, Peter Hyams se proposa et contacta Kubrick et Clark pour avoir leur bénédiction. Au terme d’une longue conversation téléphonique, il aura l’aval de Kubrick.
Fasciné par les nouvelles technologies, Clarke (1917-2008) communiqua presque journellement par messagerie électronique (on ne parlait pas encore d’email) avec Hyams durant la conception du projet et sa production. Il vivait en effet au Sri Lanka et Hyams était en Californie. Quand le script fut achevé, il était déjà décidé que Roy Scheider jouerait le rôle du Docteur Floyd.

Au contraire de « 2001 », Douglas Trumbull ne joua aucun rôle direct dans la conception des effets spéciaux. Ce sont toutefois ses techniciens et sa société Entertainement Effects Group (EEG) sous la direction de Richard Edlund qui venait de quitter « Industrial Light and Magic » de Georges Lucas qui s’en chargeront. Ils emploieront pour la première fois des images générées par ordinateur pour représenter l’atmosphère jovienne ou l’arrivée d’un grand nombre de monolithes noirs.

La réception des critiques sera curieusement plutôt positives, même s’ils déplorent dans cette suite l’absence de la poésie qui était présente dans le film de Kubrick. Toutefois, ils remarquent pour la plupart que si l’on abandonne la référence au premier film, c’est un bon film et un excellent film de science-fiction bien interprété.

Pour le curieux, le film apporte plusieurs révélations sur les entités extraterrestres et les buts qu’elles poursuivent. Elles disent aussi ce qu’est devenu David Bowman. Transformé par les extraterrestres en entité non-physique, il est pour eux le gardien du système jovien et du satellite Europe où se développe une forme de vie intelligente que les entités veulent protéger des humains. Malgré sa transformation, il n’a pas abandonné toute humanité et reste Dave Bowman, dans une certaine mesure…


The brother from an another worldPassons maintenant à un véritable OVNI, « The brother from another planet » de John Sayles, un film dans la lignée de la « Blackexploitation » et qui à ma connaissance est un cas unique.


Dans ce film, le « Brother » (Joe Morton) est un extraterrestre dont le vaisseau s’est écrasé près de New York. Exilé volontaire sur Terre pour échapper à l’esclavage, il a l’apparence d’un noir, est muet et ses pieds n’ont que trois orteils. Il a des pouvoirs de télékinésie et tente tant bien que mal à s’ajuster à son nouvel environnement pour passer inaperçu.
Il a d’autant intérêt à ne pas se faire remarquer que deux autres extraterrestres (l’un d’entre eux joué par Sayles lui-même) le traquent sous l’apparence d’hommes blancs pour le capturer et le ramener sur leur monde. (clip)

Tourné avec un petit budget, le film sera sauvé du désastre par les critiques qui seront unanimes à féliciter l’acteur Joe Morton (The brother) pour son interprétation. L’humour du film sera en revanche diversement goûté. A noter que Dee Dee Bridgewater y tenait un petit rôle.

Ce film pose quand même une bonne question : que devrait faire un hypothétique extraterrestre s’il échouait sur notre planète ? Réponse : s’il peut passer pour un humain, ne rien faire qui le fasse remarquer et s’efforcer de passer inaperçu !


Il n’y a en revanche aucune question philosophico-existentielle à se poser avec le film « The last The last starfighterStarfighter » de Nick Castle !


Le film raconte l’histoire d’un adolescent, Alex Rogan (Lance Guest), qui vit avec sa mère (Barbara Bosson) et son jeune frère (Chris Ebert) dans le parc d’attraction « Starlight Starbright » (son père est décédé). Ses mauvais résultats scolaires l’empêche d’entrer à l’université, et il doit se résigner à gagner sa vie comme « homme à tout faire ». Pour se changer les idées, il joue durant ses heures de loisirs à un jeu d’arcade où il doit livrer une bataille spatiale pour défendre « La frontière » contre « Xur et l’armada Ko-Dan ». Il devient bientôt celui qui réalise les plus haut scores à ce jeu, ce qui amène l’inventeur du jeu, un nommé Centauri (Robert Preston), à s’intéresser à lui et à lui proposer « un petit tour », sans préciser que c’était un « petit tour » à bord d’un astronef intersidéral ! Ce sera pour Alex l’occasion de se rendre compte que Centauri est un extraterrestre habilement déguisé en humain – à l’exception de son nom- et d’être remplacé sur Terre par un androïde fait à son image, Beta,  pour que personne ne remarque son absence ( ? ? !).
Emmené par Centauri sur la planète Rylos, Alex s’y aperçoit que les territoires et la situation sont exactement ceux du jeu auquel il jouait, mais que maintenant cela sera pour de vrai. La guerre fait en effet rage entre la Ligue de Rylan et l’armada Ko-Dan, celle-ci commandée par le traître Xur (Norman Snow)auquel l’Empereur Ko-Dan à promis Rylos. Cette armada menace toute la Ligue et même la Terre, mais si celle-ci ignore tout de la menace.
Alex apprend que le jeu était en fait un test pour trouver la personne qui pourra le mieux piloter un vaisseau Starfighter baptisé le « Gunstar » et que le commandement Rylan désapprouve formellement l’initiative de Centauri Ils ordonnent à Centauri de ramener sur Terre Alex, qui ne demande que cela
Centauri s’éxécutera, mais laissera à Alex un moyen de le contacter si jamais ce dernier changeait d’avis.
Et vous vous doutez déjà que des circonstances indépendantes de sa volonté forceront Alex à sauver les Etats Unis, euh… Pardon, la galaxie de l’odieux empire Ko-Dan et de l’horrible Xur ! (clip)

Alors me direz-vous : « Pourquoi faire figurer ce film d’ados dans cette liste ? ».
Simple : c’est le premier film à utiliser de façon importante des effets spéciaux générés par ordinateur, notamment pour la restitution en 3D de véhicules spatiaux. Ces derniers étaient l’œuvre de Ron Cobb, un artiste qui avait déjà travaillé sur Alien, Star Wars et Conan le Barbare. De bonnes références, non ?

Le film rapportera plus qu’il n’avait coûté, ne sera pas descendu par les critiques et le véhicule de Centauri, qui avait été créé « grandeur nature », sera réutilisé pour le film « Retour vers le futur II » dans une scène de rue en 2025…

Comme quoi même un petit film peut proposer des surprises !


Repo ManLe film suivant, « Repo Man » d’Alan Cox, n’est pas avare de surprises non plus !

 

Otto Maddos (Emilio Estevez) est un jeune punk de Los Angeles qui est chassé de son emploi d’employé aux stocks dans une grande surface. En plus, il apprend que ses parents, deux hippies devenus junkies, ont donné tout l’argent qu’ils lui avaient promis pour financer ses études à un télévangéliste ! Ecœuré, Otto erre dans les rues jusqu’à ce qu’il rencontre Bud (Harry Dean Stanton), un recouvreur de dettes (ou repo man) qui travaille pour une petite agence spécialisée dans la saisie de véhicules qui lui propose de l’aider à recouvrer une créance. Bien que réticent envers ce travail, les préventions d’Otto tombent vite quand il touche le salaire de la première mission qu’il a fait. Il se fait alors engager par l’agence qui emploie Bud.
Otto adopte avec joie le style de vie de Bud : la vie facile, la drogue, les poursuites en voitures et la vitesse, les bonnes paies…
Tout bascule quand Otto rencontre Leila (Olivia Barash) qui lui dit qu’une Chevrolet Malibu de 1964 située dans le Nouveau Mexique contient dans son coffre les corps de quatre extraterrestres qui émettent des radiations dangereuses pour les humains. Otto n’en croît rien, mais il lit le lendemain qu’une récompense de 20000 dollars est offerte pour la voiture. Otto , Leila, un agent secret du gouvernement, les frères Rodriguez, des mexicains appartenant à une entreprise concurrente, tous se mettent en chasse pour trouver les premiers la voiture. Celle-ci est conduite par un scientifique qui a volé les corps des aliens d’un laboratoire de Los Alamos pour les amener en Californie, sans savoir que les radiations émisent par les extraterrestres détruisent peu à peu son cerveau. (clip)

Ce film a petit budget sera très bien accueilli par les critiques qui salueront en lui l’un des meilleurs films de 1984 de même que sa bande originale qui abritait des compositions de punk rock de groupes et d’artistes aussi connus qu’Iggy Pop ou Black Flag.


L’arrêt de la série Star Trek à la fin des années 1960 avait laissé des millions de fans esseulés de leurs héros favoris tandis que celle-ci devenait culte. Réalisant son erreur, la Paramount tenta d’abord de remplacer la série par une série de dessins animés qui ne donnèrent pas satisfaction aux fans. En plus, les acteurs étaient peu chauds pour reprendre leurs rôles dans une série. Mais ils voulaient bien les jouer dans des films. Le premier film « Star Trek : le film » sortira en 1979 et met aux prises l’équipage de l’Enterprise avec un objet de nature inconnue qui menace de détruire le système solaire. Puis viendra en 1982 « Star Trek : la colère de Khan ». Aucun de ces films n’étant centré sur mon sujet (à mon point de vue), je me suis permis de les ignorer. Celui dont je vais parler maintenant, « Star Trek III : A la recherche de Spock » est la suite du précédent et rentre plus dans mon propos.

Star trek IIILe film s’ouvre avec l’Enterprise qui revient sur Terre après avoir défait l’humain génétiquement modifiée Noonien Singh qui avait tenté de détruire l’Enterprise et de tuer le Capitaine Kirk (William Shatner) en utilisant le Genesis, un artefact expérimental de terraformation.
Le combat ne s’est pas fini sans perte : pour sauver l’Enterprise et son équipage, Spock (Leonard Nimoy), l’ami Vulcain de Kirk, n’a pas hésité à sacrifier sa vie. Son cercueil a été laissé en orbite autour de la planète créée par le Genesis. A l'arrivée de l'Enterprise sur Terre, le docteur Leonard McCoy (DeForrest Kelley) est placé en détention après avoir agi de façon étrange. Quand à l’équipage de l’Enterprise, il apprend de l’Amiral Morrow (Robert Hooks) que son vaisseau va être mis au rebut et qu’il leur est interdit de parler à qui que ce soit du Genesis pour des raisons politiques.
Cela n’empêche pas le fils de Kirk, David Marcus (Merritt Butrick), qui était l’un des scientifiques les plus importants du projet Genesis, étudie avec le Vulcain Saavik (Robin Curtis) la planète créée par le Genesis. A leur grande surprise, ils découvrent une forme de vie à la surface de celle-ci.  Ils s'aperçoivent avec stupeur que le Genesis a ressucité Spock sous la forme d’un enfant, mais que l’esprit de ce dernier est absent. Hélas, Marcus découvre que le « nouveau » Spock » vieillit rapidement et que la planète elle-même n’existera plus dans quelques heures.
Pendant ce temps, un Klingon, le Commandeur Kruge (Christopher Lloyd), intercepte des informations sur le Genesis. Croyant que ce dernier est une arme expérimentale de la Fédération, il attaque le Grissom et le détruit, capturant Marcus, Saavik et « Spock ».
En parlant avec le père de Spock, Sarek (Mark Lenard), Kirk apprend que Spock a transféré avant de mourir son esprit dans le corps du Docteur McCoy. Réunir le corps de Spock et son esprit est indispensable selon la tradition Vulcaine pour qu’il repose en paix sur son monde natal.
Kirk et ses hommes délivrent alors le Docteur McCoy, neutralisent l’USS Excelsior et volent l’Enterprise pour retourner chercher le corps de Spock. (clip)

Le tournage de « Star Trek III «  se déroula de façon plutôt étrange. Les deux premiers films ayant été des succès commerciaux, Paramount voulait d’un troisième film, mais le directeur de « Star Trek II : la colère de Khan » avait claqué la porte, furieux qu’on ait changé la fin de son film sans son accord. Une autre personne était déjà en ligne pour diriger le film : Leonard Nimoy (Spock) lui-même, car il avait été enthousiasmé en voyant « Star trek II ». Mais le directeur des studios Mischael Eisner était réticent car il avait cru une rumeur selon laquelle ce dernier haïssait Star Trek et avait demandé par contrat que son personnage de Spock meure ! Nimoy alla le voir, le persuada sans peine de la fausseté de la rumeur et le convainquit de le laisser tourner le film. Le créateur de « Star trek », Gene Roddenberry commenta la nouvelle en disant qu’Eisner avait engagé « un directeur que l’on ne pouvait virer.
Paramount chargea le producteur Harve Bennett d’écrire le scénario du film à peine « Star Trek II » achevé. Il fit collaborer Nimoy à son écriture. Ils s’inspireront pour celle-ci d’influences diverses dont un poème provenant d’un fanzine consacré à Star Trek. Pour permettre à ceux qui n’avaient pas vu « Star Trek II » de suivre le film, ils créèrent une scène d’introduction où Kirk enregistre les événements précédent dans son journal de bord, chose courante dans les épisodes « à suivre » de la série. Tous deux prirent soin de garder secret certains éléments du scénario secret.
Bennett écrira le scénario définitif en commençant par le fin et en terminant par le début. Originellement, les « méchants » devaient être des Romuliens, mais Nimoy imposa les Klingons, qui’il estimait plus « cinématographiques » et que l’on voit pour l’un des premières fois dans leur nouveau « look » (ancien look) : (nouveau look). Ce fut aussi l'occasion pour Bennett de donner plus de consistance à ces extraterrestres qui n’avaient été en fait que peu décrits dans la série originelle.
6 semaines seront nécessaires pour finir le script. Le budget prévu pour le tournage était de 16 millions de dollars, essentiellement pour les effets spéciaux, les costumes ayant déjà été créés lors des deux films précédents. Ces effets spéciaux seront pour une large part les créations des studios ILM.

Il n’est pas ici sans intérêt de faire une parenthèse sur la querelle absurde opposant certains fans de « Star Trek » à ceux de « Star Wars » pour signaler que Lucas n’a jamais manqué une occasion de rendre tribut à « Star Trek ». Chose amusante, on pourrait même imaginer que les deux mondes coexistent dans le même univers sans que cela soit étrange !

Si la majeure partie des critiques furent plus ou moins favorables, beaucoup firent remarquer avec ironie l’âge croissant des membres de l’équipage ainsi que des « tics » de tournage rappelant plus la télévision que le cinéma. D’autres critiques félicitèrent Nimoy pour son respect des conventions de la série et la peinture psychologique des personnages, le film alternant des scènes d’action pure et d’autres de réflexion. Le scénario reçut des appréciations plus mitigées au sujet « d’occasions manquées » ou d’invraisemblances.
Le public réserva un accueil favorable au film malgré la vive concurrence au moment de sa sortie de « Indiana Jones et le Temple Maudit », de « Gremlins » et de « Ghostbusters ».

L’originalité de ce film, et de « Star Trek » en général, est d’avoir abordé des aspects inédits dans leurs descriptions des civilisations extraterrestres existant dans cet univers fictif, comme les coutumes funéraires des Vulcains dans ce film ou leurs pouvoirs psychiques. Pour cette raison, nous retrouverons occasionnellement l’univers de « Star Trek ».

 
StarmanPour clore cette année 1984, nous retrouvons John Carpenter qui a laissé les glaces antarctiques pour les grands espaces américains et un extraterrestre agressif pour un visiteur aussi étrange que déconnecté à notre monde : « Starman »


1977 : la sonde Voyager 2 est envoyée dans l’espace porteuse d’un message de paix et d’une invitation destinée à d’éventuels extraterrestres de venir visiter notre monde. Or la sonde est interceptée par un vaisseau extraterrestre qui envoie un éclaireur sur notre planète pour répondre à l’invitation et établir un premier contact. Cependant, au lieu d’accueillir avec des majorettes et des flonflons le visiteur étranger, les forces armées américaines abattent le vaisseau extraterrestre qui s’écrase près d'une petite ville du Wisconsin. Sous la forme d’une sphère d’énergie pure, son passager s’échappe de l’épave et arrive à la maison d’une jeune veuve, Jenny Hayden (Karen Allen). Il pénètre chez elle et trouve une boucle de cheveu de son défunt mari dans un album photo. Il s’en sert pour cloner un corps pouvant l’abriter. Jenny, qui est témoin de cette scène est terrorisée par le « Starman » (Jeff Bridges). Il a avec lui sept petites sphères d’énergie. Il en utilise une pour prévenir son peuple que son vaisseau a été détruit, que la population est hostile sur Terre et qu’il demande un rendez-vous avec eux pour être récupéré dans un délai de trois jours terrestres. Avec une seconde, il montre à Jenny une carte holographique des Etats Unis et lui demande de l’emmener en Arizona sur le site du Meteor Crater. Abasourdie et terrifiée, Jenny obéit..
Mais elle ne tarde pas à se reprendre et tente sans succès de s’échapper à plusieurs reprises. Elle finit par supplier le « Starman » de la tuer, mais ce dernier lui prouve ses intentions pacifiques et déclare qu’il n’a aucune intention de lui faire du mal.
Durant leur voyage, tout deux se lient d’amitié, Jenny essaie de montrer au « Starman » que tous les habitants de la Terre ne sont pas des sauvages. Ce dernier explique à Jenny qu’il n’a que trois jours pour être récupéré par les siens, car au-delà, il mourra. Dans l’idée de le laisser continuer seul, elle lui enseigne comment conduire une voiture et utiliser une carte de crédit. Mais quand elle le voit ressusciter un cerf tué par des viandards, elle  décide de l’accompagner jusqu’au bout du voyage et de l’aider.
Elle ignore toutefois que l’armée américaine cherche à retrouver le passager du vaisseau abattu. Les militaires sont dirigés par l’inflexible Georges Fox (Richard Jaeckel) qui est assisté par le plus humain Mark Shermin (Charles Martin Smith), un scientifique du projet SETI. Après avoir trouvé le disque de Voyager 2 dans l’épave , ce dernier comprend que le « Visiteur » est venu en paix. Il comprend aussi qu’il a pris l’apparence du défunt mari de Jenny, mais ne réussit pas à convaincre les militaires que le « Starman » n’est pas une menace. (clip)

Initialement, le script fut écrit chez Columbia en même qu’un autre script parlant d’un visiteur extraterrestre. Le studio ne voulait faire que le meilleur des deux, aussi il donna le script qui lui semblait le plus mauvais à un studio rival. C’était celui de « E.T. ».
Le film sera bien reçu par les critiques et le public, mais il s’en faudra de beaucoup qu’il égale la performance de « E.T. » !

A noter que comme dans « The thing » on a affaire à un visiteur extraterrestre qui se cache dans un corps humain. Mais, s’il est exact qu’il a les intentions les plus pacifiques qui soit, on ne peut pas dire qu’il était fort avisé de sa part de choisir celui d’un mort !


L'année suivante allait sortir un film de Ron Howard : »Cocoon ».Cocoon

Il y a de cela 10000 ans, des extraterrestres pacifiques venus d'une planète orbitant autour d'Antarès ont établi un avant poste sur une île dont le souvenir s'est gardé chez les humains sous le nom d'Atlantide. Quand celle-ci a été engloutie par un séisme, vingt Antariens sont restés sur Terre pour laisser aux autres assez de force vitale pour regagner leur monde d'origine. En attendant d'être récupéré par les leurs, ils se sont enfermés dans des « cocons ».
Or en cette année 1985, une expédition est venue d'Antarès pour les récupérer. Ses membres ont revêtus des déguisements qui les font paraître semblables aux humains et ont loué une maison avec une piscine couverte. Leur intention est de se servir de celle-ci pour récupérer les cocons et les immerger dans l'eau qu'ils ont chargé d'énergie vitale pour donner aux cocons assez de temps pour survivre jusqu'au retour sur Antarès. Pour récupérer les « cocons », ils louent le bateau d'un dénommé Jack Bonner (Steve Guttenberg) en prétendant être venu faire de la plongée et l'emmènent sur le site où reposent les « cocons ».
Mais leurs plans vont être bouleversés par trois pensionnaires de la maison de retraite voisine qui ont pris l'habitude de se baigner en cachette dans la piscine bien avant la venue des extraterrestres. Celle-ci aura sur eux des effets quasiment magiques en leur redonnant une force et une vigueur qu'ils avaient perdu depuis longtemps.
Les Antariens finissent par s'apercevoir de ce qui s'est passé et les prennent sur le fait, mais leur chef, « Walter » (Brian Dennehy), leur permet de continuer à se servir de la piscine à condition qu'ils gardent le secret.
Mais un tel secret peut-il être gardé longtemps? Les autres pensionnaires de la maison de retraite ne risquent-ils par de se rendre compte de quelque chose? Et la révélation de ce secret compromettre la bonne marche du plan des Antariens? (clip)

Le film sera bien reçu par les critiques et les publics. Il permit aussi à d'anciennes gloires hollywoodiennes comme Don Ameche ou Jessica Tandy de revenir sur le grand écran.
Ce succès justifiera une séquelle (Cocoon II) qui n'a pas été tourné par Howard et qui est loin d'égaler en qualité le premier film.


Nous avons ici le cas d'une mission de secours "venue d'ailleurs". A noter qu'à plusieurs reprises et pour des motifs archéologico-idéologiques parfois discutables (racisme, ethno-centrisme, conclusions erronées bâties sur des analogies telles que la "ressemblance" entre les pyramides mayas et egyptiennes, etc) ont tenté d'expliquer leurs thèses par la venue sur Terre de visiteurs d'autres mondes. Sans vouloir exclure totalement l'hypothèses de visteurs passés, les archéologues et les ethnologues ont à chaque fois prouvé le caractère erronée de ces hypothèses, du moins pour ces derniers millions d'années!



Enemy mineToujours en 1985, « Enemy mine » de Wolfgang Petersen raconte une autre histoire.


A la fin du 21ème siècle, une guerre sans merci oppose les Humains aux Dracs, une race de reptiles humanoïdes. Or, le 11 juillet 2092 un combat spatial sans merci oppose l’humain Willis E Davidge (Dennis Quaid) à un pilote Drac Jeriba Shigan (Louis Gossett Jr.) avec comme résultat de provoquer leur écrasement mutuel sur une planète désolée.
Tous deux commencent par essayer en vain de se tuer mutuellement, mais ils sont forcés de s’allier pour survivre aux dangers de cette planète périodiquement frappée par des astéroïdes, pour trouver  de l’eau, de la nourriture et de la chaleur. Au fil du temps, ils deviennent amis et apprennent chacun le langage et la culture de l’autre.
Davidge, qui désire regagner la Terre, trouve le signe de la visite périodique d’humains sur la planète, mais découvre qu’il s’agit de prospecteurs qui emploient des Dracs comme esclaves, les « Scavengers ». Il retourne pour prévenir Jeriba du danger, mais celui-ci lui apprend qu’il est « enceint » (les Dracs ayant un mode de reproduction asexué dont ils ne contrôlent pas le moment).
Un blizzard soudain et l’attaque d’un prédateur les forcent à fuir leur refuge. Pour passer le temps, Jeriba enseigne à Davidge à présenter sa lignée, une formalité indispensable pour que son enfant soit considéré comme un Drac à part entière. Jeriba meurt en accouchant, mais à le temps avant de mourir de faire promettre à Davidge d’amener son enfant à Racon, le monde natal des Dracs.
Davidge élève le jeune Drac, Zammis (Bumper Robinson), comme son fils et le jeune Drac le considère comme son père. Mais quand des « Scavengers » reviennent sur la planète, Zammis se montre imprudent et est capturé, puis réduit à l’esclavage. En tentant de le délivrer, Davidge est gravement blessé est laissé pour mort. Miraculeusement, une patrouille militaire humaine le retrouve et le soigne.
Un seul désir habite Davidge : libérer Zammis, accomplir le dernier vœu de Jeriba et servir d’intermédiaire de paix entre humains et Dracs. (clip)

L’histoire du tournage est plutôt particulière. Tout est parti d’une histoire de Barry Longyear, fortement inspirée par le film « Duel dans le Pacifique » qui montrait l’affrontement, puis l’amitié entre deux hommes, un pilote américain et un marin japonais.
Le tournage commença en avril 1984 avec Richard Loncraine comme directeur. Seulement après plusieurs semaines de tournages en Islande et à Budapest, les producteurs commencèrent à s’inquiéter devant les dépassements de budget, la qualité technique inégale des prises et les différences de qualité artistiques. Aussi, ils décidèrent de se séparer de Loncraine et de choisir un directeur à même de terminer le film. Ils étaient satisfaits du scénario et des acteurs et n’apportèrent aucun changement sur ce plan. Après moult péripéties, ils choisirent Wolfgang Petersen.
Ce dernier n’apprécia pas du tout le travail de Loncraine et jeta toutes les scènes déjà tournée au panier !
Il décida de recommencer à zéro le tournage et choisit de nouveau lieux de tournages en Afrique et dans les studios de Munich où il avait tourné « Le Bateau (Das Boot) ». Il imposera aussi un relooking du costume « Drac » de Louis Gosset Jr, fit construire d’immenses plateaux de tournage et un lac à l’échelle réelle.
Il finira le film sept mois après le délai initial , avec un budget qui était passé à 29 millions de dollars au lieu des 17 prévus au départ.

Pour rentrer dans ses frais, les producteurs pratiqueront un marketing intensif qui leur coûtera 11 millions de dollars… et pour quel résultat !
Les critiques initiales seront plus que mitigées, pointant avec ironie les scènes ridicules du film, notamment l’épouvantable scène finale qui dépasse les bornes du ridicule avec aisance.
Avec le temps, si le ridicule de certaines scènes n’a pas baissé, les appréciations sont devenus moins négatives pour souligner la cohérence du film et ses qualités en tant que film de pur spectacle.
Au moment de la sortie du film, le public partagea l’opinion des critiques et le film fut un semi-échec en parvenant tout juste à couvrir ses dépenses !

C’est en effet un film à voir. Non seulement par curiosité, mais aussi par plaisir. Malgré ses maladresses, il représente un effort scénaristique réel pour tenter de décrire la rencontre d’une culture étrangère avec une culture humaine.


Ouvrons l’année 1986 avec « Aliens » (ou « Alien 2 : le retour) de James Cameron.Aliens 2


Ellen Ripley (Sigourney Weaver) est la seule survivante du cargo « Nostromo » (à part le chat). Alors qu’elle dérive en hibernation dans l’espace, elle est secouru après 57 ans. Elle doit expliquer à des officiels de l’entreprise qui l’employait, la Weyland-Yutani », la cause de la perte du « Nostromo » mais se heurte à leur incrédulité, aucune preuve n’ayant subsisté de l’existence de l’Alien. Ripley perd alors sa licence de vol spatial et apprend que LV-426, la planète où l’équipage du « Nostromo » a découvert les œufs d’aliens, est en cours de tarraformation et qu’une colonie y est installée.
Peu de temps après, elle reçoit la visite de Carter Burke (Paul Reiser), un représentant de la Weyland-Yutani, et du lieutenant Gorman (William Hope) des Marines, qui l’informent que tout contact a été perdu avec la colonie située sur LV-426. La compagnie a décidé d’envoyer Burke avec une compagnie de Marines pour enquêter sur place. Burke demande à Ripley de les accompagner en échange de la restitution de son brevet de pilote. Ripley, traumatisée par son expérience précédente refuse catégoriquement, mais finit par accepter quand Burke lui promet que tout Alien rencontré sera détruit et qu’il n’y aura aucune tentative de faite pour les capturer ou les étudier.
A bord du Sulaco, elle fait la connaissance des Marines qu’elle doit accompagner et notamment celle de l’androïde Bishop (Lance Henriksen) dont elle se méfie aussitôt.
L’expédition atteint LV-426 pour y trouver la colonie apparemment désertée de ses occupants. Deux larves vivantes d’Aliens sont trouvées enfermées dans des réservoirs de confinement. Durant leurs recherches, ils ne trouvent qu’une petite fille traumatisée, Newt (Carrie Henn).
Les marines découvrent que les colons sont rassemblés dans la station de terraformation alimentée par une centrale nucléaire. Ils y trouvent un énorme nid d’aliens remplis de colons contaminés par des larves d’aliens en cours d’incubation. Pour protéger le nid, les aliens passent à l’attaque et tuent la plupart des Marines. Pire la navette censée les ramener à leur vaisseau s’écrase quand les deux hommes de son équipage sont attaqués par un alien. Les survivants dont Ripley, Bishop et Burke doivent alors se barricader avec Newt en espérant survivre à l’attaque prévisible des aliens jusqu’à ce que les secours arrivent ou qu’ils trouvent un moyen de fuir. (clip).

C’est dès la fin de la post-production de « Terminator » que Cameron émit l’idée de diriger une suite du film « Alien » de 1979 avec le producteur David Giler. Après s’être imposé quatre jours de réclusion et de « brain-storming », Cameron présenta un projet de quarante-cinq pages que les studios de la 20th Century Fox mirent en sommeil quelque temps pour cause de changements dans leur direction et de crainte sur la rentabilité d’une séquelle.
Profitant du fait qu’Arnold Schawartznegger n’était pas disponible avant neuf mois, non pour cause de grossesse, mais en raison du tournage de « Conan le destructeur », Cameron en profitera pour peaufiner son script. La lecture du résultat final impressionnera la Fox qui dira à Cameron qu’il pourra filmer « Aliens » si « Terminator » est un succès. Et ce sera le cas.
Cameron avait déjà choisi de centrer son histoire plus sur la terreur que l’horreur et de se démarquer de l’histoire originale en la situant sur une planète. Mais un premier problème n’allait pas tarder à surgir…
Sigourney Weaver n’était pas du tout intéressée de reprendre le rôle de Ripley et doutait du résultat du projet. Cameron parviendra à la convaincre, mais la Fox refusera alors de la prendre sous contrat pour une sombre histoire d’argent, Weaver demandant un salaire trop élevé à son goût. Elle demanda alors à Cameron de modifier son histoire pour en supprimer le personnage de Ripley. Cameron refusa catégoriquement. La Fox céda et fut forcée de signer avec Sigourney Weaver pour un salaire d’un million de dollars, trois fois le montant de ce que Weaver avait été payé lors du premier film !

Weaver dira plus tard qu’elle surnommait Ripley « Rambolina » et qu’elle jouait le personnage en suivant les héroïnes guerrières de la littérature classique chinoise ou ceux de « Henry V ».

Pour l’histoire même, Cameron s’inspira de la guerre du Vietnam où une armée technologiquement supérieure avait été mise en échec par un environnement étranger et hostile. Les Marines de la Weyland-Yutani sont montrés confiants et certains dans leur inévitable victoire, tout comme les soldats du Vietnam, mais se retrouvent comme eux face à un ennemi moins avancé technologiquement mais très déterminé qui les entraîne dans une situation à laquelle rien ne les avait préparé.

Les décors furent créés par Syd Mead qui avait précédemment travaillé sur « Blade Runner » et « Tron ». Cameron lui demanda de remplir les décors d’éléments rappelant de façon quasi-subliminale le Viet Nam.
Les armes utilisées par des Marines furent basées sur des armes véritables qui furent modifiées par des armuriers britanniques pour leur donner un aspect futuriste. Pour l’équipe des effets spéciaux, le plus difficile sera de créer le lance-flammes qui était l’arme la plus lourde et… la plus dangereuse !

Les effets spéciaux furent la création des frères Robert et Dennis Skotak qui avaient travaillés auparavant sur plusieurs films de Roger Corman. Ils construisirent les modèles réduits utilisés pour représenter la colonie sur LV-426.
Les costumes d’Aliens furent améliorés par rapport au premier film pour leur permettre des mouvements plus amples et d’effectuer des bonds.
Les scènes les plus difficiles à tourner furent celles de la « Reine Alien ». La conception de sa représentation sera particulièrement difficile et son maniement très compliqué.

Le film, d’un budget de 18 millions dollars, sera tourné en Angleterre aux studios Pinewood. Le tournage sera émaillé de querelles entre Cameron et l’équipe britannique, principalement pour des raisons culturelles, mais aussi en raison de la dureté habituelle d’un Cameron qui devait respecter impérativement en plus un budget strict et des délais impératifs. L’équipe de tournage considérait également que Cameron était trop jeune et peu expérimenté pour diriger ce film, bien que ce dernier ait tenté de leur montrer son travail sur « Terminator », alors que ce film n’avait pas encore été projeté au Royaume Uni.
Les membres de l’équipe de tournage iront jusqu'à se moquer de la femme de Cameron, la productrice Gale Anne Hurd en disant qu’elle était la seule productrice au générique grâce à son mari.
Le tournage s'arrêtera même quand Cameron se disputera avec un caméraman irascible qui éclairait trop fort à son goût le « nid des Aliens ». C’est justement Gale Anne Hurd qui saura trouver les mots pour remettre l’équipe au travail après le licenciement du caméraman.
Certaines scènes du film seront tournées dans une centrale électrique désaffectée où des problèmes seront rencontrés par l’équipe de tournage du fait de la rouille et de l’amiante. Elle devra nettoyer le site avant de profiter de ce lieu plein de grillages et corridors. Ils y créeront le « nid des Aliens » qui sera réutilisé en 1989 pour « Batman ».

Malgré toutes ces difficultés, le film sera un triomphe public et critique, surpassant même le premier opus. Il enrichit même le mythe des « Aliens » de nouveaux éléments en les montrant structurés socialement sous la direction d’une « Reine » qui charge les « guerriers » d’assurer la protection du nid et de sa personne, ainsi que de lui fournir des proies vivantes qui lui serviront à assurer la perpétuation de l’espèce en hébergeant  des larves. On y voit aussi les « Aliens » capables de mener des attaques coordonnées en groupe, à l’image de certains prédateurs terrestres (loups, lycaons, lionnes…).


La petite boutique des horreursPoursuivons maintenant avec un véritable « OVNI » : « La petite boutique des horreurs » de Frank Oz.


En septembre 1960, le terne Seymour Krelborn (Rick Moranis) qui est modeste employé chez un fleuriste, découvre après une éclipse totale de soleil une étrange fleur qui ressemble à une dionée « attrape-mouches », une petite plante carnivore. Il la nomme « Audrey II » en hommage à l’une de ses collègues de travail dont il est secrètement amoureux. Toutefois, une fois la boutique fermée, Seymour s’aperçoit que sa plante dépérie parce qu’elle refuse d’absorber toute nourriture. C’est en se blessant accidentellement sur l’épine d’une rose que Seymour découvre que « Audrey 2 » est friande de sang humain.
La boutique, jadis périclitante, prospère en même temps qu’Audrey II, tandis que Seymour s’affaiblit car il doit donner de plus en plus pour assurer la croissance de celle-ci
Audrey II prend de plus en plus de place dans sa vie, d’autant qu’elle est intelligente et douée de la parole. Et elle finit par demander à Seymour plus de sang que celui-ci ne peut lui fournir. Et à lui promettre fortune et célébrité s’il pourvoit à son approvisionnement. Le petit ami d’Audrey (Audrey I évidemment), un dentiste qui cache sa violence et son sadisme sera le premier à venir nourrir Audrey II (clip)

« La petite boutique des horreurs fut d’abord un film à petit budget de Roger Corman sorti sur les écrans en 1960. Dans l’un des rôles ont trouvait un Jack Nicholson débutant. Ce film fut ensuite adapté en 1982 en comédie musicale par le compositeur Alan Menken et le scénariste Howard Ashman pour Broadway. Le succès sera si grand que la décision sera prise de tourner une version filmée de ce spectacle.

« Audrey II » est une création fort élaborée de Lyle Conway qui utilisa pour la représenter plusieurs marionnettes. Pour la montrer en train de danser, il ralentira le rythme de tournage à 16 images par secondes et réduira les temps de tournage pour permettre aux marionnettistes de souffler et de garde leur efficacité, notamment dans les scènes où elle devait interagir avec un acteur humain (le plus souvent Rick Moranis qui interprétait Seymour). Pendant la dernière phase de croissance d’Audrey II, 60 marionnettistes étaient nécessaires pour animer la poupée qui pesait près d’une tonne !

Outre le fait d’avoir été un grand succès commercial et critique, « La petite boutique des horreurs » présente une créature extraterrestre plutôt originale : la « plante vampire chanteuse venue de l’espace ». C’est aussi l’une des rares comédies musicales à utiliser une créature venue d’un autre monde.


Sorti en 1987, « Predator » de John McTiernan pose un autre genre de question : Et si notre Predatorplanète et sa pacifique population était un safari-parc pour extraterrestre ?


Tout commence avec la vision d’un astronef extraterrestre qui entre dans l’atmosphère
de notre planète et repart après avoir largué une capsule qui descend vers l’Amérique Centrale.
Quelque temps plus tard, un commando d’élite mené par le Major Alan « Dutch » Schaefer (Arnold Schwarzenegger) est chargé de délivrer un ministre et son assistant qui ont été enlevé par des guerilleros. Les commandos sont déposés dans la jungle par hélicoptère et commencent à progresser vers leur cible.
En route, ils trouvent l’épave d’un hélicoptère et les corps écorchés de plusieurs membres des Forces Spéciales dont la présence dans la région étonne Dutch. Continuant leur route, ils arrivent au camp lourdement défendu des guérilleros et en massacrent les occupants à l’exception d’une femme, Anna (Elpidia Carrillo), qu’ils emmènent prisonnière.
Mais alors qu’ils regagnent le point où ils doivent être récupérés par un hélicoptère, ils sont épiés par une créature inconnue qui utilise une vision thermique.
Et les chasseurs deviendront gibier ! (clip)

Après la réalisation de « Rocky IV », une plaisanterie se répandit dans Hollywood : comme aucun adversaire terrestre ne pouvait battre Rocky Balboa, son prochain adversaire se devait être un extraterrestre dans un futur « Rocky V ». Les scénaristes Jim et John Thomas l’entendirent et se dire que l’idée n’était pas si mauvaise que cela ! Ils produisirent un script portant le titre de « Hunter ». La 20th Century Fow accepta ce dernier en 1985 et le proposa au producteur Joel Silver, qui avait déjà produit « Commando ». Ce dernier fit modifier ce qui n’était qu’au départ qu’un film de science fiction de série B assez traditionnel en un film à grand budget. Il fit ensuite appel à son ancien patron Lawrence Gordon et tout deux choisirent John McTiernan pour diriger le film.
Initialement, on pensait à Jean-Claude Vandamme pour jouer le rôle du « Predator », mais on choisira en fin de compte Kevin Peter Hall, Vandamme s’étant plaint d’être engoncé et d’avoir trop chaud dans la tenue du Predator. Sa défection manquera de peu de faire capoter le tournage du film !
L’apparence du « Predator » évoluera aussi ? Au départ, il devait être gigantesque avec un tête de canard, mais sur une suggestion de James Cameron, Stan Winston, le concepteur du « Predator », choisira d’en faire une créature dotée de mandibules.

Il faudra attendre plusieurs mois avant que Schwarzenneger ne soit enfin libre pour le tournage qui commencera dans la jungle proche du site de Palenque au Mexique en avril 1986 pour se poursuivre dans les environs de Villahermosa (Mexique). Le 25 avril Schwartzenneger quitta le tournage qui fut suspendu pendant deux semaines, le temps de sa « lune de miel ». Durant cette période on filma des scènes où il n’intervenait pas. Le 12 mai, le tournage était achevé.

Tant McTiernan que Schwartzenegger perdirent du poids durant le tournage. Si de la part de Schwartzenegger c’était un choix professionnel, ce n’était pas le cas pour McTiernan qui comme la majeure partie des acteurs et de l’équipe de tournage souffrit de « tourista » en raison d’une purification défectueuse de l’eau de leur hôtel. Les acteurs se levaient souvent à trois heures du matin pour leur journée de tournage.
L’acteur Sonny Landham qui jouait le rôle de l’un des membres du commando (Billy) était si instable et imprévisible qu’on engagea un garde du corps pour en protéger les autres acteurs !
Schwarzenegger passera trois semaines à nager dans de l’eau glaciale couvert de boue pour le tournage des scènes de son duel avec le « Predator ». Contrairement à tout ce que l’on pourrait penser en évoquant la jungle mexicaine, l’équipe de tournage souffrira tant du froid qu’il faudra ramener des lampes chauffantes pour leur permettre de travailler avec un minimum de confort ! Ils devront aussi tourner des jours et des jours sur des terrains escarpés et boueux, en perpétuelle situation de déséquilibre sur un terrain escarpé et glissant!
Le plus malheureux était sans doute Kevin Peter Hall dans son costume de « Predator ». Une fois revêtu ce dernier, il ne voyait plus rien et devait jouer « en aveugle ». Dans la scène où il poursuit Schwarzenegger, il traversa des mares fétides infestées de sangsues avec un costume de « Predator » fort lourd qui le déséquilibrait.

Si le public réserva un bon accueil au film, ce ne fut pas le cas des critiques ! Ils se moquaient de la minceur de son scénario et ses invraisemblances, « malgré quelques bonnes surprises ». le temps viendra pondérer ces opinions négatives en laissant place au fait que « Predator » tient plus du film d’action pure que de la science-fiction, qui n’est ici qu’un prétexte.

On peut en effet se demander pourquoi une créature aussi avancée technologiquement que le « Predator » s’amuse à combattre au corps à corps des commandos américains dans une jungle mexicaine alors qu’il pourrait trouver plein de proies dans des centres urbains ! Le goût du sport sans doute ?


Tout grand genre cinématographique amène son lot de pastiche plus ou moins bon. « Spaceballs » Spaceballsde Mel Brooks et l’un des plus intéressants d’autant qu’il bénéficia pour son tournage du soutien de… George Lucas !


La planète Spaceball a gaspillé toute son atmosphère. Son dirigeant, le président Skroob (Mel Brooks), manigance de s’approprier de l’air de la planète Druidia en kidnappant la Princesse Vespa (Daphne Zuniga), fille du Roi Roland (Dick Van Patten), qui règne sur Druidia. Il décide d’effectuer le rapt le jour où la Princesse doit être donnée en mariage au narcoleptique Prince Valium (Jim J. Bullock). Il assigne cette mission à son âme damnée Dark Helmet (Rick Moranis) avec le vaisseau Spaceball One commandée par le Colonel Sandurz (George Wyner).
Mais avant qu’ils n’arrivent à bon port pour commettre leur forfait, la Princesse Vespa s’est enfuie de la planète avec son droïde protocolaire Dot Matrix (Joan Rivers) à bord de son vaisseau personnel.
Le Roi Roland engage alors le capitaine mercenaire Lone Starr (Bill Pullman) et son « mawg » (mi-homme, mi-chien) Barf (John Candy) en leur demandant de retrouver Vespa et de la ramener en échange d’une forte récompense. Lone Starr accepte avec empressement, car il doit beaucoup d’argent au très rancunier « Pizza the Hut » (Dom DeLuise). Lone Starr et Barf rejoignent la princesse Vespa avant Dark Helmet et lui échappent dans l’hyperespace.
A cours de fuel, leur Winnebago Space Ship s’écrase sur la désertique « Moon of Vega » et ils trouvent refuge dans une grotte qui abrite le sage Yogurt (Mel Brooks!). Ce dernier initie Lone Starr aux secrets du « Schwartz ». Lone Starr profite de ces moments pour draguer la Princesse Vespa, mais celle-ci le repousse en lui disant qu’elle ne peut être mariée qu’à un prince. (sans rire. Un prince-sans-rire).
Mais Spaceball One et Dark Helmet ont retrouvé leur trace… (clip)

Parodiant joyeusement Star Wars, Star Trek, Alien, La planète des singes, ce film fera une carrière plutôt bonne dans les salles obscures, tout en laissant les critiques plutôt dubitatif, beaucoup lui reprochant d’arriver près de dix ans après le début. Au fil du temps, il fera son petit bonhomme de chemin dans le circuit vidéo au point de devenir un film « culte » et d’être maintenant considéré comme l’une des meilleures productions de Mel Brooks, malgré quelques moments de faiblesses. A noter que John Hurt fait une apparition dans le rôle de "Kane" lors d'une scène pastichant "Alien".



1987 voit aussi revenir une série de légende : « Star Trek ». Ce retour était motivé par le fait que la Star Trek Next Generationsérie originale était devenue culte et que les films réalisés avec les acteurs de la série originale avaient reçu un bon accueil public, malgré des réserves de la part des critiques.
En fait, c’était devenu une source importante de revenus pour la Paramount. Dix-sept ans après son arrêt, la série originale était toujours l’une des plus regardées à chaque rediffusion. Paramount en vint inévitablement à l’idée de ressusciter la série. Cette idée avait échouée en 1977, mais dix ans plus tard elle allait aboutir. Toutefois, pour éviter de faire de l’ombre aux films, Paramount décida de prendre des acteurs inconnus pour celle-ci. Elle contacta Roddenberry pour lui demander de diriger la nouvelle série, mais ce dernier refusa car le concept initial lui déplaisait et n’accepta qu’à condition d’imposer ses idées.
Ainsi, il imposa Rick Berman comme producteur exécutif. C’était une idée fort judicieuse car il sera le moteur de toutes les nouvelles séries de la franchise. Il engagera aussi des gens qui avaient travaillé sur la série originale.
Chaque épisode bénéficiera d’un budget moyen de 1.3 millions de dollars, bien plus que la série originale !

La série suit les aventures d’un nouvel « Enterprise » censées se dérouler quatre-vingt ans après la série originale. La Fédération a subi d’importants changements dans sa manière d’explorer l’univers à la recherche de nouvelles formes de vie et de civilisations. Ce qui soulève en son sein même des controverses sur la manière d’appliquer la « Prime Directive » qui interdit à la Fédération des Planètes Unies d’entrer en contact ou d’intervenir de quelque façon que ce soit sur des populations vivant sur des planètes qui n’ont pas encore découvert le saut « warp » seul capable de permettre le voyage vers d’autres étoiles dans des délais raisonnables. Une paix fragile existe entre l’Empire Klingon et la Fédération. Elles se sont même alliés pour contrer la menace des Romuliens, frères agressifs des Vulcains, et surtout sur celle du « Borg » qui deviendra majeure vers la fin de la série.
Ce nouveau vaisseau est commandé par le Capitaine Jean-Luc Picard (Patrick Stewart) avec comme second le commandeur William Riker (Jonathan Frakes), le lieutenant commandeur Data (Brent Spiner), un androïde, le chef de la sécurité le lieutenant Tasha Yar (Denise Crosby. Une femme ! Une première, et pas seulement dans Star Trek), le conseiller psychologique Deanna Troi (Marina Sirtis, une extraterrestre à demi-humaine dotée de pouvoirs télépathiques.), l’officier tactique le lieutenant Worf (Michael Dorn), un Klingon élevé par des humains, le docteur Beverly Crusher (Gates McFadden) et le lieutenant Geordi La Forge (LeVar Burton), un aveugle muni d’un dispositif lui permettant de voir dans différents spectres.
Après la disparition (tragique évidemment) de Tasha Yar lors de la première saison. Le lieutenant Worf sera donc promu chef de la sécurité pour les saisons suivantes.

Leurs aventures les amèneront à rencontrer de nouvelles formes de vie et civilisations comme les Ferengis, les Cardassiens ou les Bajorans, qui joueront tous un rôle majeur dans les autres déclinaisons de la série. Ainsi que le « Borg ». Ou des personnages aussi étranges et fantasques que « Q » (John de Lancie).
Grâce à l’esprit d’ouverture très large de Berman, certains épisodes n’hésitent pas à évoquer parfois des sujets très politiques (racisme, inégalités sociales, effets pervers de la technologie, etc…). Elle place souvent les personnages devant des dilemmes dont ils doivent supporter ensuite les conséquences ou montrent les efforts, parfois risibles, de Data pour devenir un être humain à part entière. (clip)

La série se terminera sur la septième saison (alors que les acteurs avaient signés pour une huitième !). Ce n’était pas faute d’audience : aucune série de la franchise n’a reçu plus de récompenses que cette série qui a connu les plus forts taux d’audience. Bref, une réussite complète !

Deux choses intéressent particulièrement le thème des extraterrestres dans cette série. Tout d’abord l’épisode « First Contact », puis le Borg.

First contactL’épisode « First contact » (saison 4, épisode 15) est considéré comme l’un des dix meilleurs de la série.(clip).    
Les habitants humanoïdes de la planète Malcor III se préparent à accéder à la technologie warp. La Ministre des Sciences Mirasta Yale (Carolyn Seymour), qui dirige le projet, reçoit la visite du Capitaine Picard et de Deanna Troi qui se sont téléportés dans son laboratoire. Après l’avoir rassurée sur leurs intentions pacifiques, ils lui expliquent qu’ils sont venus pour préparer le « premier contact » entre la Fédération des Planètes Unies et le gouvernement de Malcor III.
Mais Riker (le second de Picard) qui était sur la planète déguisé sous l’apparence d’un habitants de Malcor pour vérifier de visu l’état d’avancement de la société malcorienne est pris dans une émeute et blessé. Il ne peut être récupéré par l’Enterprise et est emmené dans un hôpital où l’on découvre vite qu’il n’est pas ce qu’il semble être.
Divisés politiquement, les « Malcoriens » sont-ils vraiment prêts pour le contact ? Quelle sera leur réaction maintenant qu’ils savent que des « extramalcoriens » les surveillent ?

 

L’intérêt de cet épisode est d’inverser les codes traditionnels du genre, notamment ceux des séries « B » d’envahisseurs extraterrestres » des années 1950. Nous avons ici une situation où se sont les « humains » qui sont soupçonnés de vouloir asservir les habitants d’une planète.

Encore plus intéressant est le « Borg » (clip), l’une des « races » extraterrestres des plus originales.Borgs
Le « Borg » est un collectif qui progresse en assimilant des races complètes qui viennent ainsi bien involontairement ajouter leurs connaissances au collectif. Les individus assimilés perdent toute individualités et ne sont rien de plus que l’équivalent des « ouvrières » dans une fourmilière. Ils deviennent par ailleurs des créatures mi-humanoïdes, mi-cybernétiques.
Les vaisseaux Borgs sont des cubes de tailles gigantesques dotés de facultés d'autoréparations et qui surclassent en vitesse et en armement les vaisseaux de tout ceux qui tentent de leur résister, y compris ceux des Klingons ou de la Fédération.
Manifestation claire de leur puissance, ceux qui doivent être « assimilés » reçoivent un ultimatum type : « Nous sommes le Borg. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. Nous intègrerons vos caractéristiques biologiques et technologiques aux nôtres. Votre culture s’adaptera à nos besoins. Toute résistance sera futile. ».
Les Borgs seront des personnages récurrents dans les séries « Star Trek Voyager » et apparaîtront dans quelques épisodes de « Star Trek Enterprise ».
On y apprendra qu’ils ont une ou plusieurs « reines » qui coordonnent les actions de plusieurs vaisseaux Borgs et qui sont en quelques sortes, le « cortex central » du Borg. Elle n’ont pas d’identité et se désignent comme étant « le Borg ». (clip)
Il est presque impossible une fois assimilé de recouvrir son indépendance. La seule exception est le Capitaine Picard, un temps assimilé sous le nom de Locutus. Les autres exceptions sont accidentelles ou provoquées par la séparation brutale d’avec le collectif (cas de « Seven of Nine » dans Star Trek Voyager) et restent malgré tout partiellement cybernétique.
Il n’existe (en dehors des androïdes comme Data) aucune espèce humanoïde inassimilable, à l’exception d’une race venant d’une autre dimension, hostile tant au Borg qu’aux Humains, visible dans « Star Trek Voyager ».


Mais revenons à notre bonne vieille planète et à une autre sorte d’envahisseurs du genre discret, les extraterrestres de « They live » de John Carpenter que nous retrouvons une nouvelle fois ici.


They live - Invasion LA Los Angeles« Nada » (Roddy Piper), un sans domicile fixe, vient à Los Angeles pour trouver du travail sur un chantier de construction. L’un des ouvriers du chantier où il est embauché, Frank Armitage (Keith David), l’emmène pour la nuit dans un bidonville proche où il lui offre le gîte et le coucher. Au matin, il remarque un curieux manège autour d’une petite église proche. En furetant, il découvre que du matériel scientifique et de télécommunication y est dissimulés ainsi que des cartons rangés dans des caches
Durant la nuit suivante, la police cerne l’église forçant ses occupants à fuir. Elle s’attaque alors au bidonville avec des bulldozers (pas en France que l’on verrait ça !) et tabasse le prêtre aveugle qui s’occupait de la soupe populaire et de l’église.
Une fois la situation calmée, Nada retourne à l’église pour la trouver vide. Ouvrant l’une des caches, il en sort l’une des boîtes en carton et la trouve remplie de lunettes de soleil.
Il en garde une et cache les autres dans un vieux container à poubelles.
Quand il met les lunettes, il s’aperçoit que toutes les publicités et médias diffusent des messages subliminaux destinés à contrôler la population et à la réduire à l’asservissement.
Il découvre ensuite parmi les humains la présence d’extraterrestres dont le visage a une apparence squelettique. Ils sont présents dans les hautes couches de la société et la politique.
Quand les extraterrestres comprennent que Nada les voit tels qu’ils sont, ils envoient la police le capturer. Nada parvient à s’enfuir et à s’emparer d’une arme.
Il va devoir convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé… (clip).

Carpenter eut l’idée de ce film par deux biais : d’abord une nouvelle de science-fiction « Eight o’clock" de Ray Nelson parue dans les années 1960 sur une invasion extraterrestres dans le style de celle des « Body Snatchers » (Les profanateurs de sépultures), et une histoire intitulé « Nada » dans un comic-book. L’histoire de Nelson parlait d’un homme hypnotisé par un illusionniste sur une scène de cabaret qui réalise en se réveillant que toute l’humanité a été hypnotisé et que des extraterrestres la contrôlent. Il n’a que jusque huit heures du matin pour les empêcher d’asservir définitivement l’humanité.
Carpenter acheta les droits de la nouvelle et du comic book et écrivit le scénario en se servant du texte de Nelson comme base.
Il y plaça des éléments faisant référence à ce qui le dégoûtait de plus en plus alors : la surcommercialisation de la culture populaire et de la politique dans les années 1980. C’est lui aussi qui imagina l’allure cadavérique des extraterrestres. « Les créatures nous corrompent, aussi, elles sont elles mêmes des humanoïdes corrompus".

Le film ne sera pas immédiatement un succès commercial en raison de critiques mitigées. Hommage de Carpenter aux films d’horreur et de science-fiction de série B des années 1950-1960, il gagnera toutefois peu à peu le statut de film culte.


Mais passons maintenant au nanard de la décennie : l’effroyable « Creature » (1985).Creature
Ce film de William Malone, fortement inspiré par « Alien », met aux prises une équipe de vaillants explorateurs de l’espace avec une terrifiante créature dans une base située sur Titan, la plus grande lune de Saturne. Outre un appétit de meurtre surdimensionné, cette créature a en plus la capacité de transformer en zombies lui obéissant ceux qu’elle a fait passer de vie à trépas. (clip)

Que dire de ce film, sans doute le pire de Malone, qui avait cependant l’excuse d’être alors un réalisateur débutant ? Il démontre que le fait de « s’inspirer » d’un chef d’œuvre et d’ajouter ici et là quelques scènes « gore » ou dénudées n’entraîne pas forcément comme résultat un bon film ?
A noter dans ce naufrage la présence (pendant une demi-heure) de Klaus Kinski. Il faut dire que ce dernier avouait choisir ses films pour avoir le temps de tournage le plus court possible pour le maximum d’argent ! D’où le fait que sa filmographie comprend aussi bien des films tels que « Fitzcarraldo » ou d’épouvantables nanards, tels que ce dernier film !

 

Des extraterrestres sur l'écran (1) : de Méliès à Kubrick

 

Des extraterrestres sur l'écran (3) : de Dan Curtis à Don Bluth





 

 

 



26/10/2011
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