L'ours polaire

L'ours polaire

Cachou au Paradis des Chats

J'ai eu la tristesse il y a quelque temps de perdre Cachou, mon chat, alors qu'il n'avait pas encore atteint sa dixième année.

Cachou était atteint d'un cancer au niveau des babines. Nous avons tout tenté pour le sauver, et alors que nous touchions au but, une brutale offensive de sa maladie s'est déclarée. Il était dès lors inguérissable. Le vétérinaire pouvait le prolonger un mois à grand coup de cortisone. Pour lui épargner des souffrances inutiles et la déchéance physique, nous avons décidé de demander au vétérinaire de l'euthanasier.

 

Jusqu'au bout, nous lui avons laissé mener une vie normale. Le dernier jour, il a pu sortir comme à son habitude dans le jardin et s'y promener, allant au bout du jardin de nos voisins de droite, un espace fort apprécié de nos chats pour les arbres et les bambous qui les y protègent des regards et du soleil. Et les oiseaux qu'ils abritent!

Il a ensuite marché sous l'auvent du chalet de jardin, y reniflant l'odeur des animaux qui trouvent refuge là dessous : petits rongeurs et hérissons.

Puis il est rentré à la maison et à gagné la chambre de ma fille où je l'ai rejoint pour lui prodiguer le plus grand nombre de caresses et de baisers que puisse lui prodiguer. Il ronronnait d'un ronronnement étrange, bien plus sourd et grave que d'habitude, signe du mal qui le ravageait.

C'est en sanglotant que je l'ai descendu pour le mettre dans la boîte qui devait l'amener chez le vétérinaire. C'est ma femme qui s'est chargée de cette tâche dont j'étais rigoureusement incapable, tant j'étais écrasé de chagrin.

 

J'avais espéré que l'on arriverait à sauver mon chat. Même en ce moment où ma femme le mettait dans la voiture, j'espérais contre toute raison qu'il reviendrait, que ce n'était pas son cancer mais une quelconque affection provoquée par son traitement et qu'il surmonterait cette épreuve. Je n'ai pas eu le courage de les accompagner. C'était au-dessus de mes forces, cette fois.

J'apprendrais après que toute ses babines et son palais étaient nécrosés et qu'il avait perdu 10% de son poids. Je n'avais pu manquer de remarquer malgré mon désir de ne pas le voir qu'il était affaibli et n'avait pas son « punch » habituel.

 

Ne concluez pas abusivement à la description de mon chagrin que je considérais ce chat comme un être humain. Je l'aimais par ce qu'il était justement un chat. Un chat très affectueux envers les humains. Un membre félin de notre famille.

 

Bâti comme un lutteur, il ne brillait certes pas par la propreté, était très jaloux et dominant envers les autres chats de la maison. Il était aussi voleur et peureux. Chasseur très moyen, il n'a jamais réussi à comprendre qu'il fallait au bout d'un moment tuer les proies et celles-ci mouraient généralement de crise cardiaque... quand elles n'arrivaient pas à lui échapper!

Mais il était aussi une véritable guimauve débordant d'amour et friand de caresse.

 

Je le revois marcher dans le jardin, le dos arqué  comme un chat de sorcière pour se rendre au point d'eau que nous avons installé pour les oiseaux... et nos chats. Il adorait jouer avec ce qui était liquide : eau ou lait. Il y trempait ses pattes avant qu'il léchait ensuite avec délectation, aspergeant souvent les alentours de gouttelettes... ou pire!

Une fois, il est rentré chez nous sans que nous le voyons. Il était couvert de boue jusqu'en haut des pattes et s'installa tranquillement sur la bibliothèque!

L'hiver, il jouait avec la neige, car par chance nous en avions assez. Il la poussait avec ses pattes avant et adorait jouer dedans!

 

Il avait une habitude étrange remontant à sa prime enfance qui m'amusait beaucoup. Quand il était effrayé, il avait l'habitude étant chaton de se réfugier sous un pot de fleurs, doté bien évidemment de pieds le surélevant. Souvent au jardin, quand j'étais accroupi à quelque tâche, il accourait de nulle part et se ruait sous moi! C'était devenu un jeu entre lui et moi. Dès que je le voyais, je m'accroupissais, et il venait chercher des caresses. Sauf le dernier jour, où il se contenta de me frôler avant de rentrer dans la maison.

 

Il n'attendait d'ailleurs pas les câlins : il venait sur vous quand il décidait d'en avoir. Et tant pis pour vous si ses pattes étaient pleines de boues et que vous étiez habillés en clair! Il n'avait pas peur d'approcher son museau de votre visage et frottait souvent le sommet de sa tête contre votre menton. Si vous étiez allongé, il n'hésitait pas à se coucher sur le haut de votre poitrine. Ou à se glisser sous la couette pour faire un somme avec vous... Quant il ne se faufilait pas sous le poncho de ma fille!

Même le hamac au jardin ne lui faisait pas peur. Quand j'y étais, il sautait dedans et venait s'installer sur moi sans faire de manière.

 

Il était très joueur, non seulement avec ses maîtres, mais aussi avec deux autres de nos chats, un siamois-birman Sakura et un persan noir, Roméo, qui est aussi le cadet de nos chats. Le seul problème étant que Cachou s'excitait rapidement et ne contrôlait pas ses griffes comme il aurait fallu! Aussi, les chats susmentionnés veillaient toujours à pouvoir se réfugier quelque part....

Cela n'empêchait pas que Sakura et Roméo acceptent qu'il se love contre eux pour dormir!

 

Je ne cacherais pas qu'il me manque terriblement. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était une présence. Les premiers jours, je le voyais partout : dans le jardin, dans l'un de ses paniers, sur une étagère, sur une chaise, une table, un canapé ou un lit...

 

Aussi, un peu pour exorciser mon chagrin et faire mon deuil, mais aussi un peu pour lui rendre hommage, j'ai imaginé une petite histoire dans lequel notre Cachou se réveille au Paradis des Chats. Paradis dont la gardienne ne peut évidemment être que la déesse égyptien Bastet. Durant l'Antiquité, elle était plus la déesse de la musique, de la joie et de la maternité, que celle des chats, mais je pense que l'on me pardonnera cette petite entorse...

 

Et quand à ceux qui trouveraient cette histoire idiote ou insipide, je les conchie!

 

 

Cachou au Paradis

 

« Je me demande bien où je suis » s'interrogea Cachou en étirant ses muscles ankylosés. Normalement, il aurait dû en se réveillant se retrouver dans une cage chez le vétérinaire ou chez lui au milieu de ses « /deux pattes » et des trois autres chats de la maison.

 

Or, voilà qu'il se réveillait couché dans de l'herbe!

Une herbe si verte qu'il ne se souvenait pas d'un avoir vu un jour une si verte. Elle était parsemée de fleurs multicolores que butinaient des insectes aux formes et aux couleurs fantastiques....

 

Soudain, un bruit léger le fit se retourner droit sur ses pattes. Devant lui, se tenait la plus belle chatte qu'il eut jamais vu. Plus grande que n'importe quel chat, elle avait un pelage de couleur sable. Ses yeux était d'un beau jaune doré. Et bien qu'elle n'ouvrit pas la bouche pour prononcer un seul miaulement, Cachou l'entendit dans sa tête...

 

« Bienvenue Cachou, ici tu trouveras la paix, le repos et la joie »...

 

Cachou ne comprenait rien à cet étrange discours! La paix? Il l'avait toujours eu! Le repos? Quand il le désirait, une couche moelleuse d'herbe, un nid dans la terre fraiche à l'ombre d'un arbre ou d'une haie, ou mieux encore, un canapé confortable ou un grand lit … Cela lui suffisait!

 

« Euh oui, c'est bien! » répondit-il de sa voix rude, «Mais à dire vrai, j' préférerais rentrer chez moi, sauf vot'e respect, M'ame?... ».

 

« Ne me reconnais-tu point, Cachou, je suis Bastet, la Déesse des Chats et la Mère de tous les Félins... »...

 

« Enchanté M'ame Bassetête, vous pouvez m' faire rentrer chez moi? »

 

Bastet soupira en haussant les épaules : « C'est toujours la même chose! Ils ne s'en rendent pas compte... Dis-moi Cachou, quelle est la dernière chose dont tu te rappelle? »

 

« Que vous vous appelez Bassetête et qu' vous êtes la reine des Chats, M'âme Bassetête »

 

« Je voulais dire, avant d'être ici, Cachou! »

 

« Ben, j'étais chez l'deux pattes en blouse blanche, celui qui fait les piqûres. J'étais avec ma grande deux pattes. J'étais allongé sur une table et l'deux pattes en blouse blanche, que j' n'aime pas trop d'ailleurs, m'a fait une piqure. Après, j'ai eu envie de dormir. J'ai lutté pour résister, tandis que ma grande deux pattes me couvrait de caresses et de baisers, mais j'ai fini par succomber au sommeil et j'me suis réveillé ici ».

 

« Et n'avait-tu pas mal quelque part, avant de t'endormir? »

 

« Ben, j'dois dire que oui. Depuis qu'que temps, mes deux pattes étaient devenus tout bizarres et rien n'allait comme y fallait. D'abord, on m'a fait que'que chose qui m'empêchait d'ouvrir la gueule aussi fort qu'avant. Mes grands deux pattes m'emmenaient parfois dans un endroit où l'on m'enfermait dans une cage étrange, presque sans ouverture. C'était un grand bâtiment loin de chez moi, rempli d' chats et même d' chiens; Puis mon menton et ma gorge sont d'venus tout blanc. J'me reconnaissais à peine. Puis ensuite j'avais du mal aux babines pour moi manger ou boire. J'me sentais tout chose, tout faiblard... »

 

« Et dis-moi, Cachou, as-tu toujours mal? »

 

« Ben... maintenant que vous le dites... Non... Attendez... ».

 

Cachou fit jouer ses mâchoires en essayant de les ouvrir le plus largement possible....

 

« Mmoouuuuaaaais! C'est comme avant! »

 

« Et sais-tu pourquoi Cachou » dit Bastet d'un sourire félin.

 

« Ben... Non? »

 

« Et bien Cachou, c'est parce que tu es mort! »

 

« Mort, mais j'suis vivant! »

 

« Ici oui, Cachou. Mais plus là-bas. Ton corps n'existe plus. Il ne reste plus que ton esprit qui s'est incarné ici. Voilà pourquoi tu ne peux pas repartir... ».

 

Les yeux remplis de larmes, Cachou s'exclama : « Mais alors, j' n' reverrais plus jamais mes deux pattes! Mon grand deux pattes et la petite deux pattes qui m' couvraient de caresses et de bises! Ma grande maîtresse qui m' donnait de si bonnes choses à manger! Et le p'tit Roméo, ce casse-pieds de Sakura, cette grosse bête sauvage d'Akito qui... »

 

Bastet lui dit sur un ton consolant «Ne t'en fais pas Cachou. Tu trouveras ici des nourritures plus fines que tout ce que tu as jamais mangé , des chasses passionnantes et tu reverras un jour tes amis Akito, Roméo et Sakura quand leur heure sera venue. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Ils en ont encore pour longtemps, mais tu verras, ici le temps ne compte pas! »

 

« Peut être, mais qu' vont d'venir mes deux pattes, M'me Bassetête? »

 

« Leur sort ne dépend pas de moi »

 

« Mais qu' vont-ils d'venir? »

 

« Ils vivront bien plus longtemps que toi, puis quand ils auront fait leur temps. Ils mourront ».

 

« Et où iront-ils? Pourrais-je les rejoindre? ».

 

« Je crois que tu n'aimerais pas cela, Cachoui. Ils n'iront nulle part ».

 

« Comment c'la nulle part? »

 

Bastet répondit : « Jadis, il y avait un endroit. Mais celui qui s'en occupait s'est lassé de la cruauté et des mensonges des deux pattes. Il est partit ailleurs et les a abandonné ».

 

« Mais alors, ils sont perdus! »

 

« Oui, sans aucun doute » fit une Bastet impassible.

 

«Mais c'est impossible, j'ai besoin d'eux et j' les aime bien moi... »

 

« Mais crois-tu qu'eux t'aimais! »

 

« Ben oui.... » répondit étonné Cachou.

 

Insidieusement, Bastet s'approcha de l'oreille droite de Cachou et lui susurra « Mais sais-tu que ce sont eux qui ont demandé à l'homme en blouse blanche de te tuer? »

 

« Non! C'est impossible! » s'exclama Cachou « Ils n'auraient jamais fait c'la ! »

 

« Mais c'est pourtant ce qui s'est passé... Alors, tu veux toujours les revoir auprès de toi? Ils te trouvaient trop malade et trop coûteux à trop soigner. Et ils ont donc décidé.... »

 

Cachou se souvint alors tout d'un coup des larmes de ses deux pattes avant son départ chez le vétérinaire et de l'attitude étrange de son grand deux pattes qui était resté avec lui allongé sur le lit de la petite deux pattes pour le caresser. Il reniflait tant que cela le gênait pour dormir! Il se souvint aussi comme il avait sursauté quand une fulgurante douleur venue de sa bouche l'avait réveillé de son assoupissement. Il sut alors quoi répondre à Bastet..

 

«Ils ont p'te être bien d'mandé c'la à l'homme en blanc, mais j' suis sûr d'une chose : quoiqu'y aient fait, ils l'ont fait parc' qu'ils m'aimaient. Et j' veux les revoir! ».

 

Bastet sourit avec bonté à Cachou : « Et tu les reverras, Cachou. Je te le promet. Le Maître des deux pattes m'a donné pouvoir d'accueillir en mon domaine les deux pattes qui auraient été bons envers les chats. Tes deux pattes ont leur place réservée ici depuis déjà longtemps... »

 

« Et j' reverrais aussi Roméo, Sakura et cette brute d'Akito? » questionna Cachou, le coeur remplit de joie et d'espoir.

 

« Oui, tu les reverras tous, mais seulement quand leur jour viendra »

 

« Ce s'ra long? » demanda stupidement Cachou

 

« Rassure-toi Cachou, ici, ni le temps, ni l'espace ne comptent. En plus des amis t'attendent... »

 

« Des amis? Où? Qui? »

 

« Dis-moi Cachou. Où aimerais-tu être maintenant? » demanda Bastet

 

« Ben... Chez moi. Avec mes deux pattes... »

 

« Alors pense simplement à chez toi en fermant les yeux ».

 

Cachou ferma les yeux et se mit alors à penser à son chez lui.

 

Et quand il ouvrit ses yeux, il s'aperçut qu'il était chez lui, dans le jardin, près de la grande soucoupe d'eau devant laquelle il s'était si souvent allongé. Devant la lui, il y avait sa maison, avec la terrasse, le salon de jardin et la porte de cuisine entrouverte.

 

Tout joyeux, il fit quelques pas dans cette direction quand une voix qu'il connaissait bien mais n'avait plus entendu depuis longtemps retentit derrière son dos...

 

« Alors, Paysan, te voilà donc! »

 

Il se retourna et vit sur le pilier un chat tigré qui le regardait avec tendresse et ironie

 

« Figaro! Mais que fais-tu ici! »

 

« Comme les autres. J'attends nos deux pattes... »

 

« Les autres? » Cachou vit soudain surgir de la haie à sa droite un jeune chat roux et blanc qui courait comme en dératé en riant pour échapper à un magnifique chat au pelage d'un noir bleuté qui s'écriait « Noisette! Bandit! Petit démon! Attends que je t'attrape... » , tout en riant lui aussi.

 

«Tss Tss » fit Figaro. « Toujours à la tête l'un de l'autre Toffee et Crapule! »

 

D'un bond souple, il sauta du pilier et s'approcha de Cachou en reniflant. « Tiens, pour une fois tu sent bon; Paysan. Vient, je vais te présenter les autres.... ».

 

Le chat tigré se dirigea vers la porte de la cuisine, Cachou le suivit. Un chat tigré et blanc, avec un solide embonpoint buvait dans la gamelle d'eau à l'entrée de celle-ci..

 

« Je te présente Speedy », fit Figaro. C'est le plus ancien d'entre nous. Le premier a avoir été adopté par nos deux pattes. Il faut le respecter ».

Speedy leva la tête de sa gamelle et regarda Cachou de ses yeux jaunes en demandant à Figaro : « Qui est-ce? ».

 

« Cachou, un nouveau qui vient d'arriver » répondit Figaro.

 

Cachou posa alors une question qui venait de lui traverser l'esprit : « Mais... Qui nous donne à manger et à boire ici? ».

 

Speedy lui répondit : « Tu n'as pas à t'en préoccuper le nouveau. Mettons que tu veuille du blanc de poulet. Tu penses simplement au blanc de poulet en étant devant l'assiette, et il apparaît. Pareil pour la boisson. Et si tu as envie de chasser pour faire du sport et te nourrir de proies, c'est possible aussi. Ne' sommes nous pas au Paradis? ».

 

Cachou lui demanda : « Depuis combien de temps t'es là? ».

 

Speedy lui répondit : « Je ne sais pas. Tu sais, ici le temps ne compte pas comme d'où tu viens. Peut être que nos deux pattes seront bientôt là, bien qu'ils auront vécu très très vieux là-bas ».

 

Cachou entra avec Figaro dans la petite salle à manger. Sur la table trônait un chat blanc et noir endormi.

 

«Voilà Poupouch. Ne le réveillons pas. Il manque celui qui porte le même nom que moi. On l'appelle « Figaro le Jeune ». Tu le reconnaîtra facilement, il porte un masque de voleur et est très gentil. Une véritable crème... Il doit être quelque part en train de chasser!».

 

Figaro rentra dans la salle à manger et sauta dans le Voltaire. « Excuse-moi camarade, je vais faire un petit somme ». Je te conseille d'en faire de même, quand on arrive ici, on est un peu perturbé car tout cela est étrange quand on est pas habitué... Ca aide à remettre les choses au point et à accepter la situation. ».

 

Soigneusement, Figaro s'allongea en cercle et s'assoupit.

 

Cachou resta pensif un instant, tout en pensant que lui aussi ferait bien un petit somme! Et puis Figaro avait toujours été très malin se dit Cachou... Il pensa au grand lit dans la chambre des grands deux pattes. Il grimpa l'escalier vers l'étage quand il eut tout à coup l'idée de se regarder dans le grand miroir du palier : sa gorge était redevenue d'un noir de jais. Il gardait par contre sa cravate et son string de poils blancs. Comme avant! Il était redevenu lui-même....

 

Ronronnant intérieurement de satisfaction, il entra dans la chambre et bondit sur le lit. Il se dirigea entre les deux oreillers et se glissa sous la couette. Là, il se ménagea un nid douillet et s'assoupit en rêvant que ses deux pattes étaient auprès de lui et le couvraient de caresses et de bises....



24/06/2010
0 Poster un commentaire
Ces blogs de Nature pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 10 autres membres