L'ours polaire

L'ours polaire

Des Extraterrestres sur l'écran! (1) : de Méliès à Kubrick

 

 

I) Introduction

La présence sur les écrans de créatures extraterrestres remontent aux origines même du cinéma. Et elles peuplaient déjà depuis longtemps la littérature dt l'imaginaire des hommes.


DDes extraterrestres tels que le 19ème siècle les imaginaitès le second siècle de notre ère, Lucien de Samosate (né vers 120, mort vers 180) s'amusait dans son conte satirique « Histoire véritable » à imaginer les habitants de Lune.
Cyrano de Bergerac (1619-1655) dans ses « Etats et Empires de la Lune » et Voltaire (1694-1778) avec le conte « Micromégas seront ses continuateurs.
Mais c’est surtout à la fin du 19ème siècle, notamment avec H. G. Wells (1866-1946), que le personnage de l’extraterrestre se manifeste dans la littérature et la culture populaire, en bonne partie grâce au fameux mythes des « canaux de Mars » que certains imaginaient creusés par une race se battant contre la désertification progressive de son monde…

Ces « visiteurs extraterrestres" peuvent se répartir en trois catégories :

a) Les extraterrestres intelligents et bienveillants (Exemple : ET ou Cocoon)
b) Les extraterrestres intelligents et malveillants (Exemple : Les « Envahisseurs » ou les Martiens de la « Guerre des Mondes »).
c) Les extraterrestres animaux (Exemple : les Aliens)

S’ils sont en général plus au moins humanoïdes, ils peuvent varier en taille de celle d’un brin d’ADN au gigantesque extraterrestre de « Solaris ». Très souvent, on emploie comme modèle des animaux terrestres (insectes pour « Alien », tortue pour »ET », etc...).

Parfois, les valeurs du mythe sont inversés. L’extraterrestre devient l’être humain qui tente de conquérir un monde étranger (Avatar).


II) Les précurseurs

  

L’image du cinéma de science fiction est tellement associée au cinéma à grand spectacle américain que l’on a du mal à imaginer que le premier film du genre ne soit pas originaire des Etats Unis! Et pourtant, non seulement c’est le cas, mais en plus, c’est un film français qui ouvre le bal : « Le voyage dans la Lune" de Georges Méliés (1861-1938)!
En 1895, Méliés, qui était un prestidigitateur très renommé, fut convié à la première projection du cinématographe des frères Lumière à Lyon. Au contraire des deux frères qui ne voyaient en leur invention qu'un intérêt scientifique ou documentaire, il comprit qu'il pouvait l'utiliser avec profit dans le monde du spectacle et du divertissement.
Comme les frères Lumière refusent de lui vendre une caméra, en lui disant qu'il se ruinerait, il en achètera une à Londres quelques mois plus tard et fondera la première société au monde de production « Star Film ». Puis il construisit dans sa propriété de Montreuil le tout premier studio de cinéma. Il y tournera tous ses films, faisant appel au voisinage et à sa famille pour les acteurs, n'hésitant pas à se mettre lui-même en scène le cas échéant!
De 1896 à 1914, il réalisera près de six cents courts métrages, parfois colorisés à la main image par image. Malheureusement, il n'avait pas prévu le développement de l'industrie cinématographique. Dans son esprit, le cinématographe n'était qu'une attraction de foire, un prolongement de la « Lanterne Magique ». Ruiné, il sombrera dans l'oubli et une grande partie de ses films seront perdus à jamais. On le retrouvera en 1930 à Paris, comme marchand de sucrerie et de jouets dans la gare Montparnasse. On lui rendra alors les honneurs qui lui étaient dû en tant que pionnier du cinéma et surtout en tant que « père » des effets spéciaux et trucages. C'est en effet lui qui posa les bases de toutes les techniques de trucages utilisées dans le cinéma, même encore de nos jours.

C'est en 1902 qu'il tourna le « Voyage dans la Lune ». Ce court métrage de 14 minutes est un mélange entre les romans « De la Terre à la Lune » de Jules Verne et « Les premiers hommes dans la Lune » de H. G. Wells.
Méliés n'ignorait pas que la Lune était un astre mort. Il filmait une « fantaisie » et le savait, mais ses Sélénites sont les premiers extraterrestres à paraître à l'écran. Extraterrestres d'ailleurs peu dangereux : un bon coup de canne ou d'ombrelle et ils disparaissent en poussière! 

 


Il faudra ensuite attendre quinze ans pour retrouver un film notable sur le sujet. Et encore une fois ce n'est pas un film américain... mais un film danois!

En 1917, la boucherie de la Première Guerre Mondiale dure déjà depuis trois longues et sanglantes années. Resté neutre, le Danemark voit les ravages de la guerre s'étendre à travers l'Europe. C'est alors que le réalisateur Holger-Madsen (1878-1943) tourne le film « Himmelskibet". L'histoire raconte le premier voyage humain vers Mars où l'équipage trouve une civilisation martienne très évoluée et non violente au point d'être végétarienne et antialcoolique. Les Martiens (les premiers d'une longue procession) chargent les membres de l'expédition de ramener sur Terre un message de paix et de tolérance qui visiblement n'a toujours pas été compris! Vêtus de longues toges blanches, les martiens ressemblent furieusement à des Grecs de l'Antiquité.

 


A noter que ce film est considéré comme le premier « space-opera » de l'histoire du cinéma. Il montre pour la première fois un voyage intersidéral en fusée. On savait déjà depuis longtemps que « l'obus » de Jules Verne était une impossibilité, mais il faut remarquer qu'à l'époque les fusées, mis à part celles des feux d'artifices, n'existaient qu'en théorie!

 

 

 

Passons encore sept longues années et arrêtons-nous en 1924 en Russie Soviétique. Inspiré d'un roman de Tolstoï, voici « Aelita », du réalisateur Yakov Protazanov (1881-1945). Il est centré sur la vie quotidienne d'un groupe de jeunes gens dans l'Union Soviétique d'après la Première Guerre Mondiale, Aelita raconte l'histoire de l'un de ces jeunes gens, Los (Nikolai Tsereteli), qui voyage vers Mars à bord d'une fusée. Là, il conduit une révolte populaire contre la tyrannie d'un groupe d'Anciens, avec le soutien de la reine Aelita (Yuliya Solntseva), qui est amoureuse de lui depuis qu’elle l’a vu à travers un télescope .

 


Mais ce n’est pas à son scénario que Aelita doit sa célébrité, mais bien à ses costumes et à ses décors.
La Révolution de 1917 eut comme conséquence inattendue de permettre à toute une série d’artistes d’avant-garde de s’exprimer sur toiles, affiches, photos et bien sûr dans ce média nouveau qu’était alors le cinéma. C’est l’artiste Aleksandra Ekster (1882-1949) qui créa tous les costumes et les décors dans le style du Constructivisme en vogue en Russie dans les années 1920.
Le film aura un énorme succès populaire en Russie au point que beaucoup de petites filles des années 1920 recevront le prénom d’Aelita. Mais durant les années 1930, le pouvoir stalinien verra ce film, qui prône la révolte populaire contre une oligarchie, d’un mauvais œil. Protazanov tombera en disgrâce. Ekster émigrera peu après le film en France où elle deviendra professeure à l’école d’art contemporain de Fernand Léger.

 

 

 

Douze ans plus tard apparaît aux Etats Unis le premier héros récurrent, tout droit sorti de la bande dessinée d’Alex Raymond (1909-1956) : Flash Gordon, incarné par la grande vedette de l’époque ; Buster Crabb. Divisé en 13 épisodes d’environ 18 minutes, la série « Flash Gordon » retraçait le voyage de Flash Gordon, sa fiancée Dale Arden (Jean Rogers) et du professeur Zarkov (Frank Shannon) vers la planète Mongo, qui menace d’entrer en collision avec la Terre. Flash y lutte contre le cruel empereur Ming (Charles Middleton). Il n’était bien entendu pas destinée à être passé sur des télévisions qui n’existaient alors qu’à un stade expérimental, mais dans les salles de cinéma en interlude ou avant un autre film 

 


Réalisé par Frederick Stephani et Ray Taylor, cette série très fidèle à la bande dessinée originelle aura un succès tel que l’on passera à l’étape suivante : le film.
Ce dernier, « Flash Gordon conquers the universe », tourné par Ray Taylor avec le concours de Ford Beebe reprend les acteurs principaux de la série. Le scénario y montre Flash Gordon, Zarkov et Dale Arden repartir sur Mongo pour y trouver l’antidote de la « Mort Pourpre », une maladie répandue par Ming sur la Terre pour en anéantir les habitants.

 

 

III) Les années 1950 : Vidéos Rangers et Martiens rouges de colère

La Seconde Guerre Mondiale, qui s'acheva par l'explosion de deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki éloigna quelque temps les pensées des scénaristes et du grand public de l'espace et des extraterrestres. Cependant, les progrés des fusées lors de la guerre (V2), l'apparition d'avions à réaction (Messerchmidt 262, Gloster Meteor, etc...), la peur d'un conflit nucléaire et la menace du “rouge”, du communiste, allaient remettre à l'ordre du jour les visiteurs d'un autre monde.

  

En 1949, l'année même où l'Union Soviétique testa sa première bombe atomique, apparaissait les écrans des télévisions américaines la série « Captain Video and his Video Rangers.

 




Créé par James Caddigan (1907-1972); Captain Video « Gardien de la Sécurité du Monde » fit le bonheur de milliers de jeunes américains boutonneux de 1949 à 1955, année de la retraite du brave Capitaine. Les épisodes, qui duraient en moyenne trente minutes, décrivaient « dans un lointain futur », les aventures d'un groupe de combattants qui se plaçaient au service de la vérité et de la justice : les Video Rangers, conduits par Captain Video. Ils opéraient d'une base secrète sise au sommet d'une haute montagne (l'Obersalzberg?) et portaient des uniformes étrangement similaires à ceux des surplus de l'armée américaine -le budget était pour le moins réduit!- avec des éclairs dessus.
Entre autres méchants, il arrivait que Captain Video s'affronte à des créatures d'autres mondes ou leur vienne en aide, selon les scénarios des épisodes. Bien évidemment, il utiisait pour voyager dans l'espace une fusée fortement inspirée par les V2.
A noter que parmi les scénaristes de la série les noms de Arthur C. Clarke, Damon Knight, James Blish, Cyril M. Kornbluth, Robert Sheckley et Jack Vance, noms qui parlent tous aux amateurs de littérature de science fiction.

 

 

En 1951 paraît le premier film majeur du genre pour les années 1950, « The day the Earth stood still (Le jour où la terre s'arrêta) de Robert Wise, dont un remake laborieux a été fait il y a quelques années.
Le film commence avec l’arrivée d’une soucoupe volante qui se pose en plein Washington devant la Maison Blanche. L’armée se déploie aussitôt pour contrer la menace éventuelle. Quand paraît l’unique passager, le très humain Klaatu (Michael Rennie), un soldat nerveux tire sur lui et le blesse. Aussitôt sort de l’astronef Gort (Lock Martin), un gigantesque robot dont la vocation première est de protéger Klaatu. Il désarme les soldats en désintégrant leurs armes et est stoppé par Klaatu qui explique aux soldats qu’il n’a que des intentions pacifiques. Il est alors emmené à un hôpital militaire. Là, Klaatu explique au secrétaire du Président des Etats Unis qu’il est porteur d’un message qu’il doit présenter à tous les dirigeants de la planète. Tandis que le secrétaire lui dit qu’il sera très difficile de convaincre tous les chefs d’état à se réunir à Washington, Klaatu exprime le désir d’aller à la rencontre des simples Terriens. Le secrétaire accepte qu’il sorte sous escorte militaire, mais Klaatu ne tarde pas à prendre la poudre d’escampette. Il va loger dans une pension de famille sous un pseudonyme et y fait la connaissance d’Helen Benson (Patricia Neal), dont le mari a été tué lors de la Seconde Guerre Mondiale, et de son fils Bobby (Billy Gray). Le matin suivant, la radio annonce la disparition du mystérieux visiteur de l’espace et autour de la table du petit déjeuner les spéculations vont bon train : quelles sont les réelles intentions du mystérieux visiteur? (clip)


Connu pour « La mélodie du bonheur » ou « West Side Story », Robert Wise accepta de tourner ce film en raison de son antimilitarisme et de son message pacifiste. C’était très courageux de sa part car on était en pleine « Chasses aux Sorcières ». La commission du Sénateur McCarthy voyait des  "Rouges" en toute personne qui professait des opinions démocratiques, sociales ou pacifistes. Elle était à même dans le cinéma de ruiner la carrière d’acteurs ou de réalisateurs et de les contraindre à s’exiler hors des Etats Unis pour poursuivre leur métier. L’armée américaine refusera d’ailleurs toute assistance au tournage du film, au contraire de la Garde Nationale qui coopérera volontiers au film.
Sam Jaffe, qui y joue le rôle du Professeur Barnhardt, un quasi-clone d’Albert Einstein (au sens des idées), était déjà sur la « Liste Noire » avant le tournage du film. Il pourra y jouer grâce au soutien de Robert Wise et du producteur Darryl Zanuck, mais devra s’exiler après pour pouvoir continuer à travailler. Il ne pourra revenir aux Etats Unis qu’en 1958 !


La chose d'un autre monde

La même année apparaît un visiteur nettement moins sympathique que Klaatu dans « La chose d’un autre monde » de Christian Nyby, avec la collaboration occulte à l’époque d’Howard Hawks.
Un équipage de l'armée de l'air américaine est envoyé d'Anchorage en Alaska jusqu'au camp de l'expédition « Polar Six », situé près du Pôle Nord, à la demande du Docteur Carrington (Robert Cornthwaite), qui dirige cette expédition. Les membres de celle-ci ont en effet découvert des indices montrant qu'un engin volant de nature inconnu s'est écrasé à proximité de leur camp. Un reporter, Ned Scott (Douglas Spencer), accompagne les aviateurs en espérant tirer un scoop de l'histoire.
Le Capitaine Patrick Hendry (Kenneth Tobey), son équipage et les scientifiques se rendent à l'endroit ou l'objet est tombé et le retrouvent en grande partie recouvert par la glace. Ils découvrent que ce dernier est en fait une soucoupe volante. Voulant y pénétrer, ils décident d'employer de la thermite, un explosif dégageant une forte chaleur, mais en bons militaires ne parviennent qu'à provoquer la destruction de l'astronef. Toutefois, ils découvrent ce qui semble être un corps contenu dans la glace près du site. Ils dégagent ce dernier en le gardant dans un grand bloc de glace et retournent à leur camp de base tandis qu'une tempête violente se déclenche, rendant impossible toute communication avec l'extérieur. Les scientifiques veulent immédiatemment dégager le corps, mais Hendry leur donne l'ordre d'attendre les consignes d'Anchorage. Il place le bloc de glace sous la garde du Caporal Barnes (William Self), mais ce dernier, effrayé par son contenu, le recouvre d'une couverture pour le soustraire à sa vue. Comme il n'est que caporal, il ne réalisa pas que sa couverture était chauffante et en plus branchée. La glace se met alors à fondre, ramenant à la vie la créature qu'elle contenait. (clip)


De cette créature, nous ne savons que peu de chose : elle est humanoïde, mais présente certaines des caractéristiques des plantes. Elle est insensible au froid, à la chaleur et aux balles et d'une grande force physique. Mais elle est la « mère » de toutes celles de son genre qui suivront. Sa conception prendra des mois et des mois. Il faudra au maquilleur Lee Greenway cinq mois de travail et dix huit sculptures pour parvenir à satisfaire les désirs d'Howard Hawks sur l'apparence de la créature. L'acteur qui jouait celle-ci, James Arness, se plaignait que son costume le faisait ressembler à une « carotte géante »! Il en vint à détester tant son rôle qu'il sera absent de la première du film!



L'invasion vient de Mars

Mais, comme je l'ai déjà dit, le principal danger ne vient pas de « carottes géantes », mais plutôt d'ignobles créatures venues de la planète Marx, les Communistes! En 1953 sort, en couleur s'il vous plaît, le film « Invaders from Mars (L'invasion vient de Mars)», réalisé par William Cameron Menzies.
Paranoïaque à souhait, le film débute avec le jeune David McLean (Jimmy Hunt) qui est réveillé la nuit par le tonnerre. De la fenêtre de sa chambre, il voit une soucoupe volante disparaître dans un puit de sable derrière sa maison. Il se précipite pour dire à ses parents ce qu’il a vu. Son père, qui est un scientifique, va voir sur place au matin. A son retour des heures plus tard, David remarque une curieuse ligne rouge à l’arrière du cou de ce dernier. Le comportement de son père a aussi changé. Il est devenu distant et hostile envers son propre fils. David remarque que peu à peu des changements identiques frappent d’autres habitants de la petite ville où il habite. En utilisant son télescope, David voit sa petite voisine Kathy Wilson (Janine Perreau) disparaître dans un puit de sable. Il s’enfuit alors de chez lui pour chercher de l’aide au poste de police local. Il y rencontre la docteuresse Pat Blake (Helena Carter) qui le prend sous sa protection et commence à le croire. (clip)


Pour la première fois sans doute, les scénaristes tentent de dépeindre des extraterrestres radicalement différents des humains. Ces Martiens sont de deux sortes : des humanoïdes de grande taille avec des yeux en fente commandés par d’autres réduits à une grosse tête surmontant une ébauche de torse avec plusieurs tentacules, le tout d’un joli vert. Les seconds sont enchâssés dans une sphère transparente. Ces cerveaux pilotent les humanoïdes verts qui capturent des humains pour leur mettre un implant permettant ensuite de manipuler les humains. Le but de cela est bien sûr de préparer une invasion par une flotte qui est en chemin. Pour faciliter celle-ci, les Martiens veulent utiliser leurs zombies humains pour saboter une installation atomique de l’armée américaine.
Il n’est pas difficile de voir qui symbolisent ces habitants de la planète ROUGE ! Des individus capables de transformer de paisibles citoyens américains en de redoutables saboteurs totalement insoupçonnable. Le tout en pleine Guerre Froide et « Chasse aux sorcières ». L’armée américaine ne se fit d’ailleurs pas prier pour apporter sa contribution matérielle au film :
Petite anecdote : Le rôle du petit David McLean était tenu par Jimmy Hunt, comme je l'ai dit. Dans le remake fait par Tobe Hooper en 1986, il jouera le rôle du shérif local. Il y a des films qui vous collent à la peau ! Et celui-là sera le premier d’une longue série de films où des extraterrestres prennent le contrôle d’êtres humains !

 

Le météore de la nuit

 

Dès la même année, le film « It came from outer space (Le météore de la nuit) » de Jack Arnold  illustre ce thème de la "possession".
L’astronome amateur John Putnam (Richard Carlson) et l’enseignante Ellen Fields (Barbara Rush) sont témoins de la chute d’un grand météore près de la petite ville de Sand Rock en Arizona. Ils visitent le site d’impact où John Putnam remarque un étrange objet qui lui laisse supposer qu’il ne s’agit pas d’un  météore, mais d’un vaisseau extraterrestre. Il va rapporter sa découverte à Sand Rock, mais tout le monde le tourne en ridicule. Même Ellen doute de lui, mais accepte ensuite de l’aider dans ses investigations. Dans les jours suivants, plusieurs habitants de la petite ville disparaissent mystérieusement. Ceux qui réapparaissent ont un comportement étrange. Cela convainc le shérif Warren (Charles Drake) que quelque chose se passe et que Putnam dit peut être la vérité. Il forme une patrouille d’hommes armés pour détruire les envahisseurs. Seul John Putnam espère trouver une solution pacifique. Il entre seul dans une mine  dans l’espoir que celle-ci le ménera vers l’astronef enterré et ses mystérieux occupants. (clip)


Notre astronome amateur aura la chance de tomber sur des créatures non humanoïdes qui ont été contraintes à cause d’un incident de se poser sur Terre. Leur principal souci est de réparer pour quitter la planète afin de poursuivre leur voyage vers une destination inconnue. Ne pouvant négocier avec les humains en raison de l’effroi qu’engendrerait leur vision, ils ont pris temporairement le contrôle mental de certains d'ntre eux pour obtenir ce qui leur était nécessaire pour réparer. On est ici devant des des naufragés à l’aspect étrange, voire effrayant, qui ne souhaitent que partir en ayant aucun contact avec une humanité qu’ils redoutent pour sa violence et son imprévisibilé, situation qui y est là une première, mais que nous retrouverons parfois !


La guerre des mondes

 

Mais 1953, c’est surtout l’année de l’adaptation de « The war of the worlds (La guerre des mondes)" par George Pal qui retient l’attention. A proprement parler, ce n’est d’ailleurs pas le roman lui-même qui fut adapté, mais la version radiodiffusée d’Orson Wells qui provoqua chez certains auditeurs américains une belle panique quand ils prirent en cours de route l’émission un soir de Halloween 1938. Certains crurent à la réalité de l’invasion ! L’action est aussi transportée dans les années 1950 et quitte l’Angleterre et ses brumes pour la Californie et ses surfeurs.
Alors qu’il pêche avec des collègues scientifiques, le Docteur Clayton Forrest (Gene Barry), un savant qui a travaillé sur le projet Manhattan (conception et construction des premières bombes atomiques durant la Seconde Guerre Mondiale) voit un grand météore s’abattre près de la ville de Linda Rosa. Il se dirige vers le point d’impact et rencontre la jolie Sylvia Van Buren (Ann Robinson) et son oncle, le Pasteur Matthew Collins (Lewis Martin). Le météore semble étrange aux yeux de Forrester : il semble avoir glissé sur le sol plus que de s’être écrasé et paraît plus léger qu’il ne devrait l’être. Il émet aussi une lègère radioactivité. Forrester se promet de revenir le lendemain sur les lieux, car le météore est encore bien trop chaud pour qu’il puisse l’examiner plus avant. Il retourne à la ville.
Durant la nuit, une étrange tête de cobra mécanique au bout du long cou d’une machine de guerre martienne émerge. Quand les trois hommes qui avaient été laissés là pour surveiller le site s’approchent en agitant un drapeau blanc, la tête de cobra émet un rayon qui les désintègre et détruit ensuite un pylone électrique proche, privant Linda Rosa d’électricité. Cela réveille le professeur Forrester qui constate que sa montre et celle de tous les autres résidents de la ville se sont arrêtés en même temps. Sa boussole oscille aussi entre le Pôle Nord Magnétique et et l’emplacement du « météore ». Forrester et le shériff s’y rendent et échappent de peu au rayon désintégrateur. Ils donnent l’alarme et apprennent que d’autres vaisseaux se sont posés un peu partout dans le monde.
Les Marines viennent encercler le site, mais trois machines de guerre cuivrées en forme de raie manta émergent du cratère. Elles désintègrent le Pasteur Collins qui tentait une approche religieuse et pacifiste. Aussitôt, les Marines ouvrent le feu, mais avec leurs rayons les Martiens ont tôt fait de les mettre en déroute. Qui saura les arrêter ? (clip)


Bien évidemment, il n’est pas anodin de remarquer qu’en pleine Guerre Froide les envahisseurs viennent de la planète rouge. L’armée américaine ne se fit d’ailleurs pas prier pour apporter son concours à ce film !
Originellement, Georges Pal voulait que les machines martiennes soient des tripodes. Mais cela posait d’énormes problèmes à l’époque aux techniciens des effets spéciaux. Aussi on préféra les montrer volant au-dessus du sol. En l’occurrence, il s’agissait de maquettes suspendus à des filins. Les Martiens, qui ne sont que brièvement montrés, sont dépeints comme des humanoïdes verdâtres.



Les voyageurs de l'infini

 

Deux ans plus tard, le film « This island Earth (Les voyageurs de l’infini) » de Joseph M. Newman, entraîne un couple de terriens vers la planète extra solaire Metaluna.
Cal Meacham (Rex Reason), un scientifique de renom, reçoit une étrange une commande et des instructions pour construire un appareil nommé « Interocitor ». Ni Meacham ni son assistant Joe Wilson (Robert Nichols) n’ont jamais entendu parler d’un tel appareil. Ils n’en entament pas moins sa construction et quand ils l’ont achevé, un homme bizarre disant s’appeler Exeter (Jeff Morrow). Ce dernier proposa à Exeter de travailler pour lui sur un projet secret.
Intrigué, Exeter accepte et embarque le lendemain dans un avion dépourvu d’hublots qu’il découvrira être piloté à distance. A l’atterrissage dans un lieu isolé, il se retrouve au milieu d’un groupe de scientifiques de très haut niveaux venant de tous les pays, dont un ancien amour, le Docteur Ruth Adams (Faith Domergue). Mais Cal Meacham a des doutes sur la nature du projet. Il persuade Ruth et un autre scientifique, Steve Carlson (Russel Johnson) de fuir. Durant leur fuite leur voiture est attaquée et Carlson tué. Cal et Ruth parviennent à s’emparer d’un petit avion et voient le centre de recherche et tous ses occupants être détruit. Leur appareil est quant à lui attiré par un rayon à l’intérieur d’une soucoupe volante. Ils y retrouvent Exeter qui lui apprend que lui et ses compagnons sont originaires de la planète Metaluna et qu’ils sont venus sur terre pour y trouver l’uranium et les scientifiques nécessaires pour sauver leur planète natale des Zagons, leurs ennemis jurés. Exeter leur explique aussi qu’il les emmène sur Metaluna.
Après avoir évité les attaques des Zagons, ils arrivent à Metaluna sous un terrible bombardement, alors que la planète est sur le point de succomber. La société de Metaluna est d’ailleurs en train de se désagréger, et il reste peu d’espoir de sauver Metaluna. Le leader de celle-ci annonce que les Métaluniens veulent s’installer sur Terre et ordonne que Cal et Ruth subissent un lavage de cerveau pour anéantir chez eux toute volonté de résistance. Exeter se révolte contre cette décision qu’il considère immorale et maladroite car nuisible aux intérêts des Métaluniens. Il les aide tous deux à s’échapper. (clip)


Ce film est nettement moins manichéen que les précédents. Les Métaluniens y sont montrés divisés quant aux traitement à réserver aux humains et on y présente deux races extraterrestres en guerre l’une contre l’autre. On peut parfaitement imaginer que les Métaluniens sont l’équivalent galactique des Etats Unis et les Zagons de l’Union Soviétique…
Le film connaîtra à l’époque un gros succès critique, car il détonait au milieu de l’avalanche de séries B à petits budgets avec un scénario du type : « des ados et un monstre » !



Les soucoupes volantes attaquent

 

L’année suivante voit déferler les soucoupes volantes de « Earth vs the Flying Saucers » (Les soucoupes volantes attaquent) » de Fred F. Sears
Une fusée du programme « Skyhook » percute accidentellement une soucoupe volante. Croyant à une attaque de la part des Terriens, les extraterrestres ripostent en détruisant le site de lancement, ne laissant derrière eux que deux survivants, un scientifique et sa secrétaire. La situation se dégrade ensuite au point que la Terre entière est attaquée par les soucoupes volantes. Les soucoupes volantes pourront-elles être repoussés ? (clip)


L’aspect inhabituel du scénario pour l’époque et de montrer le conflit ayant pour origine un malentendu. Cela correspond à une réalité historique : à plusieurs reprises jusqu’à la chute du système soviétique, le monde s’est trouvé au bord d’un apocalypse nucléaire du fait d’une erreur d’interprétation d’un camp ou de l’autre.
Il faut noter aussi que le film est sorti à peine un an avant la mise sur orbite de Spoutnik 1.

 

 

Planète interdite

 

 L’année 1956 se termine en beauté avec deux films majeurs du genre. Commençons par « Forbidden Planet (Planète interdite) » de Fred M. Wilcox.
Au début du 23e siècle, le croiseur C57-D des Planètes Unies est envoyé sur la planète Altaïr IV à 16 années lumière de la Terre. Sa mission est de découvrir ce qu’est devenu une expédition qui a été envoyée là vingt ans plus tôt pour y établir une colonie. Aux approches d’Altaïr IV, le vaisseau est contacté par un survivant de celle-ci, le docteur Edward Morbius (Wlater Pidgeon), qui leur demande de rester au loin pour leur sécurité. Mais le Commandeur John J. Adams (Leslie Nielsen) a reçu des ordres précis et refuse de l’écouter.
A l’atterrissage, l’équipage est reçu par « Robbie le Robot » qui emmène Adams et deux de ses compagnons pour rencontrer le docteurMorbius. Ce dernier leur explique qu’une force inconnue a tué presque tous les membres de l’expédition dont il faisait parti, désintégrant même leur vaisseau, le Bellerophon. Seul Morbius, sa femme (qui est morte peu après de causes naturelles) et sa fille Altaïra (Anne Francis) ont survécu. Morbius craint que l’équipage du vaisseau d’Adams ne connaissent le même sort.   
Morbius apprend aux membres de l’expédition qu’il explore les secrets de la civilisation des Krells, une race bien plus avancée que la Terre du 23ème siècle. Cela ne les pas empêché de disparaître totalement en une seule nuit, 200000 ans plus tôt, juste au moment où ils avaient achevé leur plus grande réalisation technologique. Morbius montre à Adams et à ses compagnons un appareil qu’il appelle un « éducateur artificiel » capable de mesurer et d’augmenter la capacité  intellectuelle de son utilisateur, bien que son objet principal soit de projeter une image en trois dimension de n’importe quelle pensée de son utilisateur. Morbius raconte à Adams que le Capitaine du Belloréphon a été tué instantanément en voulant l’utiliser.
Morbius a survécu de justesse en utilisant pour la première fois l’appareil, mais ce dernier doubla son intelligence. Cela le rendit capable de construire Robbie et d’autres appareils. Morbius leur fait visiter les laboratoires gigantesques des Krells qui s’auto réparent depuis leur disparition.
Mais durant la nuit, une importante pièce du vaisseau est détruite sans que les sentinelles ne voient d’intrus. Adams fait alors intaller un champ de force autour de son vaisseau. Cela n’empêche pas le mystérieux intrus de la franchir sans dommage et de tuer un homme du vaisseau. On découvre alors d’étranges empreintes que la créature a laissée derrière elle. (clip)

En tournant ce film, aucun des protagonistes n'avait l'impression de tourner un film qui ferait date dans l'histoire du cinéma et de la science-fiction. Et pourtant, il aura une influence majeure. Gene Roddenberry, le créateur de Star Trek avoua que ce film avait été pour lui une source importante d'inspiration. Il inspira aussi un grand nombre de films et de séries ultérieures.
C'est aussi un film novateur au point de vue de sa bande originale : il s'agit en effet du tout premier film à bénéficier d'une bande son entièrement conçue avec des instruments électroniques.
Autre particularité du film, il propulsa au rang de vedette et d' icône de la science-fiction Robbie le Robot! En effet, après « Planète Interdite, ce robot paraîtra dans 22 films et épisodes de série entre 1957 et 2005 dont « Gremlins » en 1984. Il sera aussi décliné sous forme de jouet ou de juke-box!

Pour en revenir au film lui-même. Les Krells ne sont jamais montrés dans le film puisqu'ils ont disparus. On a même aucune indication précise sur leur apparence physique. Tout ce que l'on saura, sans trop en dévoiler du film, c'est la raison de leur disparition : ils ont été annihilés par leur propre technologie, ce qui est évidemment une parabole par rapport à la crainte d'un holocauste nucléaire dans le contexte des années 1950... et ce qui lui garde son impact de nos jours!


l'invasion des profanateurs de sépultures

 

Le second film de cette année 1956 n'est pas moins important : il s'agit de « Invasion of the body snatchers », mal traduit en français par « L'invasion des profanateurs de sépultures », alors qu'à aucun moment il n'est question de zombification ou de profanation de sépulture dans le film! On le doit à Don Siegel, plus connu par ses films avec Clint Eastwood.
Dans la ville imaginaire de Santa Mira, le Docteur Miles Bennell (Kevin McCarthy) se trouve confronté à plusieurs patients qui lui affirment que leur conjoint est un imposteur. L'une de ses clientes est l'une de ses « ex », Becky Driscoll (Dana Winter). Elle lui raconte que sa cousine Wilma (Virginia Christine) a les mêmes soupçons sur son oncle Ira (Tom Fadden). Bennell interroge l'un de ses collègues psychiatres sur cette étrange épidémie, mais ce dernier le rassure en lui disant qu'il s'agit d'un phénomène « d'hystérie de masse ».
Seulement dans la soirée, Jack Belicec (King Donovan), le meilleur ami de Bennell trouve un corps incomplètement formé qui lui ressemble. Une copie de Becky est aussi trouvé dans la cave de la maison de cette dernière. Bennell invite le psychiatre à venir voir les corps, mais à son arrivée, ils ont disparus. Le psychiatre soupçonne alors Bennell d'être lui aussi devenu hystérique. La nuit suivante, Bennell, Becky, Jack et sa femme trouvent des doubles d’eux mêmes émergeant de cosses géantes. Ils en concluent que les habitants de la ville ont été remplacée par de parfaites copies durant le sommeil des originaux.
Comme les communications avec l’extérieur sont coupées, Jack part avec sa femme pour trouver de l’aide hors de la ville. Bennell et Becky vont se chacher dans le cabinet de Bennell pour la nuit.
Le matin suivant, ils voient des camions chargés de cosses partir vers les villes voisines. Les copies de Jack et du psychiatre rentrent dans le bureau de Bennell et lui expliquent  qu’une forme de vie extraterrestre est responsable de ce qui se passe. Ils lui disent que la vie est bien meilleure après la transformation parce qu’ils sont délivrés de toute émotion et de tout individualisme. Bennell et Becky parviennent à s’échapper et à se cacher dans une mine hors de la ville. Mais Becky ne parvient pas à résister au sommeil et une copie la remplace. Avec « les gens des cosses » à ses trousses, Bennell court sur une route en hurlant pour prévenir un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé. (clip)


Selon les cas, les gens virent dans ce film soit une critique acerbe du McCarthisme alors triomphant, soit une évocation du système totalitaire soviètique. Don Siegel, ainsi que l’auteur du récit qui inspira le film – Jack Finney – ont toujours nié avoir eu des intentions politiques. Finney nia avoir écrit une allégorie et Don Siegel déclara avoir été inspiré par l’idée qu’il existait de par le monde beaucoup de gens indifférents à la culture. S’il avait parfaitement conscience de ne pouvoir éviter que certains y voient des allusions politiques, même à l’époque, il voulait surtout faire un film et non prêcher pour telle ou telle paroisse.

Le film se terminait initialement sur la vision de Bennell hurlant sur la route qu’empruntait des camions chargés de cosses. Mais les studios Allied Artist trouvèrent la fin trop pessimiste et imposèrent le tournage d’un prologue et d’une conclusion donnant un ton plus optimiste au film en ouvrant la possibilité que Bennell soit cru et l’invasion stoppée. Cette fin artificielle fut imposé malgré la vive hostilité de Siegel qui la réalisa à contrecoeur.

Nous avons déjà vu des extraterrestres prendre le contrôle d’êtres humains (voir «Invaders from Mars » et « It came from outer space »). Mais à aucun moment nous ne voyons autre chose que les cosses. « Invasion of the body snatchers » ne sera pas moins un énorme succès à tel point qu’il fera l’objet de plusieurs remakes et parodies.


Not of this earth

 

Allied Artist se comportera mieux l’année suivante avec le film « Not of this Earth » de Roger Corman.
Ce qui survit du peuple de la planète Davanna, décimé par un holocauste nucléaire, souffre d’une maladie sanguine incurable. Un agent (Paul Birch)est envoyé sur Terre pour voir s’il est possible d’utiliser le sang humain pour combattre la maladie. Ce dernier adopte le pseudonyme de Johnson et ne se démarque des humains que par son ouïe particulièrement fine et les lunettes de soleil qu’il porte même la nuit. Ces dernières lui servent à cacher ses yeux blancs dont le regard tue ses victimes en brûlant leurs yeux et cerveaux.
Johnson, qui a besoin de transfusions fréquentes pour survivre, engage à son service une infirmière, Nadine (Beverly Garland) pour les faire. Il tient le supérieur de cette dernière, le docteur Rochelle (William Roerick) sous son contrôle hypnotique après qu’il ait découvert chez lui des cellules sanguines particulières. Mais les plans de prospection de Johnson sont bouleversés par l’irruption soudaine d’une femme de Davanna. Elle l’implore de la transfuser immédiatement, car son état de santé se dégrade très rapidement. Johnson s’introduit dans le bureau de la doctoresse Rochelle. Il y vole du sang, mais prend par erreur celui d’un chien enragé ( !). L’injection s’avère mortelle pour la femme de Davanna qui meurt à l’hôpital après s’être effondrée dans la rue.
Sherbourne (Morgan Jones), un policer ami de Nadine, vient interroger Rochelle, mais celui-ci reste muet sous l’influence de Johnson. Celui-ci décide pour sa propre protection de supprimer Rochelle et Nadine, puis de fuir et de changer d’identité. Il tue Rochelle, mais Nadine réussi à lui échapper et à prévenir la police. (clip).
 
Roger Corman était un pilier de la série B et un cinéaste très prolifique. Ce film est l’un de ses meilleurs. Il fera l’objet de deux remakes en 1988 et 1995.
Le personnage de Johnson est montré avec ambivalence dans le film. S’il tue, sa motivation principale est de trouver une solution, quelle qu’elle soit pour sauver son peuple. Cette ambivalence se manifeste notamment à la fin du film. Tandis que Sherbourne ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine compassion pour Johnson, « venu sur Terre pour sauver les siens », le jugement de Nadine est beaucoup plus…. Tranchée !



Prisonnière des Martiens

C’est alors qu’arrive sur les écrans un film venant non pas des Etats Unis, mais du Japon. « Chikyù Böeigun (Prisonnière des Martiens) » de Ishirô Honda. Depuis quelques années déjà, la ToHo s’était spécialisé dans le film de science-fiction. Mais «Prisonnière des Martiens » fut le premier de leurs films a connaître une distribution internationale.
Un peuple extraterrestre scientifiquement avancé, les Mysterians, arrive sur Terre. Leur planète ayant été détruite, ils veulent obtenir une partie de la planète et de marier des Terriennes (c'est fou d'ailleurs le nombre d'extraterrestres voulant tâter de la terrienne - au lit, ou au dessert d'ailleurs). Après avoir fait la preuve de leur pouvoir de destruction avec le robot Mogura, l’humanité doit choisir entre la capitulation où la résistance. C’est cette dernière option qui est choisie. Mais les pouvoirs de destruction des Mysterians sont pire que tout ce que les humains pouvaient imaginer! (clip)

Ce film inaugure toutes une série de films avec des monstres venant de l’espace pour ravager l’archipel Nippon. Bien souvent, on considère ces créatures dévastatrices comme une allégorie de la bombe d’Hiroshima. Le raccourci est un peu facile, car c’est oublier que l’archipel nippon est aussi la malheureuse victime des colères du ciel et de la terre (typhons, séismes, tsunamis, éruptions volcaniques, etc…). Si une partie de ces créatures est parfaitement imaginaire, d’autres sont en fait inspirées par les « Kamis », des représentations spirituelles des forces naturelles dans la religion Shinto. Ces Kamis ne sont obligatoirement des êtres négatifs et les "monstres" de ces films s'avèrent tantôt maléfiques, tantôt bénéfiques.


Blob

1958 n’est illustré que par un film, mais quel film ! : « The blob (Le blob) » d'Irvin S. Yeaworth Jr. et Russell S. Dougthen Jr.
Par une nuit torride de juillet 1957, deux jeunes gens, Steve Andrews (Steve McQueen) et sa petite amie Jane Martin (Aneta Corsaut) voient du parking où ils sont garés la chute d'un météore. Ils se mettent en route pour tenter de trouver le point de chute de ce dernier au lieu de continuer de faire ce que deux jeunes gens normaux devraient faire dans de pareilles circonstances : se bécoter gentiment.
Au même moment, un vieil homme est réveillé par le bruit de la chute du météore près de sa maison. Il le trouve et le frappe avec un bâton. La roche brulante se fend alors et révèle une étrange masse gélatineuse. Ce « blob » est une créature vivante qui monte le long du bâton et adhère à la main du vieillard. Incapable de s'en débarrasser, le vieil homme en proie à la terreur s'enfuit vers la route où il est vu par Steve qui l'emmène chez le Docteur Hallen (Stephen Chase).
Hallen anesthésie le vieillard et renvoie Steve sur le site de la chute du météore pour y rechercher plus d'informations. Le blob ayant recouvert pratiquement complétement le bras de son patient, Hallen appelle son infirmière et se décide à pratiquer une amputation. Mais il est déjà trop tard : le blob a totalement absorbé le vieil homme et mange l'infirmière et le docteur en sus, croissant à chaque fois en taille.
Steve, qui est revenu à la clinique avec Jane, est le témoin impuissant de la mort du docteur Hallen. Il va avec Jane au poste de police et revient à la clinique avec deux policiers. Comme il n'y a aucune trace de la créature ou du docteur, les policiers pensent que Steve leur a menti. (clip)

Le « Blob » aura un énorme succès populaire et fera l'objet d'une suite en 1972 et d'un remake en 1988. Cette réussite sera une surprise pour tout le monde, car tous ceux qui travaillèrent sur le film pensèrent participer au tournage de l'une des innombrables série B destinées aux adolescents qui fleurissaient alors pour un public nombreux et peu exigeant.
Steve McQueen lui-même se vit proposer de toucher pour son rôle la somme de 2500 dollars ou de recevoir 10% des recettes du film. Craignant que le film (qu'il jugeait stupide au point de se montrer imbuvable lors du tournage) ne soit un navet de plus, il prit les 2500 dollars. Le film engendra 4 millions de dollars de recettes!


Le blob appartient à la longue liste des organismes extraterrestres qui sont purement animaux, provenant au contact de l'espèce humaine suite à un malheureux concours de circonstance.
Il a été fabriqué à l'aide d'un ballon météo, de teinture rouge et de silicone



La planète rouge

 

En parlant de rouge, l'année 1959 voit la sortie d'un film qui n'est pas digne de figurer dans cette liste par la qualité de son scénario ou même ses acteurs, mais parce qu'il tenta (vainement) d'améliorer l'aspect de véracité des trucages par une technique filmique, le CineMagic, un procédé permettant d'inclure les personnages dans des fonds dessinés à la main et des animations. Il s'agit de « The angry Red Planet  (La planète rouge) d'Ib Melchior.
Tout commence avec le retour de la fusée MR-1, premier astronef a avoir été envoyé pour poser des êtres humains sur Mars, après que l’on ait pensé qu’elle était perdue corps et biens.
A bord, il n’y a que deux survivants : la doctoresse Irish Ryan (Naura Hayden) et le colonel Tom O’Bannion (Gerald Mohr), avec un bras couvert par une étrange plante extraterrestre. Le docteur Ryan commence à raconter les mésaventures de l’expédition à ses sauveteurs.
Après avoir réussi son amarsissage, l’équipage commença à explorer les alentours. Irish sera lors de celle-ci attaquée par une plante carnivore et sauvée par l’intervention d’O’Bannion. L’équipage se replia vers la sécurité de la fusée avant d’en ressortir pour une seconde expédition. Là aussi elle tourne court quand elle rencontre une énorme créature ressemblant à un mélange de chauve-souris et d’araignée. Ils parviennent à la repousser sans subir de pertes, mais choisissent de retourner à leur vaisseau. Ils se rendent alors compte qu’une force mystérieuse bloque toutes leurs communication avec la Terre et qu’un champ de force empêche le décollage de leur fusée…. (clip)

Le film sera un échec et le procédé CineMagic abandonné peu après. Il reste toutefois le témoignage de la recherche d’effets spéciaux de meilleures qualité par les spécialistes de cet art. C’est une chose à ne pas oublier quand on regarde « l’un de ces vieux films aux trucages naïfs ou mals faits ». Les gens des effets spéciaux (comme le célèbre Ray Harryhausen) faisaient souvent de leur mieux avec les techniques de l’époque (fonds peints, superpositions d’images, animations images par images) pour donner vie aux créatures légendaires ou fantastiques de ces films. S’ils nous semblent biens fades par rapport à ceux d’aujourd’hui, il faut les regarder en fonction de l’époque. On peut même trouver chez certains une poésie désormais perdue dans la recherche du réalisme le plus absolu.
Alors « total respect ! ».


Robot monster

 

Justement ! Quel est au fait le plus abominable, le plus nul – au point d’en être drôle – de tous les films avec extraterrestres des années 1950 ? On voit mal lequel pourrait battre dans ce concours le nanaresque « Robot Monster » de Phil Tucker, sur un scénario de Wyott Ordung.
D’ailleurs voilà l’histoire pour vous mettre en bouche : L’affreux monstre qu’est Ro-Man Extension XJ9 (ou « Ro-Man » pour les intimes) a grâce à son « rayon de la mort » exterminé tous les humains, à quelques exceptions près… Subsiste en effet une garnison sur une station orbitale, deux scientifiques dans un vaisseau se dirigeant vers celle-ci et surtout un scientifique et une famille de cinq personnes. Grâce à un antibiotique fort opportunément découvert par le scientifique, lui-même, la famille et les deux assistants sont immunisés contre les effets du rayon de « Ro-Man » (Georges Barrow). Par une heureuse coïncidence, le tournage ne pouvait justement employer plus sept personnes (le scientifique, la petite famille américaine). Pour les deux scientifiques en orbite et la garnison, rassurez-vous, on ne les voit pas ! C’est tout bénéfice…
Poursuivons…
Ro-Man doit éliminer ces survivants pour accomplir sa mission. Il détruit d’abord tout ce qui se trouve en orbite avec son « rayon calcinateur ». Hors de l’écran, il étrangle la fille la plus jeune de la petite famille, puis pousse un autre quidam d’une falaise. Cependant, ses projets sont contrariés par l’attirance aussi funeste qu’inexplicable qu’il ressent pour Alice (Claudia Barrett), la fille aîné de la famille modèle. Il refuse de l’éliminer, forçant son supérieur, « Le Grand Guide » à intervenir personnellement pour finir le travail. Faut tout faire soi-même! (clip)

Dès le départ, ce film était condamné à l’échec. Le budget de tournage ne dépassait pas 16000 dollars et il fut tourné en quatre jours. Pour Ro-Man, Tucker avait juste assez d’argent pour faire le casque du robot. Mais cela ne l’arrêta pas :George Barrows, un excellent ami de Tucker, jouait souvent le rôle d’un faux gorille dans des films ou des spectacles. Tucker lui emprunta son costume de scène pour parachever « Ro-Man ».. Cette astuce ne sauva pas le film qui fut descendu par les critiques. Tucker, qui était déjà dépressif, essaya de suicider avec une arme à feu peu après la sortie de « Robot Monster ». Fort heureusement pour lui, il se rata. Il n’avait visiblement pas plus de chance avec les armes à feu qu’avec le cinéma !

 

 

IV) Les années 1960 : Vers l’infini et au-delà

Les années 1960 représentent comme pour beaucoup d’autres choses un tournant : après la crise des missiles de Cuba en 1962, on passe de la « Guerre Froide » à la « Coexistence Pacifique ». La sonde Mariner V survole en 1965 la planète Mars et prend des photos qui furent une vraie douche froide pour ceux qui croyaient à une possibilité de vie évoluée sur la planète ; pas d’eau liquide et une atmosphère plus faible que prévue. Cependant la décennie s’achève avec les premiers pas de la main de l’homme sur la Lune : le rêve n’est pas mort et les extraterrestres restent présents sur les écrans, même si l’on relève bien moins de films majeurs que durant la période précédente, la science-fiction se tournant vers d’autres sujets. Seulement, "ils" viennent désormais de beaucoup plus loin : d’en dehors du système solaire…

 

 

Et ce sera justement le cas de ces terribles envahisseurs qui en 1966 menacèrent grandement l’existence de l’Angleterre. Non, je ne parle pas des Fab Four ! Je parle des Daleks présents dans le film sorti en Angleterre cette année-là : « Dr. Who and the Daleks (« Les Daleks envahissent la Terre) » de Gordon Flemyng
.Le Docteur Who (Peter Cushing) et ses arrières petites filles Susan (Roberta Tovey) et Barbara montrent au petit ami de Barbara, Ian, le dernière invention du Docteur Who : le TARDIS, une machine à remonter le temps. Ian déclenche accidentellement la mise en marche de cet appareil, envoyant tout le monde dans un monde dévasté par une ancienne guerre nucléaire entre les Daleks et les Thals. Après celle-ci, les Daleks, durement frappés par les mutations, se transformèrent en machines pour s’abriter et se retirèrent dans leur cité. Toujours déterminés à dominer la planète, ils ne peuvent cependant quitter leur repaire en raison de leur vulnérabilité aux radiations et leur dépendance à l’énergie électrique. Les Thals restèrent humanoïdes et survécurent grâce à une drogue combattant les effets mutagènes des radiations, devenant de paisibles fermiers. Cependant des calamités agricoles ont détruits leurs récoltes et ils se dirigent vers la cité de leurs anciens ennemis pour leur demander leur aide.  
Ian et Barbara ne souhaitent que repartir vers Londres, mais le Docteur Who, possédé par l’envie d’explorer ce monde, simule une panne sur le Tardis. Disant qu’il a besoin de mercure pour le remettre en état, il persuade ses compagnons d’aller à la cité des Daleks pour en obtenir. En partant, ils trouvent une fiole remplie par la drogue des Thals et l’emportent en ignorant son contenu. Dans la ville, le Docteur Who comprend à la lecture d’un compteur Geiger que lui-même et ses compagnons souffrent de la radioactivité ambiante. C’est à ce moment que les Daleks surgissent et les capturent. Tandis qu’ils les emprisonnent dans une cellule, les Daleks s’emparent de la fiole pour l’examiner.
Ils découvrent l’existence de la drogue des Thals et veulent en produire en grande quantité pour pouvoir quitter leur cité et exterminer les Thals. Mais le contenu de la fiole ne leur suffit pas, aussi ils proposent un marché au Docteur Who et à ses compagnons…. (clip)

Quand le film est sorti, cela faisait déjà trois ans que le Docteur vivait les aventures les plus folles sur la télévision britannique, où son rôle n’était pas interprété par Peter Cushing, mais par William Hartnell. Alors que dans le film le bon Docteur est montré comme un scientifique terrien aussi gentil que distrait, dans la série, c’est un personnage d’abord plus rude et plus mystérieux. C’est aussi un « Seigneur du Temps » et un extraterrestre venu d’une lointaine planète. Grâce au Tardis, il peut se déplacer au choix dans le temps et/ou l’espace. Ses relations avec les autres « Seigneurs du Temps » sont plutôt… conflictuelles en raison de son caractère indépendant, de même que celles qu’il nourrit avec le Tardis ! Il passe la presque totalité de son temps à explorer l’univers, avec une grande prédilection pour la Terre et le Royaume Uni du 20éme siècle.
Il est pratiquement immortel : en effet, quand son corps est trop dégradé pour survivre, il transporte sa conscience dans un autre. Cela a permis à la série d’exister toujours de nos jours (2011) de nouveaux épisodes étant même tournés ! C’est le cas unique au monde d’une série continuant (avec des interruptions quand même !) depuis près de cinquante ans !
Pas moins de onze acteurs ont incarnés le Docteur Who (en ne comptant pas Peter Cushing). Il s’agit de :

William Hartnell (1908-1975) du 23 novembre 1963 au 29 octobre 1966
Patrick Troughton (1920-1987) du 29 octobre 1966 au 21 juin 1969
John Pertwee (1919-1996) du 3 janvier 1970 au 8 juin 1974
Tom Baker (1934-) du 8 juin 1974 au 21 mars 1981
Peter Davison (1951-) du 21 mars 1981 au 16 mars 1984
Colin Baker (1943-) du 16 mars 1984 au 6 décembre 1986
Sylvester McCoy (1943-) du 7 septembre 1987 au 6 décembre 1989
Paul McGann (1959-) 27 mai 1996
Christopher Eccleston (1964-) du 26 mars au 18 juin 2005
David Tennant (1971-) du 18 juin 2005 au 1 janvier 2010
Matt Smith (1982-) depuis le 1 janvier 2010

Les Daleks étaient au départ des humanoïdes, mais l’action de la radioactivité à provoqué chez eux de terribles mutations. Grosso modo , ils ressemblent à des pieuvres verdâtres et ont été contraints d’abriter ce corps fragile dans le corps d’un robot pour survivre. Ils n’éprouvent aucun autre sentiment que la haine pour tout ce qui n’est pas Dalek et rêvent de purger l’univers de toute autre forme de vie. Ils sont bien sûr les ennemis jurés du Docteur Who !
Pour la petite histoire, leur « look » a été inspiré à leur concepteur Raymond Cusick par un poivrier ! A sa défense, il faut dire que pour lui le poivrier en question était la meilleure solution pour mettre un acteur confortablement assis à l’intérieur d’un extraterrestre non-humanoïde.
Les Daleks sont toujours des personnages récurrents dans la série « Docteur Who » et sont tellement populaires qu’ils ont fait l’objet d’innombrables jouets, figurines, gadgets, parodies (plus ou moins grasses) et même d’un timbre tout à fait artificiel dans une série consacrée au patrimoine culturel britannique.


Les envahisseurs

En parlant de série, évoquons-en une maintenant qui a tellement été diffusée en France qu’on en oublie qu’elle est l’une des meilleures du genre en même temps qu’une manière de tournant dans la science-fiction américaine. Son existence a pourtant été assez courte : à peine deux ans… Il s’agit des « Invaders (Les Envahisseurs) de Larry Cohen.
L’architecte David Vincent (Roy Thinnes) est fortuitement témoin de l’atterrissage d’un vaisseau venu d’une autre galaxie. Il ne tarde pas à découvrir qu’une invasion extraterrestre a commencé et se déplace d’un endroit à un autre pour tenter de faire échouer les complots de ces « Envahisseurs » et convaincre les sceptiques. Peu à peu, il parviendra à convaincre un petit groupe de personnes, dont un riche industriel, de la réalité de ce qui se passe. (clip)

Les scénarios sont truffées de références à la période de la « Guerre Froide » et du MacCarthysme, mais pas dans le sens où l’on pourrait le penser : Larry Cohen a en effet été soupçonné de sympathie communiste durant cette période et s’est retrouvé sur une « liste noire » qui lui a fermé le chemin des studios durant plusieurs années. Les « Envahisseurs » ne symbolisent pas du tout une éventuelle menace communiste, mais bien plutôt celle d’un fascisme rampant comme celui qui gangrenait les Etats Unis au plus fort de la « Chasse aux Sorcières ».

De ces « Envahisseurs », nous savons au demeurant peu de choses : ni leur nom, ni celui de leur planète n’est jamais évoqué. Il est assuré qu’ils sont sous leur vraie forme très éloignés des critères humains, mais on ne voit pour ainsi dire jamais celle-ci. Ils sont sur Terre en ayant adopté une forme humaine qu’ils doivent périodiquement entretenir dans des « chambres de régénérations » qui consomment énormément de courant électrique, sans quoi ils regagnent leur forme initiale sous laquelle l’atmosphère terrestre est mortelle pour eux. On arrive à les distinguer des êtres humains par leur absence de pouls et de circulation sanguine. Ils ont également une déformation qui les empêchent de plier leur petit doigt. Ils sont montrés comme n’éprouvant absolument aucun sentiment. Ce dernier point évoluera cependant avec la série : on montrera des « Envahisseurs mutants » capables d’éprouver des sentiments et même de s’allier avec David Vincent pour s’opposer à la destruction de l’humanité. Mais ces derniers sont très minoritaires.
Il est très difficile pour David Vincent d’apporter des preuves de leur existence. Quand ils sont tués, le corps des « Envahisseurs » se consume en ne laissant que peu de traces. Cette destruction s’étend à tout ce qu’ils portent sur eux (vêtements, objets, armes) et il arrive même qu’ils utilisent ce fait pour empêcher des humains de s’emparer d’objets provenant de leur technologie.


A noter cependant qu'ils ont un gros point faible : leurs plans géniaux pour éradiquer l'humanité reposent souvent sur des dispositifs expérimentaux non produits en série. Il suffit alors de le détruire pour que tout s'effondre! Ces "Envahisseurs" ont quelque chose de Will Coyote, le coyote aussi machiavélique que malchanceux qui tente vainement de capturer "Bip Bip" dans le dessin animé de Tex Avery. Aussi diabolique soit leur projet, il échoue toujours piteusement!

 

Mais tout comme « The Invasion of body snatchers (L’invasion des profanateurs de sépultures), les « Envahisseurs » atteignent des sommets dans la paranoïa des personnages menacés par des ennemis invisibles qui peuvent surgir de n’importe où !


Star Trek TOS

Cette année 1966 allait d’ailleurs s’avérer riche pour les séries, puisque c’est aussi cette année-là que démarra l’aventure de « Star Trek », une création de Gene Roddenberry. Une aventure qui allait amener le spectateur « là où l’homme n’est jamais allé » et a explorer l'univers en pyjama.
Cette série, Gene Rodenberry la portait déjà depuis deux ans avant que NBC ne l’accepte du bout des lèvres. Elle n’aura jamais un gros budget et devra puiser pour ses décors et ses costumes dans les stocks d’anciens peplums, d’où l’abondance de décors antiquisants et de costumes de même inspirations ! (clip)

Il ne faut pas cependant s’arrêter à l’aspect kitsch des décors où au caractère simpliste de certains épisodes. Derrière les meilleurs scénarios se cachent les plumes de Robert Bloch, Norman Spinrad, Harlan Ellison et Theodore Sturgeon ! Il y avait aussi celle de Dorothy C. Fontana, qui débuta comme secrétaire de Gene Roddenberry et qui sur le conseil de ce dernier maquilla son nom en D. C. Fontana parce que la grande majorité des écrivains de science fiction étaient alors des hommes.


On trouve dans ces épisodes des allusions plus que marquées aux grands thèmes qui agitaient l’Amérique des années 1960 : le racisme, le sexisme, le nationalisme et la guerre, le fanatisme religieux, « l’etablishment ». « Star trek » n’était pas le premier feuilleton à suivre les péripéties d’explorateurs parcourant l’univers à la recherche d’autres civilisations, mais il était le premier à utiliser ce poncif pour traiter de façon allégorique des questions sérieuses. C’est dans un épisode de « Star Trek » que l’on vit pour la première fois s’embrasser à la télévision un blanc et une noire (entre le Capitaine Kirk et le Lieutenant Uhura dans l’épisode « Les beaux enfants de Platon »). L’équipage même traduit les idées de tolérance de Roddenberry et son rêve d’un monde meilleur : d’origines diverses (russe, chinoise, américaine, extraterrestre, etc…), ils n’en coopèrent pas moins et sont solidaires entre eux.
Roddenberry utilisa aussi la série comme un cheval de Troie pour outrepasser les limites de la censure imposée par NBC sur des thèmes sensibles en les déguisant sous un habillage de science-fiction. Il faut savoir qu’à l’époque le Docteur McCoy (membre de l’équipage) n’avait pas le droit de s’écrier « Good Lord » et qu’il fallait éviter de donner des baisers à pleine bouche !

A côté d’épisodes sérieux, il y en avait aussi des plus légers manifestant un sens de l’humour, voire de l’autodérision très attrayants. D’autres montrent des « simili-terres » étant parvenus à des sociétés similaires à celle de la Prohibition, de l’Allemagne Nazie ou de la Grèce Antique. Enfin, certains illustrent les résultats désastreux de contamination culturelle de cultures touchées par des représentants de la Fédération avant qu’elles n’aient atteint un niveau culturel suffisant.

La série sera vu par NBC comme ayant une audience insuffisante et déclinante et sera interrompue au bout de trois saisons, bien qu’elle réalisait d’excellents taux d’audience dans la tranche des 16-39 ans.

Cette série originale dite « Star trek TOS » introduit deux races principales, côté extraterrestre.
Tout d’abord les Vulcains (représentés par Spock/Nimoy). Alliés des humains, ils furent les premiers extraterrestres que les humains rencontrèrent après avoir franchi pour la première fois les limites du système solaire à une vitesse proche de celle de la lumière. A dire vrai, ils furent longtemps les « tuteurs » des Humains ! Les Vulcains essayent de mener leur vie selon les règles de la raison et de la logique en faisant abstraction des émotions qu’ils peuvent ressentir. Ils sont aussi dotés de pouvoirs télépathiques.
Ils sont végétariens, détestent manger avec les mains et ne boivent pas de boissons alcoolisées.

Les Klingons, au contraire, sont les « méchants » de la série. Ils sont très belliqueux et ont une culture basée sur la guerre. Mais cette race évoluera peu à peu dans les suites de la série originale pour devenir plus complexe, avec un sens de l’honneur très développée. Ils évolueront aussi physiquement pour se transformer en colosses ! Et seront les alliés parfois malcommodes de la Fédération des Planète Unies dans les séries suivantes…



 

 2001

Deux ans plus tard, sort un film qui marquera profondément l’histoire du cinéma : « 2001 Space odyssey (2001, l’odyssée de l’espace) » de Stanley Kubrick.
L’histoire commence avec l’aube de l’humanité en Afrique. Un groupe de préhominiens cherche de quoi survivre dans une région désertique. Ils semblent condamnés à mourir quand l’un des leurs est tué par un léopard et qu’un autre groupe de préhominiens les chasse de leur point d’eau. Ils s’abritent pour la nuit au milieu de rochers. A leur réveil, ils trouvent un étrange monolithe noir rectangulaire. Effrayés par ce dernier, ils l’approchent en hurlant et en sautant, avant de le toucher avec crainte. Peu de temps après, l’un des préhominiens, « Guetteur de lune » (Daniel Richter) réalise qu’il peut utiliser un os comme une arme ou un outil. Il utilise ce dernier pour tuer une proie pour sa viande et reprend le contrôle du point d’eau après avoir tué le leader du groupe adverse. Triomphant, il lance l’os qu’il a utilisé dans le ciel, et ce dernier, par un remarquable raccourci cinématographique se transforme en un satellite, des  millions d’années plus tard.
Un avion spatial transporte le Docteur Heywood Floyd (William Sylvester) vers une station orbitale en orbite terrestre pour une escale durant son voyage vers la base lunaire américaine de Clavius. Après un appel au vidéophone de sa fille, il rencontre une amie, la scientifique russe Elena (Margaret Tyzack) et son collègue le Docteur Smyslov (Leonard Rossiter). Tous deux lui demandent s’il sait quelque chose sur la mystérieuse épidémie qui a fait mettre en quarantaine complète la base de Clavius. Heywood élude leurs questions et part pour la Lune.
Heywood est venu sur la base Clavius pour enquêter sur un étrange artefact d’origine inconnu. Ce dernier, enterré depuis des millions d’années dans le sol lunaire, doit son nom d’AMT-1 au fait qu’on l’ait découvert en raison du fort champ magnétique qui l’entoure. Il gagne le lieu de la découverte en « bus lunaire » avec d’autres scientifique. Là, ils se trouvent face à un étrange monolithe noir rectangulaire, semblable à celui que virent les lointains ancêtres d’Heywood, des millions d’années auparavant. Alors qu’ils posent devant ce dernier pour la traditionnelle photo souvenir, le monolithe émet un puissant signal radio vers Jupiter.
Dix-huit mois plus tard, on se retrouve à bord du vaisseau « Discovery 1 » en route vers Jupiter. A bord se trouvent le Docteur David Bowman (keir Duella) et le Docteur Frank Poole (Gary Lockwood), ainsi que trois autres scientifiques en sommeil cryogénique. HAL 9000 (CARL 9000 dans la version française), un ordinateur , contrôle la plus grande partie des opérations. Lui seul et les trois scientifiques en hibernation connaissent le véritable but de la mission : trouver à qui AMT-1 à envoyé son signal et tenter de prendre contact avec ces « qui ».
Tout a été pensé pour que la mission se déroule sans problème. Sauf une chose : HAL ressemble tant à ces concepteurs qu’il est capable de mentir, de tricher et peut être même de tuer pour cacher un dysfonctionnement. -(clip)

L’accueil fait au film sera triomphal, pourtant il divise beaucoup : nombre de gens n’arrivent pas à le supporter plus d’un quart d’heure. Beaucoup d’autres sont déçus par le fait que l’on n’y voit pas l’ombre d’un extraterrestre. Tout cela mérite explication, et pour les avoir, il faut remonter au début….

C’est à dire en 1964 : déjà Kubrick avait en tête de faire un film de science-fiction. Il pensa au départ tourner « Docteur Folamour » sous la forme d’un documentaire réalisé par des extraterrestres, mais  ilabandonna cette idée. Il trouva alors une nouvelle idée dans une nouvelle d’Arthur C. Clarke, « La sentinelle ». Dans celle-ci, Clarke décrit la découverte sur la Lune d’un étrange monolithe qui envoie un signal radio puissant vers les étoiles. Clarke n’était pas un fantaisiste : scientifique de formation, il était un astronome renommé et découvrit en 1945 les meilleures orbites pour des satellites géostationnaires en orbite terrestre. S’il laissait le champ libre à son imagination, tout ce qu’il écrivait respectait scrupuleusement les fondamentaux de la science. Kubrick rencontra Clarke (1917-2008) et lui soumit son idée de réaliser un film à partir de sa nouvelle. Kubrick accepta avec joie de se joindre au projet et les deux hommes collaborèrent étroitement à l’écriture du scénario.

Le tournage sera d’une ampleur inhabituelle à l’époque pour un film de science-fiction. Pour la salle de commande du « Discovery », il faudra construire une centrifugeuse de 30 tonnes valant à l’époque 750000 dollars. Le tournage, qui débuta le 29 décembre 1965 par la scène de la découverte du monolithe dans le cratère de Tycho durera sept mois. La postproduction demandera deux ans de travail supplémentaire. L’équipe technique était imposante : 35 décorateurs de plateaux, 70 techniciens, dont Harry Lange et Frederick Ordway, deux techniciens des effets spéciaux qui provenaient de l’industrie spatiale. Sans compter le génial Douglas Trumbull, un maître dans son domaine Le budget initial (6 millions de dollars) gonflera jusque 10 millions, principalement en raison des effets spéciaux placés dans 205 plans du film. Des effets spéciaux d’une qualité et d’un réalisme jamais vu auparavant ! Kubrick voulait en effet  que son film soit doté de décors réalistes non détectables à l’écran. A noter par exemple que ce film est le seul à traduire une réalité de l’espace : l’absence presque totale d’atmosphère qui empêche les ondes sonores de se propager. Tout les autres films, sans exception, montrent des vaisseaux spatiaux sillonnant l’espace avec des moteurs rugissants (voir « La guerre des Etoiles »). Seul 2001 montre (si je puis dire !) la vérité.

Les limitations des trucages de l'époque forceront d'ailleurs Kubrick à modifier le scènario. Tandis que dans le livre et le scénario de départ Discovery ne fait qu'utiliser l'attraction de Jupiter pour se propulser vers sa destination finale Saturne, l'échec de la représentation des anneaux de celle-ci fera que le vaisseau s'arrêtera dans le système jovien. Personne n'avait à l'époque de vision correcte de l'apparence des anneaux de Saturne et Kubrick ne voulait pas inventer du n'importe quoi...


Question réalisme, Kubrick s’entoura de conseillers techniques dans le domaine de la haute technologie (de l’époque évidemment !) : médecine, électronique, astronautique. Il fera aussi appel à des paléontologues et des théoriciens de l’intelligence extraterrestre. Citons le mathématicien Jack Good, l’auteur de science fiction et spécialiste de la robotique Isaac Asimov, l’anthropologue Margaret Mead, les astronomes Fred Whipple et Sir Bernard Lovell, le physicien Freeman Dyson.

La grande question est évidemment de savoir qui sont les mystérieux extraterrestres de « 2001 ». Pour ceux qui n’ont jamais lu le roman que Clarke écrivit à partir de son scénario, je vais lever le voile… Mais avant je vais expliquer pourquoi on ne les voit pas dans le film : il s’agit dès le départ d’un choix délibéré de Kubrick et Clarke qui voulaient éviter de voir leur film sombrer en montrant des extraterrestres de série B ! Carl Sagan les confirma dans cette idée et les incitant plutôt à évoquer une intelligence supérieure au lieu de montrer des créatures de carton pâte.

Maintenant, voici ce qu’écrit dans son roman Kubrick à propos des extraterrestres de 2001 et leur destinée après leur courte visite sur la Terre de la Préhistoire : « L’évolution entre des étoiles se poursuivait vers des buts nouveaux. Depuis longtemps les explorateurs de la Terre (les Extraterrestres) avaient atteints les limites de la chair. Leurs machines étaient désormais supérieures à leurs corps et il était nécessaire d’y émigrer. D’abord leur cerveau, puis leur esprit seul fut transféré dans une enveloppe de métal et de plastique. Ainsi, ils continuèrent à errer d’étoile en étoile. Mais ils n’avaient plus besoin de construire d’astronefs. Ils étaient des astronefs.
Pourtant, l’âge des entités-machines fut bref. Lors de leurs expériences, ils avaient appris à emmagasiner la connaissance dans la structure même de l’espace, préservant ainsi leur savoir sous des strates de lumière, pour l’éternité. Il leur était possible de devenir des êtres faits de radiations et de se libérer enfin de la tyrannie de la matière.
Ils se transformèrent donc en énergie pure. Et sur un millier de mondes, les coquilles vides qui les avaient abrités exécutèrent une brève danse d’agonie avant de s’effondrer en débris rouillés.
Désormais, ils étaient maîtres de la Galaxie et hors d’atteinte du temps. Ils pouvaient errer à leur gré entre les soleils, se glisser dans les interstices de l’espace comme une brume impalpable. Pourtant, en dépit de leurs pouvoirs nouveaux qui les rendaient pareils aux dieux, ils n’avaient pas oublié le limon tiède qui leur avait donné naissance, quelque part au sein d’un océan disparu.
Et ils continuaient de surveiller les expériences entreprises par leurs ancêtres si longtemps auparavant ».
A noter que dans le roman, Bowman aperçoit ces créatures brièvement et de loin, sans comprendre réellement ce qu'elles sont.

Cette thèse n'est pas aussi absurde qu'il n'y paraît. Notre univers est âgé d'environ quatorze milliards d'années. La Terre s'est formée il y a environ 4,5 milliards d'années. Les premières formes de vie y seraient apparues il y a environ 3,8 milliards d'années. Le genre Homo apparaît en Afrique il y environ 2,5 millions d'années et notre espèce, l'Homo Sapiens, vers 250000 ans. Et notre culture technologique et urbaine n’a que quelques milliers d’années.
Nous savons désormais avec certitude qu'il y a de nombreux systèmes solaires dans l'univers. Bien que nous en ayons aucune preuve, on peut présumer raisonnablement que dans certains d'entre eux se trouvent des planètes abritant la vie. Sur la plupart, il doit s'agir de formes primitives, voire extrêmophiles : virus, bactéries, microbes. Sur certaines d'entre elles des formes de vie plus évoluée, et peut être – ici ou là – de la vie intelligente, dans le sens que nous donnons à ce terme, se sont peut être développées..
Il a fallu près de quatre milliards d'années pour arriver des premiers organismes vivant à l'homme (qui n'est pas le sommet de l'évolution!). En supposant que le même phénomène se soit produit quelque part dans l'univers avec un petit décalage en notre défaveur de cinq millions d'années (un rien à l'échelle du cosmos), imaginons ce que cela pourrait donner, à condition que nos extraterrestres aient été assez intelligents pour ne pas bousiller leur planète et leur civilisation. Et qu'en plus ils aient une civilisation technologique. Oui, imaginons... Il y aurait théoriquement entre eux et nous le même décalage qu'entre nous et les préhominiens du début du Pliocène! Pour donner une idée, la fameuse Lucy n'a que 3,2 millions d'années!
Quel serait le comportement éventuel de tels extraterrestres envers nous? Ils pourraient, la moralité ne semblant pas nécessairement liée à l'évolution, s'emparer de notre planète pour ses richesses en se désintéressant complètement de ses habitants. Ou au contraire faire ce que nous faisons avec certains peuples d'Amazonie :nous  observer à distance et ne prendre contact que si cela s'avère absolument nécessaire.
Nous pourrions parfaitement ne pas remarquer que nous sommes observés, ou mal interpréter ce que nous pourrions voir. Comment un pré-hominidé d'il y a cinq millions d'années aurait interprété un 4x4 ou un avion furtif?
Détail amusant, l'inverse peut aussi être vrai : les messages que certains envoient par ondes radio dans l'espace dans l'espoir qu'ils soient captés par une civilisation extraterrestre peuvent très bien toucher des monde qui seraient au stade où nous en étions il y a cinq millions d'années!

Pour en revenir à « 2001 », les extraterrestres du livre et du film sont en fait des « jardiniers ». Ils vont de monde en monde à la recherche de formes de vie susceptible de développer une certaine intelligence et leurs en inculquent les bases par le biais des monolithes. Ensuite, sur un astre proche (comme notre Lune), ils enterrent un autre monolithe. Ce dernier est facilement repérable par le champ magnétique intense qu'il dégage. Si une race intelligente se développe sur le monde qu'ils viennent de quitter et se développe technologiquement au point d'acquérir les technologies du vol spatial, elle ne peut manquer de le détecter. Le monolithe émet alors quand il est déterré un puissant signal pour informer ses créateurs et entame un rôle d'espion en captant toutes les émissions radios dans son entourage pour les extraterrestres, de telle façon que ces derniers puissent préparer l'étape suivante.
Jardiniers, ils le sont d'ailleurs jusqu'au bout : ils n'hésitent pas à mettre la main à la pâte s'il le faux pour « désherber » les mauvaises herbes, comme le montre « 2010, Odyssée 2 » et les suites en romans (« 2061 : Odyssée 3 » et « 3001 : Odyssée finale »).

Ce film marqua profondément la culture populaire depuis sa sortie, mais le meilleur hommage vient étrangement des «conspirationnistes » qui pensent que la mission d’Apollo 11 en 1969 était une mystification montée par la NASA et le gouvernement américain. Ces derniers attribuent à Kubrick le tournage des images de la mission de Neil Armstrong !


The creeping terror

« The creeping terror » de Vic Savage (Alias Arthur Nelson White) ne joue pas vraiment dans la même catégorie que « 2001 » . Disons que c’est notre gagnant du grand concours « le plus mauvais film avec extraterrestre des années 1960.
Ce film de 1964 prévu pour passer dans les « drive*in » tandis qu’on se bécotait et se pelotait dans les voitures (ou plus si affinités) dans l’obscurité offre pourtant un scénario complexe offrant de nombreuses allusions à la philosophie néo-Kantienne et à l’esthétisme proustien… Qu’on en juge !

Martin Gordon (Vic Savage himself)  découvre un vaisseau spacial extraterrestre qui s’est écrasé. Un énorme monstre évoquant une limace monstrueuse en émerge. Un deuxième, qui est resté enfermé dans la carcasse du vaisseau, tue un ranger et le shérif local qui y avaient pénétré pour l’explorer.
Martin, qui devient shérif à titre temporaire, rejoint Brett (Shannon O'Neill), sa jeune épouse, le Docteur Bradford, un scientifique renommé (William Thourlby, et le Colonel James Caldwell (John Caresio) et ses hommes pour combattre la créature. Cela n’empêche pas cette dernière de parcourir les alentours en dévorant tous ceux qu’elle rencontre ; une nana en bikini, des pique-niqueurs, deux pêcheurs, une ménagère innocente, les patrons d’une boîte de nuit campagnarde et des couples se pelotant dans leurs voitures.
Après une intense réflexion, Martin Gordon et ses compagnons déduisent que la créature doit être tuée, en dépit des objections de Bradford (traditionnel dans ce genre de film !). Caldwell ordonne à ses hommes d’ouvrir le feu sur celle-ci. Les balles de ces derniers sont sans effet sur la créature qui les dévore tous avec appétit. Caldwell décide alors de lancer une grenade qui tue instantanément la bestiole. Sacré coup de bol, non ? (clip)

Les Aliens montrés dans ce film diffèrent des autres extraterrestres précédemment évoqués par le fait qu’ils sont hermaphrodites, ressemblant à des limaces géantes qui ne pensent qu’à une chose : manger. Une première créature fut construite pour les besoins du film par des professionnels, mais elle disparue avant le tournage (vol ?). Cela contraignit Savage à la refaire sans l’aide de professionnels, d’où cette étrange créature ressemblant à une carpette élimée avec des pieds hirsutes visible en dessous ; ceux des personnes employées à la porter. C’était le mieux que Savage avait pu imaginer.
Le tout donne au film l’aspect étrange d’un sketch délirant des Monty Python !



Des extraterrestres sur l'écran (3) : de Tarkovsky à John Carpenter

 



02/09/2011
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